Oxfam International Blogs - citoyenneté http://l.blogs.oxfam/es/tags/citoyennet%C3%A9 es Au cœur d’un moment historique : le vote en direct de la nouvelle Constitution tunisienne http://l.blogs.oxfam/es/node/10599 <div class="field field-name-body"><p><strong>Les premières élections démocratiques et transparentes en Tunisie du 23 octobre 2011 ont institué l’Assemblée nationale constituante (ANC) chargée de rédiger la nouvelle Constitution en une année.</strong> Après quatre brouillons et deux longues années de commissions et de tensions, l’ANC finira par voter la nouvelle loi fondamentale tunisienne en janvier 2014. Le processus constitutionnel s’est vu accéléré par l’aggravement de la crise politique suite au deuxième assassinat politique, après le leader politique Chokri Belaïd le 6 Février 2013, l’élu Mohammed Brahmi est tué le 25 juillet 2013.</p> <p>Le mois de janvier 2014 sera celui de l’adoption de la Constitution et le 26 janvier le jour du vote final. Récit d'un moment historique dans un pays qui vit une transition démocratique complexe mais demeure générateur d’espoirs.</p> <p>Après avoir assisté à plusieurs séances du processus de vote de la Constitution article par article, le jour du vote du texte intégral avait tout d'un moment exceptionnel. L'Assemblée se remplissait à vue d'œil, normalement occupée par des acteurs de la société civile et journalistes habitués, ces derniers ont vu leurs entrées dans l'institution compliquées par l'afflux de proches des élus et des nombreuses caméras. L'excitation dans les tribunes se faisait sentir, donnant presque des airs de fête populaire à un événement normalement plutôt solennel. </p> <h3><strong>Dimanche 26 janvier, 21h49 : début de la lecture de la Constitution</strong></h3> <p><strong>« Au nom du peuple et avec la bénédiction de Dieu, nous adoptons la Constitution ».</strong> Les non-arabophones sont accrochés sur leurs écrans aux versions qu’on trouve sur internet, traduites par des citoyens et des organisations. C'est parti pour une lecture des 149 articles. Un silence quasi-total dans une Assemblée pleine. Mis à part quelques bavardages, on entend principalement le bruit des pages du texte studieusement tournées en harmonie par les élus.</p> <p>Une fois arrivée aux derniers articles, la concentration diminue et l'intégralité des occupants du balcon, probablement plus nombreux que les élus, se lèvent les yeux rivés sur l’hémicycle. Le stress est contagieux, bien que peu de doutes soient laissés quant a l'échéance du vote.</p> <p>Pour la première fois depuis le début du processus constitutionnel, tous les élus sont présents :  216 au total. Deux seuls absents, hélas, Mohammed Allouch décédé quelques jours plus tôt et Mohammed Brahmi assassiné durant l’été 2013.</p> <h3><strong>23h15 : fin de la lecture de la Constitution</strong></h3> <p><strong>Des applaudissements retentissent, les élus sont debout et les drapeaux tunisiens sont déjà sortis. </strong>Mustapha Ben Jaafar, Président de l'ANC, entonne alors un discours qui a un fort goût de victoire, bien que le vote n’est pas encore eu lieu.<strong></strong></p> <blockquote><p>MBJ déclare que la <a href="https://twitter.com/search?q=%23TnAC&amp;src=hash" rel="nofollow">#TnAC</a> n'aurait pas réussi sans l'apport direct et indirect de la société civile aux travaux de la <a href="https://twitter.com/search?q=%23TnConstit&amp;src=hash" rel="nofollow">#TnConstit</a></p> <p>— AlBawsala (@AlBawsalaTN) <a href="https://twitter.com/AlBawsalaTN/statuses/427567334463520769" rel="nofollow">26 Janvier 2014</a></p></blockquote> <h3><strong>23h34 : la constitution est votée</strong></h3> <p><strong>Résultats : 200 pour, 4 abstentions, 12 contre.</strong> Ça chante, ça pleure, ça s'embrasse... en haut comme en bas l’émotion est à son comble. L’hymne national est chanté à l’unisson, sans même attendre le CD lancé par la régie de l'Assemblée. Ses paroles prennent une ampleur particulière, alors que la nouvelle Constitution de la Seconde République vient d’être votée sous les yeux de nombreux observateurs nationaux et étrangers. Impliquant aussi tous les militants et membres d’associations (certaines partenaires d’Oxfam) qui ont œuvré sans relâche pour influencer le processus et garantir le respect des droits fondamentaux.</p> <p><strong>« Fidèles au sang des martyrs ! »</strong> entonnent les élus, les doigts en V de victoire, chants révolutionnaires dans l’assistance au balcon, les deux étages de l’Assemblée sont en liesse.</p> <p><strong>En bas, munis de grands drapeaux,</strong> les élus de bords radicalement opposés, qui s’affrontaient il y a encore quelques jours sur les articles, s’enlacent avec fierté. Malgré des critiques virulentes, un processus lent, des débats inquiétants notamment sur les droits fondamentaux, l’ANC venait d'achever un défi majeur: rédiger un texte constitutionnel à partir d'une page blanche, dans une Tunisie qui avait connu plus de 50 ans de dictature.</p> <h3><strong>Fini la peur, fini la terreur</strong></h3> Photo: Rym Khadhraoui/Oxfam <p><strong>Au même moment, en haut, ceux qui ont suivi de près l’intégralité du processus constitutionnel oublient</strong> un instant le contenu des articles polémiques pour prendre le temps de se féliciter. Alors que les revendications de la société civile au sujet de dispositions pouvant porter préjudice à la démocratie et aux droits de l’homme étaient sur toutes les lèvres pendant deux ans, l’instant du vote est un moment de joie et de fierté. Si la société civile tunisienne et certaines organisations internationales impliquées n’ont jamais démérité, l’idée d’une Constitution achevée et consensuelle s’est plusieurs fois éloignée.  