A Dadaab, les réfugiés somaliens à la recherche d’un abri

4 Mai, 2011 | Conflits et Urgences

"Je n’ai pas encore de tente alors je me débrouille avec quelques bouts de vêtements et des bâtons. Tout ce qui m’importe c’est que ma famille dispose au moins d’un abri", déclare Maalim Bahigow, 50 ans, un nouveau venu à Daabab.

Le complexe de réfugiés de Dadaab, au nord-est du Kenya est le plus grand au monde. Il abrite actuellement près de 320 000 personnes, la plupart fuyant le conflit en Somalie, un des pires qui soit. Le camp est surpeuplé. Cependant, le gouvernement kenyan a empêché son agrandissement. 

Plus de 2 000 réfugiés affluent chaque semaine. Et cela s’est aggravé avec la sécheresse que connaît la région. Maalim, sa femme et ses quatre enfants sont de ceux-là, partis à la recherche d’un nouveau départ. Ils ont marché et fait du stop pendant 18 jours sur 500 kilomètres avant d’atteindre Dadaab. 

 Oxfam

"Quand nous avons décidé de fuir au Kenya, nous espérions trouver la paix et du secours mais nous n’avons trouvé que de la souffrance, dit-il. Au moins, en Somalie j’avais ma propre maison. Ici, je dois me débrouiller pour construire un abri de fortune." 

Avec tant de monde, Dadaab est sur le point d’exploser. Le lieu est divisé en trois camps : IFO, Dagahaley et Hagadera. Tous sont bondés et beaucoup de personnes y vivent dans des conditions épouvantables. 

Une parcelle de 12 mètres sur 15 qui abrite normalement une famille somalienne de cinq personnes, accueille ici plus de 15 personnes. Les nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes ne disposent pas de leurs propres abris et ont de grandes difficultés à accéder aux toilettes et à de l’eau potable. Les épidémies sont une menace constante.

"Comme les toilettes sont éloignées, certaines personnes vont faire leurs besoins dans les buissons, déclare Maalim. Nous craignons que, lorsqu’il pleuvra, le choléra ne se répande." 

Depuis 2008, il n’y a pas eu d’allocation de parcelles aux nouveaux et nouvelles arrivant-e-s à cause du manque de place. Et depuis août 2010, ces dernièr-e-s sont obligé-e-s de s’installer à l’extérieur des camps. Plus de 24 000 personnes ont ainsi trouvé refuge sur un terrain qui appartient à la communauté locale, ce qui a entraîné une forte opposition.

 Linda Ogwell/Oxfam

"Pendant plus de vingt ans, nous avons accueilli les réfugiés dans notre communauté et cela nous en a coûté, déclare Hassan Khalif Mire, un responsable local. Ces gens ont détérioré notre environnement, aggravant notre pauvreté, et pire encore, ils se sont installés sur nos terres de façon illégale."

D’autres arguent que l’économie locale a considérablement bénéficié du camp et des réfugiés. Mais l’afflux de personnes est indubitablement une source de tensions et a augmenté la pression sur les ressources. 

Cependant, les réfugiés n’ont pas d’autre choix que de s’installer sur les terres de la communauté locale. Des travaux d’agrandissement du camp, dans une zone connue sous le nom d’IFO II, ont commencé afin de pallier le surpeuplement et d’accueillir les nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes. Mais le gouvernement kenyan a stoppé les opérations et refusé d’autoriser l’ouverture du camp, pour de multiples motifs dont les objections de la communauté locale et les menaces sur la sécurité nationale. 

Alors que les discussions s’éternisent, des réfugiés comme Maalim continuent de vivre dans des conditions épouvantables et inacceptables, dans l’espoir de bonnes nouvelles de la part du gouvernement. 

"Aujourd’hui, ma vie est en suspens : je n’ai qu’à attendre de voir ce qui se passera. C’est une situation sans espoir mais que faire ?"

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Commentaires

How is it possible that in

How is it possible that in 2011 there are still people dying of starvation and living in such appalling conditions anywhere in the world? It is about time the West spoke up - that's you and me. Numerous pictures from refugees camp I found just break my heart. This is no time for silence. We vote our governments in, let's make them earn their privileges. Human beings weren't meant to live in this part of the world in these great numbers. I feel sorry for them, but by providing them with medical care and food, all we are doing is ensuring that this problem will continue for many generations to come - and that includes the suffering of many, many more children. We should all feel lucky for what life has given us, our problems are indeed very minuscule compared to what we see around us. Having said that the AID given by other countries just fills their hunger for the moment - how many of those countries are ready to take some of them as refugees - there is just enough for everyone needs on the planet - but not enough for the individual greed. 

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