Oxfam International Blogs - diversité http://l.blogs.oxfam/fr/tags/diversit%C3%A9 fr Jour 9: Qui nous nourrira tous ? http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-20-jour-9-qui-nous-nourrira <div class="field field-name-body"><p><strong><em>Si nous voulons survivre aux changements climatiques, nous devons adopter des politiques qui permettront aux fermiers de diversifier les variétés végétales et animales qui se retrouvent sur nos menus. Ils sont les seuls à avoir la connaissance et la patience nécessaires pour découvrir quels sont les plantes et animaux qui pourront se développer. Un changement fondamental dans les mécanismes de régulation est nécessaire.</em></strong></p> <p><em>Par Pat Mooney, co-fondateur et directeur exécutif, <strong><a href="http://www.etcgroup.org/" target="_blank" rel="nofollow">Groupe ETC </a></strong></em></p> <p>Il existe une croyance pavlovienne qui considère que la technologie agricole est en mesure de répondre à nos besoins futurs en nourriture – et un déni pathologique qui rejette l’idée que l’agriculture industrielle a contribué à la crise alimentaire que l’on connaît aujourd’hui. De nos jours, en raison du changement climatique, l’insécurité alimentaire générale des pays du Sud s’est transformée en défi mondial collectif. Même les pays aux terres fertiles n’auront peut-être pas le climat, l’eau et les ressources suffisantes pour subvenir à leurs besoins alimentaires en 2050. </p> Les décideurs politiques sont confrontés de façon conventionnelle à deux options : la chaîne alimentaire industrielle de pointe hautement considérée comme hyper productive et efficace ; ou le délicat réseau alimentaire agro-écologique – le choix entre le régime des écolos/adeptes du commerces équitable (« le régime des 100 kilomètres ») ou le régime hypercalorique basé sur le modèle agroalimentaire (« le régime des 100 kilogrammes »). La « recette idéale » bien sûr, recherche un juste milieu illusoire, à savoir de meilleures avancées scientifiques tout en commerçant équitablement et en nourrissant de façon durable. Je soutiens que nous traversons une crise alimentaire commune et continue ; que la « communauté » du développement s’est trompée de point de départ, que nous savons pas grand-chose ; et enfin, que nous devons adhérer aux politiques et aux pratiques des organisations paysannes qui aujourd’hui, fournissent aux êtres humains au moins 70 % des aliments que nous consommons. <h3><em>« Le réseau alimentaire est-il pur romantisme gastronomique? »</em></h3> Le réseau alimentaire est-il pur romantisme gastronomique ? Nous avons essayé de rassembler les faits prouvant la contribution des paysans fournisseurs (pour décrire à la fois les fournisseurs alimentaires ruraux et urbains qui travaillent pour la plupart en dehors de la chaîne alimentaire industrielle). Mais les données concernant la taille des exploitations agricoles et les estimations sur le nombre de paysans ruraux, par exemple, datent d’une dizaine d’années et sont loin d’être convaincantes. Et bien évidemment, les calculs des exploitations agricoles ne prennent pas en compte la chasse, la cueillette, la pêche et la production paysanne urbaine. Finalement, nous avons conclu qu’au moins 70 % des aliments consommés dans le monde chaque année sont fournis par les paysans ruraux et urbains. Nous pourrions aussi conclure que seuls les paysans ont accès aux technologies et ressources dont nous aurons tous besoin pour nous alimenter en 2050. Notre estimation de 70 % se confirme involontairement par l’industrie des engrais, qui s’inquiète qu’entre 40 et 60 % de la nourriture mondiale est produite sans leurs produits chimiques. C’est la production paysanne, des agriculteurs qui ne veulent ni ne peuvent payer leurs engrais chimiques. Mais, bien évidemment, de nombreux petits exploitants utilisent en effet les engrais, donc il est possible que 10 % de plus des aliments consommés actuellement dans le monde soient produits par des paysans ayant recours à ces engrais.  <h3><em>« L’idée qu’au moins 70 % de la nourriture consommée soit produite par des paysans ruraux et urbains, semble modeste. »</em></h3> Au-delà de cet aspect, une part significative des ressources alimentaires mondiales, au bas mot 15 %, provient de la chasse et de la cueillette, y compris de la pêche continentale artisanale et côtière. Il convient d’ajouter à cela qu’environ 15 à 20 % de notre nourriture est produite dans des jardins urbains et l’idée qu’au moins 70 % de la nourriture consommée soit produite par des paysans ruraux et urbains, semble modeste. Si l’on aborde la question du point de vue opposé – celui de la chaîne alimentaire industrielle – l’idée s’en voit renforcée. Bien que les quantités soient énormes, selon une <strong><a href="http://www.fao.org/docrep/014/mb060e/mb060e00.pdf" target="_blank" rel="nofollow">étude récente de la FAO</a></strong>, au moins un tiers de la nourriture produite est gaspillée soit lors de la production, du transport, de la transformation ou une fois dans le réfrigérateur des consommateurs lorsqu’elle se gâte. Ensuite, il y a lieu de calculer la quantité de farine de poisson et de graines utilisées pour nourrir le bétail ou faire fonctionner les voitures. Nous perdons de la nourriture avant qu’elle ne pourrisse. Qui plus est, dans les pays de l’OCDE (et de façon croissante dans l’ensemble des pays du Sud), environ un quart des calories consommées sont « gaspillées » - c’est-à-dire consommées inutilement, contribuant à l’obésité.  <h3><em>« La conclusion inévitable est que la chaîne alimentaire industrielle est extrêmement inefficace. »</em></h3> La conclusion inévitable est que la chaîne alimentaire industrielle est extrêmement inefficace. Elle ne nourrit que partiellement les personnes dans les pays industrialisés et ne laisse que peu de surplus au reste du monde. La chaîne alimentaire industrielle ne fournit que 30 % de notre consommation nécessaire. Le tableau ci-dessous résume et met à jour notre rapport de 2009 « Who Will Feed Us? » (Qui va nous nourrir ?), disponible sur <strong><a href="http://ectgroup.org" target="_blank" rel="nofollow">www.etcgroup.org</a></strong>. Les sources de référence sont disponibles dans ce rapport ainsi que dans celui à venir. Le premier principe de politique générale en cas de crise est de ne pas toucher à ce qui fonctionne bien. Le second principe est de se laisser diriger par les personnes les plus affectées, les paysans. Ce sont les personnes qui cultivent les denrées alimentaires et qui ont accès à la diversité dont nous aurons besoin pour survivre aux difficultés à venir. C’est la raison pour laquelle le Comité sur la sécurité alimentaire mondiale des Nations unies/de la FAO, récemment réformé, devient si important. Nous avons non seulement réuni tous les gouvernements et toutes les agences autour de la table, mais les organisations de la société civile et les mouvements de paysans sont aussi présents. La seule chose que les paysans ne peuvent faire c’est voter. <h3><em>« Les paysans asservis d’Afrique emportaient clandestinement une cinquantaine de cultures lorsqu’ils étaient transportés en bateau vers les Amériques.»</em></h3> Les paysans apportent uniquement les ressources à la table des négociations et ils ont besoin d’aide pour les déployer. Lors du premier siècle de l’ère coloniale – sans l’aide de trains ni de télégraphes, ni encore moins de blogs et de Twitter – les paysans ont su adapté le maïs maya à presque toutes les régions de production d’Afrique, tandis que les paysans d’Asie faisaient de même, avec la même réussite, avec la patate douce. Pendant ce temps, les paysans asservis d’Afrique emportaient clandestinement une cinquantaine de cultures lorsqu’ils étaient transportés en bateau vers les Amériques. L’échange colombien d’il y a 500 ans a été précédé par le commerce arabe et avant cela, la Route de la soie et les voies traditionnelles d’échange de semences, ont maintenu en déplacement les cultures et le bétail entre l’Eurasie et l’Afrique. Plus récemment, en 1849, les États-Unis ont commencé à transporter par bateaux des colis gratuits de semences expérimentales pour les colons afin de relancer la production des cultures à l’ouest du Mississippi. Jusqu’en 1897, plus de 20 millions de colis de semences expérimentales exotiques ont été envoyés aux colons chaque année. Les expériences de plantation des semences ont connu un grand succès et ne se sont arrêtés qu’à la fin des années 1920 lorsque les entreprises de semences se sont rendues compte que la distribution au secteur public interférait avec les profits du secteur privé. Pour lutter contre le changement climatique, nous avons à nouveau besoin de ce genre d’échange de semences. Ces soixante dernières années, les paysans ont fait don d’au moins deux millions de variétés de plantes cultivées localement pour les stocker dans les plus grandes banques génétiques du monde. Les paysans sont également les producteurs et protecteurs de presque 8 000 races d’animaux rares de 40 espèces différentes. La priorité des <strong><a href="http://www.fao.org/docrep/013/i1500e/i1500e03.pdf" target="_blank" rel="nofollow">banques génétiques</a></strong> en matière de politique et de multiplier les variétés fournies par les paysans et de les mettre gratuitement à la disposition des organisations de paysans sur demande. <h3><em>« Les paysans ont fait don d’au moins deux millions de variétés de plantes cultivées localement pour les stocker dans les plus grandes banques génétiques du monde. »</em></h3> Pour survivre au changement climatique, nous devons adopter des politiques permettant aux paysans de diversifier les espèces de plantes et d’animaux et les variétés/races que contiennent nos recettes. Les plantes et le bétail vont devoir circuler afin de pouvoir être utilisées dans les conditions nécessaires à leur développement. Il y a bien sûr des points à prendre en compte en matière phytosanitaire ; le soutien de la FAO, et peut être de la Convention sur la biodiversité, sera nécessaire. Les seules personnes bénéficiant du savoir-faire et de la patience d’expérimenter les cultures et le bétail sont les paysans. Ils exigeront un changement fondamental dans les mécanismes régulateurs, y compris des régimes de propriété intellectuelle, pour qu’ils puissent échanger et développer entre eux des semences/espèces dans le monde entier. Nous autres devront unir nos forces de façon urgente à travers tout le réseau alimentaire pour voir comment nous pouvons collaborer. Étant donné que la technologie de la téléphonie mobile s’est développée sur tous les continents, notre capacité collective à échanger des informations rend possible pour nous tous le maintien des énergies innovantes des paysans. Téléchargez l'article :  <a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/qui-nous-nourrira-mooney-dec2012.pdf"><strong>Qui nous nourrira tous ?