Mais l’engagement était constant, les faits et gestes de cette Assemblée étaient suivis quotidiennement, notamment par l’association Al-Bawsala (partenaire d’Oxfam), rendant le processus presque intime et l’émotion d’autant plus forte.</p> <p>« Plus de peur, plus de terreur, notre Constitution est celle du peuple ». L’hémicycle se vide vers minuit mais l’effusion de joie collective ne se termine pas là, les escaliers sont infranchissables et le hall d’entrée est rempli. <strong>Slogans de la révolution et hymne national continuent d’être scandés en cœur</strong>, par une foule pourtant hétérogène, jusqu’à 1h du matin. Rien ne laisse penser que ces apparences de festivités post Coupe du Monde viennent conclure un processus constitutionnel, mais en Tunisie une telle nouvelle se faisait attendre.</p> <p></p> <p><strong>Tout reste cependant à faire</strong> : la loi fondamentale vient certes poser les bases du nouveau régime mais ce texte dépendra de ce que voudront en faire les autorités tunisiennes, notamment la future Cour constitutionnelle. L’action de la société civile sera également cruciale pour influencer les décisions politiques en faveur de modèles de gouvernance plus équitables, participatifs, transparents et redevables. La joie et le soulagement ne viennent pas effacer les enjeux majeurs que doit relever la Tunisie dont notamment la situation économique et sociale, la sécurité et l’organisation prochaine des élections.</p> <p><strong>Un pas a été franchi,</strong> la première assemblée démocratiquement élue a suivi un processus constitutionnel relativement transparent grâce au travail des associations et à l’engagement des citoyens. </p> <h3>Aller plus loin</h3> <p><strong>En savoir plus sur le travail d'<a href="//www.oxfam.org/fr/tunisie" rel="nofollow">Oxfam en Tunisie</a></strong></p> <p><strong><a href="http://www.marsad.tn/" rel="nofollow">Marsad </a>-  L’observatoire de l’assemblée constituante tunisienne (français et arabe)  </strong></p> <p><strong>Site officiel de <a href="//www.anc.tn/site/main/AR/index.jsp" rel="nofollow">l’Assemblée Nationale Constituante </a>(arabe) </strong></p> <p><strong><a href="http://www.huffpostmaghreb.com/geoffrey-weichselbaum/tunisie-la-nouvelle-const_2_b_4686280.html?fb_action_ids=10202123070732403&amp;fb_action_types=og.likes&amp;fb_source=other_multiline&amp;action_object_map=%5B251642761679603%5D&amp;action_type_map=%5B%22og.likes%22%5D&amp;action_ref_map=%5B%5D%20" rel="nofollow">Tunisie: La nouvelle Constitution offre-t-elle les garanties d'un Etat démocratique ?</a> (français)</strong></p> <p><strong><a href="http://carnegieendowment.org/sada/2014/01/21/tunisia-s-compromise-constitution/gyze" rel="nofollow">Tunisia’s Compromise Constitution</a> (anglais)</strong></p> </div><div class="field field-name-title"><h2>Au cœur d’un moment historique : le vote en direct de la nouvelle Constitution tunisienne</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first last"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/14-02-12-heart-historic-moment-new-tunisian-constitution-ratified" title="At the heart of an historic moment: the new Tunisian Constitution is ratified" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> </ul> Fri, 14 Feb 2014 11:41:47 +0000 Rym Khadhraoui 10599 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/es/node/10599#comments En finir avec les inégalités extrêmes, menaces pour la démocratie http://l.blogs.oxfam/es/node/10580 <div class="field field-name-body"><p><strong>En passe de sortir de la crise financière, l’économie mondiale reprend du poil de la bête. Pourtant, la majeure partie de la population mondiale reste privée des chances de s’épanouir et de connaître la prospérité, tandis qu’au contraire, une petite élite accapare l’essentiel des bénéfices de la croissance. Nous vivons dans un monde où les 85 plus grandes fortunes possèdent autant que la moitié de la population mondiale.</strong></p> <p>Aux États-Unis, la part des revenus des 1 % les plus riches n’avait plus augmenté si rapidement depuis les années 1920 et la Grande dépression. En Inde, le nombre de milliardaires a décuplé au cours des dix dernières années. En Europe, les plus pauvres font les frais des politiques d’austérité, tandis que les sauvetages des banques profitent à des actionnaires fortunés. Malgré l’essor du secteur des ressources naturelles en Afrique, au cours des dix dernières années, la majorité de la population africaine peine encore à accéder à l’alimentation, à l’eau potable et aux soins de santé.</p> <h3>Une préoccupation majeure au niveau international</h3> <p>Le problème des inégalités est désormais passé au premier rang des préoccupations internationales. Le président Barack Obama en a fait une priorité pour l’Administration américaine en 2014. Selon le FMI, dans trop de pays, trop peu de gens profitent des bienfaits de la croissance. Le Forum économique mondial, qui se tient cette semaine à Davos, a relevé que les inégalités économiques représentent un risque majeur pour le progrès de l’humanité, qu’elles compromettent la stabilité sociale et menacent la sécurité dans le monde.</p> <p>Il est déjà largement reconnu que, non contentes d’être discutables sur le plan moral, les concentrations extrêmes de richesses freinent la croissance économique à long terme et compliquent les efforts de réduction de la pauvreté. Il faut à présent ouvrir les yeux sur le danger que représentent les inégalités extrêmes de revenus, car elles menacent aussi de saper la gouvernance démocratique.