Les agriculteurs participent a une conférence sur les techniques agricoles durables, au Nigeria
Les agriculteurs participent a une conférence sur les techniques agricoles durables, au Nigeria

Jour 5: La mutualisation ouvre la voie à un avenir durable pour les petits exploitants agricoles

13 Décembre, 2012 | L'avenir de l'agriculture

Le problème fondamental pour les petits exploitants à la fois féminin et masculin est la taille de leurs exploitations. Ils sont tout simplement trop petit pour produire un niveau de vie acceptable. Un modèle d’exploitation  intégrée pourrait permettre de surmonter la plupart des obstacles actuels et devenir le système d'exploitation de l'avenir.

Par Nicko Debenham, directeur division Development & Sustainability, Armajaro Trading Ltd.

Le problème de base pour les petits exploitants et les petites exploitantes agricoles concerne la taille de leurs exploitations et leur isolement géographique. Ils possèdent des exploitations tout simplement trop petites pour produire des moyens de subsistance acceptables. 

Et cela s’explique par l’héritage culturel qui leur a été transmis, selon lequel les terres reviennent de droit à tous les enfants des défunts. Au fil des générations, les parcelles se sont rétrécies, entraînant une diminution des revenus. Dans de nombreux cas, les familles se trouvent à présent dans une situation dans laquelle l’exploitation agricole est considérée comme un fardeau, plutôt que comme un héritage. 

« Les familles se trouvent à présent dans une situation dans laquelle l’exploitation agricole est considérée comme un fardeau, plutôt que comme un héritage. »

Parmi les conséquences de l’abondance de petites exploitations géographiquement dispersées, citons le faible niveau de transfert des connaissances entre les exploitants et les autres acteurs de la chaîne d’approvisionnement, tels que les institutions de recherche, les services d’extension agricole et les prestataires de services financiers. La difficulté rencontrée et les efforts nécessaires pour communiquer avec un si vaste groupe empêchent le partage des connaissances relatives aux pratiques agricoles optimales. Si les exploitants agricoles avaient accès aux connaissances industrielles, l’innovation serait plus répandue dans leur secteur et la technologie, mieux utilisée. 

Par ailleurs, les petits exploitants agricoles ne sont souvent pas en mesure de prendre des décisions budgétaires éclairées. Ils ignorent souvent tout de la finance et leur niveau de revenu est assez volatil. Ainsi, même ceux qui ont accès aux instruments financiers sont rarement en mesure de contracter un prêt, car leur capacité de remboursement est trop incertaine. Lorsque des prêts sont effectivement disponibles, ils sont souvent plus onéreux, en raison du risque perçu et des coûts associés à la gestion de nombreux petits prêts lorsque les institutions financières traitent avec plusieurs exploitants. 

« Pour s’avérer un choix professionnel crédible pour les jeunes, l’agriculture doit avant tout être viable. »

Si ces derniers pouvaient augmenter leur capacité de financement, ils seraient mieux positionnés pour réaliser des investissements technologiques et novateurs, tels que de meilleurs équipements de plantation et des intrants essentiels.

La situation décrite ci-dessus est plus grave encore chez les petites exploitantes, car, selon le point de vue traditionnel, il revient aux hommes de gagner les revenus du foyer. L’accès à la formation, l’adhésion aux organisations agricoles et les rôles de leadership agricole sont souvent refusés aux femmes. Si les opportunités offertes aux hommes et aux femmes étaient identiques dans le secteur agricole, non seulement les familles appartenant à une communauté agricole pourraient bénéficier de la meilleure solvabilité dont disposent généralement les femmes, mais les femmes vivant dans des régions rurales auraient aussi un choix plus diversifié, ainsi qu’un potentiel de revenus accru. 

Aider les exploitants agricoles à comprendre les opportunités qui s’offrent à eux
Les petits exploitants agricoles devraient chercher à gérer leur exploitation comme une entreprise rentable à l’aide d’un modèle commercial durable qui attirerait de nouvelles générations d’agriculteurs dans ce secteur. Pour s’avérer un choix professionnel crédible pour les jeunes, l’agriculture doit avant tout être viable. 

« De nombreux exploitants investissent probablement dans de faux espoirs. »

La triste vérité est qu’un héritage terrien transmis de génération en génération n’est plus en mesure de faire vivre une personne ou une famille, quel que soit le volume d’investissements réalisés en matière d’intrants. Si les exploitants agricoles réalisaient la capacité de production potentielle de leurs exploitations, ils pourraient prendre des décisions plus éclairées concernant leur budget et leur mode de vie. Ils doivent évaluer la viabilité de leurs activités agricoles. 

Lors d’un exercice récent et toujours en cours, le groupe indépendant GeoTraceability a démontré que la taille moyenne d’une exploitation cacaoyère en Afrique de l’Ouest est inférieure à 1,6 hectare , soit bien moins que l’hypothèse de départ émise par l’industrie (2,5 hectares). Cela signifie que de nombreux exploitants ont des attentes irréalistes concernant leur production potentielle et qu’ils investissent probablement dans de faux espoirs. Il est possible qu’ils continuent à exercer une profession qui ne leur permettra jamais de toucher un revenu supérieur au seuil de subsistance. 

« Imaginons un groupe d’exploitants agricoles regroupant leurs exploitations dans une propriété partagée. »

S’ils bénéficient d’une représentation précise de la capacité de production d’une parcelle pour évaluer leur revenu actuel et potentiel, les exploitants seront plus enclins à adopter une approche entrepreneuriale afin d’augmenter leur production. 

Par ailleurs, leur capacité de revenu pourra alors être plus précisément comparée aux autres opportunités d’emploi existantes. Il ne s’agit pas de dire qu’ils doivent rechercher un emploi non agricole, mais simplement de souligner le fait qu’ils doivent apprécier de manière réaliste ce qui peut effectivement augmenter la rentabilité de leurs exploitations. 

