Oxfam International Blogs - chaines de valeur agricoles http://l.blogs.oxfam/fr/tags/chaines-de-valeur-agricoles fr Jour 6: Cultivons un monde doté d’une meilleure sécurité alimentaire http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-17-jour-6-cultivons-un-monde-dote-une-meilleure-securite-alimentaire <div class="field field-name-body"><p><strong><em>Une agriculture qui est résiliente et durable et qui fournit des aliments en quantité suffisante, sains et à des prix abordables, sera construite sur quatre pierres angulaires : l’avantage comparatif, le libre échange, des marchés qui fonctionnent tant pour les producteurs que pour les consommateurs et un continent Africain qui contribue de manière positive à la production alimentaire.</em></strong></p> <p><em>Par Harold Poelma, directeur général de <strong><a href="http://www.cargill.com/company/businesses/cargill-refined-oils-europe/index.jsp" target="_blank" rel="nofollow">Cargill Refined Oils Europe</a></strong>.</em></p> <p>Aujourd’hui, près de 870 millions de personnes dans le monde souffrent de sous-alimentation. D’ici 2050, la population mondiale aura augmenté de deux milliards de personnes. On estime que pour nourrir cette population de plus en plus urbaine et prospère, il faudra augmenter la production alimentaire d’approximativement 70 %.</p> <p>Une telle augmentation de la production n’est pas utopique. Les agriculteurs et agricultrices sont des personnes intelligentes et déterminées. Depuis 1975, ils ont en gros doublé le nombre de semences, de riz et de graines oléagineuses qu’ils produisent. Cette hausse s’explique surtout par les gains de rendement obtenus par l’association d’une génétique améliorée, des nouvelles technologies, de meilleures techniques agricoles et d’une augmentation de l’intensification, qui ont permis essentiellement de produire plus sur une surface de terres égale.</p> <p>Il y a de quoi être optimiste ! Le groupe Cargill n’a aucun doute quant à notre capacité à nourrir la planète. Notre analyse n’est plus seulement théorique, mais elle se base sur nos expériences pratiques de travail avec les agriculteurs et agricultrices dans le cadre de nos actions dans le monde entier. Il n’y a plus de doute qu’aujourd’hui grâce aux technologies actuelles, les agriculteurs et agricultrices du monde entier maîtrisent le processus de photosynthèse et sont en mesure de produire toutes les calories nécessaires pour nourrir une planète de 9 milliards d’habitants.</p> <p>Néanmoins, l’insécurité alimentaire persiste. La nourriture produite par les agriculteurs et agricultrices du monde entier est inégalement distribuée. L’augmentation des prix alimentaires, causée principalement par des problèmes d’approvisionnement et de demande, ainsi que par les pénuries dues aux sécheresses dans les principales zones de production de semences cette année, menace de compromettre la récente diminution de la faim.</p> <h3><em>« Grâce aux technologies actuelles, les agriculteurs et agricultrices du monde entier sont en mesure de produire toutes les calories nécessaires pour nourrir une planète de 9 milliards d’habitants. »</em></h3> <p>À quoi devra ressembler l’agriculture d’ici un demi-siècle si elle veut relever les défis qui font obstacle à la sécurité alimentaire au niveau mondial ? Chez Cargill, nous pensons que le modèle qui satisfera les objectifs de résilience, de durabilité et d’approvisionnement en nourriture suffisamment sûre et à prix abordable, sera construit à partir de quatre axes fondamentaux : l’avantage comparatif, des échanges ouverts, les marchés travaillant à la fois en faveur des producteurs et des consommateurs, et le continent africain contribuant positivement à la production alimentaire.</p> <p>Pour produire assez de nourriture pour nourrir la planète, il y a lieu tout d’abord d’honorer le principe d’avantage comparatif. Dans un demi-siècle, le secteur agricole produira la plupart de la nourriture de la façon la plus durable possible aux niveaux économique et environnemental, si tous les agriculteurs cultivent les plantes les mieux adaptées à leurs conditions agricoles. Cela met simplement en évidence que la fertilité des sols, les pluies abondantes et un ensoleillement important ne sont pas des ressources également disponibles à travers le monde. Au contraire, la nature a doté certaines régions des ressources naturelles nécessaires pour la production d’un surplus de denrées alimentaires, sous la forme par exemple, de blé dans les plaines d’Amérique du Nord, de riz dans les rizières d’Asie du sud-est ou de graines de soja au Brésil.