</strong></a><a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/qui-nous-nourrira-mooney-dec2012.pdf%20&#9;"><strong> </strong></a> Le tableau : <strong><a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/Tableau.png" target="_blank">Chaines vs. Reseaux</a></strong></div><div class="field field-name-title"><h2>Jour 9: Qui nous nourrira tous ?</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/12-12-20-day-9-who-will-feed-us-all" title="Day 9: Who Will Feed Us All?" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> <li class="translation_es last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/12-12-20-dia-9-quien-nos-alimentara" title="Día 9: ¿Quién nos alimentará? " class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Wed, 19 Dec 2012 23:00:40 +0000 Pat Mooney 10173 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-20-jour-9-qui-nous-nourrira#comments Jour 6: L’avenir de l’agriculture c’est l’avenir de la terre-mère http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-17-day-6-lavenir-de-lagriculture-cest-lavenir-de-la-terre-mere <div class="field field-name-body"><p><strong><em>C’est si ironique que nous, peuples autochtones qui ayons introduit tant d’aliments dans le monde, manquons de moyens pour échapper à la pauvreté et à la malnutrition. Avoir le control sur notre production, notamment sur quoi, comment et quand produire, ainsi que le control de la distribution, nous permettra de construire des moyens de subsistance durables. C’est ce que nous appelons la souveraineté alimentaire. </em></strong></p> <p><em>Par Tarcila Rivera Zea, Directrice général de Centro de culturas indígenas del Perú (<strong><a href="http://www.chirapaq.org.pe/" target="_blank" rel="nofollow">CHIRAPAQ</a></strong>)</em></p> <p>Parler de contrôle complet et égalitaire en termes de ressources et de produits générés par le travail, de la part des femmes et des hommes qui travaillent la terre, requiert une série de conditions sans lesquelles toute tentative de penser à un tel scénario n’est pas viable.</p> <p>Tout d’abord, pour exercer un contrôle sur les ressources économiques, sociales et politiques qui permettent la viabilité et la durabilité économique de la production pour pouvoir par la suite la transformer, la distribuer, et la convertir en un moyen de subsistance qui fournisse toutes les possibilités de se maintenir, il faut compter sur le pouvoir de décision quant à leur destin. Et à l’heure actuelle, les peuples autochtones ne le possèdent pas. Mais avant de continuer, il est nécessaire d’apporter quelques précisions sur les acteurs. </p> <p><strong>Paysans et autochtones</strong>Au sein de notre société, une forte distinction s’est établie entre les paysans et les autochtones où il est préférable d’être paysan plutôt qu’autochtone, ce qui souvent se convertit en synonyme d’indien ou de métis, comportant une dévalorisation sociale et culturelle. Dans cette situation, «paysan» fait référence à une situation professionnelle, et «autochtone» à une situation sociale. De telle manière que s’il est tout à fait vrai qu’un grand nombre de paysans sont autochtones, dans la pratique il existe une distinction entre les deux, ce qui se traduit par les lois, les politiques et les perceptions sociales en tout genre. </p> <h3><em>« Au sein de notre société il est préférable d’être paysan plutôt qu’autochtone. »</em></h3> <p>Parler de paysans implique une référence à une catégorie économico-productive où ces aspects prévalent sur tout lien holistique avec la terre. De telle manière qu’on peut être paysan et pratiquer une agriculture basée sur des facteurs industriels ou employer des formes d’exploitation qui affectent la terre. Au contraire, parler d’autochtones implique de se référer à un ensemble culturel au sein duquel l’agriculture forme une partie importante de notre travail et répond à diverses correspondances sociales, spirituelles, économiques et politiques. </p> <p>L’agriculture autochtone est fondée sur les connaissances et pratiques ancestrales où la diversité génétique s’établit selon les différents milieux géographiques et répond aux différentes conditions climatiques, environnementales et sociales. Cependant, il est indéniable que viennent s’ajouter de nombreux apports industriels face à la pression du marché et à l’impossibilité de donner une réponse immédiate aux conséquences des facteurs climatiques, depuis les ravageurs jusqu’à le désapprovisionnement d’eau. Face à cette situation, des pratiques ancestrales sont peu à peu réhabilitées en termes de gestion des terres, de l’eau et du climat, au sein de ce que nous appelons les géographies autochtones.</p> <h3><em>« L’agriculture autochtone est fondée sur les connaissances et pratiques ancestrales où la diversité génétique s’établit selon les différents milieux géographiques. »</em></h3> <p>Par ces mêmes conditions et pour les possibilités d’établir les bases d’une gestion durable de la terre, source de souveraineté alimentaire et d’une diversité de semences qui a démontré ses multiples utilités pour faire face à la malnutrition, nous prendrons en charge l’agriculture sur les fondements des peuples autochtones. </p> <p><strong>Construire le présent</strong>Actuellement, nous-autres, les communautés autochtones, sommes en train de développer différents modèles agricoles à partir de notre culture dans le but de les convertir en propositions de plaidoyer pour construire des modes de vie durables. Au cours de ce processus, il est capital d’avoir un certain contrôle des médias afin de rendre ces propositions visibles. </p> <p>Nous sommes totalement conscients que toute solution trouve son origine dans la rencontre de nos cultures et de nos traditions avec les cultures mondiales, mais ce dialogue doit s’établir. C’est pour cette raison que nous parlons de «modèles agricoles» et non pas d’une transposition de notre culture à toute la société. </p> <h3><strong>« La situation qui se présenterait, si les peuples autochtones avaient le contrôle complet et de manière égalitaire des médias pour la production agricole et sur le produit de celle-ci, serait totalement inédite dans notre histoire. »</strong></h3> <p>La situation qui se présenterait, si les peuples autochtones avaient le contrôle complet et de manière égalitaire des médias pour la production agricole et sur le produit de celle-ci, serait totalement inédite dans notre histoire en tant que part du système mondial. Cela signifierait pour nos sociétés: </p> <p> <em>Au niveau écologique :</em></p> <ol><li>Élever et cultiver la vie selon les processus naturels de renouvellement de la terre. </li> <li>S’appuyer sur une biodiversité en adéquation avec les différentes géographies et avec la production renouvelable annuelle. </li> <li>Développer la production des petites propriétés agricoles en les inter-reliant sous forme de chaînes de production qui leur permettra d’approvisionner les marchés locaux et régionaux. </li> <li>Permettre à la population de recevoir un régime alimentaire riche, sain et varié. </li> <li>Développer des systèmes alimentaires diversifiés. </li> <li>Renforcer la biodiversité, étant donné qu’en développant des moyens agro-écologiques de lutte contre les ravageurs, permettra le renforcement des chaînes biologiques originelles. </li> </ol><p><em>Au niveau social :</em></p> <ol><li>Résoudre les conflits et les fractures sociales qui ont caractérisé nos sociétés. </li> <li>Rendre le travail agricole digne et redéfinir la valeur et le rôle des peuples autochtones. </li> <li>Recentrer la valeur sociale du travail dans la production biologique, durable et son engagement envers la nature. </li> <li>Signifier une amélioration substantielle dans les revenus et la vie des peuples autochtones qui permettrait davantage d’investissement dans l’éducation et la formation professionnelle qui aide à améliorer les systèmes économiques autochtones. </li> <li>Atteindre l’autosuffisance alimentaire en trouvant ses aliments à l’intérieur des espaces géographiques et en les articulant avec d’autres compléments comme la pêche et l’élevage d’espèces locales. </li> </ol><p><em>Au niveau politique :</em></p> <ol><li>Le pouvoir de décider en termes de systèmes de production et de commercialisation signifierait des changements substantiels dans le régime économique, sur la propriété de la terre et dans