Oxfam International Blogs - Soudan du Sud http://l.blogs.oxfam/en/tags/soudan-du-sud en Soudan du Sud : derrière les barbelés, un abri précaire et des conditions effroyables http://l.blogs.oxfam/en/node/10719 <div class="field field-name-body"><p>Ce mercredi marque le troisième anniversaire de l’indépendance du <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-sud-soudan" rel="nofollow">Soudan du Sud</a></strong>. Mais au cours des sept derniers mois, l’enthousiasme et l’espoir qui unissaient le peuple sud-soudanais en 2011 ont laissé place aux violences qui ont contraint <strong>1,5 million de personnes à fuir de chez elles, dont beaucoup doivent à présent vivre dans des conditions effroyables, derrière les barbelés et dans l’eau stagnante</strong>. </p> <p>« Avec ma famille, nous avons couru à l’hôpital universitaire de Malakal [...] Mais ils ont commencé une vraie tuerie là-bas. Ils ont réclamé de l’argent et des téléphones cellulaires. Si vous n’en aviez pas, ils vous abattaient sur le champ [...] J’ai vu quelqu’un se faire tuer en chemin. J’ai aussi vu une femme se faire violer à l’hôpital [...] Cette nuit-là, les gens couraient se réfugier dans l’enceinte de la MINUSS. <strong>Mon mari, nous avons dû l’abandonner, parce qu’il ne pouvait pas marcher. Quand les gens ont commencé à s’enfuir, il nous a dit : « Vous devez partir ou vous mourrez</strong>. »</p> <p>Rien que le temps de courir se mettre à l’abri dans l’enceinte de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS), à Malakal, Rebecca*, qui a enseigné pendant 37 ans, en a enduré plus qu’on pourrait supporter dans une vie. Mais à présent, derrière les barbelés de cette enceinte, elle vit un autre cauchemar. <strong>Les abris de fortune faits de bâches et de cordes ne protègent pas des fortes pluies qui ont commencé il y a six semaines</strong>. Serrés les uns contre les autres, ces abris ne laissent guère d’intimité aux quelque 19 000 personnes qui se sont réfugiées ici. Beaucoup vivent avec de l’eau boueuse jusqu’aux genoux. C’est à peine si les sommiers dépassent le niveau de l’eau et les fourneaux sont surélevés avec du fil de fer. Leurs rares effets sont tachés de cette boue visqueuse, omniprésente. Quant aux latrines, elles forment un bourbier de puanteur et d’eau stagnante. </p> <p></p> <p>Les gens sont en colère, et à juste titre. « Vous dites que personne ne devrait vivre comme ça. <strong>Alors pourquoi vivons-nous dans ces conditions ?</strong> », me demande un homme tout en me conduisant à son abri détrempé. </p> <h3>Maladies cutanées et respiratoires</h3> <p>Les plus chanceux portent des bottes en plastique pour patauger dans cette crasse ; les autres doivent retrousser leur pantalon ou leur robe et marcher nu-pieds. Les déplacés déclarent souffrir de maladies cutanées et respiratoires. <strong>L’épidémie de choléra qui s’est propagée dans la capitale, Djouba, n’a pas encore atteint Malakal. Mais si c’était le cas, les conséquences seraient catastrophiques</strong>. </p> <p><strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/video/2014/soudan-sud-autre-visage-guerre" rel="nofollow">L’ONU et les organisations humanitaires</a></strong> sont en train de réinstaller des personnes plus au sec et en hauteur au sein de la base, <strong>mais il n’y aura pas assez de place pour tout le monde</strong>. Selon l’ONU, la priorité ira aux plus mal lotis. Mais des gens comme Ajak*, 60 ans, qui a reçu une balle dans la jambe et ne peut pas marcher dans la fange épaisse et profonde, restent coincés dans leur misérable abri, totalement tributaires de leur famille ou leurs amis. </p> <p>Un mois après l’arrivée de Rebecca à la base, elle est partie retrouver son mari, <strong>accompagnée d’autres femmes pour des raisons de sécurité, car le risque d’agression, de viol ou de meurtre est trop important pour les femmes seules</strong>. </p> <p>« Nous l’avons trouvé. Il était mort sur son lit. Nous n’avons pas pu détermine<strong>r s’il avait été abattu ou s’il est mort de soif, de faim ou de maladie</strong> », raconte-t-elle. </p> <h3>Perte de dignité</h3> <p>L’histoire de Rebecca n’est pas un cas isolé. <strong>Quasiment toutes les personnes qui se sont réfugiées ici ont été confrontées à des violences, à la perte de membres de leur famille</strong> et à la destruction de leur maison. Face à ces conditions de vie et à l’état de dépendance vis-à-vis des distributions d’aide, la perte de dignité est aussi fréquemment évoquée. Mais Rebecca affirme que cette misère est encore préférable aux dangers qui les menacent à l’extérieur. </p> <p>« Si vous sortez seule et qu’ils vous attrapent, ce n’est pas bon. <strong>Le camp est bien mieux sur le plan de la sécurité.</strong> Il offre une protection. Seulement, la nuit, dans les endroits sombres, il existe aussi un risque de harcèlement dans le camp », affirme-t-elle.</p> <p>Ajak et Rebecca ne sont que deux des <strong>1,5 million de personnes déplacées par ce conflit. Près de 100 000 d’entre elles ont cherché refuge dans des bases de l’ONU comme celle-ci</strong>, à Malakal, tandis que 350 000 ont passé la frontière avec l’Ouganda, le Kenya, l’Éthiopie ou le Soudan. Cela fait plus d’un million de personnes qui, craignant pour leur vie, ont dû fuir de chez elles, depuis décembre. Beaucoup n’ont pas pu faire leurs plantations à la saison, ce qui présage de mauvaises récoltes pour les mois à venir. Au cours des six derniers mois, la population a enduré des souffrances extrêmes. Mais hélas, loin de s’améliorer, la situation va continuer à se détériorer : s<strong>elon les prévisions, 4 millions de personnes devraient gravement souffrir de la faim d’ici la fin de l’année.</strong></p> <p>Avant le déclenchement du conflit, en décembre dernier, on prévoyait que le Soudan du Sud connaîtrait le taux de croissance du PIB le plus élevé au monde pour 2014. En janvier, les violences qui ont éclaté dans la caserne de la garde présidentielle, à Djouba, se sont répandues comme une traînée de poudre dans les États du Jonglei, des Lacs et du Haut-Nil. La production de pétrole a fortement baissé et, même si les belligérants faisaient enfin primer les intérêts du peuple sus-soudanais sur leurs propres griefs,<strong> il faudrait des années pour réparer les ravages causés ces six derniers mois</strong>. </p> <p>Ce 9 juillet marque le troisième anniversaire de l’indépendance du Soudan du Sud. Mais vu la dislocation de cette jeune nation au cours des six derniers mois, <strong>Rebecca et Ajak n’auront plus grand-chose à fêter</strong>. </p> <p><em>* Prénom modifié pour préserver l’anonymat</em></p> <h3>En savoir plus</h3> <p><strong>Soutenez l'action d'Oxfam face à la <a href="http://www.oxfam.org/en/node/2008" rel="nofollow">crise au Soudan du Sud</a></strong></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Soudan du Sud : derrière les barbelés, un abri précaire et des conditions effroyables</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_es first"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/14-07-09-si-decis-que-nadie-deberia-vivir-asi" title="Sudán del sur: &quot;Si decís que nadie debería vivir así, ¿por qué estamos viviendo así?”" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> <li class="translation_en last"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/14-07-09-south-sudan-shelter-behind-razor-wire" title="South Sudan at 3: A tenuous shelter behind razor wire" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> </ul> Wed, 09 Jul 2014 00:00:00 +0000 Aimee Brown 10719 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/en/node/10719#comments Comment des réfugiés sud-soudanais font du foot un instrument de paix, au-delà des clivages http://l.blogs.oxfam/en/node/10706 <div class="field field-name-body"><p><strong>Tandis que la Coupe du monde bat son plein au Brésil, une compétition d’un autre genre a lieu dans le nord de l’Ouganda. Dans les districts d’Arua et d’Adjumani, de jeunes réfugiés sud-soudanais ont formé des équipes de football afin de jouer pour la paix.