</p> <p>L’alternative (c’est-à-dire la recherche d’autosuffisance alimentaire au niveau national ou régional) compromet l’augmentation des extrants dont aura besoin une population mondiale croissante, a recours de manière inefficace aux rares ressources naturelles et peut causer de sérieux dégâts environnementaux. Nous devons impérativement continuer à renforcer la productivité et partager largement les meilleures pratiques et technologies avec ces régions du monde, comme l’Afrique, qui n’atteignent actuellement pas tout leur potentiel agricole .</p> <p>Un système agricole résilient et durable d’ici à un demi-siècle nécessitera un système commercial ouvert et fondé sur la confiance afin de pouvoir acheminer les surplus de nourriture aux régions accusant un déficit alimentaire. À l’heure actuelle, seulement 15 % environ de toute la nourriture produite dans le monde, traverse les frontières internationales. Ce pourcentage augmentera. La croissance de la population mondiale dévie vers des régions dépourvues des ressources naturelles nécessaires à la production alimentaire. Cultiver des plantes là où les sols et le climat s’y prêtent le mieux et autoriser l’ouverture commerciale permettra de fournir la nourriture nécessaire, tout en minimisant les impacts environnementaux généraux grâce à la réduction des ressources et des intrants utilisés.</p> <h3><em>« Pour produire assez de nourriture pour nourrir la planète, il y a lieu tout d’abord d’honorer le principe d’avantage comparatif. »</em></h3> <p>Prenez en compte ce qui a eu lieu au niveau des flux alimentaires lors des quelques cinquante dernières années. Une augmentation de la production alimentaire en Amérique du Nord et du Sud puis dernièrement en Europe de l’Est fournit la nourriture nécessaire pour alimenter les populations croissantes d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique. Afin d’être capable de nourrir 9 milliards de personnes d’ici 2050, nous aurons besoin d’un autre grand producteur alimentaire tel que le Brésil ainsi que des échanges ouverts pour que les surplus de nourriture parviennent facilement aux régions déficitaires en ressources alimentaires. Les échanges ouverts et fondés sur la confiance sont également un moyen fondamental d’aider à compenser les mauvaises récoltes, qui sont inévitables mais imprévisibles. L’approvisionnement mondial en nourriture varie moins d’année en année que l’approvisionnement local . </p> <p>Le troisième axe fondamental réside dans des marchés efficaces, transparents et bien réglementés. L’association d’échanges ouverts et de marchés efficaces a un effet sur les prix, ce qui indique donc aux agriculteurs ce qu’il faut produire, et en quelle quantité. L’ingrédient essentiel d’une agriculture durable, sans doute plus encore que tout autre intrant de culture, est la rémunération adéquate que reçoivent les agriculteurs et agricultrices pour récompenser leurs efforts et qui leur donne assez d’argent pour les encourager à continuer à produire l’année d’après.</p> <p>En revanche, toucher à la capacité qu’ont les prix à changer les comportements peut avoir des conséquences non désirées. Lorsque les gouvernements imposent des contrôles sur les prix des produits de base, apparemment dans un souci de protection des populations urbaines pauvres, ils envoient par inadvertance un signal aux agriculteurs pour que ceux-ci produisent moins. D’autres moyens de protéger les consommateurs d’une augmentation des prix alimentaires, tels que les versements directs des gouvernements, seraient moins préjudiciables aux intérêts des agriculteurs et des agricultrices. Tout en reconnaissant le fardeau de la hausse des prix alimentaires sur les personnes pauvres dans le monde, nous devons aussi reconnaître le pouvoir stimulant qu’ont les prix sur les producteurs mondiaux et qui les motivent à cultiver en plus grande quantité. </p> <h3><em>« Le troisième axe fondamental réside dans des marchés efficaces, transparents et bien réglementés. »</em></h3> <p>Le quatrième axe fondamental qui permettrait d’atteindre une meilleure sécurité alimentaire mondiale est la capacité du continent africain à exploiter son potentiel agricole. L’Afrique représente environ 60 % des terres agricoles potentiellement disponibles dans le monde. Ses terres sont bien adaptées à l’agriculture, grâce aux sols fertiles, aux précipitations adaptées, et à un ensoleillement important. Pourtant l’Afrique est un importateur net de nourriture et a connu des gains de productivité agricole très faibles ces quarante dernières années.