l’exercice du droit territorial en tant que condition fondamentale. </li> <li>Cela signifierait que les pays puissent avancer dans la modification de leurs paradigmes sociaux et politiques. </li> <li>Les peuples autochtones et l’agriculture auraient un rôle central dans la conception, le contenu et le développement des projets nationaux, souverains et pensés en termes de développement intérieur. </li> </ol><p>Ainsi, dans notre vision de l’avenir, ces conditions nous placent dans un scénario dans lequel les fractures sociales entre peuples autochtones et non autochtones sont inexistantes, de telle manière que les peuples autochtones aient amélioré leurs conditions de vie, produisant de façon biologique et en contribuant ainsi à la récupération des écosystèmes, la biodiversité germoplasmique étant une garantie afin que les populations obtiennent un régime alimentaire riche en nutriments et en accord avec leurs zones géographiques, en établissant des mécanismes de production et de distribution alimentaire qui puissent contribuer à nourrir la population entière. </p> <h3><em>« L’amélioration de la qualité de vie des peuples autochtones contribuerait également à renforcer la position de la femme autochtone comme gardienne et éducatrice de la vie. »</em></h3> <p>Les lois et Constitution politique reflètent ce nouveau scénario par le biais d’un système légal qui garantit la propriété territoriale, stimulant la souveraineté alimentaire tout en amplifiant la frontière agricole basée sur la production diversifiée où la science et la technologie contribuent à mesurer la connaissance autochtone pour qu’elle puisse être appliquée à d’autres scénarios, tout en respectant l’esprit et les modèles d’application de ces derniers. </p> <p>L’amélioration de la qualité de vie des peuples autochtones contribuerait également à renforcer la position de la femme autochtone comme gardienne et éducatrice de la vie, en lui confiant des positions de direction et de représentation de nos peuples. </p> <p><strong>Pouvoir décider de manière souveraine</strong>Tout ce processus peut se résumer dans le concept de souveraineté alimentaire, lequel implique tout d’abord le contrôle des systèmes de production afin de pouvoir décider quoi, comment et quand produire et l’environnement culturel de sa réalisation, puis en avoir le contrôle pour le distribuer et le positionner sur différents marchés. Au cours des dernières décennies, différentes expériences ont été menées afin de permettre de bâtir ces processus, ce qui nécessite une agriculture diversifiée, durable, et respectant la Terre-mère. </p> <p>Depuis CHIRAPAQ, le Centre des cultures autochtones du Pérou, dans la région de Vilcas Huamán, Ayacucho, nous avons développé dès les années 90, en pleine période de guerre qui a affecté notre pays et particulièrement cette zone, un programme de souveraineté alimentaire qui a impliqué :</p> <ol><li>La récupération de la diversité des pommes de terre, du maïs, des haricots et des plantes médicinales. </li> <li>La récupération des méthodes et techniques agricoles en agrandissant les zones de culture et en cultivant près des grands puits naturels («ojos de agua»). </li> <li>La récupération des engrais et du contrôle des ravageurs, d’origine biologique qui ont augmenté la production agricole et diversifié le régime alimentaire des familles. </li> <li>La réintroduction de petit bétail originaire de ces zones. </li> <li>L’amélioration de l’alimentation des familles impliquées et ainsi les résultats scolaires des enfants. </li> <li>Le renforcement de l’organisation communautaire. </li> <li>Visibilité et valorisation du travail et de l’apport des femmes et des jeunes filles. </li> </ol><p>La base primordiale de cette initiative est l’articulation des cycles agricoles originaires de la région, la préservation de l’eau et l’amélioration en terre des variétés cultivées dans les champs. </p> <p>Bien que des améliorations nutritionnelles aient été établies, de même qu’en termes de qualité de vie dans les communautés impliquées dans cette proposition, sa portée actuelle est toutefois limitée. </p> <p><strong>Entre la réalité et les possibilités</strong>D’après les dernières études sur l’insécurité alimentaire, cette dernière se focalise dans les régions où vivent les peuples autochtones et dans les zones urbaines marginales dans lesquelles vivent des migrants autochtones et leurs descendants. Ironiquement, nous, peuples autochtones qui avons apporté de nombreux aliments au monde, nous n’avons pas les moyens nécessaires pour faire en sorte que ces connaissances nous aident à cesser d’alimenter les chiffres, en termes de malnutrition et de pauvreté, en augmentation. </p> <p>Nous, peuples autochtones, sommes venus construire les mécanismes pour dépasser ces abîmes sociaux. Mais le noyau central, celui du pouvoir, requiert des changements structurels dans nos sociétés, depuis la conception de ceux qui les intègrent, en font partie et participent à leur construction et à leur développement ; jusqu’aux modèles de développement et les systèmes économiques sur lesquels ils s’instaurent et les rendent viables. </p> <h3><em>« Parler de l’avenir de l’agriculture, c’est parler de l’avenir de la terre, et avec elle, des peuples autochtones et de l’humanité. »</em></h3> <p>Il va sans dire que nous avons besoin d’un Pachacuti pour transformer notre situation. Le monde en général a besoin d’un changement de paradigmes, et l’agriculture – comme expression visible de l’affection de la terre mère - nous démontre que, compte tenu des circonstances actuelles, cela est difficile. </p> <p>Parler de l’avenir de l’agriculture, c’est parler de l’avenir de la terre, et avec elle, des peuples autochtones et de l’humanité. </p> <p>Téléchargez l'article : <a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/lavenir-de-lagriculture-rivera-zea-dec2012.pdf"> <strong> L’avenir de l’agriculture c’est l’avenir de la terre-mère </strong></a></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Jour 6: L’avenir de l’agriculture c’est l’avenir de la terre-mère</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_es first"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/12-12-17-dia-6-futuro-agricultura-madre-tierra" title="Día 6: El futuro de la agricultura es el futuro de la Madre Tierra" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> <li class="translation_en last"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/12-12-17-day-6-future-agriculture-future-mother-earth" title="Day 6: The Future of Agriculture is the Future of Mother Earth" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> </ul> Mon, 17 Dec 2012 08:04:00 +0000 Tarcila Rivera Zea 10149 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-17-day-6-lavenir-de-lagriculture-cest-lavenir-de-la-terre-mere#comments Jour 5: Privé c. communautaire : une vision des Andes péruviennes http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-14-jour-5-prive-c-communautaire-une-vision-des-andes-peruviennes <div class="field field-name-body"><p></p> <p><strong><em>L’agriculture autochtone pourrait devenir un moteur pour conserver la biodiversité, promouvoir les connaissances ancestrales cruciales pour l’adaptation climatique et construire des modèles alternatifs de développement basés sur les marchés locaux. Si et seulement si les communautés sont capables de maintenir à distance les entreprises minières qui s’acapèrent toutes les ressources en eau.</em></strong></p> <p><em>Par Alexis Nicolás Ibáñez Blancas, Chercheur de l’Université Nationale Agraire de La Molina (Pérou)</em></p> <p>Le présent essai a pour objectif d’analyser l’agriculture à petite-échelle de la zone sud andine péruvienne et est consacré à cette dernière tout particulièrement.  </p> <p>De manière générale, l’agriculture à petite-échelle gérée depuis les communautés paysannes (CC) a vécu trois processus dont le plus important, ayant eu un effet déclencheur, fut la réforme agraire du début des années 70. Le premier a été lié à une plus grande participation de la population rurale, quechua et aymara, dans un contexte de changement du pays, dont l’engagement était marqué depuis la gestion du territoire. On prenait non seulement en considération la gestion de la terre, particulièrement du sol agricole, mais aussi les autres éléments comme les prairies, l’eau, les forêts, sa cosmovision et les autres composantes de son agro-écosystème. Cette vision s’est concrétisée dans la Constitution de 1979 après de nombreuses années de lutte de la part des organisations paysannes et autochtones. On disait dans cette Constitution que les CC étaient «autonomes» concernant l’utilisation des terres. De même il était signalé que les terres des CC étaient «…insaisissables et imprescriptibles. Elles sont également inaliénables…».   </p> <h3><em>« La Constitution de 1920 a reconnu les communautés indigènes comme sujet collectif. »</em></h3> <p>Ce processus était en cours depuis les années 20. La Constitution de 1920 a reconnu les communautés indigènes comme sujet collectif, puis la réforme agraire a reconnu la diversité culturelle autochtone et a consacré certains droits collectifs spécifiques comme les langues ancestrales, le droit aux terres et aux ressources naturelles, ainsi qu’à la justice coutumière. Cela a marqué l’organisation de l’agriculture à petite-échelle en fonction de trois aspects: reconnaissance des écosystèmes du territoire communal comme d’importance capitale, l’offre des services des écosystèmes du territoire, et le droit sur l’eau. </p> <p>Un deuxième processus concernait l’engagement de s’intégrer au marché, stimulé par principalement par des acteurs extérieurs à la communauté, dans un contexte de crise généralisée du pays dans les années 90, qui supposait que les petits producteurs devaient renoncer à leur autarcie afin de générer des liens avec le marché. Le système productif était conçu comme un engagement de petits entreprenariats qui exigeaient de s’articuler au marché. L’organisation politique issue de cette conception s’est basée sur une série de revendications et de demandes concernant cinq aspects: un meilleur investissement technologique, le crédit, l’éducation technologique, l’assistance technique spécialisée, et la commercialisation associative.