Liqaa’ et son mari, Bassel. Camp de réfugiés syriens de Za’atari, Jordanie. Photo : Oxfam

Liqaa’, une amie

25 Juillet, 2013 | Conflits et Urgences

Liqaa’ est, une Syrienne de 23 ans, diplômée en littérature anglaise. Jeune mariée, elle devrait donner naissance à son premier enfant très prochainement. Liqaa’, c’est aussi le visage d’une nouvelle pétition internationale qui demande au président russe Vladimir Poutine et au président américain Barack Obama d’ouvrir les pourparlers de paix sur la Syrie sans plus tarder

Liqaa’ a accepté de prêter son visage à notre campagne car, selon ses propres termes, « nous avons déjà versé suffisamment de larmes et de sang. Nous n’aspirons qu’à la paix. Il faut tout de suite mettre un terme aux souffrances. » Elle fait partie des millions de Syriennes et Syriens convaincus que seule une solution politique porteuse de paix peut mettre fin à la crise en Syrie.

Caroline Gluck, membre du personnel d’Oxfam, travaille en Jordanie et a appris à connaître Liqaa’ au cours des derniers mois. Dans le présent article, elle nous en dit plus sur cette jeune femme remarquable.

Liqaa’ est une amie. Le genre de personne avec qui je peux bavarder de cinéma, de musique, de cuisine et de la famille… Elle a eu son diplôme de littérature anglaise en début d’année. 

Liqaa’ est une amie. C’est aussi une réfugiée. Comme des millions d’autres, elle se trouve maintenant face à un avenir incertain. Elle s’inquiète d’autant plus de ce que lui réservent les prochains mois qu’elle est enceinte.

J’avais fait la connaissance de Bassel, son mari, en janvier alors que la Jordanie et le Liban connaissaient le pire hiver depuis plus de vingt ans. Il vivait dans une nouvelle partie du camp de réfugiés de Za’atari, où Oxfam installait un système d’alimentation en eau et construisait des blocs sanitaires.

Avec son sourire communicatif et ses yeux profonds, Bassel m’avait annoncé avec fierté la venue prochaine de sa femme, qui parle bien l’anglais. Il m’avait alors expliqué que tous deux étaient arrivés au camp quelques semaines plus tôt, mais qu’elle était retournée en Syrie parce qu’elle voulait obtenir son diplôme universitaire à Damas. « Mes études étaient si importantes pour moi, m’a-t-elle dit par après. Cela peut m’aider à avoir une vie meilleure à l’avenir. »

Rentrer en Syrie en plein conflit armé pour un bout de papier était extrêmement dangereux. Mais Liqaa’ est une femme énergique et, quand elle a pris une décision, rien ne peut l’ébranler. 

Liqaa', Syrian refugee

Lors de notre première rencontre, elle m’a raconté, les yeux brillants, sa vie en Syrie, ses études à l’université, sa famille et comment elle a connu Bassel. Le couple s’est marié après le début de la guerre. C’est Bassel, m’a-t-elle confié, qui insistait pour célébrer le mariage. « Il tenait tellement à ce que nous nous mariions. Nous étions fiancés depuis trois ans et il ne pouvait plus attendre. Il m’aime tellement, tellement. Ce n’était pas un bon moment, mais c’était la volonté d’Allah. »

Bassel nous regardait timidement ; sans comprendre l’anglais de sa femme, il se rendait compte qu’elle parlait de lui avec amour.

Liqaa’ m’a raconté qu’ils ont eu des hauts et des bas à Za’atari, au fil des semaines. Il y a eu des jours où le temps était exécrable, où elle avait des nausées et se sentait déprimée, où son mari ne parvenait pas à trouver du travail et qu'ils envisageaient de quitter le camp. Mais il y a aussi eu des jours plus réjouissants, quand elle a reçu de bonnes nouvelles de sa famille en Syrie ou que Bassel a enfin trouvé du travail dans le camp. 

À présent enceinte de huit mois, elle est bouleversée à l’idée d’accoucher dans le camp, loin de sa famille restée en Syrie. 

Donner la vie en un moment de si grande incertitude sera difficile, mais c’est aussi un rappel que la vie continue et qu’avec une nouvelle vie naît un nouvel espoir.

Les 1,8 millions de réfugiés qui ont été contraints de quitter la Syrie placent à présent leur espoir dans des pourparlers de paix qui pourraient représenter le début de la fin du conflit en Syrie. 

Vous pouvez regarder, ci-dessous, le témoignage vidéo de Liqaa’, sur sa vie dans le camp de Za’atari.

Apportez votre aide en soutenant Liqaa’ et en signant cette pétition pour l’ouverture immédiate de pourparlers de paix sur la Syrie.

Vous pouvez également faire un don pour soutenir nos activités auprès des réfugiés syriens et venir en aide à des personnes comme Liqaa'.

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