Oxfam International Blogs - terre http://l.blogs.oxfam/fr/tags/terre fr Il est temps que la Banque mondiale montre l’exemple sur la question des terres http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-27-il-est-temps-que-la-banque-mondiale-montre-l%E2%80%99exemple-sur-la-question-des-terres <div class="field field-name-body"><p><strong>Ces dernières années, Oxfam a mis à jour de nombreuses informations sur <a href="http://www.oxfam.org/fr/cultivons/policy/notre-terre-notre-vie" target="_blank" title="Notre terre, notre vie - Rapport Oxfam 2012" rel="nofollow">l’étendue et l’impact des accaparements de terres</a></strong> dans les pays où nous travaillons. Nous avons alors pris conscience qu’il s’agissait d’un phénomène à la fois rapide et de grande échelle et nous avons décidé d’agir. Nous croyons fermement que la Banque mondiale occupe une position unique pour changer la donne et c’est pourquoi nous l’exhortons à prendre les devants pour modifier les règles qui régissent la vente et l’achat des terres agricoles dans les pays en développement. La Banque a entendu nos appels et s’est engagée à travailler de manière plus approfondie avec Oxfam sur la question des terres. Aujourd’hui, il est temps de faire avancer les choses.</p> <h3>Quel est le problème ?</h3> <p>La <strong><a href="http://pinterest.com/pin/223702306462572704/" target="_blank" title="Les cas d'accaparement de terres les plus importants et dangereux (infographie en anglais)" rel="nofollow">ruée vers les terres</a></strong> des pays en développement est de grande ampleur. Dans les pays pauvres, les investisseurs étrangers acquièrent tous les cinq jours une surface de terre équivalente à deux fois la taille de Mexico. Au Liberia, plus de 30 % des terres ont déjà été distribuées sous forme de concessions de grande échelle au cours des cinq dernières années, avec souvent des conséquences désastreuses pour les populations locales. Nous n’accusons pas la Banque mondiale d’être responsable de cette situation mais nous lui demandons de devenir notre partenaire pour nous aider à empêcher que les accaparements de terres continuent de faire des victimes parmi les personnes les plus pauvres.</p> <h3>Pourquoi ciblons-nous la Banque mondiale ?</h3> <p>Des gouvernements aux investisseurs privés, nombreux sont les acteurs qui jouent un rôle dans les accaparements de terres. Toutefois, la manière la plus vigoureuse et efficace de s’attaquer à ce problème n’est pas de cibler chacun d’entre eux. Nous devons adopter une approche plus globale, en ciblant les institutions qui influencent ces divers acteurs, qui tiennent les rênes et qui sont censées montrer l’exemple à travers le monde. La Banque mondiale est la première de ces institutions internationales. Elle apporte des financements vitaux aux pays en voie de développement sur tous les continents et <strong>elle joue un rôle de premier plan dans les transactions foncières mondiales</strong>. Non seulement la Banque mondiale établit-elle les normes à suivre par les autres investisseurs et agit-elle comme conseiller politique auprès des gouvernements des pays en développement, mais elle a aussi inscrit la réduction de la pauvreté au cœur de ses objectifs. </p> <p>Étant donné que les investissements de la Banque en faveur de l’agriculture se situaient entre 6 et 8 milliards de dollars en 2012, soit une hausse importante par rapport aux 2,5 milliards de dollars de 2002, il va sans dire qu’elle influence le domaine des transactions foncières. Un trop grand nombre de ces transactions se sont transformées en situations litigieuses : depuis 2008, <strong>21 plaintes impliquant des différends fonciers ont été déposées contre la Banque mondiale</strong> par des communautés (Oxfam s’est constitué partie plaignante dans un certain nombre d’entre elles). Même si ces affaires ne concernent pas toutes le type d’investissement sur lequel porte notre campagne, c’est-à-dire les accaparements de terres, elles n’en sont pas moins un bon indicateur de l’imperfection du processus de diligence requise de la Banque mondiale. Et selon les statistiques de la Banque elle-même, le nombre d’affaires liées à l’industrie agro-alimentaire n’a cessé d’augmenter ces quatre dernières années. </p> <p>Nous estimons que si la Banque mondiale n’adopte pas de normes plus exigeantes, il est bien peu probable que les autres institutions financières le fassent. C’est pourquoi <strong>la Banque doit montrer le chemin</strong> car nous espérons pouvoir l’utiliser comme exemple pour encourager le changement au sein d’autres institutions, des banques régionales de développement aux investisseurs privés. Nous n’attaquons pas la Banque ; nous cherchons à l’encourager à utiliser son immense pouvoir pour changer durablement l’orientation du débat sur les transactions foncières. Et qui pourrait s’y opposer ?</p> <h3>Que doit faire la Banque mondiale, selon nous ?