</p> <h3><em>« Ainsi on donne une reconnaissance d’une série de formes de vision du monde, basée sur la diversité. »</em></h3> <p>Le troisième processus est issu de la compression du bon vivre, où les notions de croissance et de marché sont relativisées face à un engagement pour vivre en harmonie avec la Terre-mère. Son meilleur représentant a été le Sommet des Droits de la Terre-mère en 2010. Cette vision suppose la rupture avec le modèle de développement basé sur la croissance productive et l’accumulation, vers une vision d’équilibre entre l’être humain et les autres acteurs du monde. Ainsi on donne une reconnaissance d’une série de formes de vision du monde, basée sur la diversité, la valeur des savoirs ancestraux et sa spécificité, ainsi que la reconnaissance de la terre comme un sujet de droit et un élément clé de la vie. </p> <p><strong>En fonction de ces trois processus, l’avenir de l’agriculture paysanne devra faire face à trois grands accélérateurs de changement: </strong></p> <p><strong></strong>i)l’expansion de l’activité minière au dépend des terrains de pâturage et dans certains cas des parcelles de cultures complémentaires dans les zones d’altitude; </p> <p>ii)le changement climatique qui aura une incidence sur tout le paysage naturel des prairies andines, ou écosystème de Puna, lesquels auront possiblement tendance à avoir des espaces de plus en plus désertiques; et </p> <p>iii)d’énormes conflits pour l’eau, dans un contexte de perte de son accès comme droit fondamental et avec de plus hauts niveaux de participation privée dans la gestion de l’eau, à travers des projets d’investissement dans des grands endiguements, la perte des milieux humides, et l’exode des familles dépendant surtout de l’élevage de l’alpaga.    </p> <p>Cela configurera d’un côté les processus d’affirmation des différentes identités culturelles, comme c’est le cas du projet de nation Aymara dans l’altiplano de Puno, ou celui de la nation Chanka à Andahuaylas ; et d’un autre côté, on érigera des ponts de plus en plus solides pour permettre le «dialogue des savoirs», Iskay Yachay en Quechua et Paya Yatiwi en Aymara, permettant d’affronter les principaux problèmes liés à la perte des services des écosystèmes, contribuant à une gestion durable des Andes, et à la pratique d’une agriculture à petite-échelle qui continuera d’apporter des connaissances. </p> <h3><em>« Le rôle de l’agriculture à petite-échelle au sein du modèle de développement dominant entrerait en conflit avec le grand investissement. »</em></h3> <p>En prenant ces aspects comme base, l’agriculture à petite-échelle en zone andine sud serait reléguée dans un futur proche à un niveau d’activité de subsistance, avec l’appauvrissement de la population Quechua et Aymara, et orientée fondamentalement à l’approvisionnement alimentaire des villes intermédiaires, dû au déplacement de la population rurale vers ces villes-là. Son rôle au sein du modèle de développement dominant entrerait en conflit avec le grand investissement et l’accès à l’eau. Cependant, si les mouvements sociaux d’affirmation culturelle parviennent à consolider leur organisation, l’agriculture paysanne se convertira en un moteur de la conservation de la diversité biologique, en un puissant élément d’adhésion pour la réplique des savoirs ancestraux, une banque d’expériences pour l’adaptation à la crise mondiale et une alternative au modèle de développement actuel. </p> <p><strong>Après ce constat, on peut entrevoir trois scénarios :</strong></p> <ul><li><em>Scénario 1</em>. Un espace agraire hautement privatisé, avec d’énormes extensions dominées par les activités minières, et des conflits avec les populations paysannes, de grands travaux d’infrastructures d’accumulation d’eau, de gestion privée, et une perte des milieux humides et les services des écosystèmes désertiques et de punas. De la même manière, on observera un contexte d’une énorme fragmentation sociale et de conflits entre les villes et les populations rurales. On atteindrait un niveau de confort élevé dans les villes, par le biais des investissements, les différences entre les populations à niveaux de revenus plus élevés et les populations périurbaines ainsi que les communautés s’accentueront. On observerait un vieillissement de la population rurale et un plus grand dépeuplement de cette dernière. Dans ce cas, le rôle de l’agriculture à petite-échelle est limité du fait de la restriction de l’accès aux services des écosystèmes. Elle aurait fondamentalement une fonction de subsistance et les populations ancestrales liées à celle-ci seraient exclues des processus de développement. </li> <li><em>Scénario 2</em>. L’espace agraire fracturé où la population rurale entretient son conflit avec les activités minières et les initiatives de contrôle de l’eau, où le manque d’alliances avec les villes provoquerait un impact élevé du changement climatique et la perte de la diversité des écosystèmes.  Les villes et les communautés ne s’articuleraient qu’au travers du commerce. Les villes atteindraient de plus grands niveaux technologiques et l’automatisation de ses principales activités et moyens de subsistance. Pour réduire les conflits, on mettrait en place certaines stratégies similaires au paiement pour les services environnementaux ou taux de transfert de ressources monétaires aux populations rurales. Dans l’hypothèse de ce scénario, le rôle de l´ agriculture à petite-échelle est d’approvisionner des aliments pour les villes intermédiaires. Les populations locales se maintiennent en situation de pauvreté et sont dépendantes des transferts de ressources à partir des programmes publics, leur rôle étant limité à la conservation de la diversité et elles amènent des initiatives d’adaptation à la crise environnementale mondiale isolées.   </li> </ul><h3><em>« Le dialogue des savoirs permettrait de dépasser les tensions entre la culture occidentale et les droits de la Terre-mère. »</em></h3> <ul><li><em>Scénario 3.</em> Un espace beaucoup plus diversifié culturellement, avec des nations ancestrales affirmées et qui gèrent des espaces à échelle locale articulés les uns aux autres par le biais de villes intermédiaires comme Cusco, Juliaca et Huamanga. Une production également à l’échelle locale dans les parties basses et qui s’articulerait autour de l’élevage de l’alpaga et de troupeaux mixtes dont la production s’articulerait autour du cycle hydrologique et permettrait d’affronter le changement climatique. Les activités de caractère nettement privé se réduiraient. Le dialogue des savoirs permettrait de dépasser les tensions entre la culture occidentale et son modèle de développement face aux cosmovisions locales et aux droits de la Terre-mère. L’agriculture paysanne apporterait des éléments pour un modèle de développement alternatif, favorisant la conservation de la diversité, apportant les stratégies et les expériences pour l’adaptation à la crise environnementale mondiale, générant de nouvelles routes de connaissance depuis les savoirs ancestraux et le dialogue des savoirs, et se convertira en une activité rentable qui permet la durabilité des familles et de leurs options de développement. </li> </ul><p>Téléchargez l'article :<strong> </strong><a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/prive-c-communiautaire-ibanez-dec2012.pdf"> <strong> Privé c. communautaire : une vision des Andes péruviennes </strong></a></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Jour 5: Privé c. communautaire : une vision des Andes péruviennes</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/12-12-14-day-5-private-vs-community-view-peruvian-andes" title="Day 5: Private vs. Community: a view from the Peruvian Andes" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> <li class="translation_es last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/12-12-14-dia-5-privado-vs-comunitario-una-vision-desde-los-andes-peruanos" title="Día 5: Privado vs. Comunitario: Una visión desde los Andes peruanos" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Thu, 13 Dec 2012 23:04:00 +0000 Alexis Nicolás Ibáñez Blancas 10145 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-14-jour-5-prive-c-communautaire-une-vision-des-andes-peruviennes#comments Jour 4: La production durable d’aliments implique une alimentation saine et une vie saine http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-13-jour-4-une-production-alimentaire-durable-favorise-une-alimentation-et-un-mode-de-vie <div class="field field-name-body"><p><strong><em>Les difficultés rencontrées par l'agriculture fondée sur la biodiversité écologique  ne sont pas d'ordre technique mais politique. Les témoignages de trois pays citent que l'agriculture sans les combustibles fossiles fonctionne. Mais ces méthodes ne seront qu’adoptées largement quand nous l’emportons  sur le pouvoir politique de l'agro-industrie.