Le G8 festoyant autour d’un plat de spaghetti: alors qu’1 personne sur 6 est affamée

Les décisions du G8 et surtout leurs actions pourraient éviter que des millions de personnes meurent de faim

Ce soir à l’Aquila, ils seront plus de 30 chefs d’État à partager le festin du grand dîner officiel du G8. Pendant ce temps, un milliard de personnes sont en danger de mort à cause de la malnutrition. C’est une personne sur six qui est concernée et 16 000 enfants meurent des conséquences de la faim chaque jour.

Hier soir, notre hôtel grouillait encore d’activités à 2h du matin et grâce à la magie des bénévoles et artistes, les câbles électriques et les éponges se sont transformés en gigantesques plats de spaghettis. Depuis que nos collègues sont partis pour l’Aquila, de nouveaux clients les ont remplacés dans les chambres de l’hôtel : nous les remercions aussi pour leur patience infinie, pour supporter l’état-major installé dans le hall d’entrée, le lobby monopolisé par des boites, des Grosses têtes, des roches, des décors et j’en passe, et les portes qui s’ouvrent et se ferment et les courses dans les couloirs à toutes heures du jour et de la nuit.

Nous étions de nouveau en route à 7h, reposées. On aura réussi à se remettre de la magnifique nuit de 2h qui a précédé. La mise en place s’est faite tranquillement dans le gazon, en avant d’une église, à la Piazza San Giovanni. L’équipe commence à être bien rodée. À 8h45, seuls les photographes de l’Associated Press et de l’Agence France Presse était présent, avec deux photographes de journaux italiens. L’intérêt des médias pour nos superbes mises en scène semble d’essouffler. Tant pis !

Mais ce qui nous préoccupe, c’est surtout les agents de police et le service de sécurité de l’église qui semblent de plus en plus nerveux. Nous apprenons alors que nous avons l’autorisation de tenir l’événement à la Piazza San Giovanni… mais pas celle-là ! Celle qui est tout à fait de l’autre côté du pâté de maison et qui porte évidemment le même nom. Il y a quand même maintenant 5 ou 6 photographes qui attendent, et nous apprenons que les autorités sont en route pour nous déloger. Hier, des militants d’autres ONG ont été arrêtés pour avoir fait des manifestations sans permis. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre quelques heures en leur compagnie, surtout après tous les efforts qui ont été mis dans la préparation, à fournir tout ce qu’il fallait comme information pour être en parfait accord avec la loi.

Le stunt commence donc à 8h55 et se termine à 9h, juste avant l’arrivée de la police. Nous remballons tout et la course commence pour déplacer les tables, les plats de spaghettis, les boites, les chaises… nettoyer toute trace de notre passage. Très peu satisfaisant pour les médias présents, nous décidons de remonter la scène à la bonne Piazza. Grand bien nous en fasse, surgissent alors les caméras de Reuters, AP, AFP, des agences italiennes, nous sommes soudain beaucoup plus nombreux. Et non, l’intérêt pour la chose ne s’amenuise pas. Au contraire, les représentants des médias semblent apprécier notre façon d’amener le débat sur des questions plus humaines et sociales de façon ludique et créative (dixit un photographe sur place). L’événement est un grand succès et l’œil perplexe des policiers est toujours posé sur nous.Demain, dernier stunt, à la Piazza Esedra. Mais vérification faite, cette place porte aussi le nom de Piazza della Repubblica ! Pourquoi faire simple…

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