Pourquoi la crise syrienne devient la toute première priorité d’Oxfam

Joel M Bassuk

Publié par Joel M Bassuk

Oxfam International, Manager Web
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Les derniers chiffres publiés par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés montrent la rapidité avec laquelle s’est détériorée la situation humanitaire en Syrie et dans les pays voisins dans lesquels les réfugiés n’ont cessé d’affluer.

Non seulement le nombre de Syriennes et Syriens qui passent la frontière pour fuir les violences et se réfugier dans des camps ne cesse d’augmenter, mais cette hausse accélère à un rythme particulièrement alarmant. Et c’est sans compter les milliers de réfugiés arrivant dans des communautés frontalières qui peinent déjà à s’en sortir, ni les plus de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur même de la Syrie. Il s’agit donc d’une crise majeure appelée à durer.

Hier, Oxfam a relevé le niveau de priorité de son intervention face à la crise syrienne, désormais qualifiée de « situation d’urgence de catégorie 1 ». Ce n’est pas une de ces expressions visant à faire sensation dans les médias ; nous réservons généralement ce jargon à un usage interne. Cela signifie que nos équipes humanitaires, qui ont acquis une longue expérience dans toutes sortes de situations d’urgence, considèrent que la souffrance humaine, la complexité de la situation et donc l’ampleur des opérations qu’Oxfam et les autres organisations doivent déployer atteignent des sommets. Par cette mesure, Oxfam donne en outre à l’ensemble de son personnel l’instruction de faire de la Syrie sa toute première priorité.

Oxfam ne prend pas une telle décision à la légère. À titre indicatif, le tsunami qui a frappé l’Asie du Sud-Est le 26 décembre 2004, est l’une des rares situations d’urgence à avoir été classées « catégorie 1 » au cours des dix dernières années. Des images choc avaient à l’époque révélé toute l’ampleur de la catastrophe au public et ainsi incité de nombreuses personnes à faire un don pour contribuer à financer l’aide d’urgence. Au Royaume-Uni, par exemple, l’élan de générosité a été sans précédent : les dons pouvaient atteindre un million de livres sterling en une heure au lendemain de la catastrophe.

Des « situations d’urgence de catégorie 1 » tout aussi importantes peuvent, à l’instar de la crise alimentaire en Afrique de l’Est, en 2011-2012, aisément passer inaperçues. La complexité des causes et l’évolution lente des symptômes ne permettent pas de clairement appréhender la catastrophe ni de la fixer dans le temps. C’est le cas de la Syrie.

Mais en l’absence d’images révélatrices qui cristallisent la situation dramatique des réfugiés fuyant les violences, les statistiques de l’ONU montrent dans une certaine mesure que la crise en Syrie et dans les pays voisins ne cesse de s’aggraver et prend des proportions gigantesques. Les familles syriennes ont plus que jamais besoin de notre aide.

À Oxfam, l’ensemble de la confédération va se mobiliser au cours des semaines et des mois à venir. Vous avez la possibilité de contribuer à financer notre intervention humanitaire en Syrie et dans les pays voisins en faisant un don.

Jusqu’à présent, nous avons apporté une assistance humanitaire à 48 000 personnes au Liban et en Jordanie.

Cet article, traduit de l'anglais, a été initialement publié par Oxfam Grande-Bretagne

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