A Nice, des militants d'Oxfam déguisés en responsables du G20 signent en faveur de la Taxe Robin des bois. Photo : Oxfam
Les responsables du G20 adoptant la Taxe Robin des bois : une scène rêvée et interprétée par des militants Oxfam, à Nice. Photo : Oxfam

Tout est dans le détail : un petit pas pour le G20, un bond de géant pour Robin des Bois

4 Novembre, 2011 | CULTIVONS, Santé et éducation pour tous

C’est incroyable comme les choses bougent petit à petit dans un sommet du G20. Ici, tout se joue dans les détails. Chaque pas en avant est infime, et pourtant bien réel, assez pour s’assurer que l’on va de l’avant, vers des solutions durables et intelligentes, qui profitent aux populations les plus pauvres de la planète.

Un de nos principaux objectifs cette semaine était de voir un groupe de pays pionniers se mettre d’accord pour instaurer une taxe sur les transactions financières (TTF) dont les revenus seraient affectés au développement et au climat. La France, l’Allemagne, le Brésil, l’Argentine, l’Ethiopie, l’Afrique du Sud, l’Union africaine et la Commission européenne font désormais partie de la coalition de pays en faveur d’une TTF. On a même entendu qu’Obama se montrait “bienveillant” à l’égard de cette taxe et des autres moyens de faire contribuer le secteur financier à la résolution de la crise économique. Alors que l’ordre du jour du sommet a été complètement bouleversé par l’actualité grecque, la TTF est restée sur la table. Le rapport de Bill Gates, qui a remis le développement et les financements innovants sous le feu des projecteurs, a sans aucun doute contribué à cela.

Le G20 est resté vague sur le sujet d’une taxe carbone dans le transport maritime, et nous continuerons à porter cette mesure à Durban (COP17), Rio (Rio+20) et au prochain G20 au Mexique. Les financements innovants étaient déjà une priorité pour Oxfam, le G20 commence à en faire une des siennes également, et plusieurs dirigeants du G20 semblent vouloir écrire une nouvelle page, se montrant clairement ouverts et réceptifs à de nouvelles solutions.

Nous avons aussi dénoncé les failles du système alimentaire, incapable de contrôler la volatilité des prix alimentaires. Au G20, nous avons plus particulièrement mis l’accent sur les moyens de freiner la spéculation excessive à travers une transparence et une régulation accrues. Ce qui permettrait de contenir les chocs sur les marchés alimentaires, qui ont poussé 44 millions de personnes sous le seuil de pauvreté en 2010. Si le G20 a fait des efforts, en lançant quelques initiatives pour améliorer la transparence sur la volatilité des prix et pour agir sur ses conséquences, il n’a en revanche rien fait pour enrayer la production d’agrocarburants, ni pour s’assurer d’une meilleure mainmise sur les prix via les réserves alimentaires ou encore pour limiter la spéculation à outrance sur les marchés alimentaires.

Enfin, développement intéressant, les membres du G20 ont signé une convention sur les paradis fiscaux, qui compte malheureusement de nombreuses lacunes sur la transparence. Chaque année, ce sont 125 milliards d’euros qui échappent aux pays en développement à cause de l’éavasion fiscale. Nous devons faire progresser la transparence entre les gouvernements et les structures opaques des multinationales.

Nous avions des objectifs ambitieux en arrivant à Cannes et le G20 a déçu beaucoup de nos attentes, mais nous restons moblisés. Pour lire le détail des réactions d’Oxfam au communiqué final du G20, consultez notre communiqué de presse.

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