Ce sont les plus démunis qui paieront le prix de conditions météo de plus en plus extrêmes et imprévisibles. Photo : Abbie Trayler-Smith / Oxfam

La lutte contre le changement climatique face à un autre « mur budgétaire »

27 Novembre, 2012 | CULTIVONS

Si vous avez suivi les élections américaines au début du mois, vous aurez très certainement entendu parler de la menace du « mur budgétaire », qui signifie que les États-Unis doivent absolument voter une nouvelle loi pour remettre l’économie américaine sur les rails.

Alors que les débats se poursuivent outre-Atlantique sur les mesures que Barack Obama doit prendre, à Doha (Qatar) où j’écris ces lignes et où s’ouvre une nouvelle conférence de l’ONU sur le changement climatique, un autre « mur budgétaire » se profile : l’incertitude financière qui entoure la lutte contre le changement climatique risque, comme aux États-Unis, d’avoir de graves conséquences sur la vie des citoyens ordinaires.

Financement climat : les chiffres

Infographie phénomènes climatiques extrêmes.

En 2009, lors des négociations sur le changement climatique de Copenhague, les pays riches avaient promis de dégager des fonds pour aider les populations des pays pauvres à s’adapter au changement climatique et à développer leur économie d’une manière sobre en carbone. Au total, ces engagements s’élevaient à 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2020, avec un premier versement de 30 milliards entre 2010 et 2012. Mais à présent qu’il faudrait accroître les financements, ceux-ci semblent devoir diminuer en 2013.

À l’approche de l’échéance fixée pour apporter les fonds et face à l’alourdissement des pressions budgétaires sur l’aide au développement accordée par les pays riches, les engagements pris en 2009 risquent fort d’être revus à la baisse, et ce alors même que les effets du changement climatique se manifestent de plus en plus clairement.

Les dégâts provoqués par l’ouragan Sandy n’ont fait que mettre en lumière le fossé qui existe entre la capacité des pays riches et celle des pays pauvres à faire face aux phénomènes météorologiques extrêmes. En effet, même si les travaux de déblayage et de réparation se poursuivent aux États-Unis, la situation est déjà de retour à la normale pour la plupart des Américains. En revanche, en Haïti, également touchée, le bilan de la tempête était autrement plus lourd, avec deux millions de personnes confrontées au risque de malnutrition et 70 % des cultures détruites.

Où trouver les 100 milliards de dollars ?

100 milliards de dollars par an n’est pas une petite somme, mais elle reste à la portée des négociateurs présents au Qatar avec les deux solutions suivantes :

L’équipe d’Oxfam qui assiste aux négociations à Doha n’aura de cesse de faire pression sur les responsables politiques présents pour qu’ils prennent des engagements fermes en faveur de ces deux moyens de financement, car sans cela, les pays pauvres subiront de plein fouet les effets du changement climatique. Nous continuerons en outre d’insister sur l’urgence de réduire les émissions. 

Pour vous tenir au courant de notre action au cours des deux prochaines semaines de négociation, consultez régulièrement notre blog. Si vous préférez lire l’actualité en moins 140 caractères, vous pouvez également nous suivre sur Twitter à l’adresse suivante : twitter.com/oxfam_fr.

En savoir plus

Climat : Doha débute sans aucune garantie sur le respect des engagements financiers pris à Copenhague

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Changement climatique et production agricole à Beni, R.D.Congo

La réduction d’émission de gaz à effet de serre et la déforestation préoccupe pas mal d’acteurs socio-environnementaux. Les régions qui ont encore des forets naturelles, les aires protégées et parcs, devront agir avant qu’il ne soit tard.

Face à l’activité agricole, la lutte contre la déforestation pose problème. Deux cultivateurs ont été tués le vendredi 7 décembre 2012 en ville de Beni (Nord Kivu, R.D.Congo) par des gardes parc, du Parc National de Virunga, l’un des patrimoines mondiaux en péril. Ces cultivateurs, membres d’une association locale, affirment être dans leurs champs respectifs, alors que l’ICCN (Institut Congolais pour la Conservation de la Nature) estime que cette partie dite MAYANGOSE en ville de Beni appartient au parc.

Pratiquement, avec la démographie galopante dans le Kivu/RDC, les aires protégées sont menacées, dans la recherche des terres arables. Mais à dire vrai, l’espace à cultiver est encore disponible, il se pose un problème d’encadrement des paysans, quant aux méthodes et techniques culturales.

En définitive, si l’on ne reboise pas en dehors du parc, il sera impossible de maintenir le Parc de Virunga, dans cette partie du pays, ce qui compliquerait le processus REDD. PAF-AFRICA pense qu’une fois encadrés, les paysans cultivateurs seront à même de produire en masse, tout en s’impliquant dans le reboisement.

L’expérience de PAF-AFRICA  sur terrain prouve aussi qu’il ya eu d’appui dans ce secteur de l’agriculture sans atteindre l’objectif ciblé en plus des contextes de la guerre, le besoin d’alimentation étant toujours là, il est souhaitable de changer d’approche d’intervention pour tout projet dans ce secteur afin de produire plus. Notre population rurale est capable de produire à elle seule, sans mécanisation de l’agriculture mais avec un appui technique et en intrants.

Permalink: http://oxf.am/3f8