</p> <h3>Accaparement du pouvoir politique au profit des plus riches</h3> <p>Depuis 70 ans, Oxfam lutte contre la pauvreté et les injustices dans plus de 90 pays. Nous avons vu comment les plus riches peuvent accaparer le pouvoir politique au détriment du reste de la société. Une concentration massive des ressources est une grave entrave à l’inclusivité des systèmes politiques et économiques.</p> <p>Dans les pays riches comme dans les pays pauvres, les taux d’imposition les plus faibles, les meilleurs services de santé et d’éducation et la possibilité d’exercer une influence sont de plus en plus souvent accordés non seulement aux personnes fortunées mais aussi à leurs enfants. Sans une action concertée pour réduire les inégalités, les privilèges et les désavantages se transmettront de génération en génération, et l’égalité des chances ne sera plus qu’un mirage.</p> <h3>Les inégalités ne sont pas une fatalité : elles peuvent être réduites</h3> <p>Mais les inégalités extrêmes ne sont pas une fatalité et nous pouvons y remédier rapidement. Plusieurs exemples le montrent clairement. Pendant les Trente Glorieuses, les États-Unis et l’Europe ont réduit les inégalités tout en connaissant croissance et prospérité. La récente loi sur la gestion des revenus pétroliers au Ghana est un bon exemple de la façon dont une réglementation ciblée peut favoriser une prospérité partagée. L’Amérique latine a considérablement réduit les inégalités ces dix dernières années grâce à une fiscalité progressive et en promouvant les services publics, la protection sociale et le travail décent. La clé de ces progrès réside dans des politiques populaires représentant la majorité, au lieu de privilégier une infime minorité.</p> <p>Les États doivent sévèrement réprimer le secret financier qui permet de cacher des milliers de milliards de dollars dans les paradis fiscaux. Ils doivent investir davantage dans un accès universel à l’éducation et à la santé. Ils doivent unir leurs efforts pour poursuivre un objectif commun : en finir avec les inégalités extrêmes partout dans le monde. Pour leur part, les membres de l’élite économique doivent s’abstenir d’utiliser leur fortune pour obtenir des faveurs politiques allant à l’encontre de la volonté démocratique de leurs concitoyennes et concitoyens. Il convient de les obliger à déclarer toutes les participations financières qu’ils détiennent dans des entreprises et à assurer des emplois et des salaires décents dans celles-ci.</p> <p><strong>Ensemble, pour le bénéfice de toutes et tous, nous devons renverser cette tendance dangereuse qui menace d’anéantir les avancées conquises de haute lutte contre la pauvreté et les injustices.</strong></p> <p><em>Winnie Byanyima est la directrice générale d’Oxfam International. Elle assiste actuellement au Forum économique mondial à Davos.</em></p> <h3>En savoir plus</h3> <p><strong>Rapport d'Oxfam : <a href="http://www.oxfam.org/fr/policy/finir-inegalites-extremes" rel="nofollow">En finir avec les inégalités extrêmes : confiscation politique et inégalités économiques </a></strong></p></div><div class="field field-name-title"><h2>En finir avec les inégalités extrêmes, menaces pour la démocratie</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_es first"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/14-01-23-debemos-acabar-con-la-desigualdad-extrema-la-gran-amenaza-para-el-progreso-humano" title="Gobernar para las élites: desigualdad y amenaza para la democracia" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> <li class="translation_en last"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/14-01-22-working-few-inequality-and-threat-democracy" title="Working for the Few: Inequality and the threat to democracy " class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> </ul> Thu, 23 Jan 2014 00:00:00 +0000 Winnie Byanyima 10580 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/es/node/10580#comments Participation des femmes en politique en Haïti : les multiples raisons d'un combat http://l.blogs.oxfam/es/node/10573 <div class="field field-name-body"><p><strong>« Pourquoi...? Pourquoi mener cette bataille douloureuse si au bout du tunnel on constatera qu'il n'y aucun changement véritable que je pourrai apporter dans la vie de mes concitoyens ? »</strong></p> <p>Telle fut l’épineuse question qui m’a été adressée par une femme leader, au cours d’une séance d’analyse des relations de pouvoir dans la commune d’Ouanaminthe, Nord-est d’Haïti. Elles étaient plus d’une cinquantaine de femmes qui ont décidé de participer ou qui participaient déjà dans les espaces de pouvoir et décisionnels dans leur communauté. Dans cette zone du pays, les gens « avaient la politique dans le sang » et les femmes leaders avaient résolu de ne pas seulement faciliter l’accès au pouvoir politique à d’autres, mais de se présenter elles-mêmes en tant que candidates à des postes électifs. Au cours des dernières élections en 2010, des dizaines d’entre elles s’étaient présentées en tant que candidates à différents niveaux.</p> <h3>Une longue liste d'obstacles</h3> <p>En effet pour Michelle, il s’agissait de comprendre et d’identifier la source de son pouvoir en tant que femme dans <strong>une société patriarcale et machiste</strong> ; en tant que femme de province dans ce <strong>système politique où le pouvoir est fortement centralisé</strong> ; en tant que citoyenne honnête dans un<strong> environnement politique corrompu et opaque</strong> ; en tant que femme à revenu modeste alors que le pouvoir politique s’obtenait par l’<strong>achat des votes</strong> ; et en tant qu’Haïtienne dans un pays où les grandes orientations politiques et économiques semblent (sont) <strong>dictées de l’extérieur</strong> ; et la liste des obstacles serait longue, très longue.