Des membres d'une association de paysannes cultivent le champ de l'une d'elles, au Rwanda. Photo : Ami Vitale/Oxfam
Nous voulons nous assurer que les investissements agricoles de la Banque mondiale bénéficient véritablement aux populations.

"Ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain" : une fausse excuse face aux accaparements de terres

30 Novembre, 2012 | CULTIVONS

Au mois d'octobre, Oxfam a lancé une nouvelle campagne pour demander à la Banque mondiale de geler ses grandes acquisitions foncières pendant six mois. Nous avons décidé d’agir face à la ruée mondiale, irresponsable, des banques et des investisseurs sur les terres des pays en développement. Bien trop souvent, des personnes et communautés perdent leurs logements et les terres sur lesquelles elles cultivent leur nourriture car aucune mesure de protection adaptée ne défend leurs intérêts face à ces investissements. 

À travers le monde, des milliers de personnes demandent à la Banque mondiale de montrer l’exemple dans ce domaine mais, bien que la Banque soit à l’écoute de nos revendications, elle n’a pas encore accepté de modifier ses politiques. Nous allons donc tenter d’analyser, dans une série de blogs, les raisons pour lesquelles la Banque continue, à ce jour, de rejeter nos appels. Nous avons déjà expliqué en détails pourquoi ses arguments ne nous avaient pas convaincus. Nous avons aussi expliqué pourquoi nous n’acceptions pas sa ligne de défense lorsqu’elle affirmait ne pas être la bonne cible. 

Investir dans l'intérêt des populations

Pour rejeter l’appel d’Oxfam concernant le gel de ses investissements fonciers, la Banque mondiale s’est également appuyée sur un autre argument qui consiste, si j’ose dire, à « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Elle prétend que ce gel aura pour conséquence de mettre fin non seulement aux projets ayant entraîné des traumatismes humains mais aussi à ceux qui bénéficient aux personnes-mêmes auxquelles Oxfam désire porter assistance. Plus précisément, Oxfam réclamant le gel des acquisitions de terres agricoles, la Banque mondiale affirme que cette mesure pourrait nuire aux petits agriculteurs et aux petites agricultrices, catégorie la plus pauvre du monde. 

Que les choses soient claires : Oxfam n’a jamais soutenu (et ne soutiendra jamais) que la Banque mondiale devrait cesser d’investir dans l’agriculture, tout simplement parce que nous nous attelons à aider les personnes les plus vulnérables de la planète, telles que les petit-e-s exploitant-e-s agricoles. Toutefois, nous voulons nous assurer que la multiplication des investissements agricoles de la Banque mondiale (qui sont passés de 2,5 milliards de dollars en 2002 à 6-8 milliards de dollars en 2012) bénéficie véritablement aux populations.

Une méthode qui a déjà fait ses preuves

Nous ne demandons pas à la Banque mondiale de délaisser complètement l’agriculture mais de geler temporairement, pendant six mois, les investissements agricoles qui impliquent des acquisitions de terres à grande échelle. Nous reconnaissons effectivement la valeur des investissements destinés à l’agriculture mais nous nous opposons à un certain type d’investissements : ceux qui impliquent de destituer en masse les paysans et les communautés pauvres de leurs droits fonciers et qui engendrent le plus souvent des conflits et davantage de pauvreté. Oxfam voit d’un œil favorable les investissements, qu’ils soient de petite ou de grande échelle, qui bénéficient aux communautés et se traduisent par des avantages partagés basés sur la consultation et le consentement. Pour celles et ceux d’entre vous qui désirent en savoir plus à ce sujet, nous avons récemment publié un rapport décrivant des modèles d’investissements agricoles positifs, un message que la directrice d’Oxfam Grande-Bretagne Barbara Stocking a repris récemment dans le Financial Times.

Le gel des investissements donnerait à la fois le temps et l’espace nécessaires à la mise en place de réglementations qui protègent les personnes ; cette méthode n’est pas nouvelle et a fait ses preuves. La Banque l’a d’ailleurs utilisée par le passé lorsqu’elle a gelé les prêts destinés au secteur de l’huile de palme après une affaire controversée en Indonésie. Son but était alors de s’assurer que ses investissements n’avaient pas de conséquences néfastes sur les populations locales.

#QuellesSolutions pour mettre fin à la pauvreté ?

