La sécurité sanitaire des aliments victime de la hausse et la volatilité des prix

24 Mai, 2013 | CULTIVONS

Ces derniers mois, plusieurs scandales alimentaires ont défrayé la chronique avec la viande de cheval vendue pour du bœuf en Europe et du rat vendu pour de l’agneau en Chine. Ces fraudes ne sont probablement que la partie visible de l’iceberg

Face au niveau élevé et à la volatilité des prix, des inquiétudes quant à la sécurité sanitaire des aliments grandissent. Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à devoir acheter des produits alimentaires moins chers et de moindre qualité pour pouvoir joindre les deux bouts. Par exemple, au Bangladesh, craignant que les légumes bon marché ne soient contaminés par des pesticides, des personnes cultivent leurs propres légumes tant en ville qu’en milieu rural. 

Ces craintes sanitaires ne constituent qu’un aspect des problèmes mis en évidence par une nouvelle étude publiée aujourd’hui par Oxfam et l’Institute for Development Studies. Intitulé "Sous pression", le rapport examine l’incidence de cinq années d’augmentation et de volatilité des prix alimentaires sur 23 communautés urbaines et rurales dans dix pays. Nous actualiserons cette étude et retournerons dans ces mêmes communautés au cours des trois prochaines années pour voir comment elles s’en sortent.

Ce rapport montre que la hausse et la volatilité des prix changent non seulement nos habitudes alimentaires, mais aussi notre vie professionnelle et nos relations avec les autres. Par exemple, lorsque les hommes peinent à remplir leur rôle traditionnel de soutien de famille, nous constatons souvent une augmentation des cas de violence domestique, d’alcoolisme et de toxicomanie.

Nous avons également constaté que la vie communautaire peut se détériorer face à l’augmentation des prix alimentaires. Les gens se voient dans l’obligation de remettre à plus tard des événements sociaux coûteux, comme un mariage, afin d’économiser. Ils peuvent aussi devoir partir de chez eux pour trouver du travail en ville ou à l’étranger. 

Certains abandonnent leur activité agricole pour se tourner vers des emplois plus dangereux mais mieux rémunérés, dans une mine d’or, par exemple. De même, de plus en plus de femmes entrent sur le marché du travail, ce qui oblige les grands-parents ou les filles aînées à s’occuper des enfants.

Ce premier rapport dresse un aperçu d’un problème qui dépasse largement le cadre des assiettes. Un suivi des communautés au cours des trois prochaines années nous permettra de mieux cerner les conséquences de cette nouvelle période de prix élevés et instables sur les ménages et la société en général.

Mais des réponses s’imposent d’ores et déjà, surtout si les responsables politiques commencent à appréhender la situation de manière plus globale. Les gouvernements doivent lutter contre l’augmentation et la volatilité des prix alimentaires en assurant une gestion plus efficace de nos réserves alimentaires et une meilleure réglementation des marchés mondiaux des céréales. Les gouvernements et les bailleurs de fonds doivent en outre investir plus intelligemment dans les petites exploitations agricoles et les dispositifs de sécurité sociale afin d’aider les plus pauvres et les plus vulnérables.

En savoir plus

Lisez le rapport: Sous pression: Vivre dans un contexte de volatilité des prix alimentaires – Principaux éléments et résultats de la première année de recherche


La campagne Cultivons
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