Philippines : pourquoi les questions sanitaires sont importantes, après Sendong

Rodilyn Bolo

Publié par Rodilyn Bolo

Oxfam Great Britain, Chargé de programme
Partagez cette page: 

Cagayan de Oro City, Philippines – De nombreuses familles qui ont perdu leur maison lors de la tempête Sendong (dont le nom international est Washi) sont hébergées dans des centres d’évacuation bondés, avec un espace vital limité à la taille du matelas qu’elles possèdent.

Surpeuplés et sans eau courante, ces centres d’évacuation peuvent devenir l’épicentre de nombreux problèmes sanitaires, en un rien de temps. 

Ce que Vicky Aguiman, 65 ans, résidente de Purok Tambo, quartier de Macasandig, l’une des zones les plus touchées de la ville, appelle son « domicile » n’est désormais plus qu’un petit espace dans un gymnase public.

Elle vit avec trois de ses petits-enfants, âgés de 12, 11 et 6 ans, et l’un de ses fils, âgé de 18 ans. Ils ont d’abord trouvé refuge chez un ami, durant les deux jours qui ont suivi les inondations, mais sont partis lorsqu’ils ont entendu parler du gymnase. La famille de son ami est aussi pauvre que la sienne et elle ne voulait pas les gêner, en leur imposant des bouches supplémentaires à nourrir. 

Vicky Aguiman, 65 ans, a été relogée dans un gymnase public, avec son fils et trois de ses petits-enfants. Photo : Ruby Bacongco/Oxfam

Sa fille lui a confié ses enfants avant de partir pour Manille, la capitale des Philippines, où elle attend toujours des papiers afin de travailler au Qatar, au Moyen-Orient. Ici, sa fille et son gendre vendaient des boissons fraîches aux passants, dans la rue, ce qui constituait la principale source de revenus de toute la famille. Ils font désormais la même chose à Manille et envoient le peu qu’ils gagnent pour subvenir au besoin de Vicky et de leurs trois enfants. 

« Ils nous envoient environ 1 000 pesos [un peu moins de 23 dollars] par semaine. Parfois, selon ce qu’ils gagnent, c’est 700 ou 800 pesos [16 à 18 dollars]. Les jours de pluie, quand peu de gens achètent des boissons fraîches, ils envoient des plus petites sommes. Ils doivent aussi prendre soin de leur bébé, âgé d’un an », confie Vicky. 

Le fils de Vicky, qui a 18 ans, aidait aussi la famille, lorsqu’il travaillait dans l’un des grands centres commerciaux de la ville, mais son contrat de six mois s’est terminé au mois de novembre. Il s’apprêtait à travailler dans un autre centre commercial quand il a été testé positif à la tuberculose. Il doit désormais être soigné par les médecins du centre d’évacuation, afin de prévenir la propagation de la maladie. 

Personnes hébergées dans un centre d'évacuation, à Cagayan de Oro, Philippines. Photo : Keith Bacongco/Oxfam

Les femmes pauvres comme Vicky et leurs familles, qui s’entassent dans des petits abris temporaires, sont exposées à de multiples ennuis de santé, dont des maladies transmissibles. Des centres d’hébergement sains permettent d’éviter un ensemble de problèmes susceptibles de faire rechuter des familles qui tentent de se remettre de cette catastrophe. 

Oxfam, par l’intermédiaire de son partenaire du HRC (Humanitarian Response Consortium), est sur le terrain pour fournir une aide dans les domaines de l’eau et des questions sanitaires, notamment par la distribution de kits d’hygiènes comprenant entre autres du savon, des serviettes et des sous-vêtements, afin d’éviter que les centres d’évacuation ne deviennent des foyers de maladies. 

Vicky et d’autres familles ont également besoin du soutien du gouvernement pour trouver du travail et prendre un nouveau départ. Avec des revenus plus que maigres, elles ont désespérément besoin de trouver de nouveaux moyens de subsistance qui leur permettraient de ne plus être des victimes mais des survivants de cette catastrophe.

Oxfam et l'organisation Humanitarian Response Consortium fournissent notamment des kits d'hygiène aux personnes relogées. Photo : Jerry Carreon

En savoir plus

L'action humanitaire d'Oxfam face aux inondations aux Philippines, en 2011