La réaction initiale de la Banque mondiale face à notre campagne ne nous a pas découragés. Malgré la position qu’elle adopte publiquement à l’heure actuelle, les actions de milliers de personnes ont littéralement contraint ses plus hauts cadres à tendre l’oreille. Lorsque la Banque mondiale a demandé sur Twitter « #QuellesSolutions (en anglais #Whatwillittake) pour mettre fin à la pauvreté ? », vous l’avez submergée de tweets (avec le mot-clé #Stoplandgrabs) et de commentaires sur Facebook pour lui demander de contribuer à mettre fin aux accaparements de terres. Ces réactions ont poussé Rachel Kyte, vice-présidente du développement durable à la Banque mondiale, à prendre le temps de participer en personne à un débat avec Oxfam le mois dernier, au cours de la série de réunions annuelles de la Banque. 

Nous sommes ravis que la Banque mondiale s’implique publiquement dans notre campagne, par le biais de blogs et de médias sociaux. Elle reconnaît que des abus ont eu lieu et partage nos préoccupations concernant les accaparements de terres. Elle s’est aussi engagée à parler de ce problème avec Oxfam et nous pensons qu’il nous reste encore une chance d’influencer la Banque mondiale et son nouveau président, Jim Kim. 

Enfin, la Banque mondiale intervenant à hauteur de plusieurs milliards de dollars dans les investissements fonciers et jouant un rôle de premier plan dans l’établissement de normes mondiales et les conseils politiques aux pays en développement, Oxfam estime qu’elle se trouve dans une position unique pour s’affirmer comme une force positive, à même de faire la différence pour les communautés pauvres à travers le monde.

En savoir plus

Signez la pétition contre les accaparements de terres adressée au président de la Banque mondiale

Questions et réponses sur les accaparements de terres

Rapport : « Notre terre, notre vie », halte à la ruée mondiale sur les terres

Commentaires

Les Victimes de l'accaparement des terres à Sud Madagascar

 

SOUTENONS les ELEVEURS et leur PATRIMOINE contre L’ACCAPAREMENT

 

de VASTES SURFACES de TERRES par la société TOZZI GREEN à MADAGASCAR

 

 

 

La société italienne Tozzi Green,une filiale du groupe italien Tozzi Renewable Energy, cultive essentiellement du jatropha, un agrocarburant, sur le plateau d’Ihorombe dans le Centre Sud de Madagascar et vise une surface de 100 000 ha. Cette société déclare qu’elle s’installe dans cette zone avec l’accord des populations : quelles populations exactement ont été consultées et ont donné leur accord ? Les autorités locales ? Quelques notables des villages ?

 

Plaintes et revendications des populations locales

 


Le 16 novembre dernier, dix représentants de neuf villages situés dans les communes de Satrokala, Andiolava, Ambatolahy et Ihosy, région d’Ihorombe sont venus à Antananarivo et ont tenu une conférence de presse pour manifester leur opposition à cette exploitation et pour « exprimer leur détresse ». Ils se sont déplacés pour faire connaître leurs plaintes car les droits des habitants ont été piétinés. « Nous n’avons plus aucune prise sur nos terres, des personnes étrangères à nos mœurs y imposent leurs lois. Elles ont étendu progressivement la surface de leurs cultures et utilisent aussi nos terres maintenant. Nous, petits paysans, sommes obligés de partir car ce sont des gens munis d’armes qui nous expulsent de nos terres. La perte de l’herbe où les zébus pouvaient brouter a entraîné le décès du bétail sur place. Ils ont détruit les tombes de nos ancêtres. Les lieux sacrés ont déjà tous été détruits par les tracteurs ». Ils sont complètement désemparés actuellement car ils sentent qu’ils ressemblent à des œufs qui affrontent des rochers dans cette situation, et font appel à l’Etat central […], la plupart des habitants partent en exode et deviennent quasiment des sinistrés. Face à la confiscation de leurs terres, les fokonolona (communautés de base) ont souligné que « les conséquences de l’accaparement de nos terres par Tozzi Green auront des conséquences graves ». Les populations ont faim et les coutumes des Bara sont bafouées. (1) Les réactions des medias à cette conférence de presse ont été diverses : certains n’en ont pas parlé, d’autres l’ont relaté sans citer le nom de la société incriminée, quelques-uns l’ont rapportée en accusant les représentants des villageois d’être des complices des dahalo (bandits, voleurs de zébus).

 

Par ailleurs, le 18 novembre, 350 habitants de 17 Fokontany de la commune d’Ambatolahy ont signé une pétition qu’ils ont adressée aux autorités locales et nationales pour leur demander d’intervenir afin d’empêcher l’extension des plantations et d’éviter les expulsions qu’ils risquent de subir dans les zones convoitées par Tozzi Green et par la société indienne Landmark.

