Helen Hawkings: journal d'Haïti, 3e partie

Un matin, à 5.10 j’ai été réveillée en sursaut. C’était comme si quelqu’un donnait des coups de pied contre mon lit, mais c’était autre chose. J’ai bondi hors du lit. Ces fortes répliques continuent de me surprendre. Quand le calme est enfin revenu, je vais m’allonger dehors, regarder la nuit étoilée disparaître dans la lumière du jour, je ne veux pas rester à l’intérieur.

Vers 6.45 les premiers membres de l’équipe sont prêts à partir au bureau. Pour le moment il y a plus de 40 personnes qui sont venues participer à la réponse. Elles dorment dans la maison et dans le jardin. Alors, organiser le transport pour tout le monde est une énorme tâche.

L’équipe de santé publique se divise habituellement en trois groupes. Deux groupes se chargent de faire le tour des camps où nous intervenons déjà, pour gérer les points d’eau, le creusage des latrines et la construction des douches, pendant que mon équipe visite de nouveaux camps pour évaluer les besoins et faire des recommandations pour d’éventuelles interventions.

Aujourd’hui nous avons visité un site où semblent s’être regroupés des gens qui en ont assez du bruit et de la gêne qui accompagne les nuits lorsque l’on dort au bord de la route. D’autres familles nous ont dit qu’elles étaient descendues des collines isolées pour chercher de l’aide.

Alors que nous faisons le tour du camp, j’explique que nous pouvons fournir le matériel pour construire des toilettes de fortune, nous pouvons construire un grand réservoir que les camions citerne pourront venir remplir chaque jour pour que tout le monde puisse avoir accès à de l’eau à tout moment, et que nous pouvons aussi leur fournir les outils pour maintenir le site propre.

Nous continuons notre tournée et nous nous arrêtons un peu plus loin sur la route où est installée une petite communauté de pêcheurs. Une jeune femme robuste nous accueille et me fait visiter les lieux. Plusieurs personnes m’entraînent dans leurs maisons pour me montrer les fissures que le tremblement de terre a laissées derrière lui dans les murs.

Comme la plupart des haïtiens qui sont restés à Port-au Prince, ils ont trop peur de dormir dans leurs maisons. Ils me montrent les maisons effondrées qui ont tué leurs voisins et les constructions endommagées qui risquent de leur tomber dessus. Il y a 150 familles qui vivent là.

Heureusement, il y a un puits qui fonctionne et nous pouvons leur donner les moyens et la formation pour traiter l’eau pour la communauté pour qu’elle puisse boire en toute sécurité. Nous pouvons également leur fournir des bâches en plastique pour les protéger de la pluie. Quel chance que le tremblement de terre n’ait pas frappé Haïti pendant la saison des ouragans.

Moi, je me charge plus particulièrement d’évaluer les besoins en eau, assainissement et hygiène lors de nos tournées d’évaluation. Des collègues d’Oxfam évaluent d’autres aspects comme la qualité de et l’approvisionnement en nourriture et la sécurité des personnes.

Alors que le calme semble régner dans de nombreux camps, nous entendons parler de disputes conjugales et de femmes violées dans certains camps. Je ne savais pas qu’il existait ici une croyance selon laquelle les femmes âgées suceraient le sang des bébés pendant la nuit. Deux femmes s’étaient aventurées dans des zones où personne ne les connaissait et avaient été battues à mort.

Quand je retourne au bureau je remarque que le matériel que j’avais demandé est arrivé par avion de Grande Bretagne. Certains des seaux d’Oxfam seront utilisés demain pour nettoyer les latrines que nous avons construites alors que d’autres vont être ajoutés aux kits d’hygiène avec du savon, des pastilles pour purifier l’eau, et des serviettes hygiéniques pour les femmes. 

J’aime entendre parler de situations miraculeuses. Hier, une adolescente a été sortie des décombres, vivante, plus de deux semaines après le tremblement de terre. Incroyable ! Elle a fait ce que Rick,  notre conseiller en habitat m’avait conseillé de faire en cas de tremblement de terre. Aller aux toilettes. Au moins là, si on se retrouve bloqué on a accès à l’eau.

Il n’y a pas d’électricité, alors j’écris au clair de lune en écoutant les bruits de la nuit.

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