</em></strong></p> <p>Par Sarojeni V. Rengam, directrice générale, Réseau d’action sur les pesticides de l’Asie et du Pacifique </p> <p>Il existe des systèmes de production alimentaire qui n’ont pas recours, ou en quantité limitée, aux combustibles fossiles et qui fournissent avec succès de la nourriture aux communautés. Dans le monde entier, des petits agriculteurs, jardiniers et autres producteurs à échelle locale ont décidé de réduire l’utilisation d’intrants non viables et nuisibles dépendant des combustibles fossiles, tels que les pesticides et engrais, ainsi que la machinerie lourde ; et ont par la même occasion réduit leur empreinte carbone.</p> <p>L’agriculture écologique fondée sur la biodiversité permet la conservation de la biodiversité et renforce les principes écologiques appropriés aux écosystèmes locaux. Cela commence par la conservation des sols fertiles, et comme le souligne le <strong><a href="http://www.panap.net/en/r/post/rice/199" target="_blank" rel="nofollow">professeur Norman Uphoff</a></strong> de l’université Cornell, « nourrissez les sols et les sols nourriront les plantes ». La fertilité des sols peut être conservée en utilisant des sources alternatives d’azote présent dans le sol, en réduisant son érosion, en pratiquant la conservation des sols et des eaux, en utilisant du fumier, le paillage et du compost. </p> <p>De telles pratiques écologiques comprennent la rotation des cultures, qui atténue l’apparition de mauvaises herbes, de maladies, et de tout autre problème lié aux insectes et animaux nuisibles, ainsi qu’une gestion des nuisibles intégrée aux écoles pratiques d’agriculture à travers la compréhension des cycles écologiques des cultures et des cycles de vie des nuisibles. Les agriculteurs sont en mesure de prendre des décisions plus éclairées dans les champs concernant l’utilisation de variétés résistantes, les dates de plantation, les contrôles biologiques des nuisibles et l’augmentation des contrôles mécaniques et biologiques des mauvaises herbes.</p> <h3><em>« L’agriculture écologique fondée sur la biodiversité commence par la conservation des sols fertiles. »</em></h3> <p>Beaucoup de ces pratiques requièrent l’utilisation de ressources écologiques locales de manière équilibrée et ensuite les régénèrent. Elles sont issues des connaissances locales et indigènes que détiennent les petits producteurs et petites productrices alimentaires depuis des générations, et développent à travers l’expérimentation et l’innovation lorsqu’ils se trouvent confrontés à des problèmes.</p> <p>Ces modèles d’agriculture écologique fondée sur la biodiversité sont largement répandus. Par exemple à Tamil Nadu, 20 000 producteurs de riz pratiquent une agriculture durable ayant peu recours aux intrants externes ; au Cambodge, 56 000 producteurs de riz pratiquent le système de riziculture intensive (SRI) sans produits chimiques et aux Philippines, environ 35 000 producteurs de riz pratiquant l’agriculture écologique fondée sur la biodiversité, utilisent l’approche <strong><a href="http://www.panap.net/en/r/post/rice/204" target="_blank" rel="nofollow">MASIPAG</a></strong> .</p> <p>L’agriculteur pratiquant le système de riziculture intensive que j’ai rencontré au Cambodge, cultive du riz, des herbes aromatiques et des légumes. Il élève des poules et des canards, et s’occupe d’une parcelle de rizière d’un hectare avec les membres de sa famille. Grâce à la méthode SRI, le riz bénéficie de plus de talles par plant, de plus grandes panicules et de grains plus lourds, et il requiert moins d’eau. En raison de son système racinaire renforcé, la plante SRI résiste mieux aux conditions climatiques extrêmes, comme les tempêtes ou les canicules. Les économies faites en arrêtant l‘usage de pesticides et d’engrais issus du commerce sont synonymes de revenu net plus élevé pour les agriculteurs. Sa fille et son fils, qui étaient partis à la ville afin de gagner leur vie, sont revenus travailler avec lui dans son exploitation. Les revenus totaux de la famille aujourd’hui sont nettement plus élevés que lorsqu’ils travaillaient en ville comme ouvriers.</p> <h3><em>« Les canards et Les poissons permettent de protéger le riz des nuisibles et ils fertilisent la rizière avec leurs excréments. »</em></h3> <p>Aux Philippines, MASIPAG s’est développée en premier lieu il y a 27 ans comme une initiative collaborative entre agriculteurs et scientifiques afin de conserver des variétés traditionnelles de riz et d’en produire de nouvelles. Aujourd’hui, le programme s’occupe d’une réserve sur place d’un millier de variétés locales de riz et d’un autre millier de sélections de riz produites par MASIPAG, dont 300 ont été cultivées par des agriculteurs. Cela comprend des variétés ayant un meilleur rendement, plus nutritives, et plus résistantes aux attaques de nuisibles. </p> <p>L’approche met la priorité sur l’autonomisation et l’organisation des agriculteurs et agricultrices pour que les recherches et le développement autour du riz soient orientés vers les besoins et créé un sentiment de propriété au sein de la classe agricole. Les agriculteurs et agricultrices du MAPISAG expérimentent continuellement des méthodes participatives ainsi que la gestion d’exploitation écologique et le développement des marchés locaux. Au-delà de la culture du maïs, de l’élevage et de la production de bétail, le programme a également étendu son activité à des systèmes agricoles intégrés diversifiés et au développement des marchés locaux biologiques.</p> <p>Il y a quelques temps, à Tamul Nadu, j’ai rencontré Ganapathy, un agriculteur qui pratique l’agriculture intégrée et durable avec peu d’intrants agricoles externes. Il cultive du riz, des fruits et légumes, il élève des vaches, des poules et des canards ainsi que des poissons dans la rizière. Ses canards et ses poissons permettent de protéger le riz des nuisibles et ils fertilisent la rizière avec leurs excréments. Les canards ont accès à la rizière pour manger les mauvaises herbes, ce qui a eu pour conséquence de réduire les besoins en main d’œuvre. D’autre part, les canards se nourrissent d’insectes et de leurs nombreux œufs. Sa petite exploitation d’un hectare est parfaitement durable et il en tire un bon revenu. Le seul intrant externe important qu’il a acquis a été une pompe prélevant les eaux souterraines. En investissant une petite somme d’argent dans une pompe à eau solaire ou un système de pompe à eau photovoltaïque, même cette pompe traditionnelle appartiendrait au passé.</p> <h3><em>« Le défi principal à relever pour imposer les systèmes alimentaires d’agriculture écologique fondée sur la biodiversité n’est pas technique, mais politique. »</em></h3> <p>SIBAT, une organisation de la société civile aux Philippines, a illuminé la vie de nombreux villages en perfectionnant un système micro-hydraulique qui génère de l’électricité et ne consomme aucun combustible fossile. Ce système géré par la communauté fournit de la lumière et de l’énergie, nécessaires aux processus de production alimentaire, et aux besoins de moyens de subsistance des ménages.</p> <p>Comme le montrent ces différents exemples d’agriculture écologique fondée sur la biodiversité, il est possible de produire de la nourriture et des fibres sans utiliser de combustible fossile : de la production et du partage de semences des agriculteurs à la production alimentaire biologique sans pesticides ni engrais, en passant par les énergies combustibles non fossiles alternatives pour l’électricité et le processus de transformation.</p> <p>Le plus grand défi qu’il reste à relever concerne le transport des denrées alimentaires vers les villes, puisque la plupart des moyens de transport dépendent toujours de combustibles fossiles. Afin de réduire cette dépendance, les communautés du monde entier optent pour une production alimentaire locale et des marchés locaux.</p> <p><strong>Produits locaux et marchés locaux </strong>Produire des denrées alimentaires et les consommer au niveau local est logique et cohérent étant donné que les coûts de transport sont réduits, et nous pouvons tirer profit des nutriments, qui disparaissent généralement lors de la transformation des aliments et de leur transport vers les supermarchés situés dans les villes. Le système d’agriculture soutenue par la communauté est un système qui fonctionne (le système Teikei au Japon par exemple), et au sein duquel les consommateurs investissent en cotisant auprès des agriculteurs biologiques ou dans l’agriculture écologique fondée sur la biodiversité. Les agriculteurs biologiques sont assurés de bénéficier de prix justes et les consommateurs assurés de recevoir des produits propres et sans additifs d’origine fossile.</p> <p>Étant donné que les consommateurs s’inquiètent de plus en plus de leur santé et ont accès aux informations, ils optent pour des denrées alimentaires issues de l’agriculture écologique fondée sur la biodiversité. Toutefois, l’accès des consommateurs urbains à des denrées alimentaires saines demeure problématique malgré la recrudescence de jardins en milieu urbain à travers le monde. C’est en cela que nous aurons toujours besoin de la volonté politique et du soutien financier des gouvernements pour accélérer le développement de la production alimentaire en matière d’agriculture écologique fondée sur la biodiversité et de technologies d’énergie renouvelable plus propres .</p> <p>Le défi principal à relever pour imposer les systèmes alimentaires d’agriculture écologique fondée sur la biodiversité n’est pas technique, mais politique. Nous devons l’emporter sur le pouvoir politique et économique du secteur agroindustriel qui favorise l’expansion d’un modèle agricole commun non viable. Les subventions des gouvernements, à la fois directes et cachées, qui alimentent ces systèmes de production non viables doivent cesser.