Encourager les exploitants à travailler ensemble
Imaginons un groupe d’exploitants agricoles regroupant leurs exploitations dans une propriété partagée. Une exploitation « intégrée », dont le volume serait considérablement multiplié, permettrait de réduire les coûts et d’améliorer l’accès aux connaissances du marché, à la technologie et aux innovations du secteur, ainsi qu’aux instruments financiers. Dans le cadre de ce modèle commercial, chaque petit exploitant pourrait choisir d’être uniquement actionnaire ou d’être à la fois actionnaire et salarié. 

Une structure de groupe faciliterait la communication et la coopération entre les exploitants agricoles et les organismes externes, tels que les institutions de recherche et financières, pour contribuer au transfert de connaissances. Un modèle d’exploitation agricole intégrée permettrait, en outre, à chacun d’adopter un rôle spécialisé de manière à accroître l’efficacité et la crédibilité de l’agriculture au fil du temps. 

« Imaginons un groupe d’exploitants agricoles regroupant leurs exploitations dans une propriété partagée. »

De nombreuses organisations de développement choisissent d’encourager les exploitants agricoles à collaborer et à s’aider mutuellement . Les exploitants forment souvent des groupes qui élisent leurs propres dirigeants et qui se voient généralement offrir une formation sur les pratiques agricoles durables, l’accès aux intrants nécessaires, les équipements de plantation éprouvés, le soutien financier, l’infrastructure communautaire et l’informatique. 

Étant donné que le groupe d’exploitants est mutuellement responsable de chaque membre, le nombre de défis logistiques auxquels les institutions financières sont confrontées est moindre et la confiance dont bénéficient ses membres est plus grande. Les dirigeants coordonnent généralement la distribution des intrants et des équipements de plantation en fonction de la taille et du profil des exploitations du groupe. Au fil du temps, la mutualisation facilite le transfert des connaissances des centres de recherche aux groupes d’exploitants agricoles, ce qui encourage ensuite les exploitants individuels à investir et à innover. 

Conclusion 
L’agriculture doit devenir un secteur d’activité attirant et permettre aux exploitants-entrepreneurs d’appartenir à un groupe, tout en étant mutuellement responsables les uns des autres, afin de générer des revenus supérieurs à un seuil plus qu’acceptable grâce à des pratiques durables. À ces fins, la structure du paysage agricole actuel doit être adaptée afin d’échapper aux limites imposées par des exploitations trop petites. Un nouveau mouvement composé d’un modèle d’exploitation intégrée s’avère peut-être la solution qui permettra de surmonter cet obstacle majeur.

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Commentaires

Mutualisation

La mutualisation peut certainement aidé les agriculteurs à accroître leur productivité et à devenir des producteur capable de faire vivre leur famille.

Je crois qu'il ne faut pas mutualiser la terre mais les moyens de production mécanique et surtout la formation.

Il importe particulièrement en Afrique que la terre soit céderr juridiquement à l'exploitant agricole de sorte qu'il puisse l'hypothèquer pour acquérir des moynes plus moderne de production et lui donner la motivation pour sans cesse l'améliorer. Il faut aussi que  l'État procède à un rememebrement des terres et surtout à un recalibrage des surfaces de sorte que chaque producteur ait une surface suffisante pour faire vivre sa famille et pratique une agriculture de petie mécanisation. Il faut retirer là où ça existe encore la propriété des terres aux chefs coutumiers ou chefs de terres pour la privatiser entre les mains de ceux qui la cultive ie les producteurs agricoles.

 

Les modèles d’agriculture de demain

La discussion d’hier est une suite de la conversation au sujet de l’utilisation de l’énergie dans l’agriculture, et aussi prend en considération l’importance relative des changements de politiques et de la demande des consommateurs pour atteindre de la durabilité ; mais jusqu’au quel point les consommateurs démunis (y compris des fermiers) peuvent-ils influencer les dynamiques de marchés en général? La première semaine du débat clôt aujourd’hui avec trois essais au sujet des modèles de l’agriculture.

Debenbam propose un modèle d’agriculture incorporée pour réduire des frais et améliorer l’accès aux connaissances des marchés, la technologie et les innovations industrielles, et les outils financiers. Dans ce modèle des affaires, chaque agriculteur à petite échelle pourrait choisir d’être uniquement un actionnaire, ou un salarié et un actionnaire à la fois. Ibáñez Blancas propose trois modèles pour le sud des Andes Péruviennes. Quel modèle ou quelle combinaison des modèles rendra l’agriculture suffisamment intéressante et rentable pour les futures générations et pour que Godwin n’ait pas de raison de soucier pour l’avenir de ses (petites-)filles?

 

 

Attention, cette question de petite taille doit être spécifiée

Même si la question de la taille se pose, elle doit être davantage spécifiée. Elle ne semble pas être au centre des problèmes d'exploitation partout comme nous on le croyait il n'y a pas longtemps. Certainement, la question ne pose pas de la même manière partout. On travaille actuellement sur les caractéristiques et la typologie des EAF au Burkina avec la CPF. Des résultats préléminaires, la majorité des exploitants n'utilisent en général qu'une petite partie des superficies dont ils disposent. Ce qui tombe directement dans la questions essentielles des moyens d'exploitation, l'allocation du temps de travail comme tenu des conditions du marché du travail aussi bien rural qu'urbain et aussi du retour de la production dans les autres secteurs. Avec la CPF et dans la mesure où c'est possible, les résultats pourraient être partagés à la fin du travail.

Déjà, il ne faut pas généraliser, la question est beacoup plus complexe.

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