Verdict du sommet du G20: Robin des bois est touché, mais pas à terre !

D’abord, le G8 a honteusement laissé tomber l’aide durant ce qui a été qualifié de « Sommet de la honte ». Ensuite, le G20 a raté sa chance de marquer des points contre la pauvreté à défaut d’aller de l’avant avec une taxe Robin des bois.

Le premier ministre canadien Harper a réussi à persuader des pays tels l’Afrique du Sud et l’Inde que cette « entreprise d’imposition des banques » représenterait une charge pour les pays pauvres, ce qui est en fait le contraire. Les puissants centres financiers et la véritable spéculation financière prend place dans les pays riches et c’est de là que proviendrait l’argent. Cet argent devrait servir à lutter contre la pauvreté et les changements climatiques, ici et à l’étranger.

Attardons-nous au contexte de ces deux Sommets :

  • Le niveau d’aide a été gelé malgré les engagements de l’augmenter à 0,7 % du PIB (40 ans plus tard, seuls cinq pays, la Norvège, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et le Luxembourg, ont tenu cette promesse) ;
  • Les changements climatiques affectent déjà les populations pauvres. Oxfam estime qu’en Asie seulement, près d’un milliard de personnes feraient face à des risques de diminution du rendement agricole, de réduction de l’approvisionnement en eau ou d’augmentation des catastrophes climatiques ;
  • La crise économique, en majeure partie causée par la spéculation financière dans les pays riches, affecte plus durement les pays pauvres dont les populations vivent déjà dans la pauvreté ;
  • Près de 1 000 femmes meurent inutilement tous les jours à l’accouchement ou de complications liées à la grossesse ;
  • 1 milliard de personnes se couchent affamées tous les soirs.

Ces problèmes sont inter reliés, inutiles et moralement injustifiables. Les pays riches devraient cesser de se défiler derrière leur comptabilité créative et faire face au fait qu’ils doivent tenir leurs promesses et commencer à investir dans le futur. Maintenant.

Des chiffres qui choquent :

  • 1 milliard de dollars, c’est ce que le gouvernement canadien a dépensé en trois jours pour la sécurité du sommet ;
  • 1 milliard de dollars, c’est le montant que le Canada s’est engagé à débourser pour la santé maternelle et infantile au cours des cinq prochaines années (Oxfam estime que les besoins sont plutôt de 10 milliards de dollars annuellement) ;
  • 1 milliards de dollars, c’est ce que devrait être la contribution du Canada au financement accéléré pour l’adaptation aux changements climatiques ;
  • 2 milliards de dollars, c’est ce que le Canada a donné en subventions annuelles à l’industrie des carburants fossiles ;
  • 20 milliards de dollars, c’est ce qui manque jusqu’à présent pour remplir la promesse d’aide du G8 (les 50 milliards de dollars promis, dont 25 milliards pour l’Afrique) ;
  • 650 milliards de dollars, ce que la taxe Robin des bois pourrait générer annuellement ;
  • 2 billions, c’est le montant total attribué à l’aide au cours des 50 dernières années ;
  • 18 billions, c’est le montant total dépensé en 2009 pour secourir les banques.

Évidemment, ce ne sont pas que des chiffres. Pour les populations pauvres, l’argent peut littéralement être une question de vie ou de mort. Nous avons la preuve que l’argent distribué suite aux autres sommets pouvait faire une GRANDE différence : l’annulation de la dette des pays les plus vulnérables et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme sauve 3000 vies par an.

Aujourd’hui, le G20 s’est contenté de reconnaître les différends au sujet de la mise en place d’une forme de taxe bancaire. Certains le feront, d’autres s’abstiendront. Par ailleurs, il est juste de dire qu’à ce jour aucune des options sur la table n’a été assez ambitieuse pour être qualifiée de taxe Robin des bois. Une telle taxe serait assez importante pour générer 650 milliards de dollars annuellement. Cet argent serait utilisé pour le bien commun :  lutter contre la pauvreté localement et globalement ; récolter les fonds manquants nécessaires pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement ; de même qu’appuyer les pays en développement pour l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques.

Rendez-vous à Séoul !

La taxe Robin des bois est une grande idée qu’il est temps de mettre en place. La partie n’est pas terminée. Lorsque le G20 se rencontrera à Séoul en Corée du Sud, nous nous assurerons de rappeler aux dirigeants du monde les bénéfices que cette taxe pourraient entraîner. D’ici là, assurez-vous d’ajouter votre nom à la pétition. On se revoit bientôt dans la forêt de Sherwood !

Notes

Une taxe Robin des bois pourrait générer :

  • En 17 heures et demie, assez d’argent aura été amassé pour combler les trois années de déficit dans le financement pour éradiquer la poliomyélite. (1,3 milliard $US)
  • En deux jours, assez d’argent aura été amassé pour assurer la sécurité foncière et améliorer les logements des personnes vivant dans des bidonvilles. (3,5 milliards $US)
  • En quatre jours, assez d’argent aura été amassé pour fournir plus du tiers de l’argent nécessaire pour reconstituer pleinement le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. (7 milliards $US)
  • En huit jours, assez d’argent aura été amassé pour permettre l’accès à l’éducation universelle aux 72 millions d’enfants qui ne fréquentent pas l’école. (10 a 15 milliards $US/an)
  • En 12 jours, assez d’argent aura été amassé pour combler le déficit dans la promesse du G8 d’augmenter l’aide de 50 milliards de dollars entre 2005 et 2010. (20 milliards $US)
  • En deux semaines, assez d’argent aura été amassé pour réduire de deux tiers la mortalité infantile (thérapie par la réhydratation, campagnes de vaccination, promotion de l’allaitement maternel, moustiquaires imprégnées d’insecticides pour le paludisme et stratégie DOTS pour la tuberculose). (20 à 25 milliards $US)
  • En deux semaines et demie, assez d’argent aura été amassé pour permettre l’accès universel à l’eau et à l’assainissement aux 1 milliard de personnes qui n’y ont pas accès. (30 milliards $US)
  • En moins de trois mois, assez d’argent aura été amassé pour que 2 milliards de personnes aient accès à l’énergie solaire. (143 milliards $US)
  • En trois mois et demi, assez d’argent aura été amassé pour couvrir les coûts de l’adaptation et de l’atténuation des changements climatiques dans les pays en développement. (156 milliards $US)
  • En quatre mois et demi, assez d’argent aura été amassé pour régler la dette des 48 pays les plus pauvres au monde (220 milliards $US en 2007), libérant ainsi des ressources essentielles qui pourront être utilisées pour embaucher plus de personnels enseignants et infirmiers.
Partagez cette page: