Coca-Cola, PepsiCo et Associated British Foods – leurs déclarations et ce que nous savons

Judy Beals

Publié par Judy Beals

Oxfam America, Responsable de la campagne La face cachée des marques
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Coca-Cola, PepsiCo et Associated British Foods (ABF) ont réagi différemment au nouveau rapport d’Oxfam qui traite des accaparements de terres et des conflits fonciers dans le cadre leurs chaînes d’approvisionnement en sucre et qui souligne la nécessité d’un renforcement de leurs politiques.

Des paroles et des actes

ABF s'inscrit en faux. La société affirme avoir toujours été très attentive aux questions de propriété foncière. Elle estime dès lors que s’engager à une tolérance zéro des accaparements de terres, comme l’y invite Oxfam, serait une mesure « au rabais » et qu’une entreprise ne se juge pas à ce qu’elle dit, mais à ce qu’elle fait. Nous sommes d’accord ! Les actes sont plus éloquents que les paroles.

C’est précisément pourquoi nous demandons à ABF de renforcer ses dispositifs, afin d’assurer que ses activités et celles de ses fournisseurs n’entraînent pas d’accaparements de terres ni de conflits fonciers. Au regard des éléments dont nous disposons, ses politiques demeurent insuffisantes. La société n’a obtenu que 1 sur 10 dans notre évaluation de ses politiques relatives au foncier. Fait encourageant, elle a admis l’importance de s’associer et de négocier avec les communautés locales dans ses activités sucrières. Cependant, les consommateurs doivent avoir l’assurance qu’ABF s’engage, pour l’ensemble de ses marques et de ses filiales, à une tolérance zéro des accaparements de terres. Cela exige une plus grande transparence de la part d’ABF.

Du pain sur la planche

Coca-Cola déclare appliquer des politiques traitant des questions que nous avons soulevées et collaborer avec Oxfam pour régler les problèmes. Nous sommes malheureusement en désaccord sur ces deux points. La société n’a obtenu que 2 sur 10 lors de notre récente évaluation de ses politiques foncières et doit indubitablement redoubler d’efforts pour mettre de l’ordre dans ses affaires.

Nous serions ravis de collaborer avec Coca-Cola pour l’y aider, mais nous n’en sommes pas encore là, ce avec aucune de ces sociétés. Notre porte reste ouverte.

La loi n'est pas tout

Quant à PepsiCo, la société déclare prendre au sérieux tout problème soulevé au sujet de ses fournisseurs et nous assure qu’elle respecte toutes les lois en vigueur. Nous nous réjouissons d’apprendre que l’entreprise a abordé la question avec ses fournisseurs, mais PepsiCo semble ne pas avoir bien compris le sens de notre démarche. Il ne s’agit pas tant du respect des lois relatives aux droits fonciers (même si nous avons, dans certains cas, attiré l’attention sur des manquements manifestes), mais bien du devoir qu’ont ces sociétés de veiller en toute circonstance à leur propre moralité et à celle de leurs fournisseurs en matière foncière. Une entreprise ne saurait se réfugier derrière une législation nationale insuffisante. En vertu des Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme, elle doit observer des normes strictes partout, surtout dans les pays où la gouvernance est déficiente.

PepsiCo doit également prendre des mesures pour appliquer de solides politiques de prévention des conflits fonciers dans le cadre de sa chaîne d’approvisionnement. Ses politiques foncières actuelles ne sont tout simplement pas à la hauteur. La société a également obtenu un score de 2 sur 10 selon la fiche d’évaluation de La face cachée des marques.

En conclusion : agissons !

Au fond, aucune de ces sociétés ne fait suffisamment d’efforts pour lutter contre les accaparements de terres. Oxfam et les millions de personnes qui apprécient leurs produits ne sauraient s’en contenter. Nous espérons recevoir de nouvelles réactions de leur part au cours des prochaines semaines.

En attendant, vous pouvez vous associer à la campagne et faire connaître votre opinion sur notre site Web.

Article mis à jour le 4 octobre, avec précisions sur la réponse d'ABF