</p> <p>Cela n’a pas de raison d’être ainsi. Des changements de politiques générales, des améliorations au niveau des infrastructures et l’institution de droits de propriété seront nécessaires pour surmonter les défis. Il sera crucial d’être clair concernant les droits de propriété. Les agriculteurs et agricultrices en Afrique, et dans le monde entier d’ailleurs, doivent avoir des droits clairement établis sur les terres qu’ils cultivent avant de pouvoir espérer réinvestir dans leurs actions et améliorer leur productivité. De la même manière, résoudre les questions de droits de propriété est primordial si l’on souhaite attirer les investissements du secteur privé dans l’agriculture africaine.</p> <p>Permettre aux petits exploitants et petites exploitantes agricoles d’exploiter pleinement leur potentiel est essentiel au développement continu de l’agriculture et à la production alimentaire mondiale. Ces petits agriculteurs et petites agricultrices ont besoin d’un accès à de meilleurs intrants agricoles, que ce soit des semences et des engrais ou des tracteurs et autres technologies, ainsi que des formations concernant leur utilisation. De tels supports pratiques augmenteront leur productivité en vue des besoins alimentaires mondiaux croissants. Cela leur apportera également des moyens d’augmenter leur propre niveau de vie. Il n’y a rien de plus évident que cela aujourd’hui en Afrique .</p> <h3><em>« Nous pouvons arriver à un système agricole résilient et durable, produisant assez de nourriture pour tout le monde et à des prix accessibles à tous. »</em></h3> <p>Il existe une dynamique sans précédents visant à s’attaquer aux questions des politiques, des infrastructures, des intrants et des droits de propriété en Afrique. Avec le soutien et l’engagement de la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition du G8 et le partenariat Grow Africa, le secteur privé, des organisations non gouvernementales et des gouvernements africains travaillent au développement de marchés durables de nourriture produite sur le continent.</p> <p>En mai 2012, Cargill faisait partie des 30 sociétés multinationales apportant leur soutien à ces initiatives, qui nous le pensons encourageront les discussions et les engagements en matière de politique générale afin d’accélérer les investissements et changer profondément l’agriculture africaine. L’objectif commun est de travailler avec les gouvernements et les organisations non gouvernementales au développement de partenariats entre le secteur public et privé afin de changer les choses.</p> <p>Nous pouvons arriver à un système agricole résilient et durable, produisant assez de nourriture pour tout le monde et à des prix accessibles à tous. Cela ne signifie par pour autant qu’il n’y a pas de place pour l’autosatisfaction. Nous pensons qu’il est essentiel que les organisations, aussi bien publiques que privées, continuent à travailler ensemble pour fournir les structures, le soutien et les investissements contribuant au développement agricole afin de relever le défi de nourrir une planète qui accueillera bientôt 9 milliards de personnes. </p> <p>Téléchargez l'article :<strong> </strong> <strong><a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/cultivons-un-monde-dote-poelma-dec2012.pdf">Cultivons un monde doté d’une meilleure sécurité alimentaire</a></strong></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Jour 6: Cultivons un monde doté d’une meilleure sécurité alimentaire</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/12-12-17-day-6-growing-more-food-secure-world" title="Day 6: Growing a More Food-Secure World " class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> <li class="translation_es last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/12-12-17-dia-6-cultivemos-un-mundo-con-mayor-seguridad-alimentaria" title="Día 6: Cultivemos un mundo con mayor seguridad alimentaria " class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Sun, 16 Dec 2012 23:00:01 +0000 Harold Poelma 10148 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-17-jour-6-cultivons-un-monde-dote-une-meilleure-securite-alimentaire#comments Jour 2: Le potentiel des fournisseuses http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/le-potentiel-des-fournisseuses <div class="field field-name-body"><p><em><strong>La transformation du système alimentaire nécessitera l’engagement des fournisseuses tout au long des chaînes de valeur agricoles. Les femmes doivent passer du statut de main d’œuvre à celui de propriétaire d’entreprise, et les fournisseuses doivent s’organiser pour avoir directement accès aux acheteurs.