 

Ces plaintes rejoignent les propos et revendications des habitants des villages de Satrokala, Andiolava, Soatambary et Ambatolahy dont le Collectif TANY a reçu des témoignages. Ils ont dit avoir hérité des terres de leurs arrière-grands-parents qui avaient cultivé là selon les coutumes ancestrales. Ces terrains ne sont pas titrés et bornés mais constituent des possessions familiales coutumières depuis plusieurs générations. Ces terres renferment aussi l’histoire de leurs ancêtres. Si l’Etat les leur prend de force, ils seront perdus, leurs descendants seront décimés car ces terres sont des zones de pâturages de leur bétail et les revenus provenant de l’élevage de zébus leur procurent leur nourriture et remplacent leur salaire. C’est grâce à cela qu’ils ont pu envoyer leurs enfants à l’école. Certains champs de cultures sont devenus inutilisables. Le labour des terres par les tracteurs a rendu impossible le passage des zébus à travers les champs. Le jatropha n’est comestible ni pour les zébus, ni pour les enfants ni pour les familles, disent-ils. Ils demandent donc à l’Etat d’avoir pitié d’eux et de les protéger.

 

Certains villageois ont accepté les demandes de la société, ont-ils ajouté, et ceux qui ont résisté ont reçu des menaces. On leur aurait promis différentes compensations dont ils n’ont pas vu l’effectivité. Ils parlent tous de la nécessité de défendre leurs droits, leurs terres, leur source de revenu traditionnelle, leur patrimoine culturel.

 

Les principales victimes sont les éleveurs de zébus des zones pastorales

 


En effet, une grande partie de la population du plateau d’Ihorombe est constituée par les éleveurs Bara et les grands espaces à perte de vue que certains citadins considèrent comme des zones inoccupées sont les zones de pâturage de leurs zébus. Certains pays respectent et gèrent parcimonieusement ces zones pastorales à travers une Charte ou un Code Rural mais les dirigeants et décideurs malgaches successifs les ont négligées. Que la société Tozzi Green et ses cadres méprisent la culture traditionnelle des populations, on pourrait ne pas s’en étonner, mais il est inconcevable que les autorités locales et centrales ne les protègent pas car des responsables de l’Etat malgache avaient ratifié le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (2)

 

Actuellement, sur les 8 000 ha déjà accordés, 2 000 ha seraient exploités, « le projet enregistre 170 employés permanents et environ 2.000 mains-d’œuvre saisonnières dont plus de 50% sont originaires de la région Ihorombe » rapporte un journal (3) suite à la campagne de promotion de Tozzi Green. Les bénéfices en termes d’emploi sont minimes par rapport aux dégâts économiques, sociaux et culturels.

 


De nombreuses questions sur les transactions et les engagements

 


La société Tozzi Green aurait loué le terrain des pépinières à des particuliers et contracté un bail emphytéotiques avec l’administration, la durée de ce bail citée dans les articles de presse est quelquefois de 25 ans, d’autres fois de 35 ans. Une transparence et une mise à disposition de tous les citoyens de toutes les clauses du bail s’avère nécessaire. Sur combien d’hectares portent les contrats actuels ? Comment sont formulées les procédures et les conditions d’extensions progressives de la mise à disposition des terres pour la société ? Quels critères sont utilisés par le Comité de Pilotage (4) pour évaluer les réalisations et décider d’approuver une nouvelle extension ? Que cache l’incongruité« 2 000 ha toujours en phase d’essai » ? (5) Les citoyens doivent être informés du contenu intégral des contrats : quelles autorités les ont signées, quelles compensations y sont prévues ? Quel sort y est réservé aux populations qui vivent sur ces terres selon le droit coutumier ? ..…

 

 

 

Le plateau d’Ihorombe de 2 000 000 ha va-t-il être accordé en totalité ou en grande partie à Tozzi Green ou à d’autres sociétés d’agro-business ? Quelles surfaces vont être prévues pour les paysans et leurs descendants pour le développement de leur agriculture familiale et de leur élevage extensif ? Une information éclairée des communautés concernées et la prise en compte de leurs pratiques et des intérêts des populations par les divers responsables de l’Etat pour améliorer réellement le bien-être de la majorité des Malgaches nous semblent indispensables pour aboutir à un développement équitable et durable.