</h3> <p>La <strong><a href="http://www.banquemondiale.org" target="_blank" title="Site officiel de la Banque mondiale" rel="nofollow">Banque mondiale</a></strong> peut agir de manière décisive pour mettre fin à la ruée mondiale sur les terres en gelant pendant six mois ses propres investissements dans les acquisitions à grande échelle et en mettant de l’ordre dans ses affaires. À l’heure actuelle, nous demandons à la Banque mondiale d’établir des normes, que les autres investisseurs devront suivre eux aussi, visant à garantir qu’aucune transaction foncière de grande échelle ne soit effectuée au détriment des personnes vivant sur les terres concernées. </p> <p>La Banque mondiale doit également rendre ces transactions plus transparentes afin que les communautés et les gouvernements puissent demander des comptes aux investisseurs. De surcroît, elle devrait s’assurer de l’adhésion de la communauté à chacun des projets dans lesquels elle investit et agir en faveur de la promotion des droits et de la bonne gouvernance foncière.</p> <h3>Quels engagements la Banque a-t-elle déjà pris et quelles sont les prochaines étapes ?</h3> <p><strong><a href="http://blogs.worldbank.org/voices/fr/accaparement-des-terres-agricoles-position-du-groupe-de-la-banque-mondiale" title=" la véritable position du Groupe de la Banque mondiale - blog de la Banque mondiale" rel="nofollow">La Banque s’est déjà engagée publiquement</a></strong> dans notre campagne, ce qui est formidable. <strong><a href="http://www.banquemondiale.org/fr/news/2012/10/04/world-bank-group-statement-oxfam-report-our-land-our-lives" target="_blank" title="Réaction du Groupe de la Banque mondiale à la note d’information « Notre terre, notre vie » d’Oxfam - Banque mondiale" rel="nofollow">Elle reconnaît que des abus ont eu lieu et partage nos préoccupations</a></strong> concernant les accaparements de terres. Elle s’est également engagée à entrer en discussion avec Oxfam à ce sujet. Mais cela ne suffit pas. Il y a trois mois déjà que nous avons commencé cette campagne et il est temps de passer à l’action. La Banque mondiale nous a déjà confirmé qu’elle n’envisage pas de geler ce type de transaction pendant six mois, comme nous le lui avions demandé (nous avons répondu à la Banque pour lui expliquer <strong><a href="12-11-08-pourquoi-banque-mondiale-fait-fausse-route-acquisitions-terres" title="Pourquoi la Banque mondiale fait fausse route (jusqu’à maintenant) sur les transactions foncières à grande échelle - Blog Oxfam" rel="nofollow">pourquoi elle avait tort</a></strong> de penser que le gel des transactions foncières était une mauvaise idée. Nous continuerons donc de lui demander d’agir dans ce sens. De plus, nous voulons entendre la réponse de la Banque mondiale concernant nos autres demandes, énoncées plus haut. Elle n’est peut-être pas d’accord avec le gel des investissements mais cela ne l’empêche pas d’améliorer ses politiques.</p> <p><strong>Aujourd’hui, la Banque mondiale a une occasion en or</strong> de remplir son rôle en tant que leader mondial en montrant qu’elle peut réellement s’affirmer comme une force pour le bien.</p> <p>Si ce n'est déjà fait, <strong><a href="http://www.oxfam.org/fr/cultivons/terres/accaparements-terres-agissez-maintenant" target="_blank" title="Agissez maintenant pour mettre fin aux accaparements de terres" rel="nofollow">demandez à la Banque mondiale d'agir dans le bon sens</a></strong></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Il est temps que la Banque mondiale montre l’exemple sur la question des terres</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/12-12-21-time-for-world-bank-be-land-leader" title="It’s time for World Bank to be a land leader" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> <li class="translation_es last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/12-12-21-es-hora-de-que-el-banco-mundial-proteja-la-tierra" title="Es hora de que el Banco Mundial proteja la tierra" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Thu, 27 Dec 2012 15:34:28 +0000 Marloes Nicholls 10189 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-27-il-est-temps-que-la-banque-mondiale-montre-l%E2%80%99exemple-sur-la-question-des-terres#comments Jour 6 : C’est judicieux et c’est juste http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-17-jour-6-egalite-entre-hommes-femmes-intelligente-et-juste <div class="field field-name-body"><p><strong><em>Bien que l’agriculture dépende de plus en plus de la main d’œuvre féminine, les femmes manquent de sécurité foncière ce qui limite sérieusement leur influence sur les décisions agricoles. Réduire l’écart entre les femmes et les hommes au niveau des droits fonciers augmenterait la productivité et le rendement total. Et cela soutiendrait les femmes dans l’exercice de leurs droits comme citoyennes.</em></strong></p> <p><em>Par Madiodio Niasse, directeur de secrétariat, Coalition internationale de la terre (<a href="http://www.landcoalition.org/" rel="nofollow"><strong>ILC</strong></a>)</em></p> <p>Les femmes représentent une part importante de la main d’œuvre agricole dans les pays en développement : la <a href="http://www.fao.org/docrep/013/i2050e/i2050e.pdf" target="_blank" rel="nofollow">FAO</a> cite le chiffre de 43 pour cent, tandis que pour <a href="http://www.unwomen.org.au/LiteratureRetrieve.aspx?ID=81467" target="_blank" rel="nofollow">l’UNIFEM</a>, elle serait de l’ordre de 60 à 80 pour cent. Ces chiffres, même s’ils sont parfois controversés, sont une plausible illustration de la réalité, qui s’inscrit dans une tendance plus marquée à la féminisation de la main d’œuvre agricole. </p> <p>Cette tendance