Le changement climatique a des conséquences directes sur l'alimentation. Photo: Ainhoa Goma/Oxfam
Le changement climatique a des conséquences directes sur la production alimentaire, comme souligné lors de cette action symbolique à Durban. Photo: Ainhoa Goma/Oxfam

L'accord sur le climat laisse les populations pauvres sur le carreau

14 Décembre, 2011 | CULTIVONS

Les négociateurs de la conférence de l'ONU sur le climat ont frôlé l'échec, ne parvenant à un accord sur le strict minimum qu'après avoir joué les prolongations.

Les débats et les textes ont essentiellement abordé et disséqué deux grandes questions au cours de ces deux longues semaines de négociations. Il s'agissait tout d'abord de renforcer les ambitions de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de mettre en place un cadre juridique, axé sur une seconde période d'engagement du protocole de Kyoto et fondé sur un accord juste, ambitieux et contraignant pour tous les grands émetteurs. Il fallait en outre trouver les moyens d'abonder le Fonds vert pour le climat, l'instrument destiné à acheminer vers les pays en développement les financements qui leur permettront d'adapter leurs économies et de les engager sur une voie plus écologique de façon à limiter les effets du changement climatique sur leurs peuples.

L'accord finalement conclu après une seconde nuit de pourparlers met en œuvre un fonds dépourvu de sources de financement, ménage une étroite marge de manœuvre pour éviter les 4 °C de réchauffement et adopte une seconde période d'engagement du protocole de Kyoto sans la participation de certains membres clés.

Soyons clairs, comme disent les participants en préambule de leurs déclarations, l'accord conclu à Durban n'est pas bon pour l'avenir de la planète, ni pour les populations les plus pauvres et vulnérables. Le message des négociateurs aux personnes qui souffrent de la faim dans le monde se résume à ces quelques mots : "Qu'ils mangent du carbone."

La "plate-forme de Durban" n'est qu'une immense déception. Mais ce retard est directement imputable aux États-Unis et à d'autres pays comme le Canada, le Japon et l'Australie qui ont traîné les pieds du début à la fin, s'agissant notamment des moyens de réduire les émissions pour maintenir le réchauffement sous la barre des 2 °C.

Si aucune mesure plus ambitieuse n'est prise très bientôt, les agriculteurs et agricultrices de certaines régions d'Afrique pourraient se trouver confrontés à une baisse des rendements de plus de 50 % dès cette génération ou celle de leurs enfants. Les prix alimentaires mondiaux risquent de plus que doubler au cours des vingt prochaines années, et le changement climatique en serait responsable pour moitié. Devant ces conséquences, une assistance concrète permettant aux plus vulnérables de se prémunir contre le changement climatique apparaît encore plus cruciale.

Le Fonds vert pour le climat ne doit pas être une coquille vide. Les États doivent identifier sans délai des sources importantes et prévisibles de financement, comme une infime taxe sur les transactions financières et une taxe sur les émissions du transport maritime international.

À peine engrangés les maigres acquis de Durban, les gouvernements doivent immédiatement s'atteler à renforcer les ambitions de réduction de leurs émissions et à alimenter le Fonds vert pour le climat. À moins que les pays ne réduisent davantage leurs émissions de toute urgence, les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables du monde paieront cette inaction de leur vie.

Ceux qui se soucient du sort des populations pauvres dans le monde et de leur propre avenir économique devraient être en colère devant l'incapacité des gouvernements à prendre des mesures adéquates ici à Durban. Mais la colère ne va pas résoudre la question du changement climatique. Rio représente une opportunité pour relever le niveau d'ambition et parvenir au type d'accord dont nous avons besoin. Ceux qui sont incapables de négocier ce genre de résultat devraient tout simplement rester chez eux.

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Pour plus d'informations sur le travail d'Oxfam à la COP17, consultez notre page spéciale sur le sommet de Durban sur le changement climatique.

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