Les discussions de l’ONU sur le climat ne servent à rien ? Si, répond Oxfam !
Il se fait tard à Cancun. Le soleil s'est couché sur la côte Atlantique et le week-end, ponctué de réunions préparatoires, tire sur sa fin, avant que s'ouvre lundi 29 novembre le prochain round de négociations de l'ONU sur le climat.
A la veille de la cérémonie d'ouverture, je voulais prendre un instant pour écrire un mot sur une question que beaucoup se posent depuis les discussions sur le climat qui ont eu lieu l'an dernier, à Copenhague. Une question dont la presse s'emparera sans aucun doute au cours des deux prochaines semaines - et c'est d'ailleurs d'ores et déjà le cas : "Les Nations unies sont-elles le cadre adéquat pour élaborer un accord international sur le climat" ?
Mais avant que de vous détailler la position d'Oxfam sur ce point, je vous invite à vous projeter un an en arrière et à vous pencher sur les retombées du sommet de Copenhague. Les résultats des négociations de 2009 ont été très largement perçus comme un échec ; mais est-ce réellement le cas ? Après tout, le document transmis à la fin du sommet reconnaissait bien la nécessité de "réduire drastiquement les émissions globales" de gaz à effet de serre. Et les pays qui soutenaient ce texte se sont engagés à maintenir la hausse de la "température globale en dessous de 2oC".
Certes, tout cela semblait prometteur. Mais comme on pouvait s'y attendre, d'importants écarts ont vite été constatés et, au bout du compte, "l'Accord" présenté à la fin de la conférence a simplement été "pris en considération" et non accepté en bonne et due forme par les Nations unies.
Mais ce que l'on a tendance à oublier, c'est que Copenhague était quasiment devenu une partie de "quitte ou double". En amont du sommet - notamment après que la pression publique avait conduit plus de 100 chefs d'Etat à accepter de s'y rendre - tous les espoirs étaient tournés vers cet événement. En quelque sorte, c'était : "un accord sinon rien".
Quand les retombées se sont révélées être bien en deçà des attentes, cela a donc pu donner l'impression que tout espoir était perdu.
A présent, douze mois se sont écoulés et un chemin semble enfin émerger des lendemains brumeux de Copenhague, quand chacun se rejetait la balle et tentait de faire porter la responsabilité de l'échec à l'autre.
Il est clair que Cancun n'aboutira pas à l'accord qu'Oxfam et les pays en voie de développement souhaitaient à Copenhague. Mais cela ne veut pas dire que le processus des Nations unies est rompu. Aucune solution autre que celles des Nations unies ne peut faire état de la même capacité à prendre des décisions importantes, liant et contraignant les pays dans leurs actions.
Les Etats-Unis auraient-ils proposé un objectif de réduction de 17% des émissions - bien que cela reste inadéquat - dans le cadre de processus tels que celui du G8 ou du Forum des économies majeures (MEF) ? ?
L'Union européenne aurait-elle adopté le plus large arsenal législatif sur le climat au monde - le "paquet énergie-climat" de 2008 - en pleine crise bancaire mondiale, sans la pression des délais imposés par le processus des Nations unies ?
Est-ce que plus d'une centaine de dirigeants - malgré le chaos, les récriminations, la mauvaise gestion et la méfiance - se seraient rassemblés dans un même bâtiment pour parler d'un seul et même problème, LE problème clef de leur génération et de celles à venir - le changement climatique - sans le processus mis en place au sein des Nations unies ?
La réponse à toutes ces questions est simple : "non" !.
A Cancun, et lors des difficiles négociations qui suivront très certainement, aucun négociateur, journaliste, militant ou responsable politique ne devrait oublier cela.
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