</strong></p> <p>« Jamais je ne me serais attendu à en arriver là. Bor, l’école et mes amis me manquent », témoigne Manyangson Ngong, le capitaine de l’équipe Lucky Start du camp d’Ayilo. Le conflit qui a poussé tant de personnes à fuir pour sauver leur vie a aussi coupé court à ses études, à Bor.</p> <h3>Briser le cycle de la violence</h3> <p>Manyangson n’est pas le seul jeune à s’efforcer de faire face à la situation. Sur <strong>les plus de 110 000 réfugiés sud-soudanais arrivés en Ouganda depuis décembre 2013, 65 % ont moins de 18 ans</strong>. Sans école, les jeunes se retrouvent désœuvrés et finissent souvent par se battre. Ce tournoi de football, né à l’initiative des réfugiés, vise à briser ce cycle.</p> <p>« Quelques-uns d’entre nous ont commencé à taper dans un ballon qu’ils avaient fabriqué de bric et de broc dans les campements, puis nombre de jeunes ont manifesté leur désir de se joindre à nous et, tout d’un coup, nous sommes devenus nombreux. Nous avons alors décidé de demander un espace où créer un terrain de foot. Le foot nous occupe et nous permet de ne plus penser à notre douleur et à la mauvaise passe dans laquelle nous nous trouvons, explique Manyangson.</p> <h3>Des équipes ouvertes à tous</h3> <p>« Beaucoup d’autres équipes se sont formées. Nous sommes tous de tribus différentes, y compris la communauté d’accueil [ougandaise]. »</p> <p>La grande difficulté, selon Manyangson, est de permettre à tout le monde de jouer, car ils n’ont pas assez de ballons ni de maillots pour distinguer les membres des différentes équipes.</p> <p>« C’est gênant d’empêcher quelqu’un de se joindre à une équipe. Nous avons essayé de diviser les équipes pour assurer que <strong>tout le monde a une chance de jouer</strong>. Les ballons que nous avons récemment reçus d’Acord [partenaire d’Oxfam] nous permettent de le faire.</p> <p>« Avec plus de soutien, j’espère que nous pourrons renforcer les équipes et commencer à faire des matchs amicaux avec d’autres réfugiés dans les districts. Qui sait ? Je pourrais retrouver quelques vieux amis dans les autres équipes »</p> <h3>Des comités de réfugiés pour la paix et la réconciliation</h3> <p>Oxfam et ses deux partenaires, Community Empowerment for Rural Development (Ceford) et Agency for Cooperation and Research in Development (Acord), mènent <strong>un travail de protection et de consolidation de la paix dans les camps</strong>. Outre les activités récréatives avec la distribution de ballons de football, Oxfam aide à la formation et au renforcement de comités de paix constitués de réfugié-e-s et de membres des communautés d’accueil, afin d’entreprendre un plaidoyer à l’échelle nationale, régionale et internationale pour promouvoir la réconciliation et la paix.</p> <p>À partir du mois de juin, Oxfam et ses partenaires locaux, dont la Croix-Rouge ougandaise,<strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-sud-soudan" target="_blank" rel="nofollow"> ont apporté leur aide à plus de 38 000 réfugié-e-s sud-soudanais-e-s et aux communautés d’accueil</a></strong> dans les districts d’Arua et d’Adjumani. Nous assurons l’accès à l’eau potable à plus de 31 000 personnes, tout en améliorant les équipements d’assainissement et en promouvant une bonne hygiène pour prévenir les épidémies, telles que le choléra. Oxfam et ses partenaires Ceford et Acord distribuent des fourneaux consommant peu, des outils agricoles, des plants de légumes, et fournissent aussi des emplois de courte durée pour aider hommes et femmes à restaurer leurs moyens de subsistance. Les organisations ont également procédé à une analyse sexospécifique des besoins de protection, avant de concevoir et de mettre en œuvre des activités visant à réduire la vulnérabilité et les violences fondées sur le genre parmi les réfugiés et au sein des communautés d’accueil.</p> <h3>En savoir plus</h3> <p><strong>Participez à la campagne <a href="https://twitter.com/hashtag/silencetheguns" rel="nofollow">#SilenceTheGuns</a> avec <a href="http://africansact4africa.com/fr/accueil/" rel="nofollow">Africans Act 4 Africa</a></strong></p> <p><strong>Découvrez les <a href="https://www.facebook.com/media/set/?set=a.657429914346476.1073741825.138966929526113&amp;type=1" rel="nofollow">photos des matchs de football organisés au Nigeria, en Somalie et au Soudan du Sud</a> par Africans Act 4 Africa</strong></p> <p><strong>Soutenez notre <a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-sud-soudan" rel="nofollow">action humanitaire au Soudan du Sud</a> et auprès des réfugiés sud-soudanais</strong></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Comment des réfugiés sud-soudanais font du foot un instrument de paix, au-delà des clivages</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/14-06-23-world-cup-south-sudan-refugees-football-peace" title="Football for peace: World Cup fever helps bridge barriers for South Sudanese refugees" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> <li class="translation_es last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/14-06-26-futbol-por-la-paz-la-fiebre-del-mundial-rompe-barreras-en-uganda" title="Fútbol por la paz: la fiebre del Mundial rompe barreras en Uganda" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Wed, 25 Jun 2014 08:54:45 +0000 Dorah Ntunga 10706 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/en/node/10706#comments Conflits en Afrique : pas question de jouer les prolongations http://l.blogs.oxfam/en/node/10705 <div class="field field-name-body"><p><strong>Des millions d’Africaines et d’Africains, parmi les 3,2 milliards de spectateurs à travers le monde, suivent la Coupe du monde qui réunit actuellement les plus grandes stars du foot. Dans toute l’Afrique, des enfants passionnés du ballon rond rêvent ainsi de gloire, scotchés à leur écran de télévision.</strong></p> <p>Pour nombre de ces jeunes fans de foot qui vivent dans des régions en conflit, un match, qu’il s’agisse de la Coupe du monde ou d’une partie dans le quartier, est une échappatoire. Une fois le match terminé, loin des caméras de télévision, ils sont des millions à retourner à la dure réalité du conflit. Des enfants victimes des crises oubliées à travers le monde.</p> <p>Pour faire face à l’afflux des 500 000 personnes venues supporter leur équipe à la Coupe du monde, le Brésil a mobilisé 170 000 membres des forces de sécurité, soit cinq fois plus que les forces de maintien de la paix déployées par l’ONU pour protéger les populations civiles des violences armées au Soudan du Sud, au Soudan et en République centrafricaine.</p> <p><strong>Au Soudan du Sud, la plus jeune nation du monde, des milliers de personnes ont perdu la vie et <a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-sud-soudan" rel="nofollow">1,5 million ont dû fuir les violences</a></strong>, ce qui représente trois fois le nombre de supporters à la Coupe du monde. Dans ce même pays, plus de 7 millions de personnes ne mangent pas à leur faim, tandis que près de <strong>3 millions se trouvent en situation de crise en Somalie</strong>, <strong>2,5 millions en <a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-centrafrique" rel="nofollow">République centrafricaine</a></strong> et plus de <strong>6 millions au Soudan</strong>. En tout, cela représente plus que la population des Pays-Bas, y compris la star nationale de foot, Robin van Persie.</p> <h3>Des crises différentes, une origine commune : la violence armée</h3> <p>L’une des principales raisons pour lesquelles tant d’enfants, de femmes et d’hommes ne peuvent pas manger à leur faim réside dans ces conflits armés. L’ONU estime que <strong>2,2 milliards de dollars sont nécessaires pour prévenir la sous-alimentation et la faim au Soudan du Sud, au Soudan, en Somalie en République centrafricaine</strong>. Au Brésil, entre les hotdogs et l’hôtel, les supporters de foot vont au total dépenser une somme équivalente . À la lumière de ces chiffres, il est inadmissible que la communauté internationale ne parvienne pas à <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/node/37214" title="Loaded Guns and Empty Stomachs (document Oxfam en anglais)" rel="nofollow">réunir les fonds suffisants pour aider les populations</a></strong> en proie à ces crises.