Génération sans faim : l'image d'une « Afrique rayonnante »

Fatime Kiné Diop

Publié par Fatime Kiné Diop

Oxfam Great Britain, Chargée de campagne
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Il y a une dizaine de jours, nous vous présentions la liste des lauréats du concours vidéo « Génération sans faim », dont le premier prix a été remis à Anna Lawan Gana, pour sa vidéo intitulée « Les solutions sont dans les mains des dirigeants » lors d'une cérémonie organisée en marge du Fespaco, à Ouagadougou, au Burkina Faso. Cette jeune lauréate franco-nigérienne nous a envoyé un message pour raconter sa participation à cet événement et expliquer sa démarche. 

« Tout  a commencé par un email : "Bonjour Anna, j’ai le plaisir de vous annoncer que vous avez gagné le premier prix du concours vidéo 'Génération sans faim' et vous gagnez un séjour au Burkina Faso pendant le Fespaco. Etes-vous disponible pour voyager" ?

Il fait moins deux degrés celsius à Tournai, une petite ville de la Belgique, quand je reçois ce petit rayon de soleil dans ma boîte email... Je réponds bien évidemment "OUI" après avoir esquissé devant mes collègues médusés quelques pas de Harlem shake (la nouvelle dance en vogue). 

Flashback

Anna a passé son enfance au Niger.

Il y a à peine deux mois, je participais au concours vidéo "Génération sans faim" en réalisant une vidéo intitulée "Les solutions sont entre les mains des dirigeants". Un moyen pour moi d’interpeller les dirigeants africains mais aussi occidentaux, en tant que jeune née de parents nigérien et français.

J’ai vécu toute mon enfance au Niger. Un pays classé au deuxième rang des pays les plus pauvres dans le monde. Ma famille paternelle comme 80% de la population nigérienne est composée d’agriculteurs et d’éleveurs dont malheureusement beaucoup ont abandonné les terres et le bétail à cause des sécheresses à répétition.

J’ai grandi dans cette ambiance et j’ai passé ces dernières années en Europe et à chacun de mes retours au Niger, je suis choquée par tant de disparités entre les pays du Nord et du Sud.

La faim n'est pas une fatalité

En participant à ce concours, j’avais deux messages. Le premier est de montrer que les crises alimentaires ne sont pas une fatalité ;  les paysans, éleveurs sahéliens et la dynamique jeunesse de la région du Sahel peuvent aider à relever le défi de la sécurité alimentaire.

Mon deuxième message est surtout adressé aux dirigeants africains et occidentaux qui doivent soutenir les paysans, les éleveurs et surtout les femmes rurales, pas seulement durant les crises alimentaires, mais à long terme.  

Une Afrique rayonnante

Me voilà... En plein Fespaco : le rêve ! Une semaine après avoir reçu l’email, je découvre le Burkina Faso

40 degrés à l’ombre, je cours de salle de cinéma en salle de projection en plein air. De débats publics en interviews, je rencontre de grands noms du cinéma africain, des activistes - Awadi, Smockey - je découvre une Afrique rayonnante !

De retour dans mes degrés inférieurs à zéro, dans mes valises, je ne rentre pas avec le très prisé prix du cinéma africain Etalon de Yennenga, mais avec la conviction que nous pouvons être la dernière génération à vivre les crises alimentaires !

La solution est dans nos mains... et celles de nos dirigeants.

Par Anna Lawan Gana

Et vous ? Quel message souhaitez-vous adresser aux dirigeants pour qu'enfin la nouvelle génération soit une « Génération sans faim » ? Postez vos commentaires ci-dessous !