La face cachée des marques

Quatre étapes pour empêcher le changement climatique d'aggraver la faim

20 Mai, 2014 | CULTIVONS

D’ici 2050, 25 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans supplémentaires risquent de souffrir de malnutrition en raison du changement climatique et 50 millions de personnes en plus de la faim. Ironiquement, derrière cette situation ne se cachent pas seulement les industries pétrolières ou des énergies fossiles mais aussi les géants de l’agroalimentaire. La manière dont ils cultivent la nourriture que nous mangeons fait que des gens ont faim et sont sans abri. En fait, un quart des émissions globales provient du système alimentaire qui produit chaque jour, entre autres, nos céréales, yaourts, crèmes glacées ou tacos.

Déforestation, engrais polluants et pratiques néfastes

Les entreprises agroalimentaires, comme Kellogg et General Mills qui se cachent derrière de grandes marques comme Frosties ou Pringles, font partie des entreprises accusées de déforestation, d’un usage intempestif d’engrais polluants, de défrichement des sols à grande échelle, de brûler des forêts et autres pratiques nocives dans leurs chaines d’approvisionnement. Ce genre de pratiques de production conduit à de dangereuses perturbations climatiques et à davantage de faim. Pour de nombreux paysans à travers le monde, cela signifie qu’ils ne peuvent plus cultiver assez de nourriture pour nourrir leurs familles ou disposer de suffisamment de revenus.

À travers le monde, des familles comme celles d’Eric Pyne au Libéria luttent déjà pour cultiver suffisamment de nourriture et gagner leur vie à cause des phénomènes climatiques extrêmes, comme les sécheresses ou inondations, qui frappent leurs cultures années après années. C’est tout autant une réalité pour Richard Oswald du Missouri aux Etats-Unis, un producteur de maïs et de soja, dont les récoltes sont utilisées par de grandes entreprises agroalimentaires. Ses cultures ont été détruites en 2011 lors d’inondations historiques au Missouri. « Il n’y avait rien à récolter, se souvient Oswald. Nous avons dépensé tout notre argent en semences, engrais, herbicides et n’avons rien eu en retour. »

Des phénomènes climatiques plus fréquents et plus extrêmes

Des tempêtes, inondations, sécheresses plus fréquentes et plus extrêmes, de même que des changements dans la prédictibilité des saisons affectent les stocks de nourriture, poussent les prix à la hausse et causent davantage de faim et pauvreté. Il pourrait en être autrement. Les entreprises peuvent réduire leurs émissions et encourager d’autres à en faire de même.

Les mauvais élèves

Kellogg et General Mills se démarquent comme les pires parmi les 10 géants de l’agroalimentaire en la matière. Ils déclarent réduire leurs émissions mais n’ont aucun plan pour eux-mêmes ou leurs fournisseurs. Il est temps pour chacun d’entre nous de faire entendre sa voix et demander aux entreprises comme Kellogg et General Mills d’aider à empêcher le changement climatique d’aggraver la faim dans le monde.

Ensemble, les 10 géants de l’agroalimentaire produisent le nombre impressionnant de 264 millions de tonnes de gaz à effet de serre chaque année. S’ils étaient des pays, ils seraient le 25e plus gros pollueur de la planète et produiraient davantage que la Finlande, la Suède, le Danemark et la Norvège réunis.”

Des étapes simples et claires

L’agriculture émet plus de gaz à effet de serre que toutes nos voitures, camions, trains et avions combinés. Nous pensons que Kellogg et General Mills peuvent jouer un rôle déterminant et aider à empêcher le changement climatique d’aggraver la faim dans le monde, en commençant par de simples étapes : 

1. Mesurer les émissions 

Tous les 10 géants de l’agroalimentaire parlent du changement climatique. Mais c’est impossible d’agir sans mesure. Nous voulons que les entreprises mesure et publie leurs émissions. 

2. Fixer des objectifs de réduction des émissions 

Ceci est très simple. Une fois qu’ils savent combien ils émettent de gaz à effet de serre, ils peuvent fixer des objectifs de réduction et planifier comment y arriver. 

3. Encourager leurs fournisseurs à agir

Les entreprises peuvent faire bien plus. Il ne s’agit pas seulement de leurs propres émissions, elles peuvent se servir de leur pouvoir d’influence et inciter leurs fournisseurs à réduire leurs émissions. 

4. Agir comme une équipe et influencer d’autres à agir 

Les 10 géants ont un pouvoir de taille ; quand ils parlent, ils peuvent réellement faire une différence. Au-delà de réduire leurs émissions, ils peuvent et doivent appeler les gouvernements et autres entreprises à en faire de même. 

Si les 10 géants de l’agroalimentaire échouent à mobiliser leur pouvoir et à suivre ces quatre étapes pourtant très simples, nous en payerons tous les conséquences. 

Kellogg et General Mills en particulier ne font pas leur part. Ces entreprises devraient prendre la tête du combat pour empêcher le changement climatique d’aggraver la faim dans le monde. Il est temps pour elles d’agir. Les grandes marques ne devraient pas alimenter le changement climatique.

Agissez en demandant à Kellogg et General Mills de ne pas rester les bras croisés et d’agir contre le changement climatique.

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Rapport : Les bras croisés : pourquoi les entreprises du secteur agroalimentaire doivent s'impliquer davantage dans la lutte contre le changement climatique

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