M. Bartolomeus, 48 ans, sur ses terres ancestrales qu’un producteur d’huile de palme a récemment défrichées
M. Bartolomeus, 48 ans, sur ses terres ancestrales qu’un producteur d’huile de palme a récemment défrichées

Indonésie : de l’huile de palme sur le feu

10 Juillet, 2013 | CULTIVONS

Le déboisement par brûlis est une pratique annuelle en Indonésie. Mais, cette année, les feux de forêt ont formé un épais nuage au-dessus de Singapour et de la Malaisie où la pollution a atteint un record dangereux.

Les photos satellite montrent que nombre des foyers d’incendie se situent dans les plantations d’arbres et de palmiers à huile. Le président indonésien a présenté des excuses diplomatiques aux pays voisins, mais d’autres voix ont imputé la responsabilité aux exploitants des plantations malaisiennes et aux banques singapouriennes. Certes ces entreprises jouent un rôle clé dans cette affaire, mais le problème est plus largement attribuable aux pressions économiques internationales exercées sur les terres indonésiennes par la demande de produits agricoles tels que l’huile de palme.

Le « succès » de l’huile de palme

L’huile de palme est si couramment utilisée que la moitié des produits emballés que nous achetons au supermarché en contiennent. Elle offre de formidables perspectives économiques aux pays tropicaux qui peuvent exporter cette matière première et l’Indonésie en est le premier producteur mondial.

Selon le classement des 40 premières grandes fortunes d’Indonésie établi en 2010 par le magazine Forbes, le pays compte 21 milliardaires, dont 16 ont fait fortune dans l’huile de palme ou le charbon. De toute évidence, ça rapporte de défricher des terres.

Mais l’essor de l’huile de palme se poursuit à un rythme irresponsable. En dix ans, les indonésiens ont extrait davantage de tourbe en vue de produire de l’huile de palme que les Pays-Bas en un siècle. La pratique du brûlis est interdite en Indonésie, aussi bien pour les grandes entreprises que pour les petits agriculteurs. Pourtant, des études ont récemment mis en évidence le danger que représente cette réussite économique, par exemple dans la province de Riau, l’une des principales régions touchées par les incendies.

Les problèmes posés par l’huile de palme

Le développement de l’huile de palme bouleverse l’affectation des sols en Indonésie et, ce faisant, entraîne un recul des forêts, la perte de moyens de subsistance, des dangers pour la faune, la réduction de la sécurité alimentaire, l’aggravation du changement climatique et des accaparements de terres.

Le secteur de l’huile de palme produit énormément de gaz à effet de serre, ce qui n’empêche pas certains d’affirmer que son utilisation dans les agrocarburants pourrait permettre la neutralité carbone de nos déplacements en voiture. Oxfam et d’autres organisations ont calculé qu’il faudrait rouler aux carburants dits écologiques pendant 300 ans pour compenser la perte de tourbières.

La majorité des producteurs d’huile de palme se sont engagés à ne jamais recourir au brûlis, à respecter les droits fonciers et à préserver les forêts. Sur le terrain, cette politique n’est pas vraiment appliquée et la corruption favorise le non-respect des obligations légales. Le bruit se répand même que les petits agriculteurs seraient payés pour incendier des terres ensuite rachetées par les grandes sociétés.

Table ronde pour la production durable d’huile de palme

L’industrie a un rôle essentiel à jouer. Oxfam a engagé un dialogue constructif avec des sociétés qui, comme Sinar Mas et Sime Darby, cherchent à limiter les problèmes de déforestation, d’accaparement de terres et de changement climatique. Nous espérons que ces sociétés exerceront une bonne influence sur leurs homologues.

Les normes internationales revêtent en outre une extrême importance. Oxfam est un membre de premier plan de la Table ronde pour la production durable d’huile de palme (RSPO, Roundtable for Sustainable Palm Oil), une association qui encourage le respect des droits humains notamment par des pratiques durables d’utilisation des sols.

La semaine dernière, le secrétaire général de la RSPO a condamné les actes de négligence associés au nuage actuel de pollution et a exigé que les sociétés membres fournissent des cartes numériques des terres qu’elles exploitent dans la région en vue de l’ouverture d’une enquête sur leurs activités. La RSPO pourrait ainsi être amenée à prendre des mesures correctives contre les membres en cause, voire même à les expulser de l’association.

En prenant des mesures vigoureuses, les gouvernements, les entreprises et les organismes internationaux peuvent nous aider à éteindre le feu du problème et à assurer une utilisation durable des sols, dès aujourd’hui et à l’avenir.

En savoir plus

Le travail d'Oxfam face aux accaparements de terres

Site de la RSPO (en anglais)

Infographie de la RSPO sur la production d'huile de palme (en anglais)

Commentaires

L'huile de palme est un bouc émissaire

Il est insensé de considérer que les productions d'huile de palme sont seule responsable de la déforestation. Un non-sens complet.
http://pinterest.com/pin/422282902530701430/

Pour une production durable

C'est vrai, il y a d'autres causes, comme je l'ai dejà dit. L'article original en anglais contient des réferences vers de plus amples informations sur la production de l'huile de palme, entre autres. D'après les informations les plus récentes, 4 des 5 membres de la Table ronde pour la production durable d'huile de palme ont fourni des cartes et ont pris des mesures contre la culture sur brûlis. 

L'huile de palme a une responsabilité certaine

@ Olawale. 

Il est surout insensé de considérer de critiquer l'huile de palme laisse à penser qu'elle est seule responsable de la déforestation. Un non-sens complet.

L'inforgraphie que vous présentez est fausse sur de nombreux points : les saliaires présentés ne sont pas ceux de l'indoénsie mais d'une région, pendan tun temps précis, et c'est sans prendre en compte d'autres cultures. Ceci faisant croire qu'il n'y a que le riz comme culture alternative au palmier. C'est induire le lecteur en faute.

Niveau rendement, idem. C'est très subjectif en voici la preuve : http://vivresanshuiledepalme.blogspot.fr/2012/11/rendement-et-huile-de-palme.html

Idem pour la déofrestation, il y a une manipulaiton de chiffres. Une infographie n'explique pas la complexité de schiffres.

http://vivresanshuiledepalme.blogspot.fr/2013/01/deforestion-pour-lhuile-de-palme-la.html

 

l'appât du gain

Partout, surtout dans les pays en voie de développement, la déforestation est la solution que les cultivateurs trouvent pour rendre la terre plus productive. Or c’est une véritable catastrophe. La production d’huile de palme n’est qu’une petite partie de l’engrenage qui cause les dégâts en Indonésie. Malheureusement, l’appât du gain règne en force là-bas ce qui met en arrière plan la protection de l’environnement.

Permalink: http://oxf.am/UeC