devrait se maintenir et même s’accélérer sous l’effet d’un taux d’émigration plus élevé chez les hommes, conjugué à une forte incidence de maladies comme le VIH et le SIDA. De plus en plus de veuves et d’orphelines se retrouveront à la tête d’exploitations familiales et constitueront le gros de la main d’œuvre agricole dans les familles. </p> <p>Mais il y a un décalage entre le rôle de plus en plus essentiel joué par les femmes dans la production agricole et leur accès encore limité aux droits à la sécurité foncière des sols qu’elles cultivent. On estime que moins de cinq pour cent des femmes dans les pays en développement jouissent des droits à la sécurité foncière, avec d’importantes disparités relevées d’un pays à l’autre (<strong><a href="http://www.fao.org/docrep/013/i2050e/i2050e.pdf" target="_blank" rel="nofollow">FAO </a></strong>2011 ; <strong><a href="http://www.unwomen.org.au/LiteratureRetrieve.aspx?ID=81467" target="_blank" rel="nofollow">UNIFEM</a></strong> sans date.). Lorsque les femmes jouissent de ces droits, la taille des exploitations a tendance à être beaucoup plus petite que les sols cultivables contrôlés par les hommes. </p> <h3><em>« Mais il y a un décalage entre le rôle de plus en plus essentiel joué par les femmes dans la production agricole et leur accès encore limité aux droits à la sécurité foncière des sols qu’elles cultivent. »</em></h3> <p>Au Burkina Faso et au Bénin, une étude de la <strong><a href="http://econ.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/EXTDEC/EXTRESEARCH/EXTWDRS/EXTWDR2012/0,,contentMDK:22999750~menuPK:8154981~pagePK:64167689~piPK:64167673~theSitePK:7778063,00.html" target="_blank" rel="nofollow">Banque mondiale</a></strong> a trouvé que la superficie des terres cultivées par les femmes ne représentait en moyenne que 12,5 pour cent et 50 pour cent respectivement de celle cultivée par les hommes.</p> <p>Si la sécurité foncière est acquise lorsque les droits fonciers communautaires ou individuels sont reconnus en droit public et que les détenteurs de droits sont prémunis contre la privation arbitraire et bénéficient des avantages économiques qui leur sont inhérents, la sécurité foncière devient alors une construction sociale dont la signification varie d’un contexte socioculturel à l’autre. </p> <p>Par conséquent l’efficacité des moyens (légaux entre autres) de garantir la sécurité foncière dépend du contexte. La propriété foncière peut être un moyen d'obtenir la sécurité foncière, mais il s’agit rarement d’une condition suffisante ou du seul moyen de sécuriser les droits fonciers.  </p> <p>Alors que le secteur agricole est de plus en plus tributaire du travail des femmes, leur influence sur les décisions agricoles est limitée du fait qu’elles sont privées de sécurité foncière. C’est pour cela que la réduction des inégalités d’accès aux droits à la sécurité foncière entre les femmes et les hommes est tout à fait sensée du point de vue économique, ainsi que sous l’angle de la justice sociale et des droits humains.</p> <p>L’augmentation de la productivité et de la production totale du secteur agricole serait un des résultats les plus directs et les plus tangibles de cette réduction des inégalités, étant donné que l’accès équitable à la terre est étroitement associé à une meilleure efficacité dans le secteur agricole. La sécurité foncière contribue sensiblement à créer les incitations nécessaires à l’augmentation des investissements agricoles qui entraîneront eux-mêmes une hausse de la productivité.</p> <p>Le rapport Foresight 2011 donne un exemple du Burkina Faso, où la productivité des parcelles cultivées par les femmes était inférieure de 30 pour cent à celles cultivées par les hommes, essentiellement en raison d’un apport plus important d’engrais et de main d’œuvre. </p> <p>Le fait que les femmes n’aient aucun contrôle sur la terre est aggravé par les obstacles qu'elles rencontrent dans les divers segments de la chaîne de valeur agricole – accès aux services d’intrants, de vulgarisation, de transformation, de marchés, etc. </p> <h3><em>« La réalisation de l’égalité entre hommes et femmes en matière de propriété foncière confèrerait aux femmes une autonomie ainsi qu’une plus grande influence sur les modes d’utilisation de la terre. » </em></h3> <p>Selon la FAO, la réduction des inégalités dans l’agriculture entre hommes et femmes conduirait à une hausse du rendement agricole de l’ordre de 20 à 30 pour cent en moyenne sur les terres cultivées par les femmes, ce qui représente 2,5 à 4 pour cent d’augmentation de la production alimentaire nationale, et une réduction de 10 à 20 pour cent du nombre de personnes souffrant de malnutrition dans le monde (100 à 150 millions de personnes sur 950 millions). </p> <p>D’autres exemples dans le monde montrent que lorsque les femmes ont plus d’influence sur les décisions économiques (comme c’est le cas lorsqu’elles jouissent des droits fonciers), leurs familles consacrent une plus grande part de leurs revenus à l’alimentation, la santé, l’éducation, aux vêtements des enfants, et à leur nutrition.