</p> <p>Il faut mettre fin à ces conflits pour que les personnes déplacées puissent rentrer chez elles et reconstruire leur vie. Les conflits ne surviennent pas du jour au lendemain. Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a des dispositifs d’alerte en place. Il est donc possible de déceler et de prévenir les conflits. Mais les arcanes politiques poussent souvent le Conseil de paix et de sécurité à ne faire que de vagues déclarations au lieu d’intervenir avec fermeté. L’Union africaine doit prendre des mesures énergiques pour faire taire les armes, comme elle le promet si souvent.</p> <h3>La société civile se mobilise</h3> <p>Refusant de rester les bras croisés à observer en simples spectateurs, les citoyennes et citoyens africains s’engagent dans la partie. Malgré les affrontements qui ont éclaté il y a six mois <strong>au Soudan du Sud, beaucoup ont tout mis en œuvre pour aider autrui, peu importe l’appartenance ethnique</strong>. Quatorze leaders africains ont publiquement exigé que le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, et son ancien vice-président, Riek Machar, mettent un terme aux effusions de sang. En Somalie, les organisations de la société civile ont averti que les conditions de vie des populations sont nettement <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/policy/risque-rechute-somalie" rel="nofollow">en-dessous des standards acceptables</a></strong>. Dans le souci de rappeler l’importance de ces crises, <strong><a href="http://africansact4africa.com/fr/accueil/" rel="nofollow">Africans Act 4 Africa</a></strong> <strong>organise, aujourd’hui, des matchs de foot à travers l’Afrique en signe de solidarité avec leurs frères et sœurs</strong> du Soudan du Sud, du Soudan, de Somalie et de Centrafrique. Le football étant un langage universel, nous pouvons suivre la Coupe du monde avec plaisir et, en même temps, faire preuve de solidarité avec celles et ceux qui ont besoin d’aide.</p> <h3>Il n'est pas trop tard pour éviter une nouvelle famine</h3> <p>Il y a trois ans, la communauté internationale n’a pas su éviter la famine qui a frappé la Corne de l’Afrique. La commissaire européenne à l’aide humanitaire, Kristalina Georgieva, avait par la suite déploré le fait que « trop souvent, l’intervention arrive une fois que la crise s’est développée et fait les grands titres ». Alors, pendant que nous suivons les matchs et que les buts s’enchaînent sur nos écrans de télévision, nous devrions avoir une pensée pour celles et ceux qui restent loin des caméras.</p> <p>Il n’est pas trop tard pour éviter la famine au Soudan du Sud ou pour empêcher que les violences au Soudan, en Somalie et en République centrafricaine ne s’aggravent. <strong>Nous pouvons sauver des vies</strong> en apportant aux populations l’aide dont elles ont besoin et en faisant pression sur les responsables politiques pour qu’ils pèsent de tout leur poids dans les processus de paix.</p> <p>D’expérience, nous savons qu’il n’est pas question de jouer les prolongations. L’Union africaine et la communauté internationale doivent agir sans plus attendre.</p> <p><em><strong><a href="http://africansact4africa.com/fr/accueil/" rel="nofollow">Rejoignez l'équipe d'Africans Act 4 Africa</a></strong> et participez à leur campagne <strong><a href="https://twitter.com/search?q=%23SilencetheGuns&amp;src=typd" rel="nofollow">#SilencetheGuns</a></strong> pour que les dirigeants de l'Union africaine respectent leurs promesses de mettre fin aux conflits en Afrique.</em></p> <h3>A découvrir également</h3> <p><strong>Infographie : <a href="/fr/blogs/14-06-03-insecurite-alimentaire-urgence-famine-infographie" rel="nofollow">Les mots de la faim : comprendre la réalité derrière les termes d'insécurité alimentaire, de crise alimentaire et de famine</a></strong></p> <p><strong>Blog : <a href="/fr/blogs/14-06-20-meilleur-espoir-paix-soudan-sud-jeunes-ouganda" rel="nofollow">Ils représentent le meilleur espoir de paix pour le Soudan du Sud : rencontre avec de jeunes réfugiés en Ouganda</a></strong></p> <p><strong>Communiqué : <a href="http://www.oxfam.org/fr/cultivons/pressroom/pressrelease/2014-06-23/2-millions-de-voix-pour-soutenir-l%E2%80%99agriculture-africaine" rel="nofollow">2 millions de voix pour soutenir l'agriculture africaine</a></strong></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Conflits en Afrique : pas question de jouer les prolongations</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/14-06-23-world-get-off-bench-resolving-conflict-africa" title="World needs to get off the bench and get in the game on resolving conflict in Africa" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> <li class="translation_es last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/14-06-23-sin-tiempo-de-descuento-para-africa" title="Sin tiempo de descuento para África" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Sun, 22 Jun 2014 23:01:00 +0000 Winnie Byanyima 10705 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/en/node/10705#comments Ils représentent le meilleur espoir de paix pour le Soudan du Sud : rencontre avec de jeunes réfugiés en Ouganda http://l.blogs.oxfam/en/node/10696 <div class="field field-name-body"><p><strong>Un garçon grand et maigre, portant un short déchiré et des sandales en plastique noir avec des petits cœurs roses</strong>, sort d’une hutte au toit de chaume et se dirige vers moi. Dans un anglais parfait, Jacob m’explique comment il en est arrivé à vivre dans ce camp de réfugiés, l’un des nombreux camps qui grignotent la forêt dans plusieurs districts ougandais limitrophes du Soudan du Sud. Dix-huit mois plus tôt, il faisait encore partie des quelques privilégiés sud-soudanais à étudier dans un lycée de Kampala, la capitale de l’Ouganda. Face à la violence des affrontements entre les factions rivales du parti au pouvoir dans le pays, Jacob avait fui en Ouganda, avec neuf autres membres de sa famille.</p> <p>Mais il y a quelques mois, il a reçu un coup de fil qui allait changer sa vie : son père lui annonce que la boutique familiale, au Soudan du Sud, a été pillée et détruite. Il ne recevrait dès lors plus d’argent pour payer sa scolarité. Jacob et sa sœur aînée pouvaient rester encore quelques jours pour terminer le trimestre, mais devraient quitter la ville, l’école et leurs amis pour aller rejoindre le reste de la famille au camp de réfugiés. </p> <p><strong>Ce témoignage de Jacob m’a empli d’une profonde tristesse</strong>, teintée d’une impression de déjà-vu. Il y a près de dix ans, j’étais venu travailler en Ouganda auprès des réfugiés qui vivaient dans des camps comme celui-ci. Mon travail impliquait alors d’interroger des centaines de Sud-Soudanais sur leur situation. Ces hommes et ces femmes expliquaient que les conditions épouvantables dans les camps conduisaient nombre de parents à décider, souvent la mort dans l’âme, d’arranger le mariage de leurs filles. Avec le « prix de la mariée » versé par la famille de l’époux, ils pouvaient acheter des vivres et payer les frais médicaux ou de scolarité pour les cadets.</p> <p>Ce que m’a raconté Jacob à propos de sa sœur Juliana m’a noué l’estomac. Dans un pays où le taux d’alphabétisation des femmes est longtemps resté inférieur à 10 %, leur père l’avait encouragée à retarder le mariage jusqu’à la fin de ses études secondaires. Ce n’est plus qu’une question de temps, semble-t-il, avant que Juliana et beaucoup d’autres jeunes filles ne se retrouvent confrontées à un ancien scénario.