"Mama Hawa", symbole d'espoir pour les populations déplacées en Somalie

Laurent Le Gouanvic

Publié par Laurent Le Gouanvic

Oxfam International, Editeur Web
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Vu du prestigieux Bâtiment des forces motrices de Genève, où se tenait hier la cérémonie du prix Nansen pour les réfugiés, difficile de s’imaginer les terribles conditions dans lesquelles travaille Hawa Aden Mohamed, depuis qu’elle a cofondé, en 1999, le GECPD (Centre d’éducation pour la paix et le développement de Galkayo), l’une des organisations partenaires d’Oxfam en Somalie.   

C’était pourtant bien « Mama Hawa », comme on la surnomme à Galkayo, qui était censée occuper le devant de la scène, en tant que lauréate du prix Nansen 2012. Souffrante, elle n’a malheureusement pas pu recevoir son prix en personne. Sa sœur, Shukri Aden Mohamed, s’est chargée de la représenter lors de cette cérémonie qui a permis de mettre en lumière le travail impressionnant réalisé par Mama Hawa et son équipe en faveur des réfugiés et personnes déplacées de Somalie, et plus particulièrement des filles et femmes. 

« Je suis vraiment très honorée de recevoir ce prix, confiait-elle à l’équipe d’Oxfam en Somalie, juste après avoir appris qu’elle serait lauréate du prix Nansen pour les réfugiés, il y a deux semaines. Ce prix ne m’est pas seulement destiné, il nous revient à tous. Nous sommes vraiment très heureux. »

Une équipe féminine de basketball victorieuse parade au centre de formation cofondé par Mama Hawa à Galkayo, en Somalie. Photo : UNHCR / F. Juez

Comme l’a souligné la militante libérienne Leymah Gbowee (prix Nobel de la paix en 2011), Mama Hawa est « un symbole typique de ces femmes du peuple, dont des millions vivent à travers l’Afrique », capables de « transformer une chute en triomphe ».

Elle-même ancienne réfugiée, Hawa Aden Mohamed a choisi de retourner dans son pays, la Somalie, en 1995, « où elle a lancé un ambitieux programme d’éducation pour aider celles et ceux qui ont été déracinés par le conflit persistant et les sécheresses récurrentes », comme mentionné dans un communiqué du Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (UNHCR). 

Oxfam a établi un partenariat avec Mama Hawa et le GECPD en 2000 et soutient des programmes dans les domaines de l’éducation (notamment des bourses d’études pour les filles), du sport pour les jeunes, de la sensibilisation au VIH-sida et aux violences à caractère sexuel et de l’aide aux personnes déplacées internes. Depuis 2010, Oxfam soutient les activités sportives pour les jeunes de Galkayo, notamment via la mise en place d’un centre de la jeunesse. 

Les réfugiés et personnes déplacées sont rarement sous les projecteurs – y compris dans une ville internationale comme Genève, qui accueille un grand nombre d’organisations humanitaires. Ce prix offre donc l’occasion de féliciter Hawa Aden, le GECPD et tous leurs partenaires ; d’encourager tous les réfugiés et personnes déplacées qui luttent pour leur survie et, malgré d’immenses obstacles, tentent de poursuivre leurs études ; et enfin, de dire un grand merci à tous ceux et celles qui, directement ou indirectement, soutiennent leur travail extraordinaire !

Vous pouvez laisser vos messages à Mama Hawa et son équipe en Somalie en postant un commentaire ci-dessous 

En savoir plus

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Blog : Somalie : l'espoir d'une femme

Site web du prix Nansen pour les réfugiés (en anglais)