Ecolières de l'école du Général Daud à Mogadiscio, Somalie. Photo : Petterik Wiggers
La communauté internationale et les autorités somaliennes doivent investir dans le développement à long terme, notamment l'éducation. Photo : Petterik Wiggers

Conférence de Londres sur la Somalie : "On ne peut pas se laver le visage avec un seul doigt"

7 Mai, 2013 | Conflits et Urgences

La semaine dernière, l’ONU révélait pour la première fois que plus de 250 000 personnes sont mortes en Somalie durant la famine, sur une période de dix-huit mois d’octobre 2010 à avril 2012. Ces chiffres sont d’autant plus élevés et choquants que la plupart de ces décès auraient pu être évités si le monde avait simplement réagi plus tôt aux signaux d’alerte provenant de la région alors que les pluies commençaient à se faire rare en 2010.    

La famine n’est pas un phénomène naturel. La sécheresse en est un. En Somalie, les conséquences de l’absence de pluie ont été aggravées par le conflit qui perdurait. Mais comme nous l’avons montré dans notre rapport publié au lendemain de la famine en Somalie, « Un retard dangereux », si les pays, les organisations d’aide humanitaire et le système onusien avaient réagi plus tôt, le tribut humain aurait été bien moins lourd.  

C’est un rappel brutal aux responsables mondiaux, réunis à Londres aujourd’hui pour parler de la Somalie, de la nécessité d’aider les Somaliennes et Somaliens à se remettre des chocs auxquels ils ont dû faire face. 

Cela signifie que la communauté internationale et les autorités somaliennes doivent investir dans le développement à long terme. Cela implique de se « laver le visage avec toute la main »* : nous devrions donc aider les Somaliennes et Somaliens à réhabiliter leurs sources d’eau et à reconstruire leurs routes ; nous devrions aider les agricultrices et agriculteurs à accroître la fiabilité de leurs récoltes et les éleveurs-nomades à améliorer la santé de leurs animaux ; nous devrions soutenir les petites entreprises, comme celles des marchandes de lait par exemple ; et créer une force de police qui protège la population contre les crimes. Le gouvernement fédéral somalien devrait montrer sa détermination à combattre le viol et les violences sexuelles en enquêtant sur toutes les accusations de viol et en veillant à ce que les femmes aient accès à la justice. 

Il est capital que les femmes et les hommes de toute la Somalie soient impliqués dans un processus partant de la base pour déterminer l’avenir du pays. Les solutions venant d’en haut ne fonctionnent pas. Le pays réclame une paix juste et durable et le nouveau gouvernement doit saisir l’occasion pour la garantir.

Parallèlement à la conférence de Londres, nous avons organisé une exposition de photos prises dans différentes régions de Somalie afin de rappeler le riche patrimoine historique et culturel de la Somalie : vous pouvez les découvrir dans notre diaporama intitulé « Somalie : un regard différent » et télécharger le portfolio.

« On ne peut pas se laver le visage avec un seul doigt » ("Far kaliya fool madhaqdo") est un proverbe somali populaire.

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