</p> <h3>Un répit bien trop bref</h3> <p>En mettant fin à la guerre civile qui déchirait le Soudan depuis plus de vingt ans, les <strong><a href="http://www.un.org/fr/peacekeeping/missions/past/unmis/background.shtml" target="_blank" title="Historique de la Minus - Opérations de maintien de la paix des Nations unies" rel="nofollow">accords de paix de 2005</a></strong> avaient ouvert la voie à l’indépendance du Soudan du Sud et au retour de centaines de milliers de réfugiés. Jour après jour, j’avais pu entendre les cris de joie lancés par les femmes au départ des énormes camions blancs de l’ONU qui rapatriaient les réfugiés excités, et quelque peu nerveux, à l’idée d’enfin rentrer chez eux. Aujourd’hui, beaucoup de ces mêmes personnes – et des milliers d’autres – ont dû fuir les violences qui enflamment de nouveau le Soudan du Sud, après quelques précieuses années de paix.</p> <p>Avec environ 1,5 million de Sud-Soudanais déplacés à l’intérieur de leur pays et plus de quatre millions de personnes qui ont besoin d’une aide humanitaire, il est tentant de baisser les bras. Mais nous devons garder espoir.</p> <p><strong>En 2007, au Soudan du Sud, une adolescente avait plus de chance de mourir en couches que de terminer ses études secondaires.</strong> Depuis, grâce au travail de millions de personnes – équipes humanitaires, personnel enseignant, mais aussi simples citoyennes et citoyens – et au soutien d’une communauté internationale résolue, les choses avaient commencé à changer.</p> <h3>Investir dans le jeunesse sud-soudanaise</h3> <p>Aujourd’hui, au lieu de poursuivre un développement qui améliore la vie des populations, une grande partie des efforts à destination du Soudan du Sud visent, naturellement, à <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-sud-soudan" rel="nofollow">répondre aux besoins humanitaires</a></strong>. Mais il est encore temps d’empêcher le recul de ces progrès durement acquis. D’abord et avant tout, nous devons, dans la mesure du possible, favoriser le développement au Soudan du Sud. Mais face à l’augmentation du nombre de personnes déplacées dans la région (un nouveau réfugié passe la frontière avec l’Ouganda toutes les sept minutes), nous devons aussi nous investir en faveur des dizaines de milliers de jeunes gens prometteurs qui, comme Jacob et Juliana, vont devoir vivre hors de leur pays pendant les années à venir.</p> <p><strong>Parmi ces souffrances immenses, nous avons une rare occasion de faire mieux cette fois-ci.</strong> Les jeunes comme Jacob, qui parle d’unité nationale et refuse la division de son pays selon des clivages tribaux, représentent le meilleur espoir d’un avenir de paix pour le Soudan du Sud. Si nous faisons dès maintenant en sorte de leur offrir, à lui et aux autres jeunes, la possibilité de suivre des études, de se former à un métier ou de gagner un peu d’argent pour leur famille, nous pourrons éviter qu’une nouvelle génération ne se retrouve aux prises avec le mariage précoce, l’alcoolisme et une vie de violence. Si nous nous <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-sud-soudan" rel="nofollow">investissons dès à présent</a></strong> dans les programmes de réconciliation et de consolidation de la paix, nous pourrons réunir les communautés une bonne fois pour toutes. Sinon, toute paix ne sera jamais qu’une trêve passagère, et les jeunes comme Jacob ne pourront pas exprimer leur plein potentiel pour faire du Soudan du Sud un pays plus agréable pour l’ensemble de ses citoyennes et citoyens.</p> <p><em>Pour protéger l’identité des personnes citées dans cet article, les prénoms ont été changés.</em></p> <h3><a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-sud-soudan" rel="nofollow"></a><strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-sud-soudan" rel="nofollow">Vous pouvez soutenir l'action d'Oxfam au Soudan du Sud</a></strong></h3></div><div class="field field-name-title"><h2>Ils représentent le meilleur espoir de paix pour le Soudan du Sud : rencontre avec de jeunes réfugiés en Ouganda</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/14-06-20-south-sudan-young-refugees-uganda-hope-for-peace" title="South Sudan&#039;s young refugees in Uganda: a hope for peace" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> <li class="translation_es last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/14-06-20-jovenes-refugiados-en-uganda-la-esperanza-de-sudan-del-sur" title="Jóvenes refugiados en Uganda: la esperanza de Sudán del Sur" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Thu, 19 Jun 2014 23:10:00 +0000 Noah Gottschalk 10696 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/en/node/10696#comments Soudan du Sud : la lutte des femmes pour survivre dans une guerre d’hommes http://l.blogs.oxfam/en/node/10685 <div class="field field-name-body"><p>Mary est Dinka, et Knyah est Nuer – les deux ethnies qui s’affrontent dans une lutte pour le pouvoir au <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-sud-soudan" rel="nofollow">Soudan du Sud</a></strong>. À première vue, rien ne les unit. Pourtant, elles ont beaucoup en commun. <strong>Ce sont deux femmes qui se battent seules pour s’en sortir dans une guerre menée par les hommes</strong>.</p> <p>Le Soudan du Sud, le plus jeune pays du monde, est en proie à un conflit armé depuis décembre 2013. La population civile subit durement les conséquences des affrontements entre les troupes qui soutiennent le président Salva Kiir, de l’ethnie dinka, et les soldats fidèles à l’ancien vice-président Riek Machar, de l’ethnie nuer. Les violences ont déjà fait plus d’un million de déplacés et plusieurs milliers de morts.</p> <p>Dans ce conflit, comme dans tant d’autres, ce sont les femmes qui souffrent le plus. Elles y jouent un rôle primordial dans la prise en charge de la famille, un rôle protecteur et stabilisateur. Les maris morts ou partis au front, nombre d’entre elles se retrouvent <strong>seules avec plusieurs enfants à charge. Il leur incombe dès lors de se procurer les denrées alimentaires et l’eau nécessaires à la préparation des repas</strong>, d’assurer un toit à toute la famille et de veiller aux personnes âgées et aux enfants.</p> <p>Mais, dans les situations de conflit comme celle que connaît le Soudan du Sud, les femmes, <strong>victimes de viols, d’humiliations et d’assassinats, servent aussi d’arme de guerre</strong>, quelle que soit leur appartenance ethnique. C’est ce qu’affirme Edmund Yakani, de<strong><a href="http://ceposs.org/" rel="nofollow"> CEPO</a></strong>, une organisation sud-soudanaise de défense des droits civils, qui documente notamment les effets du conflit sur les femmes.</p> <p>Selon lui, conscients du rôle joué par les femmes au sein de leur communauté, les deux camps s’attaquent systématiquement aux femmes. Ainsi, celles à qui il revient de préserver et d’entretenir la vie deviennent paradoxalement les principales victimes des violences dans une guerre d’hommes.</p> <h3>Mari Abrey : « J’ai donné naissance à mon fils sous une bâche de plastique »</h3> <p>Cette mère de trois enfants, dont un nouveau-né, est une Dinka réfugiée au camp pour déplacés de Mingkaman.</p> <p>Mary Abrey est arrivée enceinte de huit mois au camp de Mingkaman, le plus grand camp pour déplacés au Soudan du Sud, avec jusqu’à 1 000 nouveaux arrivants par jour. Elle vient de la ville de Bor où des milices de l’ethnie nuer ont attaqué les Dinka. Les deux jours précédant son arrivée ont été un calvaire. Elle, son mari et leurs deux enfants se sont enfuis de chez eux une nuit que des hommes armés sont entrés dans la ville. Elle a dû fuir en courant, craignant pour leur vie et celle de l’enfant qu’elle attendait. <strong>Ils sont restés cachés dans le Nil pendant trois jours, jusqu’à ce qu’ils puissent se réfugier dans ce camp de Mingkaman</strong>, où les personnes qui arrivent s’installent comme elles peuvent sur la rive du fleuve, improvisant des abris précaires avec des troncs et branches d’arbres trouvés alentour et les bâches de plastique données par les ONG. Accoucher ici, sous une bâche de plastique, a été un autre supplice. C’était au mois d’avril, un jour de pluie et de grand vent. L’accouchement a été si difficile qu’elle est tombée malade, raconte-t-elle. À présent, Mary s’inquiète de l’avenir : « Je ne sais pas ce que nous allons devenir. Mon mari est certes à mes côtés, mais il ne peut rien faire pour subvenir à nos besoins. Nous dépendons des organisations humanitaires. En venant ici, nous avons tout perdu : les chèvres, les vaches, un toit et nos affaires. » Le regard posé sur son nouveau-né, elle se désole de ne disposer d’aucun moyen de l’élever. « Si la guerre prenait fin, il pourrait aller à l’école et se préparer un avenir », se prend-elle à rêver.