Pour que le soleil revienne sur Haïti

La tempête Tomas était en chemin. Les journaux télévisés montraient les ravages qu´elle était en train de provoquer sur les îles des Caraïbes. La tempête, implacable et sans pitié, s´avançait vers Haïti ; un pays qui venait à peine de se remettre du tremblement de terre du 12 janvier et qui devait faire face à une épidémie de choléra.

Ce que tout le monde pensait être une situation déjà terrible pouvait alors empirer si la tempête Tomas frappait aussi fort que prévu. Plus la tempête gagnait en intensité dans les Caraïbes, plus l´ambiance devenait pesante au bureau. La tension était palpable malgré l´effort des gens pour faire des blagues et calmer les nerfs. Après avoir vécu dans des pays comme le Tchad où nous avions l´habitude de prier, en période de sécheresse pour que la pluie vienne. Cette fois-ci, nous avons prié pour que le soleil revienne. 

La journée avant que la tempête Tomas arrive est passée très vite. On a autorisé le personnel à rentrer plus tôt chez soi afin de se préparer. J'avais réservé un vol pour le week-end même où la tempête Tomas devait arriver. Je me suis précipitée au guichet de la compagnie aérienne pour le changer, mais le bureau était débordé car beaucoup de gens tentaient de faire de même.

Des mesures de sécurité ont été mises en place, les réfrigérateurs ont été stockés  et des seaux remplis en cas de panne d´électricité. Les organisations étaient occupées à aider les personnes déplacées qui vivaient dans les tentes à se préparer et à se rendre vers un terrain plus élevé, hors de portée des inondations. Les stocks ont été positionnés afin d'assurer une réaction rapide après le passage de la tempête Tomas.

La nuit a été marquée par un peu de pluie, mais rien d'anormal, et le vent n'a pas soufflé fort dans la ville. Nous nous sommes réveillés en pensant que le pire était encore à venir et qu´il fallait rester à l'intérieur. Pendant que je prenais mon petit déjeuner, un oeil sur mon pain grillé et l'autre sur la fenêtre, le sud de Haïti était en train d'être sévèrement touché. En regardant la bruine et le ciel gris autour de nous, nous nous demandions si c'était le calme avant la tempête comme tout le monde disait. Quand la pluie s´est intensifiée, nos battements de cœur se sont accélérés faisant de même ! Puis, la tempête s'est arrêtée. Est-ce que les prières ont marché ? Est-ce que la tempête Tomas a changé d'avis ?

Finalement, Port-au-Prince n'a pas été autant touché que ce qui était prévu. Cependant, la pluie qui est tombée fût suffisante pour causer des dégâts et affecter les personnes qui  vivaient dans des tentes, les coins escarpés de la ville et sur la côte. Mais, une autre menace, peut-être pire encore qu'un ouragan qui frappe une ville surpeuplée, s'annonçait : la propagation du choléra dans les endroits les plus pauvres de la ville. Et malheureusement quelques jours plus tard, nos craintes sont devenues réalité.

Un jour après, je quittais Haïti pour le Royaume-Uni. Sur la route qui me menait vers l'aéroport, c'était la même routine. Des femmes vendaient leurs oranges au bord de la route tandis que d'autres proposaient des tennis Reebok d'occasion, réminiscences des années 1980.

Durant les semaines qui viennent, je serai hors du pays et deviendrai une simple observatrice de ce qui se passe à Haïti : le choléra, les élections imminentes. Et de temps en temps, je verrai des photos, dans les journaux, de ce beau pays.

En savoir plus

La réaction d'Oxfam face à l'épidémie de choléra en Haïti

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