Reema, réfugiée syrienne au Liban : « mon dernier jour à la maison »

Jane Beesley

Publié par Jane Beesley

Oxfam Great Britain, Responsable de communications humanitaires
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Agée de 12 ans, Reema a dû fuir précipitamment son pays, la Syrie, avec ses parents et ses quatre frères sœurs. Aujourd'hui réfugiée au Liban, elle n'est plus scolarisée depuis plus d'un an, alors qu'elle était une élève brillante. Elle continue à écrire et à dessiner, racontant en images, en poèmes ou en prose son pays natal et la tragédie qu'elle vit quotidiennement. Dans l'un de ses textes, publié ci-dessous, elle évoque son « dernier jour à la maison ».

« Je me souviens de mon dernier jour à la maison. Je rentrais de l’école la peur au ventre à cause du bruit incessant des explosions. Je courais vite sur une route qui semblait interminable. Je courais pour me réfugier à la maison, avec mes frères et sœurs dans les bras de ma mère. J’y suis finalement arrivée et les bombes ont arrêté de tomber pendant un instant.

Maman a préparé le goûter. J’ai mangé et bu un verre d’eau et je me suis ensuite assise dans ma chambre avec mon carnet de notes et un stylo. Je comptais faire mes devoirs, mais quand j’ai pris mon stylo, il m’a glissé des doigts tellement je tremblais. Le bruit des missiles était insupportable. Là, j’ai aussi lâché mon carnet de notes et je me suis réfugiée sous la table, dans l’espoir qu’elle me protège.

« J’ai laissé derrière moi mon cartable »

Dès que j’ai relevé la tête, j’ai entendu des gens crier et pleurer. J’ai ouvert la porte de ma chambre et j’ai couru vers ma mère, presque paralysée par la peur, et je l’ai appelée de tout mon cœur. Mon père, ma mère, mes frères et sœurs m’ont entourée et nous avons pleuré ensemble. Nous sommes tous sortis dans la rue, ne sachant pas où aller.

J’ai quitté la maison. J’ai laissé derrière moi mon cartable, mon cahier de notes et mes crayons. Je n’ai pas terminé mes devoirs. J’ai couru aussi vite que possible en hurlant à mes frères et sœurs : « Vite, vite, allons-y ! ». J’ai fui comme ça, les larmes aux yeux et le souvenir de ma maison et de ma chambre dans le cœur.

Peu à peu, la maison, les grenadiers, les citronniers et le jasmin du jardin se sont effacés. La maison de nos voisins, celle de mon grand-père et de mes amis aussi se sont effacées. Mon Dieu, qu’est-il arrivé à mon pays ? Ce jour-là, mon exil a commencé... »

Reema vit dans une petite pièce, avec ses parents et ses quatre frères et sœurs, dans une maison en cours de construction au Liban.La famille de Reema a reçu de l’argent liquide dans le cadre d’un programme de transferts monétaires mené par Oxfam. Cet argent, correspondant à deux versements de 150 dollars, permet à des familles comme celle de Reema de payer deux mois de loyer.

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