 

Ces questions intéressent au plus haut point non seulement les autorités centrales et locales, les notables et populations des différents villages concernés mais également l’ensemble des citoyens de toutes les régions de l’île. Ce qui arrive dans l’Ihorombe interpelle tous les citoyens car la surface concernée y est la plus importante connue dans le cadre de l’opacité qui règne sur les transactions foncières et l’accaparement de terres à Madagascar actuellement. Surveiller ce qui s’y passe et refuser tout ce qui est inacceptable pour ne pas créer de précédent devient un enjeu d’envergure nationale - voire internationale -, en plus de la défense des droits d’usage et de la culture des populations de la région. Une vigilance sur les produits du sous-sol très riche de cette zone s’impose également.

Les communautés d’éleveurs se mobilisent et sollicitent une meilleure considérationdes dirigeants de l’Etat. Au mois d’octobre 2012, après un voyage en Europe, une haute autorité de l’Etat chargée du Foncier est passée dans l’Ihorombe pour réceptionner une voiture tout-terrain et des ordinateurs destinés aux services des Domaines et de la Topographie « résultat d’une collaboration avec Tozzi Green » (6). Le passage de cette haute autorité dans la région aurait-elle coïncidé avec une nouvelle extension des zones attribuées à Tozzi Green et accru l’inquiétude légitime des populations ? Lorsque par ailleurs la communication puissante de Tozzi Green annonce la mise en place par cette société à Satrokala d’un BIF -Birao Ifoton’ny Fananan-tany, guichet foncier - qui va gérer la délivrance de certificats fonciers sur les propriétés privés non titrées (4) -, l’on ne peut qu’être indigné par le conflit d’intérêts qui est en train de monter en puissance au niveau de la gestion des terres dans la région avec la bénédiction des autorités centrales.

 

Soutenons les populations qui défendent leur patrimoine !

 

Non à l’intimidation des citoyens de l’Ihorombe qui ont osé demander l’arrêt de l’extension des terres accordées à la société Tozzi Green !

 

Réitérons avec insistance la demande de transparence totale sur le contenu des contrats signés par l’Etat car ils engagent et brident l’avenir des générations présentes et futures !

 

Il est temps d’arrêter l’accaparement des terres à Madagascar !

 

menace de la popultion Ihorombe- Madagascar

 

Stop à la désinformation et à la complaisance et ouvrons nos esprits !

 

 samedi 17 novembre 2012,

 

Les ray amandreny Bara d'Ihorombe (les dignitaires) sont venus en taxi-brousse hier et ont donné dans l'après-midi une conférence de presse dans la capitale pour témoigner des dégâts humains, environnementaux et culturels occasionnés par l'accaparement massif des terres malgaches par Tozzi Green.

 

Je me pose une question, quel serait l'intérêt des Ray aman-dreny de se déplacer si loin de leur contrée et dans des conditions si difficiles, de leur propre chef et avec leurs propres moyens s'il n'y avait pas urgence.

 

Tout le monde se voile la face et les interprétations vont bon train.

 

Pourtant, nous avons accès à Internet et il nous est loisible de vérifier le bien fondé de la destruction de l'environnement par la culture du Jatropha, même si nous ne sommes pas sur place pour voir les 100 000 ha de plantation de Jatropha ! Cette culture a ravagé bien des territoires de par le monde et les scientifiques s'accordent à dire que non seulement, le Jatropha n'est pas si rentable que ça, mais en plus il détériore l'environnement.

 

Ecoutons les doléances de nos ray aman-dreny et avant de qualifier tout un peuple de dahalo, vérifions aussi le bien-fondé des allégations des parties en présence avant de trancher que tout ce que dit Tozzi Green est vrai et que les Ray aman-dreny sont des dahalo !!! Ecoutons les doléances de nos ray aman-dreny :

 

Les Faits et les conséquences de l’accaparement des terres par « tozzi green » dans le plateau d’Ihorombe

 

Les Faits :

 

- Les zones de pâturage sont raclées

 

- Les zébus morts par manque d’herbes

 

- Beaucoup de poussière

 

- Pendant la pluie, il y a une érosion énorme, les boues vont directement dans les rizières.

 

- Des villages sont obligés de quitter les lieux.

 

- Des tombeaux sont aussi détruits

 

- Des lieux « sacrés » sont saccagés par les tracteurs et les bulls.

 

- Interdiction d’accéder aux rivières et point d’eau.

 

- Les divers sentiers ou routes pour aller dans les villages sont supprimés.

 

- Des menaces et des pressions

 

- Manipulation des gens pour créer des tensions et des guerres internes.

 

Les Conséquences :

 

- Des zébus sont morts et très amaigris.