</p> <p>Michelle milite au sein d’une organisation de base dans la commune de Carice, toujours dans le Nord-est. Une organisation qui travaille avec les leaders politiques et communautaires pour donner leur zone de plan de développement participatif, qui valorise les ressources locales et qui prend en compte les besoins des femmes et des jeunes. Apres avoir été membre du directoire de son organisation, Michelle a été élue en 2006 membre du Conseil d’administration de sa Section communale. Position politique qu’elle occupe actuellement en plus de ses multiples responsabilités familiales et économiques.</p> <h3>Les femmes en politique, une perte de temps ?</h3> <p>Une cinquantaine de cœurs passionnés guettaient ma réponse. Pendant deux secondes, je fus prise de panique... Et si s’impliquer dans la politique était une perte de temps pour les femmes en Haïti ? En tant qu’animatrice je pouvais accompagner l’analyse de l’environnement politique, aider à prioriser le quoi faire et identifier comment s’impliquer... Mais la réponse à cette <strong>question fondamentale « pourquoi, malgré tout »</strong> honnêtement n’était pas à ma portée et ces femmes leaders le savaient. Mon hésitation fut récompensée, car les minutes qui suivirent me firent comprendre que cette réponse est et devait être la leur.</p> <p><strong>« C’est ce qu’ils veulent nous entendre dire</strong>, reprend une jeune fille, que nous avons des choses plus nobles et plus constructives à faire en tant que femmes ; que nos enfants ont besoin de notre temps ; que nos parents vieillis ont besoin de la douceur de nos soins ; que les malades ont besoin de notre présence et de nos réconforts ; mais qu’en sera-t-il si au bout du tunnel nous femmes et jeunes nous constatons que nous avons passé à côté de l’essence de notre responsabilité en tant que citoyenne...? »</p> <h3>Un combat à mener, parce que...</h3> <ul><li><strong>« Parce que nous existons et avons le droit de travailler pour un avenir meilleur</strong> pour les autres mais aussi pour nous-mêmes », renchérit une autre.</li> <li><strong>« Parce que nous sommes des citoyennes</strong> comme tout le monde et le résultat de notre absence n’est pas si satisfaisant jusqu'à présent. Ceux qui sont au pouvoir ne sont point meilleurs que nous. »</li> <li><strong>« Parce que nous devons prouver que nous existons. »</strong></li> <li><strong>« Parce que nous sommes l’alternative. »</strong></li> <li><strong>« Parce que nous avons des potentialités</strong> comme les autres, et notre communauté a besoin de nous. »</li> <li><strong>« Nous sommes déjà des femmes au pouvoir</strong> car, pour être ici, pour militer dans les organisations nous avons combattu et traversé beaucoup d’obstacles. Notre partition nous la jouons déjà, malgré tout... »</li> </ul><p>Alors que les réponses fusaient, je me rendis compte encore une fois que <strong>la thèse répandue que les femmes ne veulent participer à la politique est un leurre</strong>. Tout ce qu’elles réclament, c’est l’espace nécessaire à l’exercice de leur leadership ; c’est avoir un environnement qui les encourage à entretenir leur confiance en elle ; c’est la possibilité d’avoir la certitude qu’elles peuvent et pourront catalyser une changement profond pour elles-mêmes et leur communauté.</p> <h3>Leadership et solidarité au lendemain du séisme</h3> <p>Cet échange entre les femmes sur leur pouvoir est représentatif du désarroi des Haïtiens et des Haïtiennes face au rôle qu’ils et elles pouvaient jouer au lendemain de la catastrophe du 12 janvier 2010. Alors que la situation semblait chaotique et les issues sombres, <strong>les femmes et les hommes en Haïti ont fait montre d’une grande capacité de leadership</strong>, en organisant eux-mêmes les premiers secours, les premiers gestes de solidarité.</p> <p>Cet élan d’implication quoique épars au début se transforma en une<strong> responsabilisation politique et citoyenne</strong> plus profonde. En effet, plusieurs centaines de regroupement de citoyens et citoyennes ont été recensés à l’époque, convaincus de pouvoir contribuer à une reconstruction véritable et équitable en Haïti.</p> <h3>Des citoyens et citoyennes responsables et actif-ve-s</h3> <p>Au début de 2013, alors que l’aide externe diminuait, les impacts les plus palpables de l’accompagnement d’Oxfam demeurent </p> <ul><li>des groupements de base renforcés (<em>empowered</em>) qui continuent à réclamer le <strong>droit à des logements décents</strong> ; </li> <li>des femmes organisées pour défendre leur <strong>droit à la participation</strong>, qui participent aux efforts de <strong>préparation</strong> de leur communauté face à d’éventuels désastres naturels ; </li> <li>des jeunes hommes et femmes investies dans <strong>lutte contre la violence faite aux femmes</strong> et l’émergence d’un environnement sécuritaire pour les femmes et les filles. Ceux et celles-ci ont su préservé « leur raison » et « leur foi » en leur capacité de provoquer ce changement durable que tous veulent voir en Haïti.</li> </ul><p><strong>Encourager une citoyenneté responsable et active en Haïti</strong>, revient à investir pour un système de gouvernance inclusive et transparente, fondé sur le respect du droit fondamental des hommes et des femmes de façonner leur futur, individuel et collectif.