Somalie : à la recherche d'eau potable

Caroline Berger

Publié par Caroline Berger

Oxfam Great Britain, Chargée d'informations au niveau régional
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« En Somalie, le principal problème provient des maladies gastro-intestinales telles que la diarrhée, les parasites, la giardiase et l’hépatite. Le système public ne fournit pas d’eau salubre », explique Mohamed Hassan, un coordinateur de santé publique de Mogadiscio.

Mohamed travaille pour l’organisation Hijra, partenaire d’Oxfam, basée dans la capitale somalienne. Dans un tel environnement marqué par l’indigence, l’eau potable peut faire la différence entre la vie et la mort. La crise actuelle a forcé plus d’un million de Somaliennes et Somaliens à partir de chez eux à la recherche de nourriture et d’eau ; beaucoup se sont réfugiés à Mogadiscio. Plus d’une centaine de camps de déplacés somaliens sont aujourd’hui éparpillés un peu partout dans la capitale. L’un des plus grands se nomme Siliga.

« On dénombre 12 000 PDI, confirme Sa’dio Osman, un chef communautaire dans le camp de Siliga, avant d’ajouter : leurs besoins sont immenses. » L’acronyme « PDI » signifie « personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays » et Siliga est l’un des plus grands camps de personnes déplacées de la capitale. Il occupe le terrain de l’ancienne ambassade américaine, dont les bâtiments n'existent plus depuis bien longtemps. Aujourd’hui, il abrite des familles somaliennes déplacées qui dorment chaque nuit dans des abris de fortune construits avec des morceaux de bois, du tissu et des bâches en plastique. Leurs conditions de vie sont difficiles et insalubres.

L'approvisionnement en eau potable via nos partenaires

Après avoir constaté le flux croissant de personnes déplacées qui rejoignaient les camps surpeuplés de Mogadiscio, Oxfam a dû renforcer ses programmes en Somalie pour endiguer la famine. Au début de cette année, en collaboration avec l’organisation locale Hijra, Oxfam a commencé à approvisionner le camp de Siliga en eau potable.

« Nous avons commencé notre travail à Siliga il y a neuf mois, confie Daud Rohoy, qui travaille pour Hijra. Nous avons construit des plateformes sur lesquelles nous avons ensuite installé des réservoirs. Puis nous avons installé plusieurs points d’eau et distribué de l’eau dans tout le camp. »

La présence d’eau salubre a fortement amélioré les conditions de vie à Siliga. Les familles qui y résident s’en sont rendu compte.

« Je connais très bien Hijra, c’est la seule ONG qui nous vient en aide, déclare Fatumah, une résidente de Siliga âgée de 50 ans. Elle nous aide en apportant de l’eau et en construisant des latrines. »

Fatumah est une veuve originaire de la région de Bay qui est venue à Mogadiscio pour échapper à la famine. « Je suis partie il y a neuf mois, pour fuir la sécheresse », ajoute-t-elle.

« La situation était particulièrement grave, la sécheresse a emporté tous les animaux. »

Après avoir tout perdu à cause de la sécheresse, Fatumah est partie à pied en direction de Mogadiscio, accompagnée de ses dix enfants. Elle a marché pendant plus d’un mois, avec une cinquantaine d’autres familles issues de sa communauté. Fatumah raconte que, au cours de ce voyage long et difficile, « tous les enfants étaient mal nourris : cinq sont morts sur le chemin, ainsi que deux personnes âgées ».

Les enfants et petits-enfants de Fatumah ont réussi à survivre à ce voyage et sont tous arrivés à Siliga, où ils résident actuellement.

Après s’y être installée, Fatumah a souhaité contribuer à l’amélioration du camp. Elle a donc rejoint le comité local pour l’eau, l’environnement et l’hygiène.

Ce comité est soutenu et organisé par Hijra. Dans le cadre de son travail communautaire bénévole, Fatumah nettoie les robinets et participe à la collecte des déchets du camp.

« Je fais cela pour aider les gens à améliorer leur hygiène, explique Fatumah, si nous ne le faisions pas, le camp serait parsemé de tas d’ordures. »

Un garçon vient chercher de l'eau avec un bidon fourni par Oxfam. Photo : Geno Teofilo/Oxfam

Des solutions communautaires

Oxfam et Hijra estiment que les communautés bénéficiaires doivent jouer un rôle dans la mise en œuvre des solutions proposées. Face aux défis qu’ils rencontrent quotidiennement dans des sites tels que Siliga, les bénéficiaires comme Fatumah s’engagent à aider la communauté.

Fatumah et sa famille élargie ne sont pas disposés à retourner dans la région de Bay, pas avant qu’ils ne trouvent de nouvelles ressources. « Nous n’avons nulle part où retourner, dit-elle au sujet de son lieu d’origine. Il n’y a plus d’animaux, plus de cultures. »

Alors que l’eau potable est importante, un assainissement efficace et une bonne hygiène sont tout aussi essentiels pour créer des conditions de vie saines au sein du camp. « La propreté est la moitié de la foi », ajoute Mohamed, l’employé de Hijra, en reprenant une citation culturellement appropriée.

Oxfam et Hijra apportent également de l’aide en matière d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène, en fournissant des jerrycans pour conserver l’eau, du savon et des latrines et en organisant des activités liées à la promotion de la santé publique. De surcroît, des trousses d’hygiène sont distribuées aux femmes de Siliga.

Ce camp étant dorénavant correctement établi, les résidents pourront bénéficier pendant longtemps des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement. Comme le résume un autre résident somalien : « Sans Hijra et Oxfam, nous ne pourrions pas rester ici ».

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