</p> <h3><em>« Le partage d’informations doit être un processus continu puisque l’agriculture écologique fondée sur la biodiversité requiert beaucoup de connaissances. »</em></h3> <p>À la place, nous devons instaurer des politiques et des programmes qui stimulent l’adoption générale de l’agriculture écologique fondée sur la biodiversité afin de répondre aux défis futurs de production et de distribution alimentaire. Ces politiques devraient promouvoir la conservation de la biodiversité, y compris de l’agrobiodiversité, et encourager le développement de banques locales de semences. Des recherches décentralisées participatives s’appuyant sur les systèmes de connaissances des agriculteurs et des autochtones devraient être financées et institutionnalisées, et l’approche MASIPAG de partenariats entre agriculteurs et scientifiques devrait être imitée.</p> <p>Le partage d’informations, de connaissances et d’innovations doit être un processus continu puisque l’agriculture écologique fondée sur la biodiversité requiert beaucoup de connaissances. Les échanges entre les agriculteurs et les plateformes d’informations faciles d’accès sont de bonnes initiatives de partage.</p> <p>L’intégration de l’agriculture écologique fondée sur la biodiversité requerra également un soutien pour la pleine participation des organisations et mouvements de petits producteurs et petites productrices alimentaires. Leurs droits à la terre et aux ressources productives, particulièrement ceux des productrices, devront être garantis afin qu’ils puissent investir sur le long terme dans la fertilité des sols, pour qu’ils puissent développer des innovations dans les pratiques agro écologiques et puissent avoir accès aux marchés locaux ou développer des systèmes agricoles soutenus par la communauté. De plus, les gouvernements devraient réorienter les dépenses en matière d’agriculture publique vers le renforcement et le développement de pratiques agro écologiques à travers des services de vulgarisation et à travers la recherche. </p> <p>J’ai la conviction que nous pouvons mettre un terme à la dépendance qu’entretient le système alimentaire avec les combustibles fossiles, mais la solution demandera un important changement de modèle, pour lequel un engagement politique et sociétal fort s’avère dès à présent nécessaire.</p> <p>Téléchargez l'article : <a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/FR%20Sarojeni%20Rengam%20PDF_0.pdf">La production durable d’aliments implique une alimentation saine et une vie saine</a></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Jour 4: La production durable d’aliments implique une alimentation saine et une vie saine</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_es first"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/12-12-13-dia-4-la-produccion-sostenible-significa-alimentos-sanos-y-vida-saludable" title="Día 4: La producción sostenible significa alimentos sanos y vida saludable" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> <li class="translation_en last"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/12-12-13-day-4-sustainable-food-production-promotes-healthy-food-and-healthy-living" title="Day 4: Sustainable food production promotes healthy food and healthy living " class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> </ul> Wed, 12 Dec 2012 23:00:20 +0000 Sarojeni V. Rengam 10131 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-13-jour-4-une-production-alimentaire-durable-favorise-une-alimentation-et-un-mode-de-vie#comments Jour 4: L’efficacité d’énergie peut augmenter la sécurité alimentaire http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-13-jour-4-efficacite-diversification-energetiques-pour-ameliorer-acces-energie <div class="field field-name-body"><p><em><strong>L'agriculture qui utilise moins de combustibles fossiles doit être activement pratiquée. Les carburants renouvelables,  la réduction des déchets et des pertes, et l'énergie à partir de sous-produits agricoles sont autant de solutions qui permettraient aux denrées alimentaires d’augmenter, tout en abordant le changement climatique.</strong></em></p> <p><em>Par José Graziano da Silva, directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (<strong><a href="http://www.fao.org/index_en.htm" target="_blank" rel="nofollow">FAO</a></strong>)</em></p> <p>Les marchés agricole et de l’énergie sont étroitement liés l’un à l’autre, et leur relation s’est renforcée au fil du temps, avec les gains de productivité obtenus dans le domaine agricole par la mécanisation, la fertilisation et l’intensification du commerce. La chaîne agroalimentaire à l’échelle mondiale utilise 30 pour cent de l’énergie disponible dans le monde, et 70 pour cent de cette consommation se fait après que les produits aient quitté l’enceinte de la ferme.</p> <p><em><strong>« La chaîne agroalimentaire à l’échelle mondiale utilise 30 pour cent de l’énergie disponible dans le monde. »</strong></em></p> <p>Lors de la phase de production, les combustibles fossiles sont une source d’intrants non négligeable, que ce soit pour le fonctionnement des tracteurs et des machines agricoles ou pour le séchage des céréales, ou encore, indirectement, lorsqu’ils sont utilisés comme engrais non biologiques et sous la forme d’énergie électrique servant à la mise en marche des systèmes d’irrigation et d’autres équipements. Au départ des exploitations agricoles, les combustibles fossiles sont utilisés intensivement dans le transport des produits agricoles de base et pour leur transformation : ces derniers parcourent des distances toujours plus importantes du fait de la croissance de l’urbanisation et du développement du commerce.</p> <p>Aujourd’hui, l’abondance, la diversité et la résistance des ressources alimentaires au niveau mondial dépendent en grande partie de l’alimentation en énergie tout au long de la chaîne de production, jusqu’à l’assiette du consommateur. De ce fait, il est presque impossible pour le secteur agricole d’éliminer complètement le recours aux combustibles fossiles sans que se produisent une réduction radicale de la disponibilité accompagnée d’une hausse spectaculaire du prix des denrées alimentaires, et/ou une augmentation significative de la superficie des terres utilisées pour les cultures, et donc une hausse des émissions de gaz à effet de serre.</p> <p><em><strong>« Les prix accrus du pétrole sont donc une source d’inquiétude pour la sécurité alimentaire et la volatilité des prix. »</strong></em></p> <p>Cependant, si l’on considère les coûts toujours plus élevés de l’énergie et les inquiétudes portant sur leur impact sur l’environnement, les producteurs et les consommateurs de denrées alimentaires et d’énergie bénéficieraient grandement d’une amélioration de l’efficacité énergétique dans la production agricole. Le développement de la capacité du secteur agricole à fournir des services énergétiques, notamment avec l’utilisation des résidus de cultures, et d’autres coproduits de la production alimentaire, pourrait également profiter à ces deux groupes. Les avantages de l’utilisation directe des cultures vivrières dans la production d’agrocarburants sont plus difficiles à déterminer et constituent une possible menace pour les consommateurs les plus vulnérables.</p> <p>Pour pouvoir nourrir la population du monde entier en 2050, la production alimentaire devra augmenter de 60 pour cent. Cette augmentation devra provenir, en grande partie, d’une <strong><a href="http://www.fao.org/docrep/016/ap106e/ap106e.pdf" target="_blank" rel="nofollow">intensification de l’activité agricole</a></strong>. L’augmentation des besoins énergétiques pour la production alimentaire, et la dépendance accrue de l’agriculture aux combustibles fossiles donnent à s’inquiéter pour la durabilité, la sécurité alimentaire et le changement climatique. Les prix de l’énergie sont liés aux <strong><a href="http://www.fao.org/docrep/014/i2454e/i2454e00.pdf" target="_blank" rel="nofollow">prix croissants de l’alimentation</a></strong> et les prix accrus du pétrole sont donc une source d’inquiétude pour la sécurité alimentaire et la volatilité des prix.</p> <p>Une augmentation de 33 pour cent de la demande totale en énergie est attendue pour la période allant de 2008 à 2035, les pays en développement étant responsables d’une grande partie de cette hausse. Avec les politiques actuelles, les combustibles fossiles devraient fournir 81 pour cent de la croissance de la demande énergétique dans les décennies à venir. Cependant, les réserves de pétrole disponibles devraient entraîner des coûts d’extraction plus élevés, une volatilité accrue du marché, et des impacts plus prononcés sur l’environnement. Des prix plus élevés du pétrole provoquent, directement et indirectement, une hausse des coûts de production pour les exploitants agricoles, coûts qui se répercutent par la suite sur les consommateurs.</p> <p><em><strong>« La production alimentaire et les modèles actuels d’utilisation de l’énergie ne sont pas viables sur le long terme. »</strong></em></p> <p>La production alimentaire primaire et la chaîne d’approvisionnement alimentaire, dont une des conséquences est la production de gaz d’enfouissement, causés par les déchets alimentaires, contribuent à approximativement <strong><a href="http://www.fao.org/docrep/014/i2454e/i2454e00.pdf" target="_blank" rel="nofollow">22 pour cent</a></strong> du total des émissions de gaz à effet de serre. Quinze pour cent supplémentaires résultent du <strong><a href="http://www.ipcc-wg3.de/assessment-reports/ar4/.files-ar4/Chapter09.pdf/view" target="_blank" rel="nofollow">changement d’affectation des terres</a></strong>, lié en particulier à la déforestation occasionnée par le développement de l’étendue des terres affectées à l’agriculture.