</p> <h3>En savoir plus</h3> <p><strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/haiti-seisme" rel="nofollow">Séisme en Haïti : quatre ans après</a></strong></p> <p><strong><a href="/fr/blogs/14-01-11-agriculture-piece-motrice-reconstruction-developpement-haiti" rel="nofollow">L’agriculture, une pièce motrice pour la reconstruction et le développement d’Haïti post-séisme </a></strong></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Participation des femmes en politique en Haïti : les multiples raisons d&#039;un combat</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first last"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/14-01-16-womens-participation-politics-haiti-many-reasons-struggle" title="Women&#039;s participation in politics in Haiti: many reasons for the struggle" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> </ul> Mon, 13 Jan 2014 10:31:01 +0000 Marie Soudnie 10573 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/es/node/10573#comments Donner les moyens aux populations de lutter contre la pauvreté ? Les ONG internationales doivent lâcher prise http://l.blogs.oxfam/es/node/10515 <div class="field field-name-body"><p><strong>Les organisations non gouvernementales (ONG) internationales de développement sont à juste titre très fières de leur histoire : elles ont sauvé des vies, aidé les gens à traverser des moments extrêmement difficiles, et montré aux personnes qui se sentent seules que d’autres se soucient d’elles. Mais si les ONG veulent contribuer à un avenir meilleur, elles vont devoir changer.</strong></p> <p>Le travail traditionnel par projets a souvent été utile pour répondre aux besoins pratiques et immédiats des communautés les plus pauvres. Mais souvent, il ne repose pas sur une stratégie claire visant plus largement les problèmes sous-jacents, dépassant le cadre d’un village, voire d’un sous-district précis. Il ne pourra jamais, à lui seul, éradiquer la pauvreté et les inégalités. De même, comme je l’ai vu si clairement lors d’une récente visite en Zambie, les activités d’influence ciblant Londres et Washington ne suffiront jamais à transformer la vie des gens en Zambie, sauf dans le cadre d’un effort coordonné ciblant Pékin, New Delhi, Pretoria, et, surtout, la Zambie elle-même.</p> <h3>Mieux ensemble</h3> <p>De plus en plus, les ONG internationales cherchent à étendre leur influence afin d’obtenir des changements beaucoup plus importants, pas seulement pour des milliers, mais pour des millions de personnes. Cet effort peut prendre différentes formes, de la création de partenariats à des campagnes de mobilisation en passant par le plaidoyer, et naît de la conviction commune qu’en influençant ce que font les gouvernements, les entreprises et les autres acteurs, les ONG peuvent accomplir beaucoup plus que ce qu’une seule, même de grande envergure, pourrait jamais accomplir.</p> <p>Les ONG ne peuvent mettre fin à la pauvreté à elles seules, mais elles peuvent aider à renforcer le pouvoir qu’ont les citoyennes et citoyens d’interpeller les personnes en situation de pouvoir. Par exemple, tout en aidant les petits agriculteurs à accroître leurs revenus, Oxfam soutient les campagnes menées par des personnes qui ont perdu leurs terres, comme les familles de la vallée du <strong><a href="http://www.oxfam.org/en/grow/campaigns/government-guatemala-will-compensate-158-polochic-families-thanks-your-support" target="_blank" title="The Government of Guatemala returns land to 140 Polochic families, thanks to your support" rel="nofollow">Polochic au Guatemala</a></strong>, dont certaines se sont maintenant vu attribuer un lopin de terre. De même que nous apportons de l’aide humanitaire et de l’aide au développement en Somalie, nous soutenons des groupes qui font campagne pour empêcher que les banques, comme la <strong><a href="/en/blogs/13-10-15-somali-campaigners-call-barclays-back-pedal" target="_blank" title="Somali campaigners call for Barclays back-pedal" rel="nofollow">Barclays</a></strong>, n’arrêtent leurs activités de transfert des <strong><a href="http://www.oxfam.org/en/policy/keeping-somalia-lifeline-open-uk-remittances" target="_blank" title=" UK remittances and markets in Somalia" rel="nofollow">fonds envoyés par les Somaliens</a></strong> à leurs familles, fonds qui représentent de véritables bouées de sauvetage pour celles-ci.</p> <h3>Le monde change</h3> <p><strong>La nécessité pour les ONG de changer est accélérée par l’évolution du monde.</strong> Les pays que l’on qualifie encore parfois de « puissances émergentes » ont maintenant dépassé le stade de l’émergence. Dans beaucoup de pays du Sud, les <strong><a href="http://www.pwc.com/en_GX/gx/world-2050/the-brics-and-beyond-prospects-challenges-and-opportunities.jhtml" target="_blank" title=" prospects, challenges and opportunities (PWC)" rel="nofollow">chiffres de la croissance continuent à augmenter</a></strong>. Mais les inégalités se creusent rapidement tant dans <strong><a href="http://www.oxfam.org/en/policy/inequality-matters" target="_blank" title=" BRICS inequalities fact sheet" rel="nofollow">le Sud</a></strong> que dans<strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/policy/piege-austerite" target="_blank" title=" l'Europe s'enlise dans les inégalités" rel="nofollow"> le Nord</a></strong>, et sont au cœur d’une crise économique et sociale exacerbant l’instabilité et sapant la démocratie. Les <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/pressroom/pressrelease/2013-01-19/revenu-annuel-100-plus-riches-eradiquerait-pauvrete-4-fois" target="_blank" title=" Le revenu annuel des 100 personnes les plus riches suffirait à éradiquer quatre fois la pauvreté" rel="nofollow">300 personnes les plus riches possèdent autant que les 3 milliards les plus pauvres</a></strong>.