</strong></em></p> <p>Par <a href="http://blogs.oxfam.org/fr/user/profile/elizabeth-vazquez"><strong>Elizabeth Vazquez</strong></a>, directrice générale de WEConnect International <strong></strong></p> <p><strong>La transformation du système alimentaire nécessitera l’engagement des fournisseuses tout au long des chaînes de valeur agricoles.</strong> Les femmes représentent la moitié des agriculteurs dans les pays en développement, mais elles sont rarement propriétaires de terres ou d’autres moyens de production nécessaires à la création de véritables richesses et de prospérité pour leurs familles et leurs communautés. Comment faire en sorte que plus de fournisseuses, à toutes les échelles, puissent contribuer et tirer profit du système alimentaire au niveau local et mondial?</p> <h3>Les femmes créent de la valeur partagée</h3> <p>Si les femmes propriétaires d’entreprise disposaient d’un meilleur accès à des ressources essentielles, non seulement pourraient-elles produire plus de nourriture, mais leur façon de travailler aurait également des effets positifs sur le systèmes alimentaire. Les femmes sont particulièrement conscientes de l’importance de disposer de sources sûres et fiables de nourriture, d’eau et de combustible car cela a souvent un effet direct sur la façon dont les femmes occupent leurs journées.</p> <h3><em>"Les femmes sont particulièrement aptes à créer de la valeur partagée."</em></h3> <p>Lorsque les femmes propriétaires d’entreprise réussissent et disposent de plus de ressources, elles sont plus à même de développer et de mettre en œuvre des solutions innovantes pour faire face aux défis de la production alimentaire locale étant donné qu’elles ont déjà fait face à ces défis elles-mêmes.</p> <p>Depuis des générations, les femmes prennent soin de leurs familles et tissent des liens au niveau de leurs communautés ;  elles sont particulièrement aptes à créer de la valeur partagée. Dans le monde de l’entreprenariat, la création de valeur partagée se traduit par une dépendance mutuelle entre la compétitivité d’une entreprise et la santé des communautés alentour.</p> <p>On peut prendre pour exemple la nouvelle <a href="http://womenincoffee.org/" rel="nofollow"><strong>Alliance internationale des femmes pour le café</strong></a>. L’Alliance a pour objectif de favoriser et faire reconnaître la participation des femmes dans tous les secteurs de l’industrie du café et de leur permettre  de gagner leur vie de manière durable en tant que fournisseuses. L’Alliance donne l’opportunité aux femmes de travailler ensembles afin de se rapprocher des marchés mondiaux – que ce soit à travers des missions commerciales, des salons, ou des distributeurs et acheteurs de produits issus du commerce équitable. Les femmes qui dirigent cette initiative se sont engagées à assurer la place des femmes dans l’industrie du café, et savent qu’individuellement les femmes ne sont pas aussi compétitives qu’elles peuvent l’être lorsqu’elles travaillent ensemble sous une même bannière.</p> <p>Des entrepreneuses telles que Zhena Muzyka, fondatrice de Gypsy Tea, font aussi une différence dans la vie des exploitantes agricoles et de leurs familles. <a href="http://www.gypsytea.com/" rel="nofollow"><strong>Gypsy Tea</strong></a> ne commercialise pas uniquement des produits, elle commercialise de la valeur : des thés associés la responsabilité sociale, la durabilité et le bien-être des autres. Gypsy Tea est une entreprise de commerce équitable dynamique de plusieurs millions de dollars de chiffre d’affaire et à l’état d’esprit communautaire. Elle travaille directement avec de petits petites productrices, souvent  isolées, afin d’amorcer un véritable changement – en leur fournissant un salaire juste, des services de santé, un congé de maternité garanti, la garde d’enfants, l’alphabétisation et de meilleures conditions de travail.</p> <p>Ces exemples de modèles commerciaux plus inclusifs au sein de l’industrie de la boisson prouvent que les femmes peuvent travailler ensemble pour créer une valeur partagée et développer leurs entreprises. Les femmes qui souhaitent développer leur entreprise et collaborer avec d’autres, notamment dans le secteur du commerce équitable, ont un potentiel énorme pour créer de nouveaux modèles commerciaux plus durables qui prennent en compte à la fois les besoins sociaux et environnementaux des familles et des communautés.