</p> <p>L’énergie est essentielle à la sécurité alimentaire et au développement, mais la production alimentaire et les modèles actuels d’utilisation de l’énergie ne sont pas viables sur le long terme si nous voulons atteindre les objectifs fixés en matière de changement climatique. Si nous nous dirigeons vers une utilisation réduite et plus rationnelle des combustibles fossiles dans la chaîne de production agricole, plusieurs opportunités s’offrent à nous en terme de revenus pour les producteurs et donc de sécurité alimentaire, tout en permettant de limiter les émissions de gaz à effet de serre et d’améliorer les moyens de subsistance ruraux.</p> <p><strong>Efficacité énergétique</strong>Alors que dans le secteur agricole, l’énergie utilisée par unité produite n’a cessé de diminuer au cours des dernières décennies, une meilleure efficacité énergétique pourrait bénéficier aux producteurs en occasionnant une baisse des coûts, ainsi qu’aux consommateurs, qui profiteront ainsi de prix plus bas. L’utilisation de combustibles fossiles peut être réduite directement par des changements dans les pratiques du travail du sol qui réduisent la consommation d’énergie, et éventuellement les émissions de gaz à effet de serre en capturant le CO2 présent dans le sol, ainsi que les pertes sur les cultures à cause de la sécheresse.</p> <p>Une réduction des pertes lors des phases de récolte, de transport et de transformation tout au long de la chaîne d’approvisionnement, ainsi qu’une utilisation plus rationnelle de la nourriture par un moindre gaspillage des consommateurs, produiraient des gains directs d’efficacité énergétique, provoquant une augmentation de la quantité de nourriture disponible tout en réduisant la superficie de terres nécessaire pour satisfaire la demande.</p> <p><strong>La diversification de l’énergie grâce aux énergies renouvelables</strong>La diversification de l’utilisation de l’énergie par le secteur agricole, à travers la production d’énergies renouvelables provenant du secteur agricole, peut également offrir de nombreux avantages. Une production « sur place », sur l’exploitation, et plus généralement par le secteur agricole, d’énergies renouvelables, qui soit efficace et rentable, réduirait les coûts et diminuerait les risques de chocs sur les prix venant du secteur de l’énergie.</p> <p>La production d’agrocarburants liquides, par exemple, a le potentiel d’agir sur les revenus des producteurs et des vendeurs nets de produits agricoles de base. Cependant, cette production concerne en règle générale des producteurs plus riches et s’occupant d’exploitations plus grandes, alors que les risques liés aux prix sont souvent supportés par les consommateurs les plus vulnérables. Jusqu’ici, la production a toujours largement dépendu de l’intervention publique, et une attention particulière doit être portée à la coordination des objectifs en matière de sécurité alimentaire et énergétique.</p> <p>Même si l’utilisation de produits alimentaires pour la production d’énergie doit être soumise à une certaine prudence, l’utilisation d’extrants agricoles (comme les résidus de cultures et forestiers, les biogaz, la biomasse forestière, et les cultures destinées à la production d’énergie dans un système où plusieurs variétés sont exploitées) élargie les possibilités pour les producteurs afin de stabiliser les revenus de leur exploitation. La production d’énergie renouvelable peut également atténuer les effets négatifs de la volatilité des marchés des combustibles fossiles.</p> <p><strong>L’accès à l’énergie et la sécurité alimentaire à travers une production intégrée des produits alimentaires et de l’énergie</strong>Comme cela a été mentionné plus haut, l’utilisation de coproduits dans la production agricole/de nourriture, tels que la paille de blé, la balle de riz, et les rafles de maïs, peut en fait promouvoir la sécurité alimentaire et faire augmenter les revenus des exploitations en augmentant les rendements de production alimentaire, en représentant une source supplémentaire de revenus, et en stimulant la production alimentaire, tout en limitant éventuellement l’utilisation des combustibles fossiles sur le marché de l’énergie.</p> <p>Il est essentiel, pour garantir la durabilité du système, d’identifier les technologies de production d’énergie dont l’utilisation est réaliste d’un point de vue économique. Les innovations visant à améliorer l’efficacité de la production d’énergie au niveau des exploitations peuvent limiter les dépenses, faire diminuer les besoins en main d’œuvre et améliorer l’accès à l’énergie pour les ménages agricoles et dans les communautés rurales en général, contribuant ainsi à combler l’écart entre la demande en énergie et l’accès à l’énergie dans les pays en développement.</p> <p>Réduire la dépendance aux combustibles fossiles dans la chaîne de production agricole peut avoir de multiples avantages pour le secteur, et contribuer à atténuer les effets du changement climatique. Même s’il est impossible, à l’échelle mondiale, d’éradiquer totalement l’utilisation des combustibles fossiles dans la production et les chaînes de valeurs agricoles, une utilisation plus efficace de l’énergie, une baisse de la consommation des combustibles fossiles, et une utilisation plus fréquente des énergies renouvelables dans le secteur agricole, au moyen de processus qui favorisent la sécurité alimentaire plutôt que de la menacer, sont des initiatives qui doivent être appliquées à chaque fois que cela est possible.</p> <p>Téléchargez l'article : <a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/FR%20da%20Silva%20PDF_0.pdf">L’efficacité d’énergie peut augmenter la sécurité alimentaire</a></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Jour 4: L’efficacité d’énergie peut augmenter la sécurité alimentaire</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/12-12-13-day-4-energy-efficiency-diversification-increase-access-energy-food-security" title="Day 4: Energy Efficiency and Diversification can Increase Access to Energy and Food Security" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> <li class="translation_es last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/12-12-13-dia-4-la-eficiencia-energetica-puede-aumentar-la-seguridad-alimentaria" title="Día 4: La eficiencia energética puede aumentar la seguridad alimentaria" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Wed, 12 Dec 2012 23:00:01 +0000 José Graziano da Silva 10134 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-13-jour-4-efficacite-diversification-energetiques-pour-ameliorer-acces-energie#comments Jour 6: Cessez de parler d’égalité http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/cessez-de-parler-d%E2%80%99egalite <div class="field field-name-body"><p><em><strong>Les chefs d’entreprise changent de comportement dès lors qu’ils y voient un intérêt pour eux et pour leurs entreprises. Si nous voulons qu’ils changent leur façon de faire des affaires, il faut cesser de parler de justice et d’égalité entre les sexes et, qu’à la place, nous leur montrions en quoi un système alimentaire plus équitable engendre des profits durables.</strong></em></p> <p>Par <a href="http://blogs.oxfam.org/fr/user/profile/tinna-c-nielsen"><strong>Tinna Nielsen</strong></a>, consultante en diversité et inclusion pour Arla Foods Amba<strong></strong></p> <p><strong>Les chefs d’entreprise changent de comportement dès lors qu’ils y voient un intérêt pour eux et pour leurs entreprises</strong>. Si nous voulons qu’ils changent leur façon de faire des affaires, il faut cesser de parler de justice et d’égalité entre les sexes et, qu’à la place, nous leur montrions en quoi un système alimentaire plus équitable engendre des profits durables.<strong></strong></p> <p>Dans le cadre de mon travail d’anthropologue économique au sein d’une entreprise laitière et agroalimentaire du secteur privé, j’ai observé comment un changement de discours pouvait entraîner un changement de comportement parmi les chefs d’entreprise, ce qui entraine à son tour une plus grande égalité entre les sexes. Le fait de détourner l’emphase de la « justice », des « femmes » et de la « responsabilité sociale » en faveur du « profit » est ce qui a le mieux fonctionné.</p> <p>Si nous nous attendons à ce que les entreprises du secteur privé contribuent au développement d’un système alimentaire qui est « juste pour les femmes », il faut que nous donnions les moyens aux personnes privilégiées de travailler autrement.</p> <h3>De « l’égalité » aux « résultats »</h3> <p>Tous les discours sont connotés, et dans le monde des affaires, les discours sur l’égalité des sexes et sur la responsabilité sociale des entreprises impliquent malheureusement d’aider les minorités pour le bien des minorités. Au cours des dernières décennies, cette approche n’a pas eu de grand impact sur la vie des femmes ou des personnes vivant en situation de pauvreté, ni n’a fait évoluer l’état d’esprit et le comportement des chefs d’entreprise.</p> <h3><em>"Les discours sur l’égalité des sexes et sur la responsabilité sociale des entreprises n’ont pas eu de grand impact sur la vie des femmes ou des personnes vivant en situation de pauvreté.