</p> <p>Prenez la Zambie. Elle est devenue un pays à revenu moyen, mais le nombre de personnes pauvres y a augmenté. La Russie, la Chine et l’Inde ont enregistré une forte hausse de l’écart entre les riches et les pauvres. Environ 5 % de la population indienne possèdent 50 % de la richesse du pays. Aux États-Unis,<strong><a href="http://money.cnn.com/2013/09/15/news/economy/income-inequality-obama/" target="_blank" title="Obama admits 95% of income gains gone to top 1% (CNN)" rel="nofollow"> le président Obama a reconnu</a> </strong>que « presque toutes les augmentations de revenus, au cours des dix dernières années, ont bénéficié au pour cent le plus riche. Cette inégalité croissante n’est pas seulement moralement répréhensible ; c’est une mauvaise politique économique. » En Grande-Bretagne, on s’attend à ce que les inégalités se développent plus vite que dans <strong><a href="http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/governments-welfare-benefits-and-tax-changes-amount-to-speededup-thatcherism-8723079.html" target="_blank" title="Government's welfare benefits and tax changes amount to 'speeded-up Thatcherism' (The Independent)" rel="nofollow">les années 1980</a></strong>.</p> <p>Les questions nationales de distribution contribueront de plus en plus à déterminer si, la situation des pays s’améliorant, celle des populations s’améliore aussi. Dans un même temps, l’Occident demeure le siège de bon nombre de <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/pressroom/pressrelease/2013-05-22/la-moitie-des-milliards-prives-caches-dans-les-paradis-fiscaux" target="_blank" title=" La moitié des milliards « privés » cachés dans les paradis fiscaux pourrait permettre d’éradiquer l’extrême pauvreté" rel="nofollow">paradis fiscaux</a></strong>, des plus grands <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/campaign/health-education/taxe-robin-des-bois" target="_blank" title="La taxe Robin des bois - Oxfam" rel="nofollow">marchés financiers</a></strong> et des grandes multinationales qui contrôlent plus de richesses que n’en possèdent de nombreux pays. Quant au <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/cultivons/enjeux/changement-climatique" target="_blank" title="Changement climatique - campagne CULTIVONS" rel="nofollow">changement climatique</a></strong>, qui aura un effet profond sur le niveau de vie, il ne respecte aucune frontière. Donc, pour changer la donne, les ONG devront se développer en réseaux d’influence à la fois ancrés au niveau national et fortement interconnectés sur la scène internationale.</p> <h3>La transformation nécessaire des ONG internationales</h3> <p>Les ONG internationales qui souhaitent demeurer pertinentes et utiles aux personnes vivant dans la pauvreté devront faire plus que de s’adapter. Nous devrons nous transformer en organisations du monde dans lesquelles le pouvoir est partagé de manière plus démocratique et la responsabilité envers les communautés pauvres plus affirmée. À Oxfam, pendant de nombreuses années, presque tous les « <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/contact" target="_blank" title="Coordonnées des Oxfam nationaux" rel="nofollow">affiliés</a></strong> », qui gèrent ensemble l’organisation, étaient basés dans le Nord. Nous avons commencé à changer cela avec la création d’<strong><a href="http://www.oxfamindia.org/" target="_blank" title="Oxfam India" rel="nofollow">Oxfam Inde</a></strong>. Nous avons maintenant l’intention de transférer beaucoup plus de pouvoir à d’autres pays.</p> <p>Nous devrons intégrer <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/about/why" target="_blank" title=" notre engagement - les droits humains au coeur de notre action" rel="nofollow">les valeurs qui nous sont chères</a></strong> – la solidarité, l’égalité, l’inclusion et la diversité – dans la gouvernance et les structures de nos organisations. Nous devrons continuer à évoluer pour de plus en plus favoriser l’action « par » et « avec » plutôt que « pour ». Les ONG internationales n’ont pas pour vocation de « développer » les gens : nous sommes là pour les accompagner dans leurs luttes pour un monde plus juste. Cela ne signifie pas la fin des ONG internationales, mais plutôt leur renaissance.</p> <p>Les ONG internationales de développement peuvent jouer un rôle important dans le cadre d’un vaste mouvement pour une société fondée sur des valeurs, qui traite tous les hommes et les femmes sur un pied d’égalité et ne détruit pas la planète. Mais cela implique de renoncer à une partie du pouvoir sur les autres que procurent l’argent et la bureaucratie. C’est la seule façon de renforcer la plus importante forme de pouvoir : le pouvoir, avec les autres, de changer le monde.</p> <p><strong>D'accord, pas d'accord ? Poursuivez la discussion en postant votre avis et vos commentaires ci-dessous !</strong></p> <p><em>La version originale de cet article, en anglais, a été publiée sur le blog <strong><a href="http://newint.org/blog/internationalists/2013/10/25/ngos-give-up-power-internationalism/" target="_blank" title="NGOs must give up power - New Internationalist Blog" rel="nofollow">New Internationalist</a></strong> le 25 octobre 2013. Cet article a été traduit en français avec l'aide bénévole de Véronique Haour via <strong><a href="http://translatorswithoutborders.org/" target="_blank" rel="nofollow">Translators Without Borders</a></strong>.