Grâce à la prévention, la peur du choléra se dissipe à Haïti

Dès l'apparition des premiers cas de choléra à Haïti signalés à l'automne 2010, Oxfam a mis en place des actions spécifiques pour prévenir l'épidémie. Plus de 700 000 Haïtiens et Haïtiennes ont depuis pu bénéficier d'infrastructures sanitaires et de programmes d'éducation à l'hygiène. Sophie Martin Simpson, chargée du suivi et de l'évaluation en Haïti pour Oxfam, détaille ces actions et leurs impacts positifs.

Mon travail consiste à soutenir nos équipes pour contrôler les progrès de nos activités et évaluer quel impact et quels changements positifs a notre action sur la vie des gens en Haïti. Fondamentalement, il s'agit d'obtenir les informations sur la qualité et l'utilité des services que nous fournissons aux personnes que nous aidons - autrement dit les Haïtiens qui ont été touchés par le tremblement de terre, et, plus récemment, les communautés les plus durement touchées par la propagation de l'épidémie de choléra. En écoutant ce que ces personnes ont à dire, nous sommes en mesure d'apprendre, de maintenir la qualité et améliorer le travail d'Oxfam en Haïti pour assurer le maximum de changements positifs dans leur vie.

Ces informations sont indispensables pour nous assurer que notre programme de lutte contre le choléra continue à fournir les services et activités essentiels nécessaires pour que les populations aient les connaissances et les moyens de se protéger du choléra. Rassembler ce type d'informations, le suivi de la réussite de nos activités et mieux appréhender ce que les changements apportent à la vie des habitants nous aidera à atteindre l'objectif ultime du programme d'Oxfam sur le choléra : prévenir la propagation et réduire le nombre de cas de choléra signalés dans les communautés les plus durement touchées par les épidémies.

Je rentre tout juste de deux jours avec notre équipe de lutte contre le choléra dans la région de Petite Rivière dans le département de l'Artibonite. J'y étais pour aider notre équipe à recueillir des informations auprès de la population locale sur les sources d'eau existantes, l'accès aux installations d'hygiène de base telles que des douches et des latrines et les connaissances sur le choléra et la prévention de cette maladie. Les premiers cas de choléra ont été signalés dans l'Artibonite en octobre 2010 et la région continue d'être l'une des plus touchées par l'épidémie. En tant que tel, le département est un objectif prioritaire du programme d'Oxfam contre le choléra.

J'ai rendu visite à des communautés rurales et parlé avec leurs membres, certains d'entre eux m'ont montré avec fierté les latrines familiales récemment construites. Avant que ne débute le programme d'Oxfam contre le choléra, la majorité des communautés n'avaient pas de latrines ou de toilettes. Dans un certain nombre d'endroits, Oxfam a en outre mis en place des espaces SRO (sels de réhydratation orale). Le SRO est le moyen le plus efficace pour maintenir hydratées les personnes atteintes de choléra jusqu'à la disparition des bactéries. Ces espaces sont gérés par des bénévoles de la communauté formés pour traiter l'eau afin de s'assurer qu'elle est potable, faire en sorte que les gens se lavent les mains et préparer les SRO.

Si des membres de la communauté pensent avoir le choléra, ils peuvent bénéficier immédiatement de l'aide des bénévoles de l'espace SRO qui leur donneront une solution de SRO et suffisamment d'eau pour qu'ils restent hydratés pendant leur trajet vers l'hôpital.

Le personnel d'Oxfam effectue des contrôles ponctuels réguliers de ces espaces pour s'assurer de la qualité adéquate de l'eau traitée et de la bonne préparation du SRO. J'ai été très heureuse d'apprendre par les bénévoles une diminution ces dernières semaines du nombre de personnes présentant des symptômes du choléra. Entendre les membres de la communauté expliquer à plusieurs reprises l'importance et l'avantage d'avoir de tels espaces de SRO à proximité de leurs maisons pour aider à traiter et à prévenir la propagation du choléra est également une source de satisfaction.

Avant l'épidémie de choléra, de nombreux membres de la communauté ne connaissaient pas les symptômes du choléra, les conditions de transmission ou les possibilités de traitement. Depuis l'irruption de la maladie, Oxfam a beaucoup travaillé pour informer les gens sur ces questions. J'ai assisté à deux réunions communautaires au cours desquelles les membres de la communauté ont été invités à partager ce qu'ils avaient appris au sujet des symptômes du choléra, de la préparation des SRO et la manière de traiter les dépouilles des personnes mortes du choléra. Même si ce sujet est assez morbide, il est essentiel que les gens sachent quoi faire des cadavres pour être certains que les microbes du choléra ne contaminent pas le sol ou l'approvisionnement local en eau. C'était une belle expérience de voir chaque personne présente à la réunion se lever et littéralement crier ce qu'elle savait à travers un mégaphone !

C'est également rassurant de constater que le mystère et la peur qui entouraient le choléra au cours des premières semaines de l'épidémie se sont dissipés. Les messages d'Oxfam sur la santé et l'hygiène sont clairement passés et un nombre croissant de personnes ont acquis les connaissances, les compétences et les ressources pour traiter efficacement et gérer le choléra au sein de leurs communautés.

Sophie Martin Simpson est chargée du suivi et de l'évaluation en Haïti pour Oxfam

 

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