Soudre Amado, agriculteur, Burkina Faso. Photo : Irina Fuhrmann/Oxfam
Cette année, Soudre Amado, agriculteur au Burkina Faso, a dû semer cinq fois, la sécheresse ayant détruit les semences avant même qu'elles aient pu germer. Photo : Irina Fuhrmann/Oxfam

Alerte alimentaire au Sahel

1 Février, 2012 | Conflits et Urgences

Le spectre de la faim est de retour au Sahel occidental, ce territoire aride qui borde le sud du Sahara. Grâce aux systèmes d'alerte précoce financés par le Canada et d'autres bailleurs de fonds, nous avons à présent conscience qu'une grave crise alimentaire couve. L’information nous parvient à temps pour que nous puissions désamorcer cette crise.

Des pluies tardives et irrégulières, suivies d'invasions d'oiseaux et de sauterelles, entre autres nuisibles, ont décimé les champs d'agriculteurs démunis et entraîné une pénurie de pâturage pour les éleveurs. La production céréalière des cinq pays de la région a chuté d'un quart par rapport à l'an dernier et se situe nettement en dessous de la moyenne des cinq dernières années. En Mauritanie et au Tchad, c'est à peine si les agriculteurs ont récolté moitié moins que l'an passé. Des réserves alimentaires nationales existent, mais les quantités ne suffiront pas à combler le déficit, loin s'en faut.

Même si le marché était bien approvisionné, les principales céréales coûtent 10 à 40 % plus cher qu'à l'accoutumée. La plupart des habitants du Sahel doivent acheter leur nourriture, les familles les plus vulnérables y consacrant jusqu'à 80 % de leurs revenus. Comme si la médiocrité des récoltes et la flambée des prix ne suffisaient pas, les flux de fonds provenant de parents émigrés en Libye et en Côte d'Ivoire se sont taris suite aux conflits dans les pays.

Le Sahel est une région écologiquement fragile et vulnérable aux chocs. Même dans une année considérée comme normale, la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique. Les taux de malnutrition aiguë chez les enfants se situent en permanence au-dessus du seuil des 10 % qui, selon l'Unicef, définit une situation d'urgence. En l'absence de "crise", 300 000 enfants meurent chaque année des suites de la malnutrition.

Le Sahel n'est pourtant pas condamné à subir le sort de la Somalie. Les gouvernements de la région ont reconnu l'ampleur de la crise qui s'annonce. Plusieurs ont déjà mobilisé les maigres ressources dont ils disposent et sollicité une aide extérieure. Les bailleurs de fonds commencent à réagir, l'Europe en tête.

Une détection précoce nous donne la possibilité d'éviter les erreurs du passé. En agissant sans délai, nous pourrions éviter une aggravation coûteuse de la situation et conjurer la menace sur la vie et les moyens de subsistance de millions de personnes.

Nous sommes à présent avertis qu'un drame est imminent au Sahel. Allons-nous agir ?

Mark Fried est coordinateur des politiques chez Oxfam Canada.

Cette tribune a été initialement publiée en anglais sur le site thestar.com

En savoir plus

L'intervention d'Oxfam face à la crise en Afrique de l'Ouest

Rapport : Echapper au cycle de la faim : les chemins de la résilience au Sahel

Cartographie d'une crise alimentaire : La carte Oxfam des zones de tension des prix alimentaires 

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