Le FMI s'exprime sur les causes fondamentales de la crise économique mondiale

19 Avril, 2010 | Général

Ce blog fait partie d'une courte série de blogs dOxfam visant à expliquer le rôle des institutions financiéres internationales et le combat contre la pauvreté.

Le FMI a discrètement publié un article de recherche surprenant qui évoque directement les responsables de la crise économique mondiale : c'est-à-dire, les politiciens américains au niveau national qui ont assoupli les réglementations relatives aux prêts hypothécaires et au reste du secteur financier américain.

Le document de travail, "A Fistful of Dollars: Lobbying and the Financial Crisis,” (Pour une poignée de dollars : Le lobbying et la crise financière) s'accompagne de l'avertissement habituel que ce document ne devrait pas être considéré comme représentatif du point de vue de l'IMF. Cependant, le fait que le Fonds soit disposé à publier une telle recherche - qui documente avec franchise les pratiques irresponsables et dangereuses des pays riches - sera important alors que le débat sur l'expansion du rôle de l'institution prend de l'ampleur ce mois-ci.

L'expansion du rôle et de la taille du FMI, y compris le développement de ses activités de surveillance afin de détecter de manière précoce les crises financières futures, constituera l'un des principaux thèmes à l'ordre du jour des prochaines réunions de Printemps entre la Banque mondiale et le FMI..

Ce document du FMI examine minutieusement les contributions financières aux campagnes politiques et les dépenses relatives au lobbying des sociétés de prêts hypothécaires et des associations de l'industrie financière aux États-Unis. Par exemple, il rapporte que deux des plus grands prêteurs hypothécaires américains, Ameriquest Mortgage et Countrywide Financial, ont dépensé les sommes mirobolantes de 20,5 millions et 8,7 millions de dollars US respectivement en donations politiques, contributions de campagne et activités de lobbying, au cours des années précédant la crise, de 2002 à 2006.

 Igan/Mishra/Tressel

Schéma: Evolution au cours du temps de l'intensité des actions de lobbying (selon les dépense par société). Index 1998=100. Crédit: Igan/Mishra/Tressel

L'article révèle ensuite que ces deux établissements et d'autres prêteurs hypothécaires américains, qui étaient les plus impliqués dans des activités prédatrices, étaient aussi les plus actifs en matière de lobbying et de contributions aux campagnes électorales des politiciens américains au niveau national, dans le but d'assouplir le cadre de réglementation existant et de mettre en échec de nouvelles réglementations qui auraient limité leur comportement irresponsable.

In the wake of the financial collapse in September 2008, the IMF took criticism for its failure to speak up about the lax US regulation of financial institutions. The Fund’s failure to issue candid reporting on the US was spectacular given that preventing financial crises – or at the very least providing early warning of them through its surveillance – is one of the primary functions of the IMF.

Les avertissements tempérés du Fonds avant la crise mettent en doute la volonté de cette institution à traiter les pays développés et les pays en développement de manière équitable dans ses rapports, selon les observations du Bureau indépendant d'évaluation du FMI publiées dans l'ébauche de son document de cadrage. (Un document qui souligne comment le Fonds a négligé, avant la crise, d'effectuer un rapport de routine, dans le cadre du Programme d'évaluation du secteur financier, sur les risques associés aux pratiques du secteur financier américain.)

Il nous reste à espérer que ce nouveau document, qui démontre une volonté de parler honnêtement et sans ambages des pays riches, est le signe que le Fonds s'est enfin décidé à combattre fermement les comportements risqués des pays développés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Crédit hypothécaire

Il est nécessaire de noter que les banques européennes ont investi sur les titres adossés à ces prêts hypothécaires. S'il y avait une rationalité dans les prises de risque financier, une simple recherche permettrai de lire les contrats de crédit hypothécaire. Il faut dire qu'il ne s'agit pas de petite somme... une banque analyse un emprunteur d'un prêt immobilier de fond en comble en France, mais acheter pour quelques milliards des titres sans connaitre les tenants ni les aboutissants...c'est bizarre... Il faudra réfléchir sur le statut des banques pour éviter une fragilisation rapide de l'économie, et un retour sur l'économie réelle (industrie, technologie...).

Julie

pas si simple

Je suis d'accord avec toi Julie, mais je pense pas que ce soit aussi simple.

Un banquier reste un humain, et quand de grosses sommes sont en jeux, que ce soit une banque traditionnelle ou une banque en ligne, ils sont capable de prendre des risques.

Peut etre que la solution serait d'être dirigé par des machines .

Joh