</em></p> <h3>En savoir plus</h3> <p><strong>Vidéo : <a href="http://www.oxfam.org/fr/about/comment" target="_blank" title="Comment nous luttons contre la pauvreté" rel="nofollow">Comment Oxfam lutte contre la pauvreté - une stratégie à six facettes</a></strong></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Donner les moyens aux populations de lutter contre la pauvreté ? Les ONG internationales doivent lâcher prise</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first last"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/13-11-01-empowering-people-fight-poverty-ngos-must-let-go" title="Empowering people to fight poverty? International NGOs must let go" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> </ul> Tue, 19 Nov 2013 08:31:12 +0000 Ben Phillips 10515 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/es/node/10515#comments Recommandations au président Barack Obama lors de son voyage en Afrique http://l.blogs.oxfam/es/node/10366 <div class="field field-name-body"><p><strong>Au cours des dix prochaines années, des ressources naturelles d’une valeur de plus de mille milliards de dollars seront extraites du sol africain.</strong> Aujourd’hui, les exportations africaines de pétrole, de gaz et de minerais s’élèvent à plus de 300 milliards de dollars par an, soit quatre fois plus que le montant de l’aide reçue par le continent. Mais cet argent ne sert pas à construire des routes, des écoles et des hôpitaux pour les populations africaines. En fait, l’essor des industries extractives contribue souvent à les enfoncer davantage encore dans la pauvreté et l’impuissance.</p> <p>Par exemple, sous les pieds des habitants de Kédougou, au Sénégal, les gisements aurifères sont exploités à grande échelle. Les richesses trouvées dans leur sol n’ont pourtant rien rapporté à leur communauté. Nombreux sont ceux qui ne peuvent plus accéder aux terres dont ils tiraient leur subsistance et qui leur permettaient de subvenir aux besoins de leur famille. Beaucoup n’ont même pas reçu d’indemnité digne de ce nom lorsqu’on les a expulsés de force, sans consultation préalable.</p> <p>Le président des États-Unis, Barack Obama, avait raison quand il a dit, il y a quatre ans, que <strong>l’avenir de l’Afrique repose sur les institutions africaines.</strong> J’espère qu’il saisira l’occasion de sa visite au Sénégal, en Afrique du Sud et en Tanzanie pour dénoncer le manque de transparence et de responsabilité qui perpétue la pauvreté et les inégalités sur le continent.</p> <p><strong>Les dirigeantes et dirigeants africains doivent faire preuve de plus d’ouverture</strong> concernant les dépenses publiques et l’emploi des droits d’exploitation et des royalties qu’ils tirent des sociétés pétrolières et minières actives sur leur territoire. Les citoyennes et citoyens africains sont en droit de décider de la meilleure façon de mettre les ressources de leur pays au service de leur propre avenir. Laissez-les revendiquer leurs droits et lutter pour leur propre développement.</p> <p>Pour sa part, <strong>le président Obama devra montrer l’exemple</strong> et publier les données sur l’aide publique au développement (APD) américaine. En tant que destinataires de cette aide, les citoyennes et citoyens africains ont le droit de savoir si ces fonds permettent d’obtenir des résultats. Le peuple américain aussi a le droit de savoir. Les États-Unis sont l’un des principaux bailleurs d’aide au monde ; qu’ils ne soient pas aussi l’un des moins transparents.</p> <p>Lors de son dernier voyage en Afrique, en 2009, Barack Obama a invité les Africains à davantage prendre en main leur développement. Le gouvernement américain ne doit pas leur rendre la tâche inutilement difficile. La capacité des populations locales à décider de la façon dont l’aide est dépensée et à piloter leurs propres efforts de développement en partenariat avec les États-Unis a une valeur immense.</p> <p>Il faut à présent changer la donne pour les populations africaines et, par des réformes équitables, permettre que les ressources de l’Afrique bénéficient à tous ses habitants. L’appui en ce sens du président Barack Obama sera fortement apprécié.</p> <h3>Sur le même sujet</h3> <p><strong>Blog : <a href="/fr/blogs/13-05-08-afrique-prend-destin-main" rel="nofollow">L'Afrique prend son destin en main</a></strong></p> <p><strong>Communiqué : <a href="http://www.oxfam.org/fr/pressroom/pressrelease/2013-06-27/recommandations-d%E2%80%99oxfam-au-pr%C3%A9sident-obama-sur-les-questions-%C3%A0-abo" target="_blank" rel="nofollow">Recommandations d'Oxfam au président Obama sur les questions à aborder lors de sa visite en Afrique</a></strong></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Recommandations au président Barack Obama lors de son voyage en Afrique</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first last"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/13-06-28-oxfams-do-list-president-obamas-africa-trip" title="Oxfam’s To-Do List for President Obama&#039;s Africa Trip" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> </ul> Sat, 29 Jun 2013 07:00:00 +0000 Winnie Byanyima 10366 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/es/node/10366#comments Le pouvoir citoyen contre la pauvreté http://l.blogs.oxfam/es/node/10347 <div class="field field-name-body"><p>Quel privilège d’avoir intégré Oxfam International juste au moment de l’adoption de notre nouveau plan stratégique, intitulé <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/node/31686" target="_blank" rel="nofollow">« Le pouvoir citoyen contre la pauvreté »</a></strong>. Pour moi, c’est ainsi qu’il convient de considérer l’action d’Oxfam et de ses partenaires à travers le monde. </p> <p>À l’heure actuelle, <strong>la planète compte un milliard de personnes vivant dans la pauvreté</strong>. En l’espace d’une génération, la population mondiale passera de sept à neuf milliards, dont deux milliards connaîtront l’extrême pauvreté. Oxfam s’emploie à changer la donne pour réduire le risque de pauvreté.