Oxfam’s Uganda Country Director Peter Kamalingin shares a light moment with Deng Bol.
Le directeur pays d’Oxfam en Ouganda, Peter Kamalingin, partage un moment de détente avec Deng Bol, un enseignant réfugié en Ouganda après avoir fui le conflit qui sévit au Soudan du Sud. Photo : Dorah Ntunga/Oxfam

Une leçon de Deng Bol, réfugié sud-soudanais

7 Février, 2014 | Conflits et Urgences

À mon arrivée à Arua et à Adjumani, la semaine dernière, j’ai reçu un choc.

Ces deux districts du nord de l’Ouganda ont, depuis le mois de décembre, accueilli plus de 60 000 réfugiés sud-soudanais qui ont fui les violences effroyables dans leur pays. Mais ce qui m’a secoué, ce ne sont pas les besoins criants, comme l’approvisionnement en eau et l’assainissement qu’Oxfam et ses partenaires ougandais s’efforcent d’assurer au plus vite. Non, j’ai plutôt été frappé par le calme et la patience déterminée dont font preuve les réfugiés que j’ai rencontrés.

A crowded water pump
Des réfugiés sud-soudanais font la queue pour avoir de l'eau au centre de transit d'Ocea en Ouganda. Il n'y a qu'une seule pompe pour des milliers de réfugiés. Photo : Dorah Ntunga/Oxfam

À Ocea, dans le district d’Arua, où règnent la chaleur et la poussière, Oxfam coordonne une opération d’approvisionnement en eau potable de 8 000 réfugiés. J’y ai fait la connaissance de Deng Bol, 38 ans. Avec l’éloquence d’un enseignant (sa profession avant d’avoir dû fuir), il me dit préférer qu’on l’appelle par son nom complet, car cela lui rappelle son père.

« D’accord, Deng Bol !, dis-je. Combien de langues parlez-vous ? »

« Quatre, répond-il. L’anglais, le nuer, l’arabe et le dinka, ma langue maternelle. C’est pour pouvoir communiquer avec le plus grand nombre possible de mes élèves. »

La générosité des communautés d'accueil

À ma question sur ce qui l’a poussé à venir en Ouganda, Deng Bol commence à me raconter les violences terribles qui ont rasé sa ville natale de Bor. Sa sœur a été tuée, laissant une petite fille de cinq mois orpheline. Une autre sœur à peine âgée de trois ans a survécu, mais une balle est restée logée dans son épaule.

En parlant avec Deng Bol et d’autres réfugiés, des Nuers aussi bien que des Dinkas, j’ai pu me rendre compte à quel point ces histoires tragiques sont monnaie courante à Arua et à Adjumani. Tant de gens ont perdu des êtres chers. Pourtant, plus de 60 000 hommes et femmes ont persévéré et sont arrivés en Ouganda. Les communautés locales ont eu la bonté de les accueillir et de leur laisser des terres où s’installer. Il est à présent de notre devoir, en tant qu’Oxfam mais aussi en tant que bons voisins, de leur apporter tout notre soutien pendant que nous exhortons les responsables politiques de toute la région à veiller au maintien d’un cessez-le-feu trop fragile.

L'espoir de pouvoir enseigner à nouveau

Au lieu de blâmer l’une ou l’autre partie, Deng Bol choisit de vivre dans l’instant présent. Avant de me quitter, il me donne une leçon que je n’oublierai pas de sitôt. « Pour l’instant, j’espère avoir la possibilité d’enseigner, parce que c’est ce que je suis, un enseignant. Mais notre avenir est entre les mains des politiques et de celles et ceux qui peuvent les influencer, me dit Deng Bol. Tant que les combats se poursuivront, nous ne pourrons pas rentrer chez nous. » 

Dans l’immédiat, Deng Bol et tous les réfugiés sud-soudanais ont besoin d’aide pour pouvoir survivre et se relever. Mais c’est surtout par un cessez-le-feu durable au Soudan du Sud que nous toutes et tous pouvons les aider, afin que le processus d’apaisement et de réconciliation puisse commencer. 

Peter Kamalingin est directeur pays pour Oxfam en Ouganda. Suivez-le sur Twitter: @kampetero.

Découvrez les photos de notre action humanitaire au Sud Soudan :

L’action d’Oxfam

Dans les districts d’Arua et d’Adjumani, dans le nord de l’Ouganda, Oxfam travaille en collaboration avec des organisations locales partenaires pour fournir aux réfugiés sud-soudanais et aux communautés qui les accueillent de l’eau et des installations sanitaires, y compris des latrines, des douches et des fourneaux à haut rendement énergétique. 

L’intervention d’Oxfam répond aux besoins humanitaires et de protection immédiats des réfugiés et des communautés d’accueil, tout en leur apportant un appui à plus long terme en vue du rétablissement de leur vie et de leurs moyens de subsistance.

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