</p> <h3>Mary Bol : « Nous nous entraidons entre femmes »</h3> <p>Cette veuve et mère de six enfants est une Dinka réfugiée au camp pour déplacés de Mingkaman.</p> <p>Mary était déjà veuve quand les affrontements ont éclaté, en décembre 2013. Son mari est décédé en 1991, pendant la guerre entre le Soudan du Sud et le Soudan, son voisin du nord. Elle connaît déjà la souffrance de la guerre, mais il s’agit à présent d’une guerre civile, une guerre fratricide. « Les milices nuer ont attaqué les Dinka qui habitaient dans ma ville, Bor », explique cette femme qui a fui avec ses six enfants et sa belle-famille. Ils se sont cachés plusieurs jours sur un îlot du Nil, pendant lesquels des membres de la famille ont succombé. <strong>Faute d’autre nourriture, ils ont dû manger des feuilles, raconte-t-elle</strong>. Au camp de Mingkaman, elle est en sécurité et reçoit de la nourriture des organisations humanitaires, mais les conditions de vie restent très précaires. 100 000 personnes vivent désormais dans cette ville de 7 000 habitants avant le conflit, et il est difficile d’accueillir toute cette foule, comme l’expliquent les ONG. Heureusement, Mary peut compter sur la solidarité de ses voisines, les autres femmes du camp. Si l’une manque de nourriture ou a besoin d’un ustensile de cuisine, elle peut l’emprunter à une autre. C’est ainsi qu’elles créent des liens qui leur permettent de continuer. La communauté d’accueil aide aussi les nouveaux arrivants en leur donnant des vêtements ou des vivres. Malgré tout, il est difficile de s’imaginer un avenir : « Avant, je pouvais subvenir à mes besoins. Mais ici, je ne peux rien faire. Je faisais le ménage dans des bureaux. Je cultivais aussi une parcelle près de la rivière. C’était une source de revenus pour ma famille », se rappelle-t-elle avec résignation.</p> <h3>Knyah Neulak : « Ici, l’avenir ressemble à un cimetière »</h3> <p>Cette mère de cinq enfants est une Nuer et a dû abandonner sa maison, à Djouba, la capitale sud-soudanaise, pour trouver refuge dans la base des Nations unies de la ville.</p> <p>Quand le Soudan du Sud a accédé à l’indépendance, des personnes de toutes les régions du pays ont émigré vers la capitale, Djouba, qui représentait une promesse de travail et d’avenir. Les Nuer, comme Knyah, y cohabitaient pacifiquement avec les autres ethnies, toutes partageant le même espoir de construire une nouvelle nation prospère dans la paix. « Avant, nous vivions bien et nous n’avions pas de problèmes de voisinage. Mais en décembre, les Dinka loyaux à Salva Kiir ont commencé à tuer les Nuer. Femmes, personnes âgées, enfants... Peu importait », raconte-t-elle sur le ton de la dénonciation. Lors d’une attaque, elle s’est enfuie de chez elle à toutes jambes, avec son mari et leurs cinq enfants, pour chercher refuge dans la base de l’ONU, « où nous serions en sécurité, nous avait-on dit. Nous avons été bien accueillis. On nous a donné des nattes et des couvertures pour dormir, ainsi que des bâches de plastique pour construire un logement. Mais je ne veux pas m’éterniser ici », soupire-t-elle, montrant alentour l’océan d’abris improvisés au moyen de troncs et de bâches en plastique. C’est à peine si quelques centimètres séparent les tentes et, quand il pleut, le camp est inondé. Des organisations ont dénoncé à de multiples occasions cette promiscuité et le manque de services dans les bases de l’ONU implantées à travers le pays, mais qui n’étaient pas prêtes à accueillir des personnes déplacées. « Il n’y a pas le moindre espace où jouer au foot pour les enfants. Il n’y a pas non plus d’écoles. Nos enfants seront une génération perdue », conclue-t-elle. De surcroît, les habitants ne peuvent sortir du camp qu’au péril de leur vie : « Si vous sortez acheter quelque chose et qu’on découvre que vous êtes nuer, vous risquez de vous faire tuer », assure cette femme qui n’a pas pu rentrer chez elle depuis son arrivée, il y a quatre mois. <strong>« Les ONG nous donnent des lentilles, du riz, de l’huile et du sel. Je ne me plains pas ; c’est mieux que rien. Mais nous avons besoin d’une plus grande variété. De plus, nous n’avons pas d’argent ni aucun moyen d’en gagner. Ici, l’avenir ressemble à un cimetière »</strong>, estime-t-elle.</p> <h3>Nyawer Gatwech : « Je ne sais pas comment nous allons nous en sortir »</h3> <p>Après avoir perdu l’un de ses trois enfants lors d’un raid, elle s’est réfugiée dans la base de l’ONU, à Djouba. Son mari a également été tué récemment.</p> <p>« Nous avons d’abord entendu des coups de feu, puis des bombes ont éclaté. Nous avions très peur. Un tank a alors écrasé notre maison et tué un de mes enfants », témoigne Nyawer, le regard perdu, dans sa tente en plastique. Elle fait partie des nombreux Nuer qui, dans la ville de Djouba, ont vu des groupes de soldats dinka envahir leurs quartiers dans l’intention de les tuer. Terrorisée, elle est parvenue à s’échapper avec deux de ses enfants et son mari. « Les gens disaient que nous serions en sécurité dans la base de l’ONU, mais pour la trouver, il nous a fallu plusieurs jours pendant lesquels nous nous sommes cachés où nous avons pu. Nous avons été soulagés d’arriver. Mais maintenant, nous ne nous y sentons plus en sécurité non plus ; il paraît que les bâtiments de l’ONU ont été attaqués dans d’autres villes », explique Nyawer, effrayée et désorientée. Son mari est mort il y a vingt jours, tué en sortant de l’enceinte pour aller chercher du charbon. <strong>Dans une société comme le Soudan du Sud, où il incombe aux hommes d’entretenir la famille, cette mère de deux enfants ne sait pas comment elle va pouvoir survivre. « Je suis seule, sans aucune perspective »</strong>, résume-t-elle. Et d’ajouter, montrant la robe à moitié déchirée qu’elle porte : « Voici tout ce que j’ai pu emporter. Je n’ai rien d’autre. »</p> <h3>Pour en savoir plus et soutenir notre action au Soudan du Sud : <a href="http://www.oxfam.org/urgence-sudsoudan" rel="nofollow">www.oxfam.org/urgence-sudsoudan</a></h3></div><div class="field field-name-title"><h2>Soudan du Sud : la lutte des femmes pour survivre dans une guerre d’hommes</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_es first last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/14-06-03-sudan-del-sur-la-lucha-de-las-mujeres-por-sobrevivir-en-una-guerra-de-hombres" title="Sudán del Sur: la lucha de las mujeres por sobrevivir en una guerra de hombres" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Thu, 05 Jun 2014 23:00:00 +0000 Julia Serramitjana 10685 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/en/node/10685#comments Insécurité alimentaire, urgence, famine... Une infographie pour comprendre la réalité derrière ces termes http://l.blogs.oxfam/en/node/10682 <div class="field field-name-body"><p><strong>Si vous vous êtes déjà demandé ce que le terme « insécurité alimentaire » signifie concrètement, voici une infographie qui répondra à vos interrogations.</strong></p> <p>Un ami a dernièrement failli avoir maille à partir avec le gouvernement américain. De retour du Moyen-Orient où il avait travaillé plusieurs mois dans le cadre d’une intervention humanitaire, les services de l’immigration, à l’aéroport, l’ont longuement interrogé sur son activité professionnelle.