Quatre vérités sur les agrocarburants

4 Septembre, 2013 | CULTIVONS

Qu’est-ce qui prime : l’alimentation ou le carburant ? Posez la question à votre député européen

La semaine prochaine, le Parlement européen se prononcera sur la réforme de la législation européenne en matière d’agrocarburants. Par un vote à mains levées, les eurodéputés répondront à la question de savoir ce qui prime de l’alimentation et du carburant.

Manger ou conduire

Quel est le plus important ? La réponse à cette question devrait être évidente. Mais pas pour l’industrie des agrocarburants ni le secteur agricole qui cherchent obstinément à détourner le processus décisionnel européen au profit de leurs propres intérêts.

Mock Economist magazine cover

Voici donc quelques vérités à rappeler à votre eurodéputé si vous tenez à ce qu’il ou elle fasse primer l’alimentation la semaine prochaine. Oxfam mettra également tout en œuvre pour capter l’attention des parlementaires, en rencontrant des décideurs clés à Bruxelles, en affichant cette contrefaçon (à droite) d’un célèbre magazine britannique sur la porte de leurs bureaux et en organisant des coups médiatiques avec nos alliés, dont ActionAid, Friends of the Earth Europe et Greenpeace.

Au cours des prochaines semaines, nous porterons le même message aux gouvernements européens qui pèsent également dans le choix de la future politique européenne en matière d’agrocarburants.

Quatre vérités sur les agrocarburants

1. Les agrocarburants exacerbent le problème de la faim

Les agrocarburants exacerbent la faim dans les pays pauvres pour permettre aux automobilistes des pays riches de remplir leur réservoir. La quête perpétuelle de produits alimentaires à transformer en carburant fait monter en flèche les prix alimentaires tandis que des millions de personnes n’ont pas les moyens de manger à leur faim.

2. Les agrocarburants sont gourmands en terres

Avec l’aide de subventions payées par les contribuables, les agrocarburants provoquent une ruée sur les terres du monde entier et multiplient les grandes transactions foncières qui conduisent à des accaparements de terres, à l’expulsion de familles de paysans, à la destruction de moyens de subsistance et à l’épuisement de nos ressources limitées en eau.

3. Les agrocarburants ne sont pas bons pour l’environnement

Les grandes plantations de monoculture destinées à la fabrication d’agrocarburants menacent nos précieuses forêts et la vie qu’elles abritent, polluant l’eau et les sols. La grande majorité des agrocarburants ne permettent même pas de lutter contre le changement climatique, car ils génèrent des émissions de gaz à effet de serre encore plus importantes que les carburants fossiles.

4. Vous pouvez faire entendre votre voix !

Le 11 septembre, votre eurodéputé décidera de ce qui prime : l’alimentation ou le carburant. Faites-vous entendre sur les réseaux sociaux et signez l’une de ces pétitions :

Italie / Irlande / Allemagne

Stop à la politique européenne en faveur des agrocarburants

Dans un monde où près de 900 millions de personnes se couchent le ventre vide chaque soir, nous devrions arrêter de soutenir des agrocarburants qui favorisent les accaparements de terres et les flambées des prix alimentaires. Autrement dit, il faut renoncer à l’actuel objectif contraignant de 10 % d’énergies renouvelables dans les transports à l’horizon 2020, atteint principalement au moyen des agrocarburants.

Un premier pas dans la bonne direction consisterait à voter en faveur de la proposition avancée par la commission Environnement du Parlement européen de limiter à 5,5 % la part des agrocarburants en concurrence avec les cultures alimentaires.

Voter pour une part plus importante d’agrocaburants reviendrait ni plus ni moins à faire primer le carburant sur l’alimentation. Et les automobiles sur les êtres humains.

Dites-nous : quel est le plus important, selon vous ?

Permalink: http://oxf.am/UL6