Des promesses aux actes en Afrique : l’heure est venue d’investir plus et mieux dans l’agriculture !

Eric Hazard

Publié par Eric Hazard

Oxfam Great Britain, Responsable de la campagne CULTIVONS en Afrique de l'Ouest
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« La promesse est plus contraignante que la dette », proverbe africain

A l’heure où j’écris ce blog, ce sont plus de 810 000 personnes qui ont besoin d’une assistance alimentaire immédiate au Nord Mali et au total ce sont environs trois millions de personnes, dont plus de la moitié vivent dans le nord du Mali qui risquent de ne plus avoir à manger dans les prochains mois.

En 2003, les dirigeants africains se sont réunis à Maputo, au Mozambique et ont décidé d’investir les ressources de leurs gouvernements afin de recentrer la construction de secteurs agricoles plus forts et plus dynamiques pour améliorer la sécurité alimentaire, réduire la pauvreté et stimuler le développement rural. La déclaration de Maputo était un moteur essentiel dans la prise en compte de ceux et celles qui sont le plus dans le besoin : les femmes, les hommes et les enfants qui luttent pour se nourrir.

De la promesse à l'action

Il y a 10 ans de cela, les dirigeants africains ont fait la promesse à Maputo d’investir au moins 10 % de leurs budgets nationaux dans l’agriculture. Dix ans après, la réalité laisse un goût amer pour les paysans et producteurs africains : seuls 8 pays sur les 54 que compte l’Union Africaine ont tenu leur promesse !

L’heure est venue de passer à l’action : les gouvernements ont lancé plusieurs initiatives dans la lutte contre la faim et pour tracer la voie à suivre aux niveaux continental, régional et national. S’ils mettent plus de ressources pour répondre à leurs engagements de Maputo, l'impact pour les producteurs alimentaires africains pourrait être énorme.

Signez la pétition aux dirigeants africains : Investissez dans l'agriculture, l'alimentation et l'avenir

Notre but : 1 million de signatures

Notre détermination avec ONE et de nombreuses organisations paysannes et pastorales à travers le continent à faire traduire les engagements de Maputo en acte concrets nous a incités à lancer une pétition « Pour un nouvel engagement de Maputo », durant la réunion des Chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union Africaine.

Notre ambition est de récolter un million de signatures à travers le continent africain et la diaspora.

La faim demeure une réalité : 400 millions de personnes dépendant principalement de l’agriculture restent enferrées dans le cycle de la pauvreté.

Transformer la vie des producteurs et productrices

L’Union Africaine a proclamé 2014 « Année de l’agriculture et de la sécurité alimentaire ». C’est une occasion unique pour les paysans, éleveurs, femmes rurales et citoyens africains de demander à l’Union Africaine de passer des promesses aux actes.

C’est ce que les organisations membres de la campagne CULTIVONS en partenariat avec l’ONG One ont tenu à rappeler aux dirigeants africains réunis le 29 janvier à Addis Abeba : les promesses ne doivent plus engager que ceux qui les formulent, elles doivent devenir contraignantes !

Vous aussi, vous pouvez transformer la vie des familles des petits producteurs et petites productrices : Signez la pétition pour que nos Etats investissent plus et mieux dans l’agriculture.

Dix raisons d’investir dans l’agriculture

Pas encore convaincu(e) ? Voilà dix raisons de signer cet appel pour plus d’investissement dans l’agriculture :

  1. En Afrique subsaharienne, l’agriculture emploie 63 % de la population et crée 30 % des richesses;
  2. L’agriculture familiale assure 90 % de la production alimentaire de base en Afrique sub-saharienne.
  3. Les femmes ouest africaines contribuent à la production de 80 % de denrées alimentaires de base, signer c’est les soutenir !
  4. Investir dans l’agriculture en Afrique est 11 fois plus efficace pour réduire la pauvreté que dans d’autres secteurs.
  5. La faim n’est pas une fatalité, elle résulte de l’inaction ! En investissant dans l’agriculture et l’élevage, les crises alimentaires à répétition peuvent être anticipées et nous pouvons éviter qu’elles ne se transforment en catastrophes.
  6. L’inaction coûte chère. Au Niger, les dépenses cumulées pour la gestion des deux dernières crises alimentaires s’élèvent à 404,29 milliards de francs CFA ; lorsque les dépenses du secteur rural s’élèvent à 302,64 milliards de francs CFA pour la période 2007–2010.
  7. L’investissement paie : au Sénégal l’appui a la production d’oignon a permis de passer, de 40 000 tonnes en 2003, à 177 000 tonnes en 2010, et représente 22 milliards de francs CFA/an.
  8. L’investissement paie : au Mali, l’initiative Riz a permis d’améliorer la productivité, qui est passée de 3,5 tonnes à l'hectare à 4,5 tonnes en 2008 et 5 tonnes en 2009.
  9. L’investissement paie : de 1992 à 1998, l’Etat de Guinée a soutenu la pomme de terre locale et la production guinéenne est passée de moins de 300 tonnes en 1992 à près de 6 000 tonnes en 2003 !
  10. Nous avons tous besoin d’un agriculteur trois fois par jour. Aujourd’hui, ce sont les paysans et éleveurs africains qui ont besoin d’un nouvel engagement pour l’agriculture africaine, qui soutienne les exploitations familiales et mette un terme à l’insécurité alimentaire en Afrique !

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