 

- Il n’y a plus de bouses de zébus pour être utilisées pour les sources d’énergie de cuisson.

 

- Disparition des rizières et des surfaces pour les cultures (Maniocs, légumes…), qui sont victimes des boues et des érosions.

 

- et il y aura une grande FAMINE

 

- Déplacements forcés des villageois

 

- Disparition de TOUTE UNE HISTOIRE

 

- LES US ET COUTUMES ANCESTRALES SONT MENACES : disparition des « fomba Bara »

 

- Déplacements forcés des zébus et des cheptels (moutons)

 

- Destruction de toutes les infrastructures dans les villages : maisons d’habitation, écoles, puits d’eau

 

- Des tensions sociales.

 

- Déracinement de toute une population autochtone.

 

www.goodplanet.info/Alimentation-agriculture/.../Debat.../243

 

Le jatropha, un contre-exemple ?

 

De nombreux scientifiques, économistes et journalistes tirent cependant des constats alarmants sur les périls écologiques, économiques et sociaux engendrés par la production et la consommation massive de carburant vert. Georges Monbiot, célèbre journaliste d’investigation, met en garde les gouvernements sur les risques environnementaux et sociaux liés à la culture intensive d’agrocarburants. D’après l’éditorialiste, le choix du carburant d’origine végétale à large échelle implique que l’homme sacrifie les écosystèmes terrestres au profit de cette compétition pour la « nourriture des voitures » au détriment de celle des hommes. Jean Ziegler ex-rapporteur spécial auprès de la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU pour le droit à l'alimentation, a réclamé, au cours de son mandat, un urgent moratoire sur les agrocarburants. Selon lui, le transfert de cultures vivrières vers des cultures industrielles d’agrocarburants doit être suspendu pendant au moins cinq ans afin d’éviter une véritable catastrophe découlant des « effets de cette diversification agricole à la fois sur la déforestation et sur la hausse des prix alimentaires mondiaux ».

 

www.amisdelaterre.org/Jatropha-la-plante-miracle-des.html

 

21 janv. 2011 – Les Amis de la Terre International publient aujourd'hui le rapport Jatropha :

 

ENERGIE - Les Amis de la Terre dénoncent un échec industriel et environnemental de cette plante présentée comme l'or vert du futur...

 

Dans la course aux agro-carburants, le jatropha pourrait bien être l’exemple à ne pas suivre. Cette plante de l’hémisphère Sud, qui produit une huile ressemblant au diesel, a été massivement plantée au Brésil et à Madagascar dans l’espoir de produire le carburant du futur. Mais les investissements se sont avérés désastreux, selon le rapport des Amis de la Terre: les groupes qui se sont lancés dans cette production ont des résultats catastrophiques, voire ont fait faillite. Les Amis de la Terre rappellent également que les dommages collatéraux du jatropha sont nombreux: expropriation de paysans locaux et compétition avec les cultures alimentaires, entre autres.

 

Pour Mariann Bassey, coordinatrice du programme Alimentation et Agriculture du groupe Environmental Rights Action / Amis de la Terre Nigeria : « En Afrique, on prend la terre aux communautés rurales et on les prive ainsi de leur moyens de subsistance. Tout cela pour une fausse solution avec comme alibi la lutte contre les changements climatiques. Les prix alimentaires augmentent de nouveau et nos terres nous sont volées pour faire des carburants pour les voitures. Nous voulons une agriculture qui permette de nourrir d’abord les humains ».

 

Mais à la fin des années 2000, alors que les premiers bilans doivent être tirés, le tableau s’est largement assombri. Des études menées par l’organisation non gouvernementale Friends of the Earth pointent le phénomène d’appropriation des terres qui découle de la soif de biocarburants. En Sierra Leone, au Ghana, au Cameroun ou encore au Nigéria, des dizaines de milliers d’hectares de terres arables ont été acquis par des multinationales. Résultat, une dépendance très forte aux variations du marché de l’énergie, et des risques d’appauvrissement accrus pour les populations locales. Pire encore : la plante miracle, si elle pousse bien dans les zones les plus sèches, doit tout de même être irriguée correctement pour porter des fruits.

 

Alors, pourquoi agrandir les surfaces de culture de Jatropha alors que ce n'est pas rentable ? Qu'y a-t-il donc sous le Jatropha. C'est un secret de polichinelle. Le sous-sol de cette région regorge de richesses minières. Quelle entreprise sensée irait agrandir des surfaces non rentables ? Comme on dit chez nous : Ao raha !

 

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