</p> <h3>Comment impliquer les femmes dans la chaîne d’approvisionnement</h3> <p>Trop peu de femmes aspirent à devenir chef d’entreprise, particulièrement si elles ne connaissent pas ou n’ont jamais entendu parler de grands modèles de femmes d’affaires. Partager les expériences des femmes propriétaires d’entreprise, au sein du foyer, dans les écoles et auprès du grand public est l’un des meilleurs moyens de convaincre les filles et les femmes de fonder leur propre entreprise, ce qui leur donnera ainsi plus de contrôle sur leur vie future. Au niveau du système agricole et alimentaire, il est particulièrement important de se concentrer sur la façon dont les femmes peuvent passer du statut de main d’œuvre à celui de propriétaire d’entreprise, de terre ou de tout autre moyen de production.</p> <p>Un bon point de départ serait de partager des expériences sur la façon dont les technologies de l’information rendent plus facile, pour les productrices alimentaires, le lancement et le développement de leur entreprise. Les femmes ayant accès à l’internet peuvent étudier les tendances météorologiques, les infestations, les exigences industrielles, les innovations commerciales, les mouvements de marché, les sources de financement, etc. Les femmes ont tendance à partager ces informations avec d’autres femmes qui ne bénéficient peut-être pas du même accès à l’internet, mais qui peuvent profitent de ces informations. Les médias sociaux ne feront qu’accélérer le partage des connaissances.</p> <p>La disponibilité grandissante des technologies mobiles qui ne requièrent pas de haut niveau d’alphabétisation transforme la vie des productrices et distributrices. L’accès en temps réel aux informations de marché permet aux femmes de négocier les mêmes taux et modalités que leurs concurrents plus importants, mais l’accès aux réseaux appropriés continue d’être un obstacle majeur à la croissance dans tous les secteurs.</p> <h3>Pourquoi les acheteurs devraient-ils impliquer les femmes</h3> <p>Les détaillants savent bien que les femmes prennent la plupart des décisions d’achat au sein de leurs familles, et en particulier lorsqu’il s’agit de nourriture. Les entreprises alimentaires bénéficient donc d’avantages économiques considérables si elles engagent des fournisseuses dans leurs chaines d’approvisionnement. Ces dernières peuvent les aider à anticiper et répondre aux besoins de la clientèle féminine. Toutefois, il y a un manque d’informations au moment d’anticiper et satisfaire les intérêts de ces clients. Une<strong> <a href="http://www.ism.ws/files/SR/ISMSupplierDiversitySurvey2011.pdf" rel="nofollow">étude</a></strong> récente sur la diversité des fournisseurs d’entreprises de l’Institut for Supply Management souligne que 71,8 % des entreprises interrogées conviennent que leur plus grand défi a été de trouver différents fournisseurs de qualité, y compris des fournisseuses, afin de répondre à leurs besoins en approvisionnement.</p> <h3><em>"Les entreprises bénéficient d’avantages économiques considérables si elles engagent des fournisseuses qui peuvent les aider à anticiper et répondre aux besoins de la clientèle féminine."</em></h3> <p>Pour la toute première fois, de grandes entreprises ont commencé à évaluer le nombre de fournisseuses dans leurs chaines d’approvisionnement aux niveaux local et mondial, et des entreprises telles que <a href="http://corporate.walmart.com/global-responsibility/womens-economic-empowerment" rel="nofollow"><strong>Walmart</strong></a> et <a href="http://www.coca-colacompany.com/our-company/suppliers/supplier-diversity" rel="nofollow"><strong>Coca-Cola</strong></a> sont en train de développer des programmes mondiaux de diversité et d’inclusion pour leurs fournisseurs. Ces programmes ont pour objectifs d’identifier des sociétés gérées par des femmes qui peuvent fournir des produits et services appropriés, à tous les niveaux du système alimentaire.</p> <p>Il est essentiel pour les fournisseuses dans les chaînes d‘approvisionnement agricoles –  y compris les femmes travaillant dans la production alimentaire, la transformation, l’emballage, la distribution et la vente au détail – d’être organisées et de devenir membre des réseaux qui leur donnent accès aux acheteurs mêmes. J’ai cofondé <a href="http://www.weconnectinternational.org/" rel="nofollow"><strong>WEConnect International</strong></a>, une organisation mondiale à but non lucratif, afin de permettre aux grandes entreprises de s’approvisionner plus facilement auprès de sociétés gérées par des femmes. Les membres de WEConnect International contrôlent annuellement plus de 700 milliards de dollars en pouvoir d’achat et s’engagent à aider les femmes propriétaires d’entreprises à rivaliser avec les marchés locaux et mondiaux.