</p> <p>La réduction des disparités entre les hommes et les femmes dans l’accès à la terre aiderait également à améliorer l’inclusion sociale et l’identité des femmes vivant en milieu rural. Avoir un titre de propriété foncière est souvent synonyme d’adresse physique, et donc d’accès aux extraits de naissance, aux cartes d’identité et aux documents de vote, qui sont tous indispensables aux femmes pour exercer leurs droits de citoyennes, et pour participer aux débats sur des questions générales d’intérêt commun. </p> <p>La réalisation de l’égalité entre hommes et femmes en matière de propriété foncière confèrerait aux femmes une autonomie ainsi qu’une plus grande influence sur les modes d’utilisation de la terre (types de cultures, choix du moment, mode de production) et sur les modes d’utilisation ou de cession des produits agricoles. </p> <h3><em>« De nombreux gouvernements ont adopté des lois foncières comportant souvent des dispositions progressives pour combattre les inégalités entre les hommes et les femmes. »</em></h3> <p>Les inégalités caractérisant actuellement l’accès à la terre soulèvent également une question des droits humains. La déclaration universelle des droits de l'Homme reconnaît le droit à la propriété pour tous. Notamment le droit à la terre qui est le bien physique le plus important dans les économies rurales défavorisées. La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) réclame les mêmes droits pour chacun des époux en matière de propriété, d'acquisition, de gestion, d'administration des biens, de jouissance et de disposition des biens du ménage (Article 16).</p> <p>En plus des normes internationales réclamant une allocation plus équitable des ressources entre les deux sexes  – au nombre des exemples, il y a la CEDAW précitée, mais aussi les Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts qui ont été récemment adoptées –de nombreux gouvernements ont adopté des lois foncières comportant souvent des dispositions progressives pour combattre les inégalités entre les hommes et les femmes. Selon <strong><a href="http://progress.unwomen.org/" target="_blank" rel="nofollow">la Banque mondiale</a></strong>, 115 des 124 pays étudiés reconnaissaient les mêmes droits aux femmes et aux hommes en matière de propriété. </p> <p>Pourquoi n'observons-nous donc pas d’avancées rapides et généralisées ? Une partie de la réponse réside dans le fait que les normes et les croyances culturelles, religieuses et sociales cantonnant les femmes à des rôles de second plan dans les prises de décisions qui font partie de ce que <strong><a href="http://www.ifo.de/portal/pls/portal/docs/1/1193608.PDF" target="_blank" rel="nofollow">Roland</a></strong> appelle les « slow-moving institutions » (les institutions qui ne peuvent pas changer rapidement) qui freinent et retardent les réformes sociales. Les disparités entre les femmes et les hommes dans d’autres domaines importants comme l’éducation et la santé reproductive empêchent également les femmes de bénéficier pleinement des possibilités offertes par les politiques foncières progressives, dans les pays qui les ont adoptées.</p> <p>Même lorsque les décideurs politiques sont bien intentionnés, le nombre de moyens pratiques, peu coûteux et culturellement acceptables pour redresser les inégalités entre hommes et femmes dans l’allocation des biens productifs importants comme la terre, est limité.</p> <p>Plusieurs innovations prometteuses pour améliorer l’accès des femmes à la terre sont actuellement mises à l’essai. Par exemple l’Éthiopie, le Rwanda, la Colombie, le Pérou, et le Nicaragua ont tous introduit des titres de propriété au nom des conjoints. Au Népal, un allègement fiscal (de 10 pour cent en 2008, porté ensuite entre  25 et 40 pour cent) a permis de faire passer le nombre de ménages dont les deux conjoints ont accès à la propriété foncière de 11 pour cent en 2001 à 35 pour cent en 2009. </p> <p>Ces mesures sont toutefois plus pertinentes dans le cadre d’une redistribution des terres par les pouvoirs publics que pour les réformes induites par le marché. Lorsqu’il existe un libre marché foncier, il est possible d’empêcher que les inégalités d’accès à la propriété foncière se creusent entre les hommes et les femmes en établissant des fonds ou des banques foncières (comme en Colombie ou au Nicaragua), qui fournissent un soutien financier aux femmes pour les aider à acheter des terres ou à acquitter les frais d’enregistrement des titres de propriété foncière. </p> <h3><em>« La réduction des inégalités entre hommes et femmes s’agit également d’une obligation à poursuivre la réalisation des droits civils et politiques fondamentaux. » </em></h3> <p>Ces mesures sont rarement envisagées en l’absence de fortes pressions en faveur d’une réforme, en commençant par des efforts pour sensibiliser les décideurs politiques et la population aux raisons et aux avantages de la justice pour les femmes en matière d’accès à la terre. Un enseignement ciblé (axé sur les lois et les institutions foncières) peut aider les femmes à mieux comprendre leurs droits fonciers. </p> <p>Soutenir les revendications foncières des femmes, renforcer leurs rôles dans les mouvements de défense des droits à la terre, et faire figurer en bonne place les questions foncières aux programmes des plus influentes organisations internationales de femmes, sont tous des domaines dans lesquelles des organisations comme la mienne, la Coalition internationale pour l’accès à la terre ont un rôle essentiel à jouer à l'avenir.