Semaine #CULTIVONS : La voix d’une femme pour dénoncer les injustices au Guatemala

A l’occasion de la semaine CULTIVONS, nous vous invitons à découvrir des histoires représentatives du travail d’Oxfam à travers le monde. Certaines sont légères, comme celles relatant l’organisation de concours gastronomiques, d’autres sont plus sérieuses. Cette diversité est l’une des raisons pour lesquelles je suis fier de travailler pour Oxfam.

Récemment, nous avons lancé une action appelant la Banque mondiale à mettre un terme aux accaparements de terres. Nous avons montré la dure réalité des accaparements des terres et leurs conséquences sur les populations qui en sont victimes dans un film choc, tourné au Guatemala. Et pour attirer l’attention sur cette obscure affaire, nous avons apporté notre soutien à des représentant-e-s de communautés locales afin qu’ils et elles puissent faire connaître leur combat pour la justice en Europe.

Dans le texte qui suit, Maria Josefa Macz, coordinatrice adjointe du Comité d’unité paysanne du Guatemala, raconte sa propre histoire. Les propos ci-dessous reflètent l’opinion de l’auteure de l’article et pas nécessairement le point de vue d’Oxfam.

En juin et juillet de cette année, j’ai eu l’occasion de participer à une tournée dans plusieurs pays d’Europe, en tant que représentante des femmes du Comité d’unité paysanne (CUC), afin de faire connaître aux hommes et femmes solidaires la situation que nous vivons dans notre pays, et en particulier la violation de nos droits, surtout dans les zones rurales. Cette situation est aggravée par la hausse brutale des accaparements de terres pour les monocultures de palmiers et de canne à sucre, par le modèle d’extraction des ressources naturelles, les centrales hydroélectriques et les politiques imposées par les gouvernements successifs.

Cette tournée fait partie du travail que le CUC, en partenariat avec les campagnes CULTIVONS et Vamos al Grano, mène pour rendre visible aux niveaux national et international la réalité à laquelle sont confrontées les communautés et les peuples autochtones. Je pense particulièrement à la situation des quelque 800 familles déplacées, provenant de 14 communautés basées dans la vallée du Polochic, depuis le début des expulsions, en mars 2011. La campagne Vamos al Grano regroupe plus d’une vingtaine d’organisations paysannes, indigènes, de femmes rurales, de coopératives, de centres de recherche et d’ONG. Depuis 2008, ces organisations font pression sur le gouvernement du Guatemala pour qu’il respecte son engagement de garantir le droit à l’alimentation grâce au développement de l’agriculture à petite échelle.

Le Guatemala pourvoyeur d'agrocarburants

La région de la vallée du Polochic, située dans le nord-ouest du Guatemala, est l’une des zones dans la ligne de mire des investisseurs nationaux et internationaux, désireux d’étendre la culture de la canne à sucre. Ces dernières années, le Guatemala s’est surtout fait connaître en tant que région propice à la production d’agrocarburants. Cela a eu pour conséquence une augmentation des accaparements de terres dans le pays. Les communautés les plus pauvres sont les plus touchées par ce phénomène, pour la plupart des femmes indigènes ou paysannes qui perdent leur foyer ainsi que les moyens de production des aliments nécessaires à la survie de leurs familles.

Un combat pour « vivre bien »

C’est pour cette raison qu’en tant que femme indigène et paysanne, en tant que mère et dirigeante, mon séjour en Europe fut une expérience enrichissante qui m’a permis d’être la porte-parole des femmes appauvries, marginalisées, exclues et ne bénéficiant pas d’opportunités de développement, puisque les politiques d’assistance que développent les gouvernements ne résolvent pas les problèmes auxquels nous devons faire face. Nous luttons pour « vivre bien ». Pour nous, cela représente la souveraineté alimentaire, l’égalité entre les genres et les ethnies, le développement rural complet en harmonie avec la terre-mère et les ressources naturelles.

De plus, j’ai accordé des entretiens à différents médias européens, me suis entretenue avec des représentants d’organismes internationaux et de la fonction publique, et j’ai pu assister à des manifestations publiques, où j’ai demandé la mise en application de mesures préventives, promulguées par la Commission interaméricaine des droits humains, le 20 juin 2011, en faveur des 14 communautés de la vallée du Polochic. Enfin, j’ai parlé des accaparements de terres au Guatemala et de leurs conséquences négatives sur les populations affectées.

A la suite de cette tournée, j’ai espoir que les organisations internationales et les populations pourront mener ensemble des actions contribuant à mettre en évidence les dégâts causés par les agissements des entreprises de l'industrie extractive et les accaparements de terres, qui détruisent la nature et la vie.

Avec Oxfam, exigez de la Banque mondiale qu'elle mette un terme aux accaparements de terres 

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