L'avenir de l'agriculture blog

Enfants dans une salle de classe, Mali. Photo: Oxfam

Il ne faut pas être dogmatique sur les méthodes agricoles ; de nombreuses options sont nécessaires. Les options sont exactement ce dont les petits exploitants manquent. Au mieux, ces agriculteurs vivent emprisonnés dans le choix de « Soit / Soit », une vie remplie de dilemmes. Les pays riches doivent favoriser l'égalité d'accès aux éléments essentiels à l’agriculture et surtout le choix, parce que les petits exploitants sont indispensables à l'avenir de l'agriculture et le choix leur permettra de se libérer.  

Enfant qui court à travers une rizière. Photo: Oxfam

La question de l’agriculture est dominée actuellement par le consommateur. De son côté, le petit producteur agricole ne reçoit que quelques compliments, des gestes symboliques et pas grand-chose d’autre. La situation ne changera pas, à moins que le consommateur ne change ses comportements et fasse un pas vers les producteurs en payant un prix équitable et en partageant les risques.

Par Sonali Bisht, fondateur d’INHERE (Inde)

Salle de classe vide, au Mali

Tous les maux perçus de l’agriculture américaine se réduisent au fait qu’il y a trop peu de fermiers œuvrant à nourrir trop de personnes. Le défi est d’encourager plus de jeunes à devenir agriculteurs et de les soutenir pendant qu’ils développent leur savoir-faire durant les premières années.

Par Michael O’Gorman, fondateur, Coalition des fermiers-vétérans 

Cuire de la bouillie, en Somalie

Si nous voulons survivre aux changements climatiques, nous devons adopter des politiques qui permettront aux fermiers de diversifier les variétés végétales et animales qui se retrouvent sur nos menus. Ils sont les seuls à avoir la connaissance et la patience nécessaires pour découvrir quels sont les plantes et animaux qui pourront se développer. Un changement fondamental dans les mécanismes de régulation est nécessaire.

Membre du groupe agricultrices Dilokata dans son jardin en Bito village, en Ouganda

L’avenir est arrivé, mais sans l’ampleur requis. La diffusion d’idées venant de la base pour l’innovation agricole, en combinaison avec les découvertes technologiques développées par des entreprises fournissant des intrants, rendront les exploitants à petit échelle productifs et rentables. Le plus important c’est que les nouvelles technologies soient disponibles, appropriées et abordables.

Un homme du Sahel

Les idées des experts sur comment améliorer la productivité des fermiers qui ont peu de moyens devraient être guidées par les connaissances autochtones. Des micro-innovations peu couteuses qui utilisent les ressources locales ont un grand potentiel mais sont souvent négligées par les développeurs de technologies agricoles.

Les femmes du Bangladesh remplissent leurs bidons d'eau

S’acharner à produire de plus en plus d’aliments est le faux point de départ pour atteindre la sécurité alimentaire. Nous devrions plutôt nous concentrer sur la réduction des inégalités en donnant plus de control aux agriculteurs, en valorisant leurs connaissances et en écartant les obstacles qui limitent la capacité des femmes à être agricultrices sur un pied d’égalité.

Par Rokeya Kabir, Directrice générale de Bangladesh Nari Progati Sangha (BNPS)

Homme avec son âne emballé dans la vallée Kosht epa, en Afghanistan

Si les agriculteurs pauvres avaient plus de liberté pour innover et un accès adéquat aux investissements publics et privés, ils nous décevraient probablement en quittant le milieu agricole pour de bon. Mais si seulement un ou deux sur cinq restaient, ils changeraient le monde pour le mieux, littéralement.

Par Julio A. Berdegué, chercheur principal, Centre d’Amérique Latine de développement rural (RIMISP

Maïs, en Bolivie

C’est si ironique que nous, peuples autochtones qui ayons introduit tant d’aliments dans le monde, manquons de moyens pour échapper à la pauvreté et à la malnutrition. Avoir le control sur notre production, notamment sur quoi, comment et quand produire, ainsi que le control de la distribution, nous permettra de construire des moyens de subsistance durables. C’est ce que nous appelons la souveraineté alimentaire.

Des jeunes femmes au Sénégal

Bien que l’agriculture dépende de plus en plus de la main d’œuvre féminine, les femmes manquent de sécurité foncière ce qui limite sérieusement leur influence sur les décisions agricoles. Réduire l’écart entre les femmes et les hommes au niveau des droits fonciers augmenterait la productivité et le rendement total. Et cela soutiendrait les femmes dans l’exercice de leurs droits comme citoyennes.

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