Pourquoi je continuerai à me battre pour la gratuité des soins de santé

Je sais qu’avoir des enfants est quelque chose de naturel et de merveilleux pour une femme, mais la vue de 100 femmes enceintes entassées dans un petit espace suffit tout de même à déclencher en moi un léger sentiment de malaise !

En juillet 2008, le gouvernement ghanéen s’est prononcé en faveur de la gratuité des soins pour les femmes enceintes. Un an plus tard, je tenais à parler aux infirmières, aux sages-femmes et aux futures mamans des changements qu’elles avaient constatés, au niveau du service et du nombre de femmes enceintes venant se faire soigner à l’hôpital. C’est donc ainsi que, la semaine dernière, je me suis rendue à l’hôpital public Achimota d’Accra, pour découvrir la vérité sur les soins de maternité gratuits.

J’ai tout d’abord été frappée par le nombre incroyable de femmes. Pas la moindre minute de répit pour le service de maternité. Entre 8 heures et 14 heures ce jour-là, huit infirmières ont assuré visites médicales, consultations et dépistages du VIH pour 296 femmes enceintes : presque une femme enceinte par minute !

J’ai ensuite été frappée par le fait que toutes ces femmes étaient ravies de me consacrer 5 minutes pour parler de la gratuité des soins.

Janet, enceinte de son premier enfant et qui vit à Legon, une banlieue proche d’Accra, m’a dit : « Quand j’ai réalisé que j’étais enceinte, on m’a dit que je devrais m’inscrire dans un hôpital privé, mais cela coûte au moins 20 cedis (10 €). Rien que pour s’inscrire ! C’est trop cher pour moi. »

J’ai réalisé à quel point le coût était important. Irene attend son deuxième enfant. Son premier né est un petit garçon de 2 ans, né avant l’introduction de la gratuité des soins. Son premier accouchement lui a coûté 50 cedis, soit la moitié de ses revenus mensuels. « Certaines d’entre nous ont des problèmes financiers, et c’est beaucoup plus difficile. Parce qu’elles n’ont pas à payer, les femmes peuvent rester à l’hôpital même pendant une semaine après l’accouchement s’il le faut ! »

Cependant, l’histoire qui, à mes yeux, donne toute la mesure de l’impact de la gratuité des soins est celle de Jennifer. Ses deux premiers accouchements se sont faits chez elle, sans visite d’infirmière et sans sage-femme. Ce n’est que parce que les soins de maternité sont désormais gratuits qu’elle a décidé d’accoucher de son troisième enfant à l’hôpital.

« Je n’ai pas eu peur pour mes deux premiers accouchements, mais c’est une très bonne chose que les infirmières, les sages-femmes et les médicaments soient gratuits. J’ai peur de manquer d’argent. Une fois que j’ai acheté à manger et payé les frais de scolarité de ma fille, il ne reste plus rien. Si ma fille tombe malade, je n’ai pas les moyens de la faire venir ici. Mes soins sont gratuits mais je me fais maintenant du souci pour mes enfants ». J’ai alors compris qu’une mère n’arrête jamais de penser à ses enfants, quels que soient les avantages dont elle peut elle-même bénéficier.

Les bénéfices de la gratuité des soins pour les femmes au Ghana sont clairs, surtout pour les pauvres. Bien entendu, d’autres améliorations sont nécessaires. Tandis que le nombre de patientes a doublé, le nombre d’employés et les installations sont restés les mêmes. Les infirmières de l’hôpital Achimota espèrent que leur nouveau service de maternité, qui devrait être achevé l’année prochaine, permettra d’améliorer la qualité des soins apportés aux futures mamans.

Quant à moi, je viens de vivre des moments forts, qui ne peuvent que renforcer ma motivation ; qui me rappellent pourquoi je fais ce travail, et pourquoi je me bats pour que les plus pauvres aient accès à de meilleurs soins. La gratuité peut faire tant de bien. Nous devons inciter les gouvernements donateurs à l’appuyer. Nous devons inciter plus de pays en développement à choisir cette voie.

Rejoignez aujourd'hui la Grande Promesse d'Oxfam - pour que les dirigeants mondiaux tiennent leurs promesses en matière de santé et d'éducation.

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