Inondations au Pakistan: Coincés entre deux fleuves

16 Août, 2010 | Conflits et Urgences
Des gens patauges dans les inondations au Pakistan. Photo: REUTERS/Adrees Latif, courtesy alertnet.org

Tariq Malik a parlé avec des secouristes et des habitants touchés par les inondations sévères à Muzaffargarh, Pakistan.

Dans la langue locale le district de Muzaffargarh s’appelle « Doaba », ce qui veut dire un terrain entre deux fleuves. Cet avantage géographique est devenu un problème lorsque les fleuves Chenab et Indus ont surgi des deux côtés, laissant sans foyer un grand nombre d’habitants de 443 petits villages, dans les sous-districts Alipur, Jatoi et Kot Adu.

Le gouvernement du district a évacué 90.285 personnes jusqu’à présent, pour la plupart des petits agriculteurs, fermiers-locataires et travailleurs journaliers.  Il y a 49 camps de réfugiés dans le district.

Le partenaire local d’Oxfam qui s’appelle Doaba pour la région où il opère, a diffusé un bulletin d'avertissement dans 10 villages de Jatoi-tehsil. Il mène aussi des projets pour évaluer les besoins des personnes dans les camps, au cours des deux prochaines semaines. Doaba a fourni un bateau au service d’urgence Secours 1122.

Il pleuvait lorsqu’une équipe de dix travailleurs-secouristes ont chargé l’un des bateaux appartenant à Doaba ainsi qu’un autobus loué, puis sont partis du quartier-général du district pour aller à Rangpur, à 65 km de distance.

Selon Ejaz Ahmed, chargé de Secours 1122 à Muzaffargarh, « nous avons appris par téléphone mobile que le fleuve Chenab a inondé presque 20 petits villages là-bas, et maintenant la ville est menacée. »

Quand on lui a demandé ce qu’un seul bateau pourrait faire pour les milliers de personnes qui y sont coincés, il a dit « Nous faisons ce que nous pouvons. Secours 1122 a deux bateaux qui font du sauvetage dans la région de Mehmoodabad. »

Les équipes d’Oxfam n’ont pas pu visiter les camps ni se déplacer au district DG Khan plus loin dans le sud du Punjab, puisque les inondations ont endommagé le pont Ghazigoth qui se trouve sur la route. Le barrage Taunsa, l’autre voie d’accès à DG Khan, est fermé à la circulation depuis des jours.  L’équipe a rebroussé chemin vers Layyah, ce qui leur a pris six heures parce qu’il pleuvait à verse. En route, je pensais au véhicule de location transportant les travailleurs de secours, se poussant en avant jusqu’à l’épuisement.

Le long de la route on a vu des gens qui cherchaient à s’abriter sous les arbres. Des vaches, des chèvres et des buffles qui étaient attachés aux arbres broutaient l’herbe au bord de la route. Un jeune garçon de Chowk Munda qui sirotait une tasse de thé à un hôtel sur la route, disait « cet endroit est sûr parce qu’il est entouré de dunes de sable qui offrent une protection naturelle contre les inondations. » Il a dit que les habitants des villages dévastés se dirigeaient vers ce lieu pour sauver leur vie et leur bétail.

Les demandes de la société civile

Zafar Iund, directeur de la fondation Heerik Développement qui travaille depuis une décennie dans la région, a dit que la société civile demande trois choses du gouvernement :

  1. L’établissement d’une commission sur les inondations pour enquêter sur les cause de la destruction qu’elles ont faite;
  2. Le paiement d’une compensation par chèques; et
  3. Une évaluation des dégâts en consultation avec le gouvernement, les ONG et les notables de la communauté.

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