</p> <p>La réduction des inégalités entre hommes et femmes dans l’accès aux droits à la sécurité d'occupation foncière est justifiée du point de vue économique – le rapport mondial sur le développement de 2012 désigne cet impératif sous le nom « d’économie intelligente ». Il s’agit également d’une obligation à poursuivre la réalisation des droits civils et politiques fondamentaux ainsi que les droits sociaux et économiques. </p> <p>Une meilleure compréhension de l'allocation des ressources et de la gouvernance au sein des ménages, ainsi qu’une documentation des bonnes pratiques pourrait aider à définir des politiques et des lois plus pertinentes, mieux ciblées et plus faciles à mettre en œuvre. Les institutions universitaires, les organismes pour le développement et les organisations de défense des droits de la société civile ont tous un rôle capital à jouer.</p> <p>Téléchargez l'article : <a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/legalite-entre-hommes-et-femmes-niasse-dec2012.pdf"> </a><strong><a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/legalite-entre-hommes-et-femmes-niasse-dec2012.pdf"> C’est judicieux et c’est juste</a> <a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/FR%20Madiodio%20Niasse%20PDF.pdf" target="_blank"></a></strong></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Jour 6 : C’est judicieux et c’est juste</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_es first"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/12-12-17-dia-6-la-igualdad-acertada-y-justa" title="Día 6: La igualdad de género: acertada y justa" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> <li class="translation_en last"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/12-12-17-day-6-gender-equality-smart-and-right" title="Day 6: Gender Equality: It’s smart and it’s right" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> </ul> Mon, 17 Dec 2012 08:00:00 +0000 Dr. Madiodio Niasse 10154 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-17-jour-6-egalite-entre-hommes-femmes-intelligente-et-juste#comments Jour 5: Ma fille veut devenir agricultrice http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-14-jour-5-ma-fille-veut-devenir-agricultrice <div class="field field-name-body"> <p><strong><em>Les défis auxquels nous, les agricultrices nigérianes, faisons face sont nombreux et divers : le manque de terre, les marchés volatiles et la charge quotidienne de s’occuper de nos ménages. Oeuvrer en tant que travailleuses journalières comporte son propre lot d’incertitudes. Pas étonnant qu’un avenir dans l’agriculture n’est pas attirant pour la jeunesse nigeriane.</em></strong></p> <p><em>Par Susan Godwin, agricultrice nigériane </em></p> <p>Lorsque je pense à l’avenir de l’agriculture, je dois avouer que les jeunes ici, au Nigéria, ne souhaitent pas devenir agriculteurs. Ils sont conscients que c’est un travail très compliqué, ils voient combien nous travaillons dur pour peu de résultats, voire parfois aucun. J’ai cinq enfants, l’un d’entre eux travaille en ville, les autres vivent tous avec moi. J’ai une fille de 18 ans, elle n’est jamais allée à l’école, et souhaite rester ici et devenir agricultrice. Aujourd’hui, tout le travail que nous accomplissons se fait manuellement. Peut être que la modernisation rendra le métier plus attractif auprès des jeunes.</p> <p>Le manque de marchés est également un problème. En 2011, on nous a dit que le marché de la patate douce à Lagos était bon, nous avons donc loué un camion pour y transporter nos patates douces. Toutefois, une fois arrivées là-bas, elles n’ont pas été déchargées pendant trois mois. Au bout de ces trois mois, elles s’avéraient donc avariées et l’argent que nous avons gagné à les vendre n’a même pas couvert les frais de transport engendrés !</p> <p>Ici, les agricultrices sont confrontées à de nombreux défis. Nous manquons d’accès aux terres, et les hommes souhaitent récupérer l’argent que nous gagnons de notre activité agricole. Nous sommes obligées de louer les terres aux hommes. Je suis mariée et je suis obligée de louer des terres pour ma fille et moi-même. Sinon, ils nous diraient d’aller nous coucher le ventre vide et nous irions nous coucher sans rien manger.</p> <h3><em>« Je suis mariée et je suis obligée de louer des terres pour ma fille et moi-même. »</em></h3> <p>Les hommes veulent également que les femmes travaillent dans leurs fermes, et ils en tirent profit au moment où ils les embauchent. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’ils donneront de la nourriture aux femmes. </p> <p>Il faudrait nous donner des terres, à nous les agricultrices, pour que nous puissions cultiver. Le gouvernement signera peut être un décret nous donnant accès aux terres. Nous, les femmes, devrions toutes nous réunir et définir un objectif commun pour pouvoir ensuite nous présenter devant les représentants du gouvernement et leur expliquer que cela constitue un problème pour nous.</p> <p>Si nous avions un meilleur accès aux terres, nous pourrions alterner les cultures et obtenir ainsi de meilleurs rendements. Les terres dont les femmes disposent sont généralement dégradées. Les hommes ne sont pas conscients que si les femmes cultivent, c’est dans le but de nourrir et d’élever leurs enfants, car les hommes dans leurs foyers ne sont pas responsables de cette tâche. Les femmes n’ont pas du tout accès aux crédits, si elles veulent investir, elles doivent le faire avec leur propre argent.