</p> <p>WEConnect International travaille avec des partenaires du monde entier pour trouver des entreprises en plein essor gérées par des femmes et les aider à s’auto-enregistrer ou obtenir la certification de fournisseuses. Nous les entrons par la suite dans une base de données mondiale unique, utilisée par des acheteurs à la recherche de fournisseurs et fournisseuses qualifiés. C’est un modèle unique de travail de développement économique qui cible les femmes, car il se concentre de manière égale sur les besoins en offre et demande des négociants, et s’avère essentiel pour la création de réelles opportunités commerciales pour les femmes.</p> <h3>Appel à l’action</h3> <p>Les entreprises peuvent faire plus pour travailler avec les gouvernements, des organisations multilatérales et des ONG afin de développer la capacité des femmes chef d’entreprise désireuses de transformer leurs idées en solutions qui créeront un système alimentaire plus juste et plus durable pour nous tous.</p> <h3><em>"Les consommateurs et consommatrices peuvent également jouer un rôle essentiel dans cette optique en achetant directement aux femmes."</em></h3> <p>Les grandes entreprises au sein du système alimentaire peuvent financer un certain nombre d’initiatives pour aider les femmes à développer leurs entreprises dans des marchés cibles. Par exemple, elles peuvent lancer des programmes d’accompagnement spécialisés pour des fournisseuses émergentes qui sont à la recherche de connaissances sur le secteur et qui cherchent à établir un premier contact avec des acheteurs et les principaux fournisseurs.</p> <p>Les consommateurs et consommatrices peuvent également jouer un rôle essentiel dans cette optique en achetant directement aux femmes, en demandant aux détaillants de vendre des biens fabriqués par des femmes, ou en faisant affaire avec des sociétés qui s’approvisionne chez les femmes. La façon dont nous dépensons notre argent est importante, surtout lorsqu’il s’agit de notre alimentation.</p> <p>Téléchargez l'article : <a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/Elizabeth-Vazquez-Discussion-en-ligne-Oxfam.pdf"><strong>Le potentiel des fournisseuses</strong></a></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Jour 2: Le potentiel des fournisseuses</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/potential-of-women-suppliers" title="Day 2: The Potential of Women Suppliers " class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> <li class="translation_es last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/el-potencial-de-las-mujeres-como-proveedoras" title="Día 2: El potencial de las mujeres como proveedoras" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Tue, 20 Nov 2012 00:00:01 +0000 Elizabeth Vazquez 10058 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/le-potentiel-des-fournisseuses#comments Jour 1: Changer les systèmes de valeurs, un village à la fois http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/changer-les-systemes-de-valeurs-un-village-la-fois <div class="field field-name-body"><p><em><strong>Si en travaillant pour gagner un revenu, les travailleuses agricoles sont systématiquement exploitées, perdent leur liberté de choisir quels produits cultiver et voient leur environnement naturel dépouillé, alors le prix à payer est bien cher pour une soi-disant autonomie. </strong></em></p> <p>Par <a href="http://blogs.oxfam.org/fr/user/profile/nidhi-tandon"><strong>Nidhi Tandon</strong></a>, activiste et directrice de Networked Intelligence for Development</p> <p>S’il existe un facteur qui explique le déséquilibre de pouvoir entre hommes et femmes dans le système alimentaire, c'est sans aucun doute l'influence dominante du marché dans la société.<strong></strong></p> <p><strong>Le pouvoir social et la capacité de générer un revenu représentent deux faces d’une même pièce.</strong> L'un ne va pas sans l'autre. Notre influence économique détermine notre capacité d'exercer un pouvoir, ce qui à son tour nous permet d'obtenir le droit de parole, le respect, l'indépendance, et la possibilité d’obtenir un traitement plus avantageux devant une cour de justice. Si cela semble un peu simpliste voire un peu trop évident, il n'en demeure pas moins que c'est une réalité qui touche particulièrement les femmes. Les droits pour lesquels les femmes se sont battues sont menacés par la mondialisation de la société de marché.</p> <h3><em>"Les droits pour lesquels les femmes se sont battues sont menacés par la mondialisation de la société de marché.