GlaxoSmithKline : des progrès encourageants vers un accès universel aux médicaments ?

Publié par Rohit Malpani

Oxfam America, Conseiller politique sur l'accès aux médicaments
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Oxfam a accueilli favorablement la déclaration de GlaxoSmithKline's (GSK), le week-end dernier, confirmant l'évolution de leur approche concernant l'accès aux médicaments pour tous. Si des actions concrètes font suites à ces paroles, alors nous aurons fait le premier pas vers l'accès universel aux médicaments.

Cette déclaration est capitale car elle va au-delà des maladies « médiatiques » telles que le VIH, la tuberculose et le paludisme - même si celles-ci sont bien sûr d'une grande importance. Les maladies non contagieuses comme le cancer font de très nombreuses victimes dans les pays en développement et pourtant le prix des nouveaux médicaments reste très élevé.

Beaucoup de choses ont changé ces huit dernières années, depuis le début de la campagne d'Oxfam pour l'accès aux médicaments. En l'an 2000, nous devions lutter pour que les sociétés reconnaissent simplement les problèmes liés à l'accès aux médicaments, alors que les fabricants facturaient les antirétroviraux (ARV) à des prix exorbitants et bloquaient l'entrée sur les marchés de médicaments génériques très peu chers.

A l'époque, il était d'usage, pour ces sociétés, de vendre à des prix prohibitifs des médicaments tels que les ARV pour le traitement du VIH. Avec un coût de10 000 dollars par patient et par an, il était presque impossible d'imaginer de rendre ce traitement disponible aux habitants des pays en développement qui en avaient besoin. Toutefois, c'est grâce à la compétition des médicaments génériques indiens que les prix de la trithérapie ARV ont chuté pour atteindre le prix actuel de 90 dollars par patient et par an.

Plus récemment, nous avons combattu Novartis, qui s'opposait au droit de l'Inde (la pharmacie des pays en développement) d'assurer la production de médicaments génériques et abordables fabriqués à faible coût, et leur exportation vers les pays en développement. Et il y a peu, Oxfam a lancé un appel aux gouvernements pour l'établissement d'une communauté de brevets afin de permettre aux personnes vivant dans la pauvreté d'avoir accès aux nouveaux ARV à des prix abordables.

Pendant de nombreuses années, nous avons demandé aux sociétés de reconnaître que tous les médicaments, que ce soit pour le traitement du VIH et du sida ou du cancer, sont importants pour les personnes démunies. Pendant de nombreuses années, les sociétés pharmaceutiques s'obstinaient à répéter que seules quelques maladies comptent pour les personnes pauvres - en particulier, le sida, la tuberculose et le paludisme - bien que d'autres maladies telles que le diabète et les maladies cardiovasculaires fassent aujourd'hui des ravages parmi ces populations.

Pourtant, la semaine dernière, GSK a annoncé la réduction des prix de tous ses médicaments dans les pays les plus pauvres au monde, ce qui signifie que cette société s'est finalement rangé du coté d'Oxfam et accepte que toutes les maladies comptent dans les pays en développement.

Il s’agit donc une nouvelle formidable. Toutefois, il n'est pas encore temps de sabrer le champagne. Ce que nous attendons maintenant, c'est de voir GSK étendre son offre à tous les pays en développement et ne pas empêcher les fabricants de médicaments génériques de proposer des alternatives encore moins chères dans les pays les plus pauvres, là où les réductions de GSK ne sont pas suffisantes. Nous continuerons à inciter GSK à aller jusqu'au bout.

En outre, son PDG, Andrew Witty, a annoncé que GSK allait établir une communauté de brevets pour les recherches portant sur les maladies négligées. Ces maladies négligées ne sont pas médiatisées. Une communauté de brevets est un accord entre au moins deux parties pour mettre un ou plusieurs de leurs brevets à disposition « en communauté », permettant ainsi à n'importe quel tiers de les utiliser. Une communauté de brevets permet aux chercheurs d'outrepasser la montagne de brevets qui les empêche de partager leurs connaissances et d'utiliser celles des autres afin de trouver de nouvelles pistes pour mettre au point de nouveaux vaccins ou médicaments. Elle peut aussi améliorer l'accès aux médicaments existants.

Il est enthousiasmant que GSK ait accepté le concept d'une communauté de brevets car cela aura une signification profonde pour de nombreuses personnes. Cependant, à moins que GSK et d'autres sociétés fassent de plus grands efforts pour élargir le concept de communauté de brevets afin d'y inclure les traitements contre le VIH et le sida et de l'utiliser pour améliorer l'accès aux médicaments et pas seulement l'innovation, nous n’atteindrons pas notre objectif : l’accès universel aux médicaments.

Nous remercions tous ceux et toutes celles qui ont participé à nos campagnes de santé pendant toutes ces années. Notre détermination a été mise à l'épreuve et votre soutien a permis de faire pencher le débat en faveur des personnes défavorisées. Soyez sûrs que nous continuerons notre campagne tant que l'industrie pharmaceutique ne travaillera pas pour le plus grand bien de tous. Nous espérons que vous pourrez vous joindre à nous !