« C’était vraiment étrange, m’a-t-il raconté. Pour une raison que j’ignore, ils me prenaient pour quelque garde armé. Il m’ont même demandé mon arme.</p> <p>– Mais pourquoi donc ?, me suis-je étonnée. Ton travail consiste à veiller à ce que les familles vulnérables puissent manger à leur faim.</p> <p>– Je ne sais pas, répondit-il perplexe. Je leur ai juste dit que je suis un spécialiste de la sécurité alimentaire. »</p> <p>C’est alors que le franc est tombé. Au mot « sécurité », les agents de l’immigration s’étaient imaginé tout autre chose. Pour en finir avec de telles idées fausses, Oxfam a créé l’infographie ci-dessous. Nous avons voulu décrypter des termes, comme « sécurité alimentaire » et « crise alimentaire aiguë », que les experts utilisent couramment sur le terrain, mais que nous, les profanes, ne comprenons pas toujours bien.</p> <p>La sécurité alimentaire, par exemple, n’a rien à voir avec la sûreté des entrepôts alimentaires. Elle désigne plutôt une « situation d’accès stable à une nourriture suffisante, saine et nutritive permettant à chacun-e de satisfaire ses besoins alimentaires pour mener une vie saine et active ». En revanche, en situation d’insécurité alimentaire, la population a des difficultés pour satisfaire ses besoins essentiels, tels qu’un accès adéquat à l’eau potable ou un apport calorique suffisant. Puis on distingue plusieurs degrés de gravité des crises alimentaires, le plus élevé étant l’état de famine.</p> <p><strong>Loin d’être des notions abstraites, ces termes font l’actualité.</strong> Prenez le Soudan du Sud, par exemple. Les violences qui ont éclaté dans le pays en décembre 2013 ont jeté sur les routes plus d’un million d’habitant-e-s. Sept millions de personnes se retrouvent, à cette heure, exposées au risque d’insécurité alimentaire. On estime en outre que 1,25 million d’enfants de moins de cinq ans auront besoin d’une aide nutritionnelle d’urgence. Face à cette crise, <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-sud-soudan" target="_blank" rel="nofollow">Oxfam assure un approvisionnement en eau potable, fournit des équipements d’assainissement et distribue des denrées alimentaires et de l’argent liquide, entre autres biens essentiels.</a></strong> S’agissant de la faim dans le monde, l’action commence par la connaissance. Si l’on comprend ce que signifie l’insécurité alimentaire pour les populations touchées, la motivation est plus grande d’aider. L’abstrait prend corps. C’est important.</p> <p><strong>Alors découvrez cette infographie, dites-nous ce que vous en pensez et passez le mot.</strong></p> <p><a href="/sites/blogs.oxfam.org/files/food security infographic OI version-FR-2.pdf" rel="nofollow"></a></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Insécurité alimentaire, urgence, famine... Une infographie pour comprendre la réalité derrière ces termes</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_es first"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/14-06-13-infografia-el-abc-de-las-crisis-alimentarias" title="Infografía: El ABC de las crisis alimentarias" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> <li class="translation_en last"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/14-06-05-infographic-vocabulary-hunger-crises-explained" title="Infographic: The vocabulary of hunger crises, explained" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> </ul> Tue, 03 Jun 2014 07:40:52 +0000 Anna Kramer 10682 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/en/node/10682#comments Une leçon de Deng Bol, réfugié sud-soudanais http://l.blogs.oxfam/en/node/10591 <div class="field field-name-body"><p><strong>À mon arrivée à Arua et à Adjumani, la semaine dernière, j’ai reçu un choc.</strong></p> <p>Ces deux districts du nord de l’Ouganda ont, depuis le mois de décembre, accueilli plus de 60 000 réfugiés sud-soudanais qui ont fui les <a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-sud-soudan" rel="nofollow"><strong>violences effroyables</strong> </a>dans leur pays. Mais ce qui m’a secoué, ce ne sont pas les besoins criants, comme l’approvisionnement en eau et l’assainissement qu’Oxfam et ses partenaires ougandais s’efforcent d’<strong><a href="http://www.flickr.com/photos/oxfam/sets/72157639823772126" rel="nofollow">assurer au plus vite</a></strong>. Non, j’ai plutôt été frappé par <strong>le calme et la patience déterminée dont font preuve les réfugiés</strong> que j’ai rencontrés.</p> Des réfugiés sud-soudanais font la queue pour avoir de l'eau au centre de transit d'Ocea en Ouganda. Il n'y a qu'une seule pompe pour des milliers de réfugiés. Photo : Dorah Ntunga/Oxfam <p><strong>À Ocea, dans le district d’Arua, où règnent la chaleur et la poussière</strong>, Oxfam coordonne une opération d’approvisionnement en eau potable de 8 000 réfugiés. J’y ai fait la connaissance de Deng Bol, 38 ans. Avec l’éloquence d’un enseignant (sa profession avant d’avoir dû fuir), il me dit préférer qu’on l’appelle par son nom complet, car cela lui rappelle son père.</p> <p>« D’accord, Deng Bol !, dis-je. Combien de langues parlez-vous ? »</p> <p>« Quatre, répond-il. L’anglais, le nuer, l’arabe et le dinka, ma langue maternelle. C’est pour pouvoir communiquer avec le plus grand nombre possible de mes élèves. »</p> <h3>La générosité des communautés d'accueil</h3> <p>À ma question sur ce qui l’a poussé à venir en Ouganda, Deng Bol commence à me raconter <strong><a href="http://www.lemonde.fr/international/visuel/2014/02/04/bor-les-visages-de-l-horreur_4359972_3210.html" rel="nofollow">les violences terribles qui ont rasé sa ville natale de Bor</a></strong>. Sa sœur a été tuée, laissant une petite fille de cinq mois orpheline. Une autre sœur à peine âgée de trois ans a survécu, mais une balle est restée logée dans son épaule.</p> <p>En parlant avec Deng Bol et d’autres réfugiés, des Nuers aussi bien que des Dinkas, j’ai pu me rendre compte à quel point ces histoires tragiques sont monnaie courante à Arua et à Adjumani. Tant de gens ont perdu des êtres chers. Pourtant, <strong>plus de 60 000 hommes et femmes ont persévéré et sont arrivés en Ouganda</strong>. Les communautés locales ont eu la bonté de les accueillir et de leur laisser des terres où s’installer. Il est à présent de notre devoir, en tant qu’Oxfam mais aussi en tant que bons voisins, de leur apporter tout notre soutien pendant que nous exhortons les responsables politiques de toute la région à veiller au maintien d’un cessez-le-feu trop fragile.</p> <h3>L'espoir de pouvoir enseigner à nouveau</h3> <p>Au lieu de blâmer l’une ou l’autre partie, Deng Bol choisit de vivre dans l’instant présent. Avant de me quitter, il me donne une leçon que je n’oublierai pas de sitôt. « Pour l’instant, j’espère avoir la possibilité d’enseigner, parce que c’est ce que je suis, un enseignant. Mais notre avenir est entre les mains des politiques et de celles et ceux qui peuvent les influencer, me dit Deng Bol. Tant que les combats se poursuivront, nous ne pourrons pas rentrer chez nous. » </p> <p>Dans l’immédiat, Deng Bol et tous les réfugiés sud-soudanais ont besoin d’aide pour pouvoir survivre et se relever. Mais c’est surtout par <strong>un cessez-le-feu durable au Soudan du Sud</strong> que nous toutes et tous pouvons les aider, afin que le processus d’apaisement et de réconciliation puisse commencer. </p> <p><em>Peter Kamalingin est directeur pays pour Oxfam en Ouganda. Suivez-le sur Twitter: <a href="https://twitter.com/kampetero" target="_blank" rel="nofollow"><strong>@kampetero</strong></a>.