Vous vous êtes exprimés, Coca-Cola vous a écoutés

Al Kinley

Publié par Al Kinley

Oxfam Great Britain, Chargé de campagnes numériques
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Que faut-il pour qu'un géant mondial du sucre s'engage à améliorer ses politiques foncières ? Vous. Ainsi que 225 000 autres personnes !

Il y a un mois, Oxfam a lancé la deuxième action de notre campagne La face cachée des marques demandant à trois des plus grandes entreprises de l'industrie sucrière (Coca-Cola, PepsiCo et Associated British Foods) de s'engager à ce que leur sucre n'entraîne pas d'accaparements de terres. En à peine quelques semaines, vous avez été des milliers à vous mobiliser, en ajoutant votre nom à la pétition ainsi qu'en envoyant des messages et des photos aux entreprises afin d'attirer leur attention.

Le résultat ? Ça marche ! Après avoir atteint près de 225 000 signatures afin de soutenir la campagne, Coca-Cola, le plus gros acheteur de sucre au monde, a fait ce que vous lui avez demandé : l'entreprise s'est engagée à une tolérance zéro des accaparements de terres. Coca-Cola est le premier des trois géants à accepter d’en faire davantage pour respecter les droits fonciers des communautés au sein de sa chaîne d'approvisionnement. Et cet engagement est le résultat de la pression que vous avez exercée sur l'entreprise.

« Aujourd'hui, l'une des plus grandes entreprises au monde s'est élevée en faveur d'une plus grande responsabilité face à l'impact de ses opérations, a confié Judy Beals, responsable de la campagne La face cachée des marques. Coca-Cola a franchi une étape importante afin de montrer à ses clients et aux communautés sur lesquelles elle s’appuie, qu’elle souhaite contribuer à mettre un terme aux accaparements de terres. »

« La réponse du public à la campagne a été formidable. Cet engagement montre clairement qu'aucune entreprise n'est trop grande pour ignorer ses clients. Les plus grandes entreprises mondiales de l'agroalimentaire changent la façon dont elles opèrent car leurs consommateurs le leur réclament. »

Nous surveillerons de près Coca-Cola afin de nous assurer qu'elle respecte ses promesses. Nous continuerons notamment à plaider en faveur de résolutions appropriées pour les communautés au Brésil et au Cambodge, qui continuent de lutter pour le recouvrement de leurs droits à leurs terres. 

Le temps presse

Au Brésil, l’Etat de Pernambouc a l’un des taux de conflits fonciers les plus élevés du pays et environ la moitié de ces conflits sont liés à la production de sucre. Usina Trapiche, une entreprise sucrière qui fournit en sucre des entreprises agroalimentaires (dont PepsiCo), est en conflit avec une communauté locale de pêcheurs au sujet de l’exploitation d’îles depuis des décennies.

Les familles n’ont à présent aucune terre sur laquelle planter des arbres fruitiers, du manioc ou d’autres cultures et elles doivent parcourir de longues distances, des quartiers pauvres jusqu’à l’estuaire afin de pêcher. Alors qu’autrefois elles étaient capables de vivre et gagner leur vie au-delà de leurs propres besoins, elles doivent à présent consacrer la plupart de leurs revenus à l’achat de nourriture.

Maria Nazarete dos Santos, surnommée Nazare, a vécu toute sa vie sur ces îles jusqu’au moment où elle en a été chassée par cette entreprise. « Plus de 30 personnes qui vivaient sur ces îles reviennent y pêcher, mais seulement trois personnes, moi y compris, y vivons. Trapiche a mis le feu trois ou quatre fois à nos tentes. J’ai perdu mes tentes et mes matelas. L’une des fois où les violences se sont produites, ma sœur était enceinte et sa tente fût brûlée. Elle a fait une fausse couche et a perdu le bébé. L’usine a également brûlé nos maisons en bois. »

Les accaparements de terres comme celui-ci sont le petit secret au goût amer de l'industrie sucrière, et le Brésil n'est pas un cas isolé. Dans des pays comme le Cambodge et dans le monde entier, de nombreuses familles sont confrontées à cette même lutte pour leurs terres. 

Le moment est venu !

Maintenant que Coca-Cola, qui vend 20 000 boissons à la seconde dans le monde, s'est engagée à veiller à ce que le sucre présent dans ses produits n'entraîne pas d'accaparements de terres, Pepsi et Associated British Foods n'ont plus d'excuse pour rester à la traîne. 

Et étant donné que la date limite pour que les actionnaires de Pepsi soumettent leurs projets de résolutions est imminente, et afin qu’ils insistent sur le fait que l’entreprise doit agir pour mettre un terme aux accaparements de terre, l’heure est venue d’accroître la pression sur PepsiCo. Montrez à PepsiCo que les consommateurs et les actionnaires veulent qu’elle agisse face à ce problème. Inondez la boîte email de PepsiCo de messages leur demandant d’emboîter le pas à Coca-Cola et de s’engager en faveur d’une tolérance zéro des accaparements de terres.