Semaine #CULTIVONS : pour la Journée mondiale de l’alimentation, exigeons davantage de mesures contre la faim

16 Octobre, 2012 | CULTIVONS

Aujourd’hui a lieu la Journée mondiale de l’alimentation, l’occasion pour Oxfam, de rappeler qu’à travers le monde, une personne sur huit se couche toujours la faim au ventre chaque soir, soit plus que la population des États-Unis, de l’Union européenne et du Canada réunis. 

Cette année, la Journée mondiale de l’alimentation tombe exactement une semaine après la publication d’un nouveau rapport révélant que les efforts mondiaux pour éradiquer la pauvreté ont considérablement ralenti ces cinq dernières années. Au lieu de baisser, comme s’y étaient engagés les gouvernements dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement, le nombre de personnes sous-alimentées est en stagnation. En Afrique et dans de nombreux pays parmi les moins avancés, elles sont mêmes environ 30 % plus nombreuses aujourd’hui qu’il y a 20 ans.

Une flambée des prix historique

Cette journée nous donne l’occasion de revenir sur une année au cours de laquelle le monde a échappé de peu à une crise alimentaire mondiale après que les prix ont atteint des sommets historiques. Les crises nationales et régionales ont continué de sévir au cours de ces douze derniers mois et plus de 18 millions de personnes à travers l’Afrique centrale et occidentale sont exposées au risque de famine. Au Yémen seulement, 10 millions de personnes ne mangent pas à leur faim, soit près de la moitié de la population du pays.

La Journée mondiale de l’alimentation coïncide également avec un événement qui pourrait contribuer à inverser la tendance : la réunion annuelle du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), qui se tiendra cette semaine à Rome. À cette occasion, des représentants de gouvernements, d’organisations internationales, du secteur privé et d’organisations de la société civile se réuniront pour débattre des différents moyens de renforcer la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale. 

Des bonnes questions pour des solutions efficaces

Des petits producteurs et petites productrices travaillent actuellement avec des organisations telles qu’Oxfam pour faire entendre la voix des personnes affectées par le système alimentaire défaillant et demander que les actions nécessaires soient prises pour le remettre sur la bonne voie. Au contraire des autres tribunes internationales, tout le monde est représenté de manière égale au CSAM, quels que soient la taille du pays et le niveau de richesse des populations. C’est pourquoi cet organe est équipé comme aucun autre pour trouver des solutions efficaces au problème de la faim.

Cependant, il est primordial que le CSAM se concentre sur les bonnes questions. À travers le monde, l’augmentation des températures, l’évolution du rythme des précipitations et les événements climatiques extrêmes dévastent la production alimentaire. Les gouvernements et le CSAM doivent veiller à ce que leurs politiques relatives au changement climatique aient pour objectif d’éradiquer la faim et de permettre à chacun et chacune d’exercer son droit de s’alimenter.

Mettre un terme à la ruée sur les terres

Il est crucial de mettre fin à la ruée des investisseurs étrangers sur les terres arables, qui prive tant de petits producteurs et de petites productrices de leurs moyens de subsistance. Au début de l’année, le CSAM a adopté d’importantes directives relatives aux terres mais il doit dorénavant œuvrer de toute urgence à leur application et s’assurer que d’autres acteurs influents, tels que la Banque mondiale, les promeuvent également. 

Au cours de l’été dernier dans l’hémisphère nord, les prix des denrées alimentaires de base ont atteint des sommets historiques, ce qui a eu pour effet d’intensifier la faim dans de nombreux pays en développement. Au Yémen, la crise alimentaire devrait s’aggraver alors que le pays importe 90 % du blé qu’il consomme à des prix extrêmement élevés. Le CSAM doit renforcer la résilience des personnes pauvres face à la volatilité des prix, qui semble devenir une partie intégrante de notre système alimentaire, en élargissant les programmes de protection sociale et en accroissant les réserves alimentaires.

Nous pouvons remettre le système sur la bonne voie

La malnutrition croissante, les crises alimentaires régionales, la volatilité du prix des denrées alimentaires et les changements climatiques exercent des pressions sans cesse plus intenses sur le système alimentaire mondial. Mais chez Oxfam, nous croyons dur comme fer en la possibilité de réformer ce système. Et il existe plusieurs mesures d’une importance vitale que le CSAM pourrait prendre cette semaine afin de nous rapprocher d’un avenir dans lequel tout le monde pourra manger à sa faim, chaque jour de sa vie.

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