De nombreuses vies perdues en Syrie

Keith McManus

Publié par Keith McManus

Oxfam Ireland, Responsable de la communication en ligne
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Par Camilla Jelbart Mosse, responsable de campagne humanitaire pour Oxfam.

Alors que les dirigeants des pays du G8 se sont réunis hier soir pour parler de la Syrie, l’enjeu de ces discussions est plus que jamais crucial pour les personnes prisonnières de ce conflit.

« Ma famille a perdu sa maison ainsi que de nombreux êtres chers. Pendant plusieurs jours, nous n'avons pu nous procurer ni eau ni pain, à cause de l'insécurité et avons dû fuir la Syrie. Nous voulons juste rentrer chez nous. »

J'entends encore raisonner dans ma tête les voix des réfugiés que j'ai récemment rencontrés en Jordanie et c'est cela qui m'a poussé à demander aux dirigeants du G8, réunis aujourd'hui en Irlande du Nord, d’agir en faveur de la Syrie.

La crise en Syrie est devenue la priorité numéro un dans l'agenda du G8. À la stupéfaction générale, 93 000 personnes ont d'ores et déjà été tuées et plus de huit millions d'hommes, de femmes et d'enfants ont besoin d'assistance, aussi bien en Syrie que dans les pays voisins où ils se sont réfugiés.

Hier matin, Oxfam a accueilli les dirigeants du G8 avec un parterre de pierres tombales et de roses blanches afin de commémorer les vies perdues jusqu'à présent dans le conflit.

Alors que les dirigeants du G8 se retrouvaient hier soir autour d’une table pour discuter de la situation en Syrie, l’enjeu est plus que jamais crucial pour les personnes prisonnières du conflit.

Nous devons voir les dirigeants à l'œuvre afin de garantir que l'aide vitale atteigne les personnes qui en ont le plus besoin.  Les dirigeants du G8 doivent user de leur influence collective pour trouver une solution politique à la crise et doivent cesser d'alimenter le conflit en armes, ce qui ne fait que jeter de l'huile sur le feu.

Négociations de paix

En mai dernier, la proposition conjointe des États-Unis et de la Russie de mettre en place des pourparlers de paix a suscité une petite lueur d'espoir dans le paysage diplomatique. Mais on a depuis pu constater de multiples reports et de profondes divisions au sein de la communauté internationale, tandis que le débat public préalable au sommet du G8 s’est davantage focalisé sur les options militaires qui exposeraient les civils à de graves dangers.

Lors de nos discussions avec les représentants de médias venus en Irlande du Nord couvrir le sommet, de nombreux journalistes nous ont posé la question suivante : « Pensez-vous que les dirigeants du G8 sont capables de surmonter leurs différences pour prendre des mesures concrètes » ? Dans le cas de la Syrie, la réponse est claire (bien que loin d'être simple) : ils n'ont pas le choix.

Nous avons désespérément besoin qu'ils affichent leur unité et que Poutine et Obama conviennent d'un plan concret exposant comment ils feront des négociations de paix de Genève une réalité, avec le soutien actif des autres dirigeants.

Sans mesures significatives, les conséquences pour l'instabilité régionale et pour les personnes prises au piège de la crise humanitaire croissante pourraient être catastrophiques.  

Les voix des Syriens

Les informations de ces derniers jours montrent que les voix et opinions de la population syrienne se sont noyées dans les discussions politiques entre les États.

Ce n'est pas aux dirigeants du G8 (ni à Oxfam) de déterminer à quoi devra ressembler le futur de la Syrie, mais les dirigeants doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir qu'un solide processus est en place et finalement permettre aux citoyens et citoyennes de prendre des décisions démocratiques.

Évidemment, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, mais cela doit commencer par l'amorce de négociations inclusives garantissant la participation de toutes les parties impliquées dans le conflit ainsi que la représentation des voix non militaires de la société civile, notamment des réfugiés et des groupes de femmes.

Étant donné que les dirigeants du G8 choisissent quels leviers diplomatiques actionner, j'espère seulement qu'ils nous permettront de trouver une solution pour que les réfugiés, avec qui Oxfam travaille en Jordanie et au Liban, regagnent enfin leur domicile.

En savoir plus

L'action d'Oxfam face à la crise en Syrie

Photos : Vivre avec le conflit en Syrie

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