</em></h3> <p><strong><a href="http://www.internationalbusinessreport.com/files/ibr2012%20-%20women%20in%20senior%20management%20master.pdf" rel="nofollow">Une étude de 2011</a></strong> révèle que les femmes détiennent actuellement 20 % des postes de direction au niveau mondial, contre 24 % en 2008. C’est seulement 1 point de plus qu’en 2004. À l’échelle mondiale, les femmes détiennent uniquement 9 % des postes de direction générale, même si la proportion de femmes sur le marché du travail et à des postes de cadre augmente continuellement. Il n’y a pas eu de réel progrès ces dernières années au niveau de la diversité de genre au sein des plus hautes sphères des corps institutionnels de prise de décisions, malgré un nombre grandissant d’entreprises instaurant l’égalité entre les sexes et des initiatives de diversité et d’inclusion.</p> <p>De part mon expérience, j’ai pu observer qu’en mettant l’accent sur les bénéfices commerciaux (de meilleurs résultats, des coûts réduits, des nouvelles parts de marché et des profits durables), on peut changer la mentalité et le comportement des dirigeants d’entreprise. Lorsque l’égalité et la diversité sont perçues comme favorisant le succès de l’entreprise – tels des leviers de performance plutôt que des objectifs en tant que tels – elles comptent aux yeux de ces mêmes dirigeants.</p> <p>Un tel contre-discours a fonctionné dans l’entreprise internationale où je travaille. Au lieu d’établir des objectifs pour l’égalité et la diversité, nous avons fixé un objectif stratégique sur la composition des équipes : chaque équipe, à tous les niveaux, ne doit compter plus de 70 % de personnes du même sexe, de la même génération, du même milieu ethnique ou de même nationalité, et du même domaine disciplinaire/de la même formation. Le raisonnement sous-jacent est qu’en encourageant l’hétérogénéité des points de vue et des perspectives, la performance augmente.</p> <p><a href="http://press.princeton.edu/titles/8353.html" rel="nofollow"><strong>Des études</strong></a> et les meilleures <a href="https://rowman.com/ISBN/9781442210455" rel="nofollow"><strong>pratiques</strong></a> ont prouvé que l’inclusion d’une diversité de perspectives et de milieux entraîne des solutions et décisions plus durables et innovantes, car des équipes diversifiées échangent plus d’informations, font de meilleures prévisions et adoptent une optique plus orientée vers le long terme. Cela peut avoir de profonds impacts pour les entreprises, ainsi que pour les producteurs et consommateurs.</p> <p>Au fil des années, j’ai pu constater que les premières personnes qui font la promotion de tels changements sont celles pour qui la diversité implique la synergie, l’innovation et la performance. Bien que la quête de justice sociale soit tout à fait louable, <a href="http://hbr.org/1996/09/making-differences-matter-a-new-paradigm-for-managing-diversity/ar/1" rel="nofollow"><strong>elle ne semble pas encourager</strong></a> les leaders à promouvoir plus de diversité au sein de leur entreprise. Au contraire, c’est plutôt l’argument commercial en faveur de la diversité et de l’intégration des femmes qui semble les pousser à agir.</p> <h3>La diversité favorise l’accès des femmes à l’alimentation</h3> <p>Bien que la diversité au sein des entreprises soit importante, elle ne suffit pas à provoquer à elle seule un changement significatif. Les entreprises doivent chercher à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement et à cibler des consommateurs plus variés dans le cadre de leur processus d’innovation et de leur modèle d’affaires. Cela peut avoir un impact significatif sur la sécurité alimentaire et sur l’autonomisation des femmes vivant en situation de pauvreté.</p> <h3><em> "Les entreprises doivent chercher  à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement et à cibler des consommateurs plus variés."</em></h3> <p>Par exemple, dans le cadre du processus d’innovation commerciale dans <a href="http://www.arla.com/" rel="nofollow"><strong>l’entreprise agroalimentaire internationale</strong></a> pour laquelle je travaille, nous avons consulté des personnes en situation de pauvreté en Afrique qui ne consommait pas les produits de l’entreprise. Cela a porté ses fruits à la fois pour l’entreprise et pour les femmes vivant en situation de pauvreté.</p> <p>Lorsque les dirigeants de l’entreprise ont appris que les femmes en situation de pauvreté n’avaient pas les moyens d’acheter du lait infantile en raison de son coût élevé, l’entreprise a décidé de produire du lait infantile en petit format, donc plus abordable. Les bébés n’ont pas été les seuls à bénéficier d’un accès plus sûr à la nourriture. Ces femmes, qui auparavant ne consommaient pas, ont soudain acquis le statut d’importantes consommatrices aux yeux de l’entreprise.</p> <p>Un autre exemple souligne comment la collaboration avec des petits producteurs en Afrique a donné aux dirigeants de l’entreprise de nouveaux enseignements sur la façon de maintenir les prix et les coûts stables. La volatilité du marché des fèves de cacao conduisait souvent les producteurs à changer de culture afin de survivre, ce qui engendrait indirectement une envolée des prix des fèves de cacao. L’entreprise s’est rendue compte qu’en contribuant à un meilleur niveau de vie en terme de sécurité alimentaire et d’éducation pour les familles de producteurs de fèves de cacao, elle pouvait éviter que les producteurs se dirigent vers l’industrie de l’huile de palme. Il y avait là clairement un argument commercial en faveur du maintien de prix d’approvisionnement stables dans un marché volatile.</p> <p>Certaines sociétés entreprennent ce genre de collaboration inclusive avec des petits producteurs dans le cadre de leurs engagements de responsabilité sociale. Je pense que davantage d’entreprises en feraient de même si l’argument de rentabilité leur était présenté.</p> <h3>Donnons aux personnes privilégiées les moyens d’agir</h3> <p>Les puissants chefs d’entreprises (qui s’avèrent être l’un des nombreux freins à un système alimentaire plus juste) ne se réveillent pas le matin en se demandant quel impact ils sont sur les personnes en situation de pauvreté et sur les petits producteurs dans les pays en développement. Pour que les chefs d’entreprises changent de comportement, il faut leur présenter un argument de rentabilité, et non un argument de responsabilité sociale.</p> <h3><em>"Pour que les chefs d’entreprises changent de comportement, il faut leur présenter un argument de rentabilité, et non un argument de responsabilité sociale."</em></h3> <p>Nous devons donc changer de discours : un système alimentaire juste est un système au sein duquel chacun a accès à la nourriture, car cela signifie plus de consommateurs et des profits plus durables pour les entreprises alimentaires.</p> <p>Nous devons changer la manière dont les personnes privilégiées gouvernent leurs actions. Cela commence par du développement personnel, pour que les dirigeants d’entreprises ainsi que leurs employés acquièrent une nouvelle conscience du monde. Ils ne changeront pas fondamentalement leurs entreprises et leurs façons de commercer tant qu’ils ne se rendront pas compte de l’importance de consulter et de travailler avec des personnes différentes d’eux-mêmes sur le marché international</p> <h3>Pour avancer</h3> <p>Je suis convaincue qu’en donnant aux leaders du secteur privé les moyen de créer des modèles d’affaires plus inclusifs, cela aura un effet multiplicateur. Il suffira d’un changement chez quelques puissants dirigeants pour que tout le secteur finisse par changer.</p> <p>Jusqu’à présent nous n’avons pas vu le nombre de femmes à des postes de direction augmenter malgré tous les efforts réalisés pour favoriser leur représentation. Ces efforts ont peu d’effet lorsque celles-ci font partie d’un système de pouvoir où le profit et les ambitions personnelles sont les vrais dictateurs du comportement.</p> <h3><em>"Ces efforts ont peu d’effet lorsque celles-ci font partie d’un système de pouvoir où le profit et les ambitions personnelles sont les vrais dictateurs du comportement."</em></h3> <p>Il est temps de cesser de lancer des initiatives au nom de la justice. Il faut plutôt faire pression sur les dirigeants des secteurs public et privé pour qu’ils s’engagent à réduire l’homogénéité chez ceux qui sont responsables de la prise de décision. La collaboration avec une diversité de parties prenantes doit devenir un pilier central de leur modèle d’affaires.</p> <p>Cela engendrera, je le pense, une transformation fondamentale qui contribuera à un système alimentaire « plus juste » pour les femmes... et pour tous.<strong></strong><strong></strong><em><strong></strong></em></p> <p>Téléchargez l'article :<strong></strong><strong> </strong><a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/Tinna-Nielsen_Discussion-en-ligne-Oxfam.pdf"><strong>Cessez de parler d’égalité</strong></a><em><strong><a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/Tinna-Nielsen_Discussion-en-ligne-Oxfam.pdf"> </a></strong></em></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Jour 6: Cessez de parler d’égalité </h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_es first"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/dejemos-de-hablar-de-igualdad" title="Día 6: Dejemos de hablar de igualdad" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> <li class="translation_en last"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/stop-talking-about-equality" title="Day 6: Stop Talking About Equality" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> </ul> Mon, 26 Nov 2012 00:00:01 +0000 Tinna C. Nielsen 10072 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/cessez-de-parler-d%E2%80%99egalite#comments