Femme et enfants réfugiés syriens sous une tente, camp de Zaatari, Syrie. Photo: Anastasia Taylor-Lind/Oxfam
1,6 million de Syriens et Syriennes ont trouvé asile dans les pays voisins, notamment dans le camp de Zaatari en Jordanie. Photo: Anastasia Taylor-Lind/Oxfam

Appel des Nations unies pour la Syrie : les gouvernements doivent financer l'aide humanitaire maintenant !

7 Juin, 2013 | Conflits et Urgences

« Nous n’avons pas d’eau. L’électricité est régulièrement coupée. Des rats et des souris courent partout. Il y a un total manque d’hygiène. C’est impossible de garder quoi que ce soit propre. Le toit fuit... Nous n’avons jamais vécu comme ça en Syrie. Nous n’aurions jamais imaginé devoir un jour vivre dans de telles conditions. » Yasmin*, 33 ans, mère de quatre enfants

Dans le camp de Zaatari en Jordanie, il y a 1 WC pour 50 réfugiés.

Face à la détérioration de la situation en Syrie, le nombre de déplacés augmente de jour en jour. Syrienne réfugiée au Liban, Yasmin n’est que l’une des quelque 1,6 million de personnes qui ont trouvé asile dans les pays voisins. 4,25 millions d’autres personnes, en Syrie, ont également été contraintes de partir de chez elles. 

La communauté internationale n’était pas prête à faire face à une crise humanitaire qui atteint des proportions si vertigineuses. C’est pourquoi l’ONU lance aujourd’hui l’appel de fonds le plus important de son histoire : 5 milliards de dollars sont nécessaires pour financer l’aide humanitaire à la Syrie. Ce chiffre peut sembler énorme ; il est simplement à la mesure de la crise à laquelle la Syrie et ses voisins se trouvent confrontés. 

Tandis que le conflit, qui a déjà coûté la vie à 80 000 personnes, continue de faire rage, l’accès aux services essentiels sur le territoire syrien devient de plus en plus difficile. Dans les communautés de réfugiés, les familles ont du mal à payer l’eau, la nourriture et un logement. Il faut dire que les emplois sont rares. Prenez Daher* : « En Syrie, j’étais mécanicien, mais je travaillais aussi comme chauffeur de taxi et nous avions une rôtisserie. J’étais toujours occupé. Je trouve très difficile de ne pas pouvoir travailler et subvenir aux besoins de ma famille, surtout dans toutes ces souffrances. J’ai cherché du travail, mais il n’y en a pas ici. » 

Sa situation est un exemple typique de celle des familles réfugiées au Liban et en Jordanie. Plus le nombre de réfugiés augmente, plus les loyers grimpent et les possibilités d’emplois se réduisent. Sans emploi, beaucoup ne peuvent plus compter que sur l’hospitalité des communautés d’accueil, dont beaucoup étaient déjà aux prises avec leurs propres problèmes. 

Au Liban, seuls 2 enfants sur 100 réfugiés en âge de suivre un enseignement secondaire sont scolarisés

Les conditions de vie dans les camps généreusement mis en place par les voisins de la Syrie sont difficiles. Après un hiver long et froid, l’été approche à grands pas et les familles se trouvent exposées à des températures élevées et à un risque accru d’épidémies. Quant aux enfants, ils entament une deuxième année sans école. Alors que 38 % des enfants du niveau primaire parviennent encore à aller à l’école, pour les enfants du niveau secondaire, le taux de scolarisation n’atteint plus que 2 %. 

Chez Oxfam, nous nous félicitons de l’appel de fonds lancé par l’ONU et nous invitons les États du monde entier à prendre leurs responsabilités et à remplir le fonds d’aide. La situation se détériore tous les jours en Syrie, le nombre de réfugiés affluant dans les pays voisins ne cesse de croître, et le besoin d’aide humanitaire se fait de plus en plus pressant. L’ONU, par exemple, estime que 3,75 millions de personnes auront dû s’enfuir de la Syrie d’ici la fin de l’année. Nombre d’États ont déjà apporté des contributions généreuses. Mais cela reste insuffisant. Même en période de difficultés économiques, les États n’ont aucune excuse pour se dérober à leur devoir de mettre la main à la poche et financer généreusement l’effort humanitaire. Les Syriennes et Syriens ont assez souffert. Ils ne sauraient payer le prix de l’incapacité du monde à faire face à leur besoin. 

Demandez aux gouvernements de financer l’aide humanitaire : #Aid4Syria

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Crise en Syrie : l'action d'Oxfam sur le terrain

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