</p> <h3><em>« Si nous avions un meilleur accès aux terres, nous pourrions alterner les cultures et obtenir ainsi de meilleurs rendements. »</em></h3> <p>En tant que femmes, nous devons nous lever tôt, préparer le petit déjeuner, aller à la ferme et travailler, puis ramasser du bois à notre retour du champ, et enfin rentrer à la maison pour préparer le dîner. Les hommes, eux, vont dans les champs puis rentrent à la maison et se reposent. Il arrive même qu’ils sortent. En ce qui nous concerne, les femmes, nous n’avons pas le temps, nous sommes épuisées. Mais nous devons continuer à cultiver nos terres, pour nous c’est impensable…</p> <p>Ce que j’aime dans l’agriculture, c’est que l’on peut organiser son propre programme : si je veux aller au champ et travailler, j’y vais ; et si je suis fatiguée, je reste à la maison une journée afin de me reposer.</p> <p>Je souhaite que le gouvernement nigérian vienne en aide aux petits agriculteurs, je veux avoir accès à de nouvelles méthodes agricoles, même si pour cela nous devons payer. Je veux aussi que nous ayons accès aux prêts, car en tant qu’agricultrice, je ne bénéficie d’aucune aide du système de vulgarisation du gouvernement. Et lorsqu’ils viennent nous rendre visite, nous ne comprenons même pas ce qu’ils essayent de nous apprendre puisqu’ils parlent une autre langue. À l’avenir, si les agents de vulgarisation du gouvernement pouvaient parler les langues locales, cela améliorerait clairement la situation.</p> <h3><em>« Si un jour, il n’y a plus assez de nourriture dans les marchés, les gens réaliseront que les agriculteurs contribuent eux aussi au bien-être du pays. »</em></h3> <p>Si ma fille suit une formation, cela l’aidera à mieux vivre et à s’intéresser plus à ce qu’elle fait. Si elle pouvait apprendre de nouvelles techniques agricoles, cela l’aiderait à devenir une meilleure agricultrice.</p> <p>Parfois, ce que nous faisons peut être mal perçu. Donc, je me dis : partons tous, nous les agriculteurs, dans les villes. Si un jour, il n’y a plus assez de nourriture dans les supermarchés et dans les marchés locaux, les gens réaliseront alors enfin que les agriculteurs contribuent eux aussi au bien-être du pays. Lorsque nos enfants déménageront tous dans les villes et achèteront de la nourriture dans les supermarchés, je serai toujours en train de cultiver ma parcelle de terre. Je n’arrêterai pas de cultiver les terres car c’est de là que je tire mon revenu. Voilà tout !</p> <p>Téléchargez l'article : <a href="//blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/ma-fille-veut-devenir-agricultrice-godwin-dec2012.pdf" rel="nofollow"> <strong> Ma fille veut devenir agricultrice </strong></a></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Jour 5: Ma fille veut devenir agricultrice </h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_es first"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/12-12-14-dia-5-mi-hija-quiere-ser-agricultora" title="Día 5: Mi hija quiere ser agricultora" class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> <li class="translation_en last"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/12-12-14-day-5-help-my-daughter-wants-be-farmer" title="Day 5: My daughter wants to be a farmer" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> </ul> Thu, 13 Dec 2012 23:00:20 +0000 Susan Godwin 10146 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/12-12-14-jour-5-ma-fille-veut-devenir-agricultrice#comments Jour 4: L’insécurité alimentaire : Les ouvrières agricoles en meurent http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/l%E2%80%99insecurite-alimentaire-les-ouvrieres-agricoles-en-meurent <div class="field field-name-body"><p><em><strong>L’une des plus grandes perversités de notre époque réside dans le fait que les producteurs de denrées alimentaires et leurs enfants se couchent souvent le ventre vide. Il est donc urgent de réformer le secteur de l’agriculture commerciale pour s’assurer que les femmes qui cultivent et conditionnent les denrées alimentaires puissent manger à leur faim.</strong></em></p> <p>Par <a href="http://blogs.oxfam.org/fr/user/profile/fatima-shabodien"><strong>Fatima Shabodien</strong></a>, ancienne directrice générale de Women on Farms Project</p> <p>En novembre 2011, mon pays à revenu moyen, l’Afrique du Sud, a été <strong>choqué par l’annonce du décès de quatre enfants d’une même famille, morts de faim et de soif</strong> dans un veld. Les enfants de la famille Mmupele, âgés de deux à neuf ans, sont morts alors qu’ils suivaient leur mère, ouvrière agricole, partie à la recherche de nourriture. Comment est-il possible, nous sommes-nous demandé, que dans une région fertile située au cœur du « triangle du maïs » d’Afrique du Sud, ceux qui cultivent les denrées de base de notre nation aient succombé à un destin si tragique ?