</em>"</h3> <p>Une approche (soutenue par Oxfam) pour améliorer le pouvoir des femmes consiste à positionner ces dernières de façon encore plus « stratégique » dans la « chaîne de valeur » de la production mondialisée, prenant pour acquis que les femmes obtiendront le même niveau de pouvoir et d’influence que leurs pairs masculins lorsqu’elles gagneront un revenu équivalent. Ce faisant, un système alimentaire fondamentalement défaillant se « propage »,  écartant ainsi d‘autres systèmes alimentaires.</p> <p>Les femmes sont généralement solides  dans leur rôle charnière qui consiste à obtenir de la nourriture et de l’eau au quotidien. Mais lorsqu’elles rejoignent des chaînes d’approvisionnement mondiales, les femmes, à l’instar des hommes, deviennent complices d’un système qui maintient la famille dans un état permanent d’appauvrissement.</p> <p>En discutant avec les femmes de communautés rurales, j’ai constaté qu’elles aimeraient que leur rôles soient valorisés, reconnus et soutenus à leur juste valeur. Il ne s’agit pas de « réparer un système alimentaire défaillant », mais plutôt de changer entièrement le modèle et ses valeurs.</p> <p>Nous ne pouvons supposer que les femmes cherchent à gagner un revenu élevé quoi qu’il en coûte. Elles ne partagent pas forcément ces valeurs ! D’autres valeurs sont beaucoup plus importantes, notamment la santé, l’alimentation, la consommation ou autres choix de vie. Ce sont ces valeurs qu’il faut privilégier, plutôt que le seul le fait de gagner un revenu.</p> <h3>Les valeurs et les deux systèmes parallèles de production alimentaire</h3> <p>Aux extrêmes, on trouve deux systèmes parallèles de production alimentaire ; l’un valorise l’alimentation et la nutrition, l’autre les profits.</p> <p>Dans le système alimentaire centré sur la production locale pour les marchés locaux, ce sont les femmes qui choisissent et, dans une certaine mesure, contrôlent les produits qui seront cultivés, distribués, cuisinés et consommés.  Elles fournissent un niveau stable d’alimentation et de nutrition en dépit du faible soutien que leur accordent les secteurs privé et public.</p> <p>La conservation des semences demeure une activité importante pour les femmes rurales et permet aux familles de jouir d’une grande variété d’aliments, complètement en dehors de la société marchande.  Leurs décisions concernant l’utilisation des terres vont de pairs avec des emplois sûrs et des méthodes agricoles favorisant la biodiversité, tout en étant en symbiose avec l’eau, la forêt et  les biomes de la nature.</p> <h3><em>"Insérer une petite productrice dans le système commercial international revient dans tout les cas à l’exploiter.</em></h3> <p>À l’autre extrême, dans le système alimentaire parallèle, les femmes ne sont qu’une main-d’œuvre peu couteuse pour les grandes entreprises. Dans les plantations, la main-d’œuvre, composée généralement d’hommes mais aussi de plus en plus de femmes, travaille sans protection et en ressort appauvrie. Les familles et les communautés subissent la violence des déplacements et des expulsions occasionnés par ces plantations. </p> <h3>Gagner un revenu n’est pas nécessairement synonyme d’autonomisation</h3> <p>Parmi les arguments les plus courants émis par ceux œuvrant pour l’égalité hommes-femmes, on trouve : « Les femmes rurales ont besoin des mêmes opportunités en matière d’emploi pour générer un revenu et accéder aux médicaments, à l’éducation, à l’alimentation et aux vêtements et pour devenir économiquement autonomes ». Cet argument pose plusieurs problèmes : </p> <ul><li>Premièrement, insérer une petite productrice dans le système commercial international revient  dans tout les cas à l’exploiter.  En définitive, ces productrices ne sont pas économiquement autonomes.</li> <li>Deuxièmement, utiliser les meilleures terres agricoles pour y cultiver des produits destinés à l’exportation plutôt qu’à la consommation locale place la population locale dans un état de dépendance  par rapport à un marché motivé par le profit et sur lequel elles n’ont absolument aucun contrôle. Et de cette dépendance nait la vulnérabilité.</li> <li>Troisièmement, le modèle économique international ne fonctionne pas pour les petits producteurs. Les <a href="http://www.grain.org/article/entries/212-trade-and-hunger" rel="nofollow"><strong>preuves</strong></a> sont suffisamment nombreuses pour démontrer comment la libéralisation du marché a été conçue pour bénéficier les riches, sans égards aux pauvres qui ne comptent simplement pas. </li> </ul><p>Si en travaillant pour gagner un revenu, vous pouvez vous attendre à être systématiquement exploité, de perdre votre liberté de choisir quels produits cultiver et de voir votre environnement naturel dépouillé, alors le prix à payer est bien cher pour une soi-disant autonomie.