</em></p> <p><strong>Découvrez les photos de notre action humanitaire au Sud Soudan :</strong></p> <p></p> <h3>L’action d’Oxfam</h3> <p>Dans les districts d’Arua et d’Adjumani, dans le nord de l’Ouganda, Oxfam travaille en collaboration avec des organisations locales partenaires pour fournir aux réfugiés sud-soudanais et aux communautés qui les accueillent de l’eau et des installations sanitaires, y compris des latrines, des douches et des fourneaux à haut rendement énergétique. </p> <p>L’intervention d’Oxfam répond aux besoins humanitaires et de protection immédiats des réfugiés et des communautés d’accueil, tout en leur apportant un appui à plus long terme en vue du rétablissement de leur vie et de leurs moyens de subsistance.</p> <h3>Sur le même sujet</h3> <p><strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-sud-soudan" rel="nofollow">La crise au Sud Soudan, l'intervention d'Oxfam et les moyens de soutenir notre action</a></strong></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Une leçon de Deng Bol, réfugié sud-soudanais</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/14-02-06-lesson-deng-bol-south-sudanese-refugee" title="A Lesson from Deng Bol, South Sudanese refugee" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> <li class="translation_es last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/14-02-07-la-leccion-de-deng-bol-refugiado-sursudanes-en-uganda" title="La lección de Deng Bol, refugiado sursudanés en Uganda" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Fri, 07 Feb 2014 15:23:32 +0000 Peter Kamalingin 10591 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/en/node/10591#comments La population sud-soudanaise de nouveau en proie aux violences http://l.blogs.oxfam/en/node/10574 <div class="field field-name-body"><p><strong>Trois ans à peine après avoir vu le jour, le plus jeune pays au monde, le Soudan du Sud, commençait seulement à connaître la paix. Mais voici qu’il retombe dans les affres de la violence. Depuis que les combats ont éclaté à Juba, la capitale, le 15 décembre, près de 10 000 personnes ont été tuées et 400 000 autres ont dû fuir.</strong></p> <p>En collaboration avec l’ONU et d’autres organisations, Oxfam procure aux familles de l’eau potable, des vivres et des installations sanitaires. Mais les besoins ne cessent de croître et <strong><a href="http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-25724733" title=" Aid agencies make plea for improved access" rel="nofollow">la situation des personnes déplacées</a></strong> devient de plus en plus critique.</p> <p>Je suis arrivée à Juba samedi dernier [11 janvier 2014] et ai passé mes deux premiers jours dans le pays au camp d’Awerial, à environ quatre heures de route. Sur la rive luxuriante du Nil, le camp abrite désormais 75 000 personnes environ. En face, se trouve la ville de Bor, où les combats se poursuivent depuis la mi-décembre.</p> <p>Pendant mon séjour à Awerial, on pouvait entendre les tirs d’obus et les bombardements aériens du côté de Bor. Hier, la moitié du camp a levé les yeux pour regarder un hélicoptère armé descendre le cours du fleuve et se diriger vers Bor ; deux minutes après, une série de bombes ont explosé. Tout le monde craint manifestement pour la vie de ses proches restés là-bas et s’inquiète de ce qui les attendra à leur retour, même si, pour l’instant, la sécurité semble assurée de ce côté-ci du fleuve.</p> <p>Des <strong><a href="http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-25707378" title=" Safety at a price on the Nile" rel="nofollow">bateaux privés</a></strong> font payer aux personnes qui souhaitent traverser le Nil un droit de passage allant de 100 à 200 livres sud-soudanaises (30 à 60 dollars) par passager, enfants en âge de marcher compris. J’ai rencontré une famille qui avait vendu tout son bétail (environ 400 têtes) pour que les 100 membres de la famille élargie puissent passer sur l’autre rive. La traversée est dangereuse. Elle peut prendre toute une journée. <strong><a href="http://www.france24.com/fr/20140114-civil-sud-soudan-malakal-accident-ferry-machar-kiir/" title="France24 - Plus de 200 réfugiés sud-soudanais noyés dans un accident de ferry" rel="nofollow">Surchargés, les bateaux risquent de chavirer</a></strong>, et les eaux sont habitées de crocodiles. J’ai entendu dire qu’environ dix personnes ont trouvé la mort dans la traversée : plusieurs se sont noyées, un enfant a été écrasé par les bagages, et un homme a été frappé par une bombe ou un obus perdu.</p> <p>Une fois de l’autre côté, les gens doivent marcher dans une boue épaisse, en espérant trouver un endroit à l’ombre où camper. Il fait chaud le jour (environ 37 °C) et frais la nuit. Beaucoup n’ont pas d’abri et se couchent simplement sur une natte. Les réfugiés se répartissent entre les buissons et les arbres, tout le long de la rive. Ce n’est pas à proprement parler un campement ; la communauté locale s’est globalement montrée accueillante. Mais les infrastructures de ce petit hameau sont débordées. Il y a un besoin urgent d’assainissement. Les gens défèquent en plein air. Oxfam a établi qu’il faut creuser 2 000 latrines pour environ 80 000 personnes.</p> <p>Oxfam appelle à un règlement rapide et pacifique du conflit dans un souci de <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/node/34831" title="Oxfam strongly condemns the use of violent force against civilians, in Juba, South Sudan" rel="nofollow">protéger les droits humains</a></strong>.</p> <p><a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-soudan-sudsoudan" rel="nofollow"></a><em><strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-soudan-sudsoudan" rel="nofollow">Vous pouvez contribuer à notre action humanitaire au Soudan du Sud</a></strong></em></p></div><div class="field field-name-title"><h2>La population sud-soudanaise de nouveau en proie aux violences</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_es first"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/14-01-15-los-habitantes-de-sudan-del-sur-de-nuevo-atrapados-en-la-violencia" title="Los habitantes de Sudán del Sur atrapados de nuevo en la violencia" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> <li class="translation_en last"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/14-01-15-south-sudan-escalating-violence-again-ensnares-citizens" title="In South Sudan, escalating violence again ensnares citizens" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> </ul> Thu, 16 Jan 2014 18:55:23 +0000 Grace Cahill 10574 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/en/node/10574#comments Voix d’Afrique : l'Union africaine a cinquante ans http://l.blogs.oxfam/en/node/10331 <div class="field field-name-body"><p><strong>Je viens de passer trois jours dans la capitale de l’Afrique, Addis-Abeba, où se trouve le siège de l’Union africaine. </strong>Dans le débordement d’activité en marge du sommet de l’UA, j’ai pu m’aménager un espace où parler à différentes personnes du travail d’Oxfam. Ces trois jours ont été couronnés par un événement intitulé 50 Voices, 50 Places (« 50 voix, 50 horizons ») et organisé par l’équipe <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/campaigns/conflits" target="_blank">Droits en situation de crise</a></strong> d’Oxfam.</p> <p>Il y a un an, Oxfam lançait une campagne panafricaine sur les conflits et leurs conséquences pour les hommes, les femmes et les enfants. Cinq pays à des stades différents d’un conflit armé et aux besoins humanitaires immenses – la RDC, le Mali, le Soudan du Sud, le Soudan et la Somalie – avaient été sélectionnés pour un projet cinématographique et photographique. Résultat : « 50 voix, 50 horizons » (dont la version numérique est publiée ci-dessous) apporte le témoignage direct d’hommes et de femmes ordinaires touchés par un conflit. </p> <div class="issuuembed" data-configid="1574349/2980991" style="width: 620px; height: 200px;"> </div> <p>Lors de cet événement, j’ai été frappée par la puissance des messages que villageois et citadins adressent à la classe politique africaine à l’occasion du <strong><a href="http://summits.au.int/fr/21stsummit" target="_blank">50e anniversaire de l’Union africaine</a></strong> et son prédécesseur, l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Leurs messages portaient sur le besoin de paix, la réceptivité des dirigeant-e-s et le potentiel de prospérité de l’Afrique. Les gens veulent de quoi se nourrir, se vêtir et se loger, être en bonne santé et pouvoir s’épanouir dans un climat pacifique.  