</p> <p>L’insécurité alimentaire est fréquente et la faim est une expérience courante pour ceux qui vivent et travaillent dans les plantations commerciales d’Afrique du Sud aujourd’hui. L’une des plus grandes perversités de notre époque réside dans le fait que les producteurs de denrées alimentaires et leurs enfants se couchent souvent le ventre vide. Les enfants d’ouvriers agricoles présentent, de manière très marquée, un retard de croissance dû à la malnutrition.</p> <h3><em>"L’insécurité alimentaire est fréquente et la faim est une expérience courante pour ceux qui vivent et travaillent dans les plantations commerciales d’Afrique du Sud.."</em></h3> <p>Dans ce système, les femmes sont tout particulièrement vulnérables, car leur accès au logement et aux emplois dépend presque totalement d’une relation avec un homme. Dans un contexte où l’alcoolisme et la violence sexospécifique forment une alliance puissante, cette dépendance devient littéralement une question de vie ou de mort pour ces femmes et leurs enfants.</p> <p>Malgré une constitution et une charte de droits de premier ordre qui condamnent clairement la discrimination sexiste, un système hautement institutionnalisé de réservation des emplois existe dans le secteur de l’agriculture commerciale en Afrique du Sud. Les emplois permanents et mieux rémunérés sont effectivement réservés aux hommes (selon une conception patriarcale ou les hommes sont chefs de famille), alors que les femmes sont largement limitées aux emplois saisonniers, instables, mal rémunérés et, souvent, plus dangereux. Une telle discrimination encourage les femmes à se priver de nourriture lorsque celle-ci se fait rare, étant donné que l’ensemble des moyens de subsistance dépend des revenus de l’homme pourvoyeur.</p> <p>L’Afrique du Sud est l’un des pays les plus urbanisés du continent africain avec environ 62 % de sa population vivant dans les villes. La pression exercée sur l’agriculture commerciale pour nourrir les villes en constante expansion et, simultanément, atteindre les marchés d’exportation européens est considérable.</p> <p>Confrontés à l’augmentation continue du prix des intrants, les agriculteurs commerciaux n’ont cessé de réduire les coûts de main-d’œuvre en ayant recours aux contrats temporaires, à la féminisation et à des courtiers de main-d’œuvre pour l’externalisation des contrats (en grande partie pour contourner le Code du travail). Ces tendances s’accompagnent de conséquences dramatiques pour les ouvrières agricoles. Les stratégies de réduction des coûts des propriétaires fonciers ont en effet divisé par deux la main-d’œuvre agricole d’Afrique du Sud, de 1,4 million à 700 000 ouvriers, au cours des 17 années qui ont suivi l’apartheid. Le grand nombre d’ouvriers agricoles temporaires et saisonniers en paient le prix en étant soumis à une insécurité alimentaire très répandue.</p> <p>Actuellement, le salaire minimum est bien inférieur à ce dont une famille à besoin pour vivre (en dépensant plus de 80 % de ses revenus pour se nourrir) et, paradoxalement, les familles de ces ouvriers agricoles n’ont pas accès à la terre pour produire leurs propres denrées alimentaires. Le manque généralisé d’accès à la terre fait partiellement partie de l’héritage de l’apartheid ; héritage auquel s’est ajoutée une approche peu judicieuse en matière de réforme agraire visant à produire une classe d’exploitants de plantations commerciales noirs, qui a lamentablement échoué. L’État sud-africain a finalement reconnu que la sécurité alimentaire devrait constituer à l’avenir un objectif clé de la redistribution de la terre. Pourtant, rien d’indique concrètement que les femmes seront au centre de cette stratégie.</p> <h3><em>"Les ouvriers agricoles travaillent souvent dans des conditions de servitude pour dette."</em></h3> <p>Par ailleurs, les prix des denrées alimentaires dans les villages sont nettement supérieurs à ceux en ville ; problème aggravé par le fait que, en l’absence d’un système de transport public rural, les ouvriers dépendent de la vente directe à la ferme (appartenant aux propriétaires fonciers), dans le cadre de laquelle ils peuvent se procurer de la nourriture à crédit, mais à un taux en moyenne 30 % supérieur à celui affiché par les détaillants dans les villages ruraux. Dans cette pratique courante, les ouvriers travaillent souvent dans des conditions de servitude pour dette ; les dettes qu’ils ont contractées étant automatiquement déduites de leur paie hebdomadaire.</p> <p>Le secteur de l’agriculture commerciale en Afrique du Sud est conçu pour durer et les femmes continueront à être de plus en plus employées comme ouvrières agricoles. Il est donc urgent de réformer ce secteur pour garantir la sécurité alimentaire de ces femmes qui cultivent et conditionnent les denrées alimentaires dans ces exploitations. Étant donnée la tendance plus générale d’accaparement des terres sur le continent africain, où une production agricole dans de vastes plantations devient rapidement la norme, les réformes sont doublement pertinentes.</p> <h3><em>"Il est urgent de réformer secteur de l’agriculture commerciale pour garantir la sécurité alimentaire de ces femmes qui y travaillent."