</p> <h3>Exprimer une vision. Changer de valeurs.</h3> <p>À moins que l’on ne renverse la tendance qui consiste à donner une importance démesurée aux valeurs qui sont à la base de l’économie de marché mondialisée, l’égalité et l’équité hommes-femmes sont vouées à l’échec. Pour qu’hommes et femmes retrouvent des rôles rééquilibrés dans un système alimentaire juste, d’autres valeurs doivent être imposées sur un pied d’égalité, voire primer : la société doit associer le « pouvoir » au savoir-faire et non au « savoir-vendre » et « savoir-acheter ».</p> <p>Lorsque les connaissances traditionnelles, la science et le bon sens sont combinés sur une ferme, les rôles des hommes et des femmes sont redéfinis et les communautés rétablissent un meilleur rapport à l’alimentation. Le respect mutuel entre hommes et femmes devient plus qu’essentiel. Lorsque les producteurs et productrices qui fournissent les marchés locaux investissent du temps et du travail (mais aussi leur intérêt et leur énergie personnels) dans diverses activités, les récompenses économiques, communautaires et écologiques sont bien plus significatives que toute gratification financière.</p> <h3><em>"La société doit associer le « pouvoir » au savoir-faire et non au « savoir-vendre » et « savoir-acheter »."</em></h3> <p>Ce <a href="http://www.palgrave-journals.com/development/journal/v44/n4/abs/1110292a.html" rel="nofollow"><strong>renversement des valeurs</strong></a> ne peut avoir lieu qu’au niveau humain, l’argent n’y pourra rien. C’est un travail intergénérationnel pour donner de la valeur aux relations environnementales et culturelles entre humains et la terre qu’ils habitent ; pour changer les valeurs un village à la fois, d’une communauté à l’autre.  Ces relations  ont une valeur inestimable. Le  changement profond nécessaire pour conserver ou transformer les valeurs doit se produire à différents niveaux, des systèmes d’éducation aux politiques liées au <a href="http://www.palgrave-journals.com/development/journal/v44/n4/abs/1110292a.html" rel="nofollow"><strong>commerce et à l’investissement</strong></a>.</p> <p>Si nous souhaitons nous en tenir uniquement aux principes d’égalité des sexes et par extension accepter que le destin des femmes pauvres devrait être égal à celui de leurs pairs masculins, alors il y a quelque chose de fondamentalement erroné dans notre interprétation des droits humains et du développement. Le problème est plus grand, systémique et structurel. On ne peut le réduire aux droits individuels.</p> <p>Selon les valeurs qui soutiennent le système alimentaire d’aujourd’hui, l’alimentation sert le profit et non les personnes qui la produisent ! Nous devons entamer une discussion sur l’impact de la mondialisation sur la société plutôt que de pousser les femmes à s’insérer dans un système alimentaire injuste ; sur ce qu’il faudra faire pour développer et protéger ce qui est important dans un monde qui change rapidement, un monde ou les gagnants raflent tout et les perdants n’ont plus rien à perdre.</p> <h3><em>"Selon les valeurs qui soutiennent le système alimentaire d’aujourd’hui, l’alimentation sert le profit et non les personnes qui la produisent !</em>"</h3> <p>Téléchargez l'article :<strong> <a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/Nidhi-Tandon-Discussion-en-ligne-Oxfam.pdf">Changer les systèmes de valeurs, un village à la fois</a></strong></p> <p><strong>Lauren Ravon, la modératrice de la discussion, pose la question:</strong> Est-ce que vous êtes d’accord avec Tandon lorsqu’elle affirme que le fait d’intégrer les petites productrices agricoles dans le système commercial international revient à les exploiter, pas à les rendre économiquement autonomes?</p></div><div class="field field-name-title"><h2>Jour 1: Changer les systèmes de valeurs, un village à la fois</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/changing-value-systems-one-village-time" title="Day 1: Changing Value Systems, One Village at a Time" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> <li class="translation_es last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/cambiar-los-sistemas-de-valores-de-aldea-en-aldea" title="Día 1: Cambiar los sistemas de valores, de aldea en aldea" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Mon, 19 Nov 2012 05:00:01 +0000 Nidhi Tandon 10057 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/changer-les-systemes-de-valeurs-un-village-la-fois#comments