Les photos montraient des personnes qui, malgré les épreuves que la vie leur a infligées, ont su rebondir face à l’adversité. </p> <p>Francine Chikanine, commerçante sur un marché de Goma, avait un message simple et néanmoins fort : « La guerre au Congo n’en finit pas. Je veux que nos responsables politiques prennent deux minutes, juste deux, pour trouver les causes profondes de cette guerre. » Déterminer les causes premières d’une guerre est tout à fait faisable, mais s’y attaquer est autrement compliqué. Qui dit compliqué, ne dit pas impossible. Il faut simplement y mettre plus d’énergie. Nous devons réclamer des solutions. Mais pourquoi donc nous en soucier ?</p> <h3>Pourquoi chercher encore des solutions aux conflits ?</h3> <p>Parce que la guerre a brisé la vie de millions de personnes. Par exemple, plus d’un million de Somaliennes et Somaliens sont déplacés à l’intérieur de leur pays, tandis qu’un autre million vivent dans les pays voisins. Les conflits armés perdurent au Soudan, au Soudan du Sud et en RDC où des cas de violence fondée sur le genre continuent d’être signalés.</p> <p>Nous devrions nous en soucier parce que des centaines de milliers de personnes vivent dans la peur et ne peuvent pas déployer tout leur potentiel. Hommes, femmes et enfants sont victimes de violences physiques ou sexuelles, mais ce sont les femmes et les enfants qui souffrent le plus. Les femmes vivent dans la hantise de se faire agresser quand elles vont <strong><a href="http://www.flickr.com/photos/oxfam/6982323879/" target="_blank">chercher de l’eau</a></strong>, <strong><a href="http://www.flickr.com/photos/oxfam/5329968337/" target="_blank">travailler aux champs</a></strong> ou <strong><a href="http://www.flickr.com/photos/oxfam/8405858192/" target="_blank">ramasser du bois</a></strong>. De fait, en novembre 2012, des soldats de l’armée régulière comme des rebelles ont été <strong><a href="http://radiookapi.net/actualite/2013/03/28/lonu-lance-ultimatum-la-rdc-pour-sanctionner-des-soldats-accuses-de-viols-minova/" target="_blank">reconnus coupables de viols</a></strong> en RDC. Des enfants sont enrôlés de force dans les armées rebelles. Des hommes se retrouvent impuissants à s’occuper de leur famille.</p> <h3>Le changement est possible</h3> <p>Dès lors, même si le continent a réalisé d’énormes progrès, il reste encore beaucoup à faire. La moindre vie perdue dans un conflit est une de trop. Je suis fière que, grâce au projet « 50 voix, 50 horizons » et à d’autres activités de notre bureau de liaison auprès de l’UA, Oxfam porte les voix des communautés auprès des dirigeant-e-s africain-e-s. Tout en témoignant de leur vécu, les gens manifestent aussi leur espoir que le changement soit possible.  Cinquante ans après la naissance de l’Union africaine et l’émancipation politique du continent, le moment est venu pour les responsables africains de mettre fin au fléau de la guerre pour permettre aux peuples africains de vivre en paix, de jouir de leurs droits humains et de réaliser tout leur potentiel.</p> <p><iframe frameborder="0" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/pmSY9mjloUY" width="620"></iframe></p> <h3>Sur le même sujet</h3> <p><strong>L'action humanitaire d'Oxfam au <a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-mali" target="_blank">Mali</a>, en <a href="http://www.oxfam.org/fr/conflit-rdc" target="_blank">République démocratique du Congo</a> et<span style="line-height: 1.5em;"> au <a href="http://www.oxfam.org/fr/emergencies/crise-soudan-sudsoudan" target="_blank">Soudan et Sud-Soudan</a></span></strong></p> <p><strong>Le travail d'Oxfam en <a href="http://www.oxfam.org/fr/somalie" target="_blank">Somalie</a></strong></p> </div><div class="field field-name-title"><h2>Voix d’Afrique : l&#039;Union africaine a cinquante ans</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_es first"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/13-05-30-voces-de-africa-la-union-africana-cumple-50-anos" title="Voces de África: la Unión Africana cumple 50 años" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> <li class="translation_en last"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/13-05-29-voices-africa-african-union-50" title=" Voices from Africa: the African Union at 50" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> </ul> Tue, 04 Jun 2013 23:59:59 +0000 Winnie Byanyima 10331 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/en/node/10331#comments Djimon Hounsou constate de ses propres yeux l’urgence de se doter d’un traité sur le commerce des armes http://l.blogs.oxfam/en/node/10248 <div class="field field-name-body"><p><em>Début mars, l’ambassadeur d’Oxfam et acteur <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/about/ambassadors/djimon-hounsou" target="_blank" rel="nofollow">Djimon Hounsou</a></strong> s’est rendu dans un campement d’éleveurs au Sud Soudan, où de nombreuses communautés souffrent des conséquences d’un afflux incontrôlé d’armes et de munition. </em></p> <p><strong>Je reviens tout juste d’un voyage émouvant au Soudan du Sud</strong>, un pays qui s’efforce encore de trouver la paix après plus de cinquante années de guerre. J’ai rendu visite à des communautés de pasteurs, comme celle sur la photo ci-dessus, dans lesquelles le nombre de têtes de bétail que possède une famille détermine son statut social et sa richesse. </p> <p>Le vol de bétail est pratiqué depuis des générations, mais les lances ont été remplacées par des fusils et la violence ne cesse d’augmenter saison après saison. J’ai été choqué de voir de jeunes garçons munis de AK-47.</p> <p></p> <p>Aujourd’hui, à New York, les <strong><a href="http://www.un.org/disarmament/ATT/" target="_blank" title="UN Conference on the Arms Trade Treaty " rel="nofollow">Nations unies</a></strong> entament les discussions sur le traité international sur le commerce des armes. J’ai vu de mes propres yeux les résultats horribles que causent des armes échappant à tout contrôle. Il est temps pour nous d’adopter une position ferme contre cela, de commencer à mettre un terme à la violence. </p> <p>Un traité fort constitue les fondations dont nous avons besoin pour s’assurer que les armes et les munitions ne sont pas transférées vers des lieux où elles seront utilisées au détriment du développement ou pour violer les droits humains. </p> <p></p> <p><em>Photos : Mackenzie Knowles-Coursin</em></p> <h3>En savoir plus</h3> <p><a href="http://www.oxfam.org/fr/campaigns/le-traite-sur-le-commerce-des-armes-en-questions" target="_blank" rel="nofollow">Pourquoi avons-nous besoin d’un traité international sur le commerce des armes ?</a></p> <p><a href="http://controlarms.org/fr/" target="_blank" rel="nofollow">Affichez votre soutien à un traité sur le commerce des armes fort et efficace</a></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Djimon Hounsou constate de ses propres yeux l’urgence de se doter d’un traité sur le commerce des armes</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/13-03-19-djimon-hounsou-sees-why-we-need-strong-arms-trade-treaty" title="Actor Djimon Hounsou sees firsthand why we need a strong Arms Trade Treaty" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> <li class="translation_es last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/13-03-20-djimon-hounsou-he-visto-en-primer-persona-las-terribles-consequencias-de-la-falta-de-" title="Djimon Hounsou: relato en primera persona de las consecuencias de la falta de regulación de armas" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Tue, 19 Mar 2013 00:00:00 +0000 Djimon Hounsou 10248 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/en/node/10248#comments