</em></h3> <p>Lors de sa <a href="http://www.srfood.org/images/stories/pdf/officialreports/20120306_southafrica_fr.pdf" rel="nofollow"><strong>mission de 2011 en Afrique du Sud</strong></a>, <a href="http://www.srfood.org/index.php/fr" rel="nofollow"><strong>le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation</strong></a> a conclu que, alors que la pauvreté de revenu était marquée dans la province de Limpopo, très peu d’enfants souffraient de la faim. Il a attribué ce fait au grand nombre de femmes cultivant leur propre production agricole grâce à leur accès à la terre. Dans un contexte où le fardeau des maladies pèse très lourd sur les femmes en milieu rural, une intervention de ce type s’avère (et, dans certains cas, s’est déjà avérée) cruciale. Ainsi, l’accès des femmes à la terre et aux autres ressources productives est essentiel à la sécurité alimentaire.</p> <p>La réforme de l’agriculture commerciale devrait inclure un salaire de subsistance mandaté par la loi (et pas seulement un salaire minimum) ainsi que le droit à un ensemble de prestations non salariales. Les ouvriers agricoles devraient bénéficier d’un accès garanti à la terre et à l’eau pour leur propre production de denrées alimentaires et recevoir des aides complémentaires de la part de l’État et des grandes exploitations privées. Le type d’assistance requis pour l’agriculture de subsistance est déjà abondamment disponible sur les fermes commerciales. En outre, il faudrait des services d’assistance spécialisés pour promouvoir des méthodes de production agroécologiques.</p> <p>Une stratégie concomitante devrait inclure une réforme agraire axée sur la réalisation de la sécurité et de la souveraineté alimentaires. Elle nécessiterait d’oublier le rêve qui visait à remplacer les exploitants des plantations commerciales blancs par leurs homologues noirs et de repenser un système agricole avec des objectifs autres que les profits tirés de l’exportation. Les ouvriers agricoles et les petits producteurs doivent être encouragés à former des coopératives de consommateurs, de production et de commercialisation.</p> <p>Il y a actuellement en Afrique du Sud un débat public très animé sur la notion d’un État de développement. Il soulève d’importantes questions sur le rôle de l’État vis-à-vis du libre marché. Les preuves que la libéralisation et la vulnérabilité aux exigences des marchés internationaux ont conduit les plus démunis et les femmes, plus particulièrement, à une plus grande insécurité alimentaire ne manquent pas. Les objectifs de la sécurité alimentaire, par conséquent, requièrent une intervention active de l’État qui doit se positionner en acteur dynamique pour la protection de l’intérêt des plus pauvres, et pas uniquement en régulateur neutre. Malgré tous les discours qui affirment le contraire, nous n’avons, à ce jour, rien vu de tout cela de la part de notre État.</p> <h3><em>"La libéralisation et la vulnérabilité aux exigences des marchés internationaux ont conduit les plus démunis et les femmes, plus particulièrement, à une plus grande insécurité alimentaire."</em></h3> <p>Parallèlement à la demande de réformes du secteur de l’agriculture commerciale, il est important de garder à l’esprit que la terre et les ressources naturelles forment, en fin de compte, la base du pouvoir social et politique. Aucun changement radical durable (tel un programme de réforme agraire centré sur les femmes) ne surviendra sans bousculer ce pouvoir. Les actions collectives des femmes, rassemblées dans des mouvements, sont indispensables pour modifier le paysage agricole en Afrique du Sud. Il est essentiel, pour les femmes en milieu rural de se mobiliser pour promouvoir leurs propres intérêts. Alors que les ONG ont un rôle de soutien important à jouer, la réussite à long terme dépend de la mobilisation collective et du leadership des femmes en milieu rural elles-mêmes.</p> <h3><em>"La terre et les ressources naturelles formentla base du pouvoir social et politique. Aucun changement radical durable ne surviendra sans bousculer ce pouvoir.</em></h3> <p>Ce n’est qu’une fois ces bases couvertes que nous pourrons commencer à rêver de sécurité alimentaire pour les ouvrières agricoles et que nous pourrons être sûrs que la tragédie ayant touché la famille Mmupele ne se répètera pas. La réalisation du droit des femmes à l’alimentation peut constituer un vecteur stratégique pour la réalisation des droits des femmes en général et une étape importante dans la modification de l’équilibre d’une société patriarcale.</p> <p>Téléchargez l'article : <a href="http://blogs.oxfam.org/sites/blogs.oxfam.org/files/Fatima-Shabodien-Discussion-en-ligne-Oxfam.pdf"><strong>L’insécurité alimentaire : Les ouvrières agricoles en meurent</strong></a></p></div><div class="field field-name-title"><h2>Jour 4: L’insécurité alimentaire : Les ouvrières agricoles en meurent</h2></div><ul class="links inline"><li class="translation_en first"><a href="http://l.blogs.oxfam/en/blogs/women-farm-workers-dying-food" title="Day 4: Women Farm Workers Dying for Food" class="translation-link" xml:lang="en">English</a></li> <li class="translation_es last"><a href="http://l.blogs.oxfam/es/blogs/las-trabajadoras-agricolas-mueren-por-falta-de-seguridad-alimentaria" title="Día 4: Las trabajadoras agrícolas mueren por falta de seguridad alimentaria " class="translation-link" xml:lang="es">Español</a></li> </ul> Thu, 22 Nov 2012 00:00:01 +0000 Fatima Shabodien 10061 at http://l.blogs.oxfam http://l.blogs.oxfam/fr/blogs/l%E2%80%99insecurite-alimentaire-les-ouvrieres-agricoles-en-meurent#comments