</p> <p>Mais <strong>le véritable changement viendra des citoyennes et citoyens</strong>. Ce sont ces hommes et, surtout, ces femmes qui construiront un autre monde en trouvant leur voix et en revendiquant le pouvoir. Oxfam souhaite contribuer à donner aux personnes en situation de pauvreté les moyens de transformer leurs conditions de vie.</p> <p>Par pouvoir, nous entendons la capacité des femmes et des hommes à exercer leur droit de se faire entendre, à prendre leur destin en main et à exiger la justice. Leur capacité à demander des comptes à leur gouvernement et aux entreprises.</p> <h3>Une stratégie nouvelle</h3> <p>C’est la clé de la nouvelle stratégie d’Oxfam. Pendant sept décennies, nous nous sommes efforcés de venir en aide aux victimes de la faim, d’éradiquer la pauvreté et de promouvoir l’égalité et la justice. Cette longue expérience nous a appris que <strong>le pouvoir citoyen est une condition sine qua non</strong> pour obtenir des résultats. C’est pourquoi deux des six objectifs définis dans un plan clair et simple visent à directement renforcer ce pouvoir.</p> <p>Le premier est le droit de se faire entendre, où ce que nous appelons <strong>« avoir voix au chapitre »</strong>. Pour les personnes exclues, qui vivent en marge de la société, le seul fait de revendiquer et d’exercer leurs droits et de participer à la prise de décision publique constitue un progrès. Oxfam œuvre auprès des femmes et des hommes pour qu’ils puissent exercer leurs droits et porter leurs préoccupations sur la scène politique et publique. </p> <p>Le second, qui m’est particulièrement cher, consiste à aborder tout le travail d’Oxfam à travers le prisme des <strong>droits des femmes</strong>. En affirmant leur leadership, les femmes et les filles peuvent améliorer leur bien-être et recevoir le bénéfice de leur contribution à la société et à l’économie.</p> <p>Ces deux objectifs s’inscrivent en toile de fond de nos quatre autres priorités : sauver des vies en cas de catastrophe humanitaire et améliorer la préparation aux crises, une alimentation durable pour toutes et tous, le partage équitable des ressources naturelles de la planète et un financement suffisant pour stimuler le développement humain.</p> <h3>Changer avec le monde</h3> <p>Pourquoi ces six objectifs ? Eh bien, le monde a changé et continue d’évoluer. <strong>Nous avons vu le monde progresser à pas de géant</strong> au cours des vingt dernières années, avec la sortie de la pauvreté de 660 millions de personnes, ainsi que l’allongement de l’espérance de vie et l’augmentation du revenu moyen dans nombre de pays. Nous nous en réjouissons. Nous apprenons aussi.</p> <p>Sous ces formidables avancées, nous discernons de graves failles dont aucune n’est inévitable.</p> <p><strong>La pauvreté augmente avec l’accroissement de la population.</strong> Le changement climatique entraînera un réchauffement de la planète d’au moins 2 °C, ce qui paralysera des systèmes alimentaires et provoquera des crises liées aux aléas météorologiques. 97 % des personnes pauvres ne bénéficient toujours d’aucun filet de sécurité sociale et la moitié pourraient se retrouver bloquées dans des pays fragiles ou déchirés par un conflit. Dans le même temps, des particuliers et des sociétés continuent de soustraire des milliers de milliards de dollars à l’impôt, dans un contexte de surconsommation massive des ressources naturelles. </p> <h3>Le pouvoir citoyen</h3> <p>Les causes de la pauvreté et des inégalités sont nombreuses et Oxfam s’y attaque par diverses voies et méthodes étroitement liées. Les connaissances et les moyens de remédier à la pauvreté et aux inégalités dans le monde sont là. Mais une <strong>transformation des rapports de force entre les citoyens, les États et l’industrie</strong> est nécessaire au préalable.</p> <p>Oxfam continuera de dispenser services, outils et formations et d’apporter une aide d’urgence en cas de nécessité. Mais nous devons mettre à profit ce travail pour contribuer à <strong>changer les politiques et les pratiques</strong> qui génèrent des inégalités et l’exclusion. </p> <p>De plus en plus, nous nous attacherons à former de nouvelles alliances, réunir des données et des faits tangibles, ouvrir la voie aux décisionnaires, éliminer les politiques et pratiques préjudiciables et aider les populations à saisir le moment où le changement a le plus de chance de se produire. Il s’agit de miser sur le pouvoir des citoyennes et citoyens de vaincre la pauvreté.</p> <p></p> <h3>En savoir plus</h3> <p><strong>Découvrir nos <a href="http://www.oxfam.org/fr/about/accountability/comment" target="_blank" rel="nofollow">six axes stratégiques</a></strong></p> <p><strong>Consulter notre <a href="http://www.oxfam.org/fr/node/31686" target="_blank" rel="nofollow">plan stratégique 2013-2019</a></strong></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Le pouvoir citoyen contre la pauvreté</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_es first last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/13-06-17-la-fuerza-de-las-personas-contra-la-pobreza" title="La fuerza de las personas contra la pobreza" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Mon, 17 Jun